RESISTER...

par le Gal. (2) Patrick Champenois.


 

 

La France est en guerre. On nous l’avait déjà dit il y a dix mois au lendemain des attentats contre Charlie Hebdo.

Si tel est bien le cas, « il faut faire la guerre, ne penser qu'à la guerre, (…) il faut avoir notre pensée tournée vers la guerre et tout sacrifier aux règles qui nous mettraient d'accord dans l'avenir si nous pouvons réussir à assurer le triomphe de la France », comme le déclarait Clémenceau, que l’on dit être le modèle de notre Premier ministre, à la Chambre des députés en mars 1918.

Si tel est bien le cas, il revient au pouvoir politique de prendre les mesures que cette situation exige, un gouvernement de guerre, une économie de guerre, une industrie de guerre, une législation, un appareil de sécurité, une défense adaptés, et d’ordonner les actions de guerre « impitoyables » qu’entend mener le président de la République. Toutes nos forces, toutes nos ressources doivent y être employées, non seulement dans l’immédiat mais aussi dans le long terme puisque, comme on nous le prédit, cette situation est appelée à durer. Porter un jugement prendrait un caractère politique inapproprié dans le cadre de cette publication.

 

Il est cependant un rôle que nous pouvons tous tenir ; il consiste à dire à ceux qui l’auraient perdu de vue qu’il est des choses que nous devrons cesser de subir et d’autres que nous devons retrouver.

Nous devons cesser de porter du crédit au pathos convenu de certains médias : « population traumatisée », « kamikazes lourdement armés » comme si des nuées d’avions japonais allaient s’abattre sur nos foules hébétées et impuissantes ; il ne fait qu’alimenter la peur et, partant, fait le jeu notre ennemi, car c’en est un.

Nous devons cesser de prêter une oreille complaisante à ceux, et ils sont nombreux, qui depuis des années ricanent et tournent en dérision notre pays et ceux qui mettent leur vie à son service.

Nous devons surtout cesser d’écouter ceux qui, depuis des décennies, véhiculent une confortable lâcheté à force de renoncements, de petits accommodements et de dénigrement de notre identité et de notre histoire.

Nous devrons cesser de croire qu’une sensiblerie larmoyante et compassionnelle agrémentée d’autocollants, de bougies et de rassemblements inutiles est autre chose qu’une illusion dangereuse.

 

Ce que nous devons retrouver, en revanche, c’est la force d’accepter les sacrifices matériels, les restrictions de liberté individuelle et de surmonter les heures d’épreuve lorsqu’elles viendront.

C’est la fierté d’être nous mêmes, de ceux qui, malgré l’adversité, ont résisté à Bazeilles, vaincu sur la Marne et à Verdun, fait et tenu le serment de Koufra ou rejoint la France libre sans compter leur peine ou leur sang.

C’est la solidarité, la vraie, celle qui unit ceux qui sont confrontés ensemble à un même danger.

C’est le courage, cette vertu qui, selon Malraux, « vit et meurt et s’entretient comme les fusils ».

 

C’est ainsi que nous pourrons reconstruire la patrie dans les cœurs et les têtes de ceux qui l’ont oubliée.

 

Général (2S) Patrick CHAMPENOIS

 

Article publié dans le numéro 51 de décembre 2015 du bulletin de liaison de l’association Qui ose gagne.

 

Source : http://www.asafrance.fr/item/libre-opinion-du-general-2s-patrick-champenois-resister.html

 


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