Syrie - Dix ans déjà !

...par le Gal. Dominique Delawarde - Le 24/03/2021.

Bonjour à tous,

Le suivi de la crise sanitaire ne doit pas occulter le suivi de la géopolitique. Depuis 10 ans déjà, le peuple syrien souffre d'une guerre civile initiée et entretenue par la "coalition occidentale" dirigée par les USA au seul profit d'Israël et de l'hégémonie US sur la planète.

Deux courtes pièces à conviction (vidéos) parmi beaucoup d'autres. .... https://www.youtube.com/watch?v=vE4DgsCqP8U 

( c'est un ancien commandant en chef de l'OTAN qui parle et

 https://www.youtube.com/watch?v=BH9SHxetO1I&lc=UgworYDAbtDogp4ZiWV4AaABAg 

(C'est un ancien ministre des affaires étrangères français qui parle)

Deux textes intéressants et argumentés dont je partage les conclusions viennent ponctuer ce triste dixième anniversaire.

Celui de Michel Rimbaud, ancien ambassadeur, paru dans le magazine Afrique- Asie sous le titre: «Nous ne savions pas… qu’il y a un droit international» https://www.afrique-asie.fr/nous-ne-savions-pas-quil-y-a-un-droit-international

et celui de Bruno Guigue, ancien haut fonctionnaire français, paru sur plusieurs sites, dont celui de RT, sous le titre : "Fichez la paix à la Syrie"

 https://francais.rt.com/opinions/84643-fichez-la-paix-a-la-syrie-par-bruno-guigue


Chacun peut comprendre que ces textes ne soient pas repris par les médias mainstream occidentaux contrôlés par une poignée de milliardaires, pro-israéliens pour des raisons que chacun peut découvrir facilement.

En pleine épidémie, la gouvernance et les médias mainstream français, plus sionistes que les israéliens eux-mêmes, continuent de soutenir les rebelles islamistes anti-gouvernementaux en Syrie, comme s'il n'y avait rien de plus important à faire. Alors que ni l'épidémie, ni le terrorisme ne sont éradiqués sur notre territoire, notre exécutif continue inlassablement de participer, à l'étranger et aux côtés du suzerain US, aux actions génératrices d'un "chaos constructif" pro Israélien au moyen orient.

En me réveillant le matin, je suis presque satisfait de voir que l'occident enregistre, et de très loin, les bilans les plus lourds et les échecs les plus flagrants dans la gestion de cette épidémie. Pourquoi ?

Parce que je me dis qu'après tout, il pourrait bien y avoir une justice divine. Que les couvre-feux et les confinements de populations qui nous répugnent feront peut être prendre conscience aux citoyens français des souffrances que notre exécutif inflige, depuis dix ans, au peuple syrien soumis à notre ingérence permanente, tenace et meurtrière au profit des islamistes les plus radicaux, .... et d'Israël, bien sûr.

Parce que la gestion de cette épidémie occupe toujours plus nos dirigeants qui ont donc moins de temps à consacrer aux ingérences tous azimuts dans les affaires des pays souverains.

Parce que l'épidémie hypothèque d'énormes moyens financiers qui sont et seront autant de moins à consacrer au financement de nos ingérences calamiteuses, aujourd'hui et demain.

Je ne m'étonne plus qu’un sondage récent révèle qu’Emmanuel Macron inspire principalement de la « colère » (28%), du « dégoût » et du « désespoir » (21%), de la honte (18%) aux Français. Pour ce qui me concerne j'éprouve: et de la colère et du dégout et de la honte que la France puisse être dirigée par le mensonge, les pressions étrangères, la corruption et les conflits d'intérêt d'une trop large part de l'élite.

Grâce à la crise sanitaire, je ne désespère pas d'une prise de conscience, par les électeurs français, des manipulations permanentes dont ils sont les objets par les politiques et les médias mainstream. Il faudra, tôt ou tard, botter le cul de ces gens élus par défaut, et plutôt mal, avec la complicité malsaine des médias mainstream et de ceux qui les contrôlent .......

Je garde l'espoir, sans en être sûr, que tout cela se passe pacifiquement. Rien ne serait plus dommageable pour notre pays qu'une guerre civile opposant deux conceptions du monde et de la France dans laquelle le plus déterminé (pas forcément le plus riche) l'emportera.....

Bonne lecture

DD


Le plan US post 11 septembre :

Envahir 7 pays selon le Gal. US Wesley Clark

Syrie : Roland Dumas lâche une bombe !


Nous ne savions pas qu'il y a un droit international...

...par Michel Raimbaud - Le 22/03/2021.

Comme l’Irak avant elle, la Syrie est la cible de l’hystérie médiatique mainstream à l’occasion des 10 ans de la guerre. Ancien diplomate, Michel Raimbaud s’interroge : Faudra-t-il 30 ans pour reconnaître les crimes commis contre ce pays ?

 

Source : Afrique-Asie

– Vue sur Damas en septembre 2018. Fort de sa résilience et de ses alliances (Russie et Iran), l’État syrien, n’a pas été détruit, même si le pays est ravagé, son économie ruinée et son peuple asphyxié et affamé par l’embargo et les sanctions, sans voir le bout de son calvaire. (illustration). © REUTERS/Marko Djurica

En mars 1991, l’Irak de Saddam Hussein, qui venait d’imploser face à une coalition conduite par Washington, entamait sa descente aux enfers. Il était désormais, pour longtemps, sous étroite surveillance et embargo. Entre un mirage de «glasnost» et une vague de «perestroïka», l’URSS de Gorbachev, noyée dans un rêve d’Occident, allait bientôt sombrer et se disloquer.

L’Amérique se voyait déjà comme «le plus puissant Empire que la terre ait porté» et s’apprêtait à le faire payer très cher à qui ne l’aurait pas compris. Après avoir fait semblant de chercher une issue pacifique évitant à l’Irak l’humiliation, la France de Mitterrand avait rejoint l’assaut anti-Saddam, mesurant peu à peu combien sa marge de manœuvre vis-à-vis de Bagdad était étroite. Après un retour de flamme gaulliste sous Chirac, elle jetterait ses derniers feux en mars 2003 avec le discours flamboyant mais sans conséquence de Villepin au Conseil de Sécurité, abandonnant l’Irak et poursuivant sa glissade vers l’atlantisme.

Il a fallu trente ans pour que le mainstream du pays de la raison et des droits de l’Homme daigne découvrir le gigantesque mensonge qui avait occulté la destruction de l’Irak et l’atroce supplice infligé à son peuple. Le triste Colin Powell, célèbre pour avoir entubé le Conseil de Sécurité avec sa sinistre fiole, attendrait une éternité pour s’excuser vaguement au prétexte qu’il avait été mal informé (sic). Quelques-uns l’imiteraient plus tard, beaucoup d’autres jamais. Devant le scandale, nombreux sont ceux qui maintenant brandissent une excuse facile : «Nous ne savions pas», disent-ils, escamotant ainsi leur responsabilité. Avouer qu’ils savaient serait reconnaître qu’ils ont été coupables ou complices. Selon le long documentaire consacré à l’Irak récemment sur France 2, Chevènement avouait savoir depuis le 4 août 1990 que la France avait donné son accord à Washington pour être à ses côtés contre Saddam : la saga diplomatique dont les Français étaient fiers n’était donc qu’un leurre.

L’accablant bilan de la tragédie irakienne a été passé sous silence, malgré un certain nombre de voix et d’initiatives courageuses qui ont tenté de démasquer l’entreprise américaine inspirée par le sionisme judéo-protestant : l’État démantelé et détruit, son armée et sa police dissoutes, l’un des pays les plus modernes du monde arabe ramené cinquante ans en arrière par les raids et l’usage d’armes prohibées, humilié par un «pétrole contre nourriture» inique. Sans compter les exactions et tortures, les prisons, le pillage du patrimoine archéologique. Au bas mot deux millions de morts dont 500 000 enfants, «le prix de la démocratie» selon la vieille Albright… Et l’inénarrable George Debeliou Bush posant la question historique :

Pourquoi nous haïssent-ils tant ?

La bêtise de cet accès de folie furieuse témoigne de la dégénérescence morale du pays de Descartes et des droits de l’homme, une sorte de Covid de l’intelligence

Le même scénario est en train de se reproduire assez exactement pour la Syrie, entrée en cette mi-mars dans sa onzième année de guerre. Sauf que l’État syrien, fort de sa résilience et de ses alliances (Russie et Iran), n’a pas été détruit, même si le pays est ravagé, son économie ruinée et son peuple asphyxié et affamé par l’embargo et les sanctions, sans voir le bout de son calvaire. Refusant de reconnaître son «impensable défaite» et «l’impensable victoire de Bachar el-Assad», l’Amérique a préféré, comme le prédisait benoîtement en 2016 le conseiller d’Obama Robert Malley, passer à un second stade de l’agression, la guerre militaire proprement dite bel et bien perdue laissant la place à une guerre économique sans fin, une guerre «proxy» avec l’appui du ban et de l’arrière-ban de la «communauté internationale» à l’occidentale.

Comme il était prévisible, la mi-mars, dixième « anniversaire » du début des évènements en Syrie, a déclenché une hystérie sans précédent et à première vue incompréhensible dans la morne plaine – marécageuse à souhait – du mainstream, qui unit dans son lit les politiques, les médias et ceux dont le métier est de penser. La bêtise de cet accès de folie furieuse témoigne de la dégénérescence morale du pays de Descartes et des droits de l’homme, une sorte de Covid de l’intelligence. Ce sont simplement les intellectuels néoconservateurs à la française qui se mobilisent, égrenant leur chapelet de pieux mensonges et d’insanités, où se bousculent de jolis mots comme démocratie, droit international, droits de l’homme, justice, pluralisme, solution politique. Furieux de leur défaite, et n’ayant rien de présentable à revendiquer ou à proposer, à l’image des terroristes modérés et des révolutionnaires embusqués qu’ils soutiennent, ils stigmatisent sur l’air de la vertu outragée «l’Etat voyou» en Syrie, le «régime de Bachar», le gang «génocidaire», le «tyran massacreur», illustrant à merveille ce «degré zéro de la pensée politique» (et de l’intelligence) qu’est le néoconservatisme, et cette «dame bêtise» dont ils sont les amants et fiancés. On voit même avancer l’idée que, pour défaire durablement l’État islamique en Syrie, il convient de «stabiliser» les rebelles, qui ont détruit leur pays et se pourlèchent du martyre de leurs compatriotes.

Ce qu’a subi l’Irak depuis trente ans, la Syrie le vit pour la onzième année consécutive (plus que les deux guerres mondiales réunies), un silence sidéral et un déni total raffinant le calvaire d’un peuple martyrisé. Si elle continue de mourir à petit feu, ce n’est pas pour «payer le prix d’une nécessaire démocratisation», ce n’est ni un «printemps raté» ni une guerre civile comme on s’évertue à le dire dans les pays de l’Axe du Bien. Parmi les «experts» qui pérorent, j’ose espérer qu’il n’y a pas de professeurs de droit international, car ils sauraient sûrement qu’à l’instar de l’Irak en son temps, la Syrie a été et est toujours la victime d’une agression internationale.

Qui se rappellent de Nuremberge et de Tokyo ?

Lors des procès de Nuremberg (et de Tokyo) de 1946, ce crime d’agression, fondé sur la volonté libre et consciente de menacer ou de rompre la paix, est assimilé au «crime contre la paix» et qualifié de «crime international par excellence», l’une des violations majeures du droit international aux côtés du génocide, du crime de guerre et du crime contre l’humanité. Il est inscrit par le Tribunal de Nuremberg en tête de liste, assorti de la formule suivante : «Lancer une guerre d’agression n’est pas seulement un crime international ; c’est le crime international suprême», la seule différence avec les autres crimes de guerre étant qu’il recèle en lui-même tout le Mal accumulé de tous les autres. C’est «le crime par excellence».

Codifié par l’Assemblée générale des Nations unies, résolution 95/1946, il appartient au Droit pénal international et relève de la Cour de Justice internationale de La Haye (en ce qui concerne la responsabilité et l’incrimination des Etats). Repris par le Traité de Rome de juillet 1998, portant création de la CPI, il relève également de la juridiction de la Cour pénale internationale (pour la responsabilité personnelle des responsables des Etats).

– Ils sont bien habillés, bien coiffés, bien nourris, bardés de diplômes, ils se posent en «maîtres du monde» : ils disent le droit, font la loi, décident de la guerre, écrivent le récit de leurs exploits vus par une lorgnette détraquée. En résumé, Occidentaux ou partisans de l’Occident, les occidentalistes sont les élites du «monde civilisé», l’essence de la seule humanité qui compte à leurs yeux d’aveugles. Ils se croient invulnérables et intouchables. Ils n’ont ni remords ni vergogne. Ils sont même fiers de leurs actes, de leurs bilans, de leur appui à ces terroristes recyclés ou non qui «font du bon boulot». DR

Faudra-t-il se donner rendez-vous dans trente ans pour «découvrir» le bilan des guerres de Syrie, qu’elles soient militaires et visibles ou économiques et invisibles ?

Pour agrémenter sa paisible retraite, Debeliou Bush avait choisi, parait-il, de peindre de ridicules petits moutons, sans être jamais effleuré par l’idée qu’il devrait avoir sur la conscience des millions de morts

Lorsque aura sonné l’heure de faire les comptes et de rendre justice, il conviendra en tout cas de rappeler sans trêve aux cent gouvernements qui participent jusqu’à aujourd’hui à cette agression caractérisée, la gravité de leur entreprise criminelle. Et l’on dénoncera en premier lieu les trois Occidentaux, membres permanents du Conseil de Sécurité, qui prétendent dire le Droit international et en être les gardiens, alors qu’ils en sont les premiers violateurs.

Pour agrémenter sa paisible retraite, Debeliou Bush avait choisi, parait-il, de peindre de ridicules petits moutons, sans être jamais effleuré par l’idée qu’il devrait avoir sur la conscience des millions de morts, de blessés, d’estropiés, d’enfants handicapés, sans même compter la destruction de plusieurs pays. D’autres, comme Blair ou Obama, tirent même un revenu enviable du récit de leurs exploits, en donnant des conférences grassement payées, où leurs ravages et crimes sont considérés implicitement comme les effets collatéraux d’une œuvre pie : aucune référence aux morts, aux destructions dont ils sont responsables, au sort des États ruinés ou dépecés…

La lorgnette détraquée des occidentalistes

Ils sont bien habillés, bien coiffés, bien nourris, bardés de diplômes, ils se posent en «maîtres du monde» : ils disent le droit, font la loi, décident de la guerre, écrivent le récit de leurs exploits vus par une lorgnette détraquée. En résumé, Occidentaux ou partisans de l’Occident, les occidentalistes sont les élites du «monde civilisé», l’essence de la seule humanité qui compte à leurs yeux d’aveugles. Ils se croient invulnérables et intouchables. Ils n’ont ni remords ni vergogne. Ils sont même fiers de leurs actes, de leurs bilans, de leur appui à ces terroristes recyclés ou non qui «font du bon boulot». Leur péché mignon, dont ils ne peuvent se défaire puisqu’ils y voient la nouvelle mouture de l’exécrable «fardeau de l’homme blanc», c’est la manie de délivrer des leçons de morale et de décider à leur place ce que doivent faire les pays «qui n’appartiennent pas à notre monde», même si personne ne les a sonnés. Évidemment, s’il y avait encore un soupçon de sagesse en Occident, on se demanderait comment des gens dont le sens de la gouvernance et du droit international est aussi erratique à domicile peuvent décider du sort de leurs voisins plus ou moins lointains.

Raison de plus pour que les responsables politiques ou militaires, les intellectuels, les médias qui ont décidé, organisé, soutenu ou justifié un crime d’agression internationale (ou plusieurs), sachent qu’ils sont et resteront, quoi qu’ils fassent ou ne fassent pas, responsables pour le crime d’agression internationale, ou pour leur appui ou leur complicité, et qu’ils devront rendre des comptes, sans qu’il puisse y avoir prescription. La justice a certes de nombreux défauts, mais elle est tenace.

Par Michel Raimbaud

*Ancien diplomate et essayiste, Michel Raimbaud a publié plusieurs ouvrages, notamment Tempête sur le Grand Moyen-Orient (2e édition 2017) et Les guerres de Syrie (2019).

Pour aller plus loin :

Lire aussi Fichez la paix à la Syrie ! par Bruno Guigue

https://francais.rt.com/opinions/84643-fichez-la-paix-a-la-syrie-par-bruno-guigue

Lire aussi Dix ans de guerre en Syrie : une défaite pour l’interventionnisme occidental ?

https://francais.rt.com/international/84629-dix-ans-guerre-syrie-defaite-interventionnisme-occidental

Lire aussi Guerre en Syrie : quel rôle pour les médias ?

https://francais.rt.com/international/84749-syrie-quel-role-pour-les-medias-dans-ce-conflit-sans-pouvoir-verifier-les-informations

RT France
https://francais.rt.com/opinions/84954-syrie-nous-ne-savions-pas-qu-il-y-a-droit-international-michel-raimbaud

https://francais.rt.com/opinions/84954-syrie-nous-ne-savions-pas-qu-il-y-a-droit-international-michel-raimbaud


Fichez la paix à la Syrie !

...par Bruno Guigue - Le 15/03/2021.

Fichez la paix à la Syrie ! par Bruno Guigue

2021 © REUTERS/Omar Sanadiki Un homme assis devant un magasin fermé, affichant le drapeau syrien, le 10 mars 2021 à Douma (illustration). 

 

Déjà dix ans de guerre en Syrie, et les souffrances du peuple syrien continuent. Dix ans de guerre, et les milliers de vies qu’elle a fauchées, les immenses dévastations qu’elles a causées, sont les stigmates du martyr infligé à un peuple qui ne demandait qu’à vivre en paix. Gigantesque tribut payé à cette folie collective orchestrée de l’étranger qui a vu des mercenaires de 120 nationalités affluer au Pays de Cham pour y instaurer un nouvel «émirat». Guerre sans pitié, où l’État syrien menacé d’anéantissement s’est battu bec et ongles, défendant l’intégrité territoriale et la souveraineté de la nation. Affrontement aux multiples visages, la guerre de Syrie n’en finit pas de présenter son sinistre bilan.

 

Il fallait être naïf pour ne pas voir, dès le printemps 2011, la formidable duplicité des gouvernements occidentaux versant des larmes de crocodile sur les victimes de l’armée syrienne tout en absolvant les exactions de la rébellion armée. Difficile d’ignorer, non plus, que les combattants de la nébuleuse insurrectionnelle disposaient d’un soutien financier massif de la part des pétromonarchies du Golfe. Mais si les Occidentaux et leurs alliés régionaux voulaient en découdre avec Damas, ce n’était pas pour faire la promotion des droits de l’Homme. C’était pour défendre des intérêts sonnants et trébuchants au cœur d’une région cruciale pour l’avenir énergétique de la planète.

 

 Des soldats américains avant un excercice militaire international, à Fort Bragg, Caroline du Nord, Etats-Unis, 23 janvier 2020 (image d'illustration).

Lire aussi : Frappes de l'administration Biden en Syrie : Les démocrates rattrapés par d'anciennes déclarations

 

C’était aussi, comme l’a écrit Hillary Clinton dans un célèbre courriel révélé par Julian Assange, pour garantir la sécurité d’Israël en neutralisant l’un des derniers bastions du nationalisme arabe car la Syrie est au centre d’une alliance réunissant les forces qui s’opposent à la domination israélo-américaine dans la région. Elle demeure le seul État arabe debout, refusant de plier devant la puissance occupante. Elle est le pivot d’un arc de la résistance qui va de Damas à Téhéran en passant par le Hezbollah libanais et les mouvements palestiniens. Le drame, mais aussi la fierté de la Syrie, c’est qu’elle est l’enfant terrible du nationalisme arabe, le dernier vestige d’une époque où Nasser et le parti Baath inspiraient la lutte contre l’impérialisme et le sionisme.

 

S’imaginant qu’ils allaient provoquer sa chute à la faveur des «printemps arabes», les dirigeants occidentaux ont ignoré la légitimité dont jouissait le gouvernement syrien. Ils pensaient que l’armée régulière se déliterait sous l’effet de désertions en masse qui n’eurent jamais lieu. Aveuglés par leur lecture orientaliste de la société syrienne, ils la croyaient dominée par la minorité alaouite alors même que les principaux cadres de cet État laïc, le seul du monde arabe, étaient sunnites. Ils faisaient mine de croire à la légende d’un peuple héroïque dressé contre un despote aux abois, alors que la légitimité du président Assad se trouvait confortée, au contraire, par sa détermination à lutter contre les ennemis de la Syrie.

 

Les médias occidentaux ont braqué leurs caméras vers des attroupements de barbus en les faisant passer pour un soulèvement populaire, mais ils ont occulté les immenses rassemblements en faveur du gouvernement et des réformes, à Damas, Alep et Tartous, entre juin et novembre 2011. Il suffisait pourtant d’analyser de tels événements pour mesurer le véritable rapport de forces au sein du pays. Or la myopie volontaire du regard occidental sur la Syrie a pulvérisé tous les records. Avide de prendre le train à grande vitesse de la propagande anti-Damas, le moindre journaliste s’est précipité tête baissée dans son dernier wagon. L’imagination propagandiste a réduit au silence le simple bon sens, et les atrocités commises par les extrémistes, dès le printemps 2011, n’ont pas passé la rampe d’une couverture médiatique faisant le tri entre les bonnes et les mauvaises victimes.

 

Indice infaillible de son importance stratégique pour Washington et ses séides, la guerre de Syrie aura suscité une avalanche de mensonges sans précédent. La fable grotesque des attaques chimiques attribuées à l’armée syrienne mérite une mention spéciale du jury : elle restera à jamais dans les annales de la désinformation, à côté de la fiole de Colin Powell et des couveuses de Koweit-City. L’écran de fumée d’une « opposition syrienne démocratique » s’étant vite dissipé, il a fallu inventer un cortège d’horreurs imaginaires pour inverser la charge de la preuve. Afin de détourner l’attention de ces coupeurs de tête venus de partout et de nulle part pour exterminer les hérétiques, on s’est mis à accabler l’État syrien. On a alors monté de toutes pièces des accusations invraisemblables dont seule la crédulité d’une opinion occidentale soumise à un intense lavage de cerveau pouvait garantir l’efficacité.

 

Des gens brandissent une photo du président syrien Bachar al-Assad à l'aéroport d'Alep, février 2020 (image d'illustration). 

Lire aussi : Le théorème de Bachar el-Assad, par Bruno Guigue

 

Il suffisait pourtant de consulter les chiffres fournis par un organisme proche de l’opposition armée (l’OSDH) pour constater que la moitié des victimes de la guerre appartenaient aux forces de sécurité syriennes. Quel meilleur démenti infligé à la fable du massacre de populations innocentes par une armée de tortionnaires ? Mais la narration dominante n’avait cure de ces broutilles, et l’opération de « regime change » voulue par Washington s’accommodait aisément de telles distorsions avec la réalité. Elle faisait fi de ce que les observateurs de la Mission dépêchée par la Ligue arabe avaient constaté entre décembre 2011 et janvier 2012, à savoir la violence déchaînée par une opposition présentée en Occident comme pacifique et tolérante, alors qu’elle était gangrenée dès l’origine par l’idéologie takfiriste, les pratiques mafieuses et l’argent saoudien.

 

Voulue par Washington, Londres, Paris et Ankara, financée par les monarques du Golfe, la guerre de Syrie est une farce sanglante. Provoquée par l’appétit de domination impérialiste, elle a mobilisé une piétaille fanatisée, issue de masses manipulables, abruties au dernier degré par l’idéologie wahhabite. Véritable boîte de Pandore, ce conflit a fait jaillir un impressionnant florilège d’ignominies : des dirigeants occidentaux qui prétendent combattre les terroristes tout en leur procurant des armes au nom des droits de l’Homme ; des États dits démocratiques qui infligent un embargo sur les médicaments à des populations civiles coupables de ne pas combattre leur gouvernement ; des familles royales sanguinaires et débauchées qui donnent des leçons de démocratie tout en sponsorisant la terreur ; et pour finir, des intellectuels français qui exigent comme un impératif moral le bombardement d’un pays qui ne nous a rien fait.

 

De ces mercenaires crétinisés venus dévaster le berceau de la civilisation pour une poignée de pétrodollars, l’État syrien, pourtant, est presque venu à bout. En restaurant la souveraineté nationale sur la majeure partie du territoire habité, cette courageuse armée de conscrits a infligé un camouflet à tous ceux qui rêvaient de remplacer la Syrie par une constellation d’entités confessionnelles. Calomniée sans relâche par les propagandistes occidentaux, cette armée de conscrits a payé un lourd tribut pour libérer le sol de la patrie. Les mythomanes du droit-de-l’hommisme eurent beau fabriquer des « faits » pour l’accabler, nous savons que les « rebelles modérés » chers à l’Occident ont massacré les familles des fonctionnaires baasistes, et que ces horreurs étaient imputées par la presse occidentale à l’armée nationale. Et c’est au prix d’efforts surhumains que le peuple syrien, son État et son armée ont repoussé les milices terroristes jusque dans cette poche d’Idlib qui finira bien par tomber à son tour.

 

Victorieuse sur le plan militaire, forte du soutien populaire, la Syrie souveraine subit toujours les affres de l’embargo occidental, ajoutés aux séquelles de la guerre et à la destruction de solidarités familiales et communautaires malmenées par dix années de violence ininterrompue. Aussi l’acharnement des ennemis de la Syrie n’est-il pas seulement criminel : il est absurde. Après dix ans de guerre, le pays entrevoit enfin le bout du tunnel. Certains quartiers de Damas ou d’Alep renaissent, retrouvant le mode de vie d’antan. Les Russes ont joué un rôle déterminant dans la libération de la Syrie, et il est probable que les Chinois prendront leur part dans sa reconstruction. Washington, Londres, Paris et Ankara n’ont plus qu’une chose à faire : cesser d’exercer leur pouvoir de nuisance. Qu’ils passent la main, et laissent la Syrie tranquille. Mais l’impérialisme n’a pas l’habitude de lâcher le morceau, et la route sera sans doute longue avant le retour à la paix.

 

Lire aussi : Reprise du processus de paix pour la Syrie à Sotchi... Où en est-on ?



 

Bruno Guigue

 

Chercheur en philosophie politique et observateur de la vie internationale, Bruno Guigue appelle les puissances occidentales, après dix ans de guerre, à cesser d’exercer leur pouvoir de nuisance en Syrie.

 

 

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Syrie – Après dix ans de conflit, les États-Unis misent-ils sur l’asphyxie économique ?

Source : RzO Inyterantional

Selon le ministre syrien du Pétrole, les États-Unis continuent de piller les hydrocarbures du pays. Il accuse l’Oncle Sam de « piraterie ». La Franco-Syrienne Ayssar Midani abonde dans son sens. Celle qui préside la Fondation Descendants d’Ashtar juge que la stratégie américaine s’inscrit dans un plan plus large d’asphyxie financière de Damas.

« Les Américains et leurs alliés ciblent la richesse pétrolière syrienne et ses pétroliers comme des pirates », s’indignait le 19 mars le ministre syrien du Pétrole et des Ressources minérales, Bassam Tomeh, sur une télévision syrienne.

En effet, la frustration est de mise à Damas. Alors que le pays en a presque fini avec la guerre, il doit désormais porter un second fardeau, une crise économique aggravée par les sanctions occidentales.

Face à ces mesures coercitives, l’État syrien n’a que peu de marges de manœuvre. Impulsées par Washington et ses alliés, les mesures de rétorsion visent à confisquer les clés d’une reconstruction qui pourrait participer à réaffirmer la légitimité politique du gouvernement de Damas.

« Il y a une entreprise d’appauvrissement et d’étouffement du peuple syrien. Privé de toutes ses ressources, l’État ne peut assurer les services dont il est normalement responsable », confie au micro de Sputnik Ayssar Midani.

D’après celle qui suit le conflit depuis près de dix ans, « les Américains volent le pétrole syrien pour empêcher Damas d’entreprendre la reconstruction du pays. Ils continuent d’alimenter à cette fin leur milice des Forces démocratiques syriennes, qui ne sont ni syriennes, ni démocratiques ».

Le pétrole, nerf de la guerre

En 2008, le secteur pétrolier représentait 23% des recettes publiques du pays, 20% du montant total des exportations et 22% du PIB de la Syrie.

À cette époque-là, le pays exportait environ 150 000 barils par jour. Le pétrole représentait la majorité des revenus d’exportation de l’État.

Aujourd’hui le pays n’a accès qu’aux miettes de cette manne financière. Un manque à gagner que le ministre syrien du Pétrole évalue à 92 milliards de dollars.

La plupart des réserves se trouvent au nord-est de la Syrie, aujourd’hui sous contrôle américano-kurde. La compagnie américaine Delta Crescent Energy les exploite à sa guise.

Damas ne peut y accéder. Les États-Unis nient pourtant toute velléité d’accaparer le pétrole syrien. Ils justifient leur présence au sol par la lutte contre « Daech ».

Toutefois, rappelle Ayssar Midani, qui se rend régulièrement en Syrie : « Il n’y a pas que le pétrole ! »

« Les Américains s’attaquent également aux ressources agricoles du pays. Ils ont déjà brûlé des récoltes de blé dans la région de Hassaké, au nord-est de la Syrie. Il y a également des coupures volontaires d’eau et d’électricité pour les habitants », avance-t-elle.

« L’un des aspects de cette politique est la poursuite de l’occupation étrangère de certaines régions syriennes. De sorte que les Syriens n’ont notamment pas accès à leurs propres gisements de pétrole et de gaz, ainsi qu’aux champs agricoles dans le Nord-Est », expliquait récemment à Sputnik l’ambassadeur de Russie à Damas.

En s’attaquant aux revenus liés au blé et au pétrole, Washington met à mal le triptyque qui a fait la force économique de ce pays naguère prospère : pétrole, blé et tourisme.

Sanctions et inflation

En effet, avant la guerre, l’économie syrienne reposait surtout sur ces trois secteurs clés. Pour des raisons évidentes, le tourisme est actuellement sous cloche, bien que Damas essaye de lui redonner vie, notamment sur sa côte ouest.

Avec l’attaque en règle des États-Unis contre les deux autres secteurs, le pays se retrouve totalement désarmé pour entamer sa reconstruction économique, sociale et politique.

« Ce qui s’est passé tout au long de la guerre [en Syrie, ndlr] ne s’est produit dans aucun pays, en ce sens que cela nous a empêchés d’exploiter nos richesses et, dans le même temps, a empêché les produits de base d’atteindre notre pays », a déploré Bassam Tomeh.

À cela s’ajoutent des facteurs économiques exogènes qui paralysent également le redémarrage de l’activité.

D’une part, il y a les sanctions imposées par Washington sous Donald Trump et maintenues par son successeur.

Baptisées loi César, celles-ci prévoient le gel des avoirs et l’impossibilité d’accès au système bancaire américain à 411 personnalités syriennes et 111 entreprises.

Cette loi cible la coopération étrangère avec Damas et l’interdit de facto sous peine de sanctions.

D’autre part, la livre syrienne connaît depuis quelques années une chute vertigineuse.

Le phénomène s’est largement accéléré en 2020 avec la crise économique et politique qui a frappé le voisin libanais.

En novembre dernier, le président syrien Bachar el-Assad avait déclaré que « le cœur du problème » était lié au blocage de « l’argent que les Syriens ont […] déposé au Liban ».

« Lorsque les banques libanaises ont fermé, nous en avons payé le prix ». Résultat des courses, la livre syrienne a plongé début mars à 4 000 livres pour un dollar. Un seuil historique, loin des 47 livres pour un dollar d’avant-guerre.

« Une démarche politique pour délégitimer Damas »

L’écroulement de la monnaie locale a propulsé l’inflation à un niveau record. Selon le Programme alimentaire mondial, les prix des denrées alimentaires ont été multipliés par 33 en dix ans. 60% de la population vit dans une situation d’insécurité alimentaire.

« La dernière étape de cette entreprise, c’est de s’attaquer à ceux qui nous envoient de l’aide », explique Ayssar Midani en référence au cargo iranien en route pour la Syrie attaqué en Méditerranée le vendredi 12 mars.

« La logique derrière tout cela est de pousser les Syriens à l’exode. Leur faire croire que l’État central de Damas ne peut leur fournir les biens et les services qu’un État peut et doit normalement fournir à ses citoyens. Une démarche politique pour délégitimer Damas », conclut-elle.

source : https://french.alahednews.com

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