A chacun sa vérité

par le Col. Pierre Geoffroy - le 09/05/2016.



Conseil d'entreprise en retraite

Officier d'Infanterie, Colonel (er)

 

Faculté des sciences de Nancy.

 

Sous-lieutenant, se porte volontaire pour l’Indochine (1953-54)

Chef de section, puis commandant de compagnie en Algérie (1955-57)

Chef de Brigade à l'Ecole militaire de Strasbourg (1957-59)

Officier des Affaires algériennes (1959-62)

Capitaine commandant de compagnie commando au 26e Régiment d'infanterie (1964-66)

Chef de bataillon à l'EM e la 61e Division militaire territoriale à Nancy (1970-74)

Directeur de l'instruction au 26e R.I. (1974-76)

Chef de bureau à l'EM de la 4e Division blindée en 1976

Colonel, fait valoir ses droits à la retraite (1981)

 

Brevet militaire de langue arabe

Cours des officiers des Affaires algériennes de neuf mois à Alger,

Auditeur de l'Institut des hautes études de la défense nationale (IHEDN).

Créateur et dirigeant d'un cabinet conseil d'entreprise à Nancy (1982-2002),

Président du Comité consultatif de la Ville de Nancy (1977-1983).

Conseiller municipal de Thorey-Lyautey (3 mandats)

Président-fondateur de l'Association Nationale Maréchal Lyautey depuis 1980.

Président de la Fondation Lyautey.

Président-fondateur du Syndicat d'Initiative de Thorey-Lyautey depuis 1987.

Président du Groupe Blandan depuis 1985.

Animateur de divers clubs sportifs et culturels entre 1957 et 1970.

Président de l'Association des parents d'élèves de l'Institution Saint-Joseph de Nancy (1970-78). Vice-président du club des créateurs d'entreprise de Meurthe et Moselle.

Président de Saintois Développement.

Ouvrages :

Qui s'y frotte s'y pique (1967).

Articles sur le maréchal Lyautey.

Distinctions

Chevalier de la Légion d'honneur,

Commandeur de l'Ordre National du Mérite

Croix de la Valeur militaire

Croix du Combattant volontaire

Chevalier des Palmes académiques Médaille de la Jeunesse et des sports

Officier de l’Ordre marocain du Ouissam Alaouite.

Lauréat de l'Académie de Stanislas Prix littéraire E. Hinzelin (1968)

Médaille d'Or de la Ville de Nancy (2000)


A chacun sa vérité

 

La sanction impitoyable prise à l'égard du Général Soubelet a au moins un mérite, celui de mettre sur la table un sujet habituellement étouffé ou traité avec la langue de bois.

Ainsi, nous sommes désormais assurés des arrière-pensées de Monsieur Juppé qui, le 25 avril à Bordeaux, a déclaré sans ambages devant un auditoire d'étudiants : "Un militaire c'est comme un ministre, ça ferme sa gueule ou ça s'en va."

 

Dans un excellent article qualifiant d'indignes et de méprisants ces propos, le Général Vincent Desportes cite le Général de Gaulle dans son argumentation.

De ce fait, il me revient à l'esprit, qu'accueillant les cendres du Maréchal Lyautey aux Invalides, le 10 mai 1961, le Général de Gaulle, Président de la République, avait conclu son discours par cette phrase : "En vérité, le Maréchal Lyautey n’a pas fini de servir la France."

A ceux qui s'en étaient étonnés, ne voyant pas bien comment ce pouvait être possible, une réponse s'imposait : Le Général de Gaulle a estimé que Lyautey avait valeur de référence.

En effet, ce visionnaire a laissé à la postérité un exemple et un message empreints d’humanisme et de réalisme susceptibles d'inspirer aussi bien les décideurs de notre temps que les managers de demain.

 

Les propos indignes reprochés, à juste titre, à Monsieur Juppé prouvent d'abord qu'il désapprouve l'affirmation du Général de Gaulle et ensuite qu'il dédaigne les vérités énoncées par Lyautey en lutte contre tous les archaïsmes. La phrase de Lyautey affirmant : "Celui qui n'est que militaire est un mauvais militaire, celui qui ....... Il faut avoir ses lanternes ouvertes sur tout ce qui fait l'honneur de l'humanité." est bien connue.

 

Sa définition du CHEF, qu’il soit civil ou militaire, l'est moins. C'est le moment de mettre en avant la définition qu'il en donne. Elle est ciselée par le fruit de son expérience, son sens de la hiérarchie, de la responsabilité, de l’honnêteté, en particulier de l’honnêteté intellectuelle.

Pour lui, un CHEF digne de ce nom est porteur de toutes ces valeurs avec une ouverture sur l’autorité et l’obéissance dite aujourd’hui “participative” : "Un chef, celui qui commence par servir et par obéir pour apprendre à commander, et le fait de servir et d'obéir au mieux est déjà un acte de chef, puisque c'est donner l'exemple. Mais aussi, celui qui en servant et en obéissant n'abdique ni l'indépendance de son jugement ni le libre jeu de son initiative, qui observe et se prépare, celui qui, plus tard, en donnant toujours l'exemple de la déférente discipline, saura ne pas se borner à obéir passivement et osera, quand sa conscience et la situation lui en font un devoir, soumettre librement son avis, avis qu'accueillent toujours, provoquent même les chefs dignes de ce nom. »

 

Le Général Soubelet est donc, à mon sens, un tel CHEF, un de ceux que l’on devrait donner en exemple au lieu de l’évincer.

La leçon vaut pour ceux qui l'ont évincé, comme pour ceux qui approuvent son éviction.

 


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