La Franc-maçonnerie et l'Armée

...proposé par le Col. Maurice Beaune - Le 17/02/2020.

...par Eric de Verdelhan - le 14/02/2020.

«…Si la Franc-maçonnerie était jadis un esprit, d’ailleurs absurde, une pensée, d’ailleurs erronée, une propagande, d’ailleurs funeste, pour un corps d’idées désintéressées ; elle n’est aujourd’hui plus animée ni soutenue que par la communauté des ambitions grégaires et des appétits individuels… »
(Charles Maurras, « Dictionnaire politique et critique », 1932).


Depuis des années je dénonce assez régulièrement, dans mes livres ou mes chroniques, le rôle néfaste de «la secte maçonnique»  envers les Etats-nations en général et la France en particulier.
En France, c’est la Franc-maçonnerie qui a généré la Révolution, qui a tué « le Trône et l’Autel » et qui continue encore aujourd’hui  à instiller ses avancées « sociétales » mortifères auprès de gouvernements lâches, aveugles, ou complices, voire les trois (1).
Chaque fois que j’attaque la Franc-maçonnerie, j’ai droit à une volée de bois vert de « frères la gratouille », (2) furieux que l’on puisse critiquer leur secte « sans la connaître de l’intérieur ».
Ce raisonnement  est parfaitement stupide car je me moque comme d’une guigne des rituels et gesticulations aux seins des Loges, de leurs degrés et grades, comme de l’équerre et du compas. 
Je juge l’arbre à ses fruits, or force est de constater que ses fruits sont pourris.

J’ai lu de nombreux ouvrages sur la F-M : ceux de Léon de Ponçins, puis plus récemment, ceux de Jacques Ploncard d’Assac (3), Alain Bauer (4), Sophie Coignard (5), Emmanuel Pierrat (6)  et quelques dizaines d’autres qu’il serait fastidieux d’énumérer ici… Loin de m’ériger en spécialiste, j’ai  cherché à mieux connaître les forces occultes qui régissent notre vie depuis plus de deux siècles.

Ce qui motive mon article d’aujourd’hui, c’est… le hasard : une rencontre avec le fils d’un ami, officier de Gendarmerie. Sorti « dans la botte » de l’école de Melun, je lui demandais, pour rire : « Tu dois bien être général, depuis le temps… » . Et il m’a répondu : « Et bien non, je suis toujours capitaine. » puis il a ajouté « être catholique pratiquant, chez nous ce n’est pas le meilleur moyen d’avancer, il vaut mieux être franc-mac. »
On dit, en effet, que la Gendarmerie serait – je mets ça au conditionnel car je n’en sais strictement rien – une pépinière de « frères-trois-points ».
Il y a certainement un peu de vrai si l’on juge, par exemple, le cas du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame…
Loin de moi l’idée de ternir l’image d’un officier mort en service, égorgé par un salafiste. Notre pays manque de héros or Beltrame est un héros. Mon respect pour lui est donc total ! En revanche, je suis perplexe quand je lis ce que certains journalistes ont écrit sur lui. On nous a raconté que cet officier avait été initié en Franc-maçonnerie mais que sa fiancée l’avait amené (ou ramené ?) récemment au Catholicisme. Cette belle histoire nous le rend sympathique, mais elle est fausse, du moins pour partie.

Arnaud Beltrame se rapproche de l’Église catholique en… 2007. Il sera confirmé le 26  avril  2009, à Rueil-Malmaison. Mais simultanément, il rejoint la Franc-maçonnerie, dans la « Grande Loge de France » (GLDF). Il est initié en  2008 dans la « Respectable Loge Jérôme-Bonaparte » à Rueil-Malmaison. Il a été « détecté » par son beau-père, Maurice Fromager, lui-même Maçon.
C’est le général de Gendarmerie Michel Marquant qui va le parrainer dans la Loge « Jérôme Bonaparte ». Ce général est également secrétaire national de la « Fraternelle » de la Gendarmeriedans laquelle il se fera, bien sûr, un devoir de parrainer Arnaud Beltrame.
La Franc-maçonnerie n’a pas manqué d’exploiter au maximum l’émotion autour de sa mort. La presse nous apprend que la « Grande Loge de France » comptera un temple maçonnique « Arnaud Beltrame ». C’est le 19 avril 2019, au cours de «travaux funèbres», que Philippe Charuel, « Grand Maître » de la GLDF, a donné cette information. Des hauts gradés de différentes obédiences maçonniques étaient présents, dont Philippe Foussier, « Grand Maître  du Grand Orient de France ».
On a noté la présence de Bruno Roger-Petit, en tant que « porte-parole de la Présidence de la République ». Le général Mazy, président de la « Fraternelle » de la Gendarmerie (appelée « Les Amis de Moncey ») a pris  la parole.

Signalons que le général Philippe Mazy est « Directeur des personnels militaires » de la Gendarmerie. On ne croit  pas un seul instant que, dans le cadre de ses fonctions, il puisse être tenté de favoriser ses frères-maçons ; ce serait pure médisance !

La Franc-maçonnerie est très présente dans l’Armée française, et ce, depuis longtemps.
L’Armée de l’Air et la Gendarmerie seraient les plus « gangrènées ». J’utilise, là encore le conditionnel, par prudence. La « Royale », les paras et la Légion Etrangère seraient moins infiltrés par les Maçons, sans doute parce qu’on choisit d’y servir davantage par idéal que par ambition ?
Disons un mot de l’histoire de la Franc-maçonnerie dans l’Armée.
La Franc-maçonnerie renaît en Écosse en 1717. En France, depuis la guerre de sept-ans, au contact des soldats anglais, les effectifs des officiers francs-maçons seront en constante évolution.
Comme chez les civils, la Franc-maçonnerie distille son venin – les idéaux des lumières – au sein des régiments. Le but visé est de chasser « le Trône et l’Autel » ou, plus exactement, de chasser la religion catholique et, par ricochet, la Monarchie car elle est « de droit divin ».
Paradoxalement, c’est la Révolution qui va porter un coup d’arrêt au développement de la Franc-maçonnerie dans l’Armée. Il ne faut pas y voir une volonté de refreiner les idéaux maçonniques mais les purges effectuées massivement chez les officiers d’ancien régime vont considérablement réduire l’influence des Loges. N’oublions  pas que  Babeuf, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois, Danton, Robespierre, Saint-Just…etc étaient  Francs-maçons.
Ceux qui osent  prétendre qu’on doit à ces grands « humanistes », la mort du Roi, la Terreur, le génocide vendéen et la mise à sac de toute l’Europe sont des médisants : ces gens-là  défendaient « les droits de l’homme et la liberté ». On nous serine ça depuis plus de 200 ans !
C’est la signature du Concordat qui va raviver le courant maçonnique dans l’Armée.
Dès 1797, le « Grand Orient » annonce qu’il reprend «force et vigueur». Sous le Consulat et l’Empire, la Franc-maçonnerie prend en quelque sorte le relais des « cultes » révolutionnaires.

Le 22 Messidor an VII (10 juillet 1799), la «Grande Loge de France» et le «Grand Orient» fusionnent  et reprennent les attributs de l’ancienne «Grande Loge de France».
En 1805, les régiments de la Grande Armée comptent une bonne cinquantaine de Loges qui relèvent du « Grand Orient de France ». L’infanterie étant la plus exposée dans les batailles, c’est dans ses rangs que les Loges sont les plus nombreuses.
A cette époque,  on compte : 3032 officiers, 1458 sous-officiers et 437 soldats francs-maçons. Leur nombre ne cesse de croître jusqu’en 1814, date à laquelle 73 Loges militaires sont dénombrées : une Loge existait pratiquement dans chaque régiment. La Maçonnerie militaire servait (déjà !) à l’avancement  tout en permettant, à l’occasion, d’avoir la vie sauve en faisant le signe de détresse sur le champ de bataille.
Sur les 25 Maréchaux d’Empire, 17 étaient francs-maçons, dont : Bernadotte, Brune, Kellermann, Lannes, Mac Donald, Masséna, Mortier, Murat, Ney, Oudinot…
Leur  « Grand Maître » était  Joseph Bonaparte, le propre frère de l’Empereur (7).
Mais cette Maçonnerie militaire  sera frappée par la chute de l’Empire. En 1815, l’abandon du Maréchal Ney par ses frères-maçons  en est le symbole.
La conquête de l’Algérie va redonner du souffle à la Franc-maçonnerie militaire.
En 1858, on assiste à la création d’une Loge militaire en Crimée.
Cependant, deux Ministres de la Guerre (les généraux Billot en 1882 et Freycinet en 1889), interdisent aux militaires la fréquentation des Loges. En effet, la défaite de la France contre la Prusse était due, selon certains, à la trahison de Francs-maçons qui auraient communiqué aux Prussiens des informations hautement confidentielles. Mais ce fait n’est pas avéré.
Durant toute la 3ème République, celle que les historiens ont baptisée « la République des Francs-maçons », l’Armée a été perçue comme l’arche sainte du régime.

Depuis la Révolution, la République a été belliciste, car elle entendait diffuser partout les « idéaux des Lumières », les sacro-saintes « valeurs républicaines »Ce sont les Républicains qui poussent à la guerre en 1792, en 1870 et ensuite en 1914. Ils veulent récupérer la rive gauche du Rhin, puis l’Alsace et la Lorraine.
La chasse aux Catholiques dans l’Armée atteint son paroxysme en 1904 avec l’affaire dite « des fiches ». Le Ministre de la Guerre, le général André, est interpellé à la Chambre. Il est accusé de faire ficher les officiers catholiques  (soupçonnés de « Jésuitisme »). Certains « frères »  considèrent que l’Armée est une institution d’ancien régime et qu’il faut impérativement  la  « républicaniser ».
La Loge « Les Enfants de Gergovie » suggérait, par exemple, que : « toutes les propositions pour l’avancement, les décorations, les récompenses et toutes les nominations soient faites au cabinet du Ministre, ceci sans tenir compte de l’avis des chefs qui sont pour la plupart cléricaux et réactionnaires. ». Ceci au nom de l’égalité et de la fraternité sans doute ? On croît rêver !!!!
« L’affaire des fiches » n’était d’ailleurs pas une nouveauté. Cette  pratique existait déjà en 1789. Le but étant de débusquer les officiers contre-révolutionnaires. Les procédés du général André se situaient dans la tradition jacobine d’épuration républicaine.
L’histoire récente de notre Armée a souvent été marquée par l’épuration des cadres qui n’étaient pas Francs-maçons (ou qui étaient jugés trop modérément républicains). Or, le fichage des officiers catholiques, pour les écarter du commandement, a été désastreux à deux reprises : en 1914 et en 1939.
En 1914, les généraux compétents avaient été écartés. C’est  le « frère » Joffre qui fut choisi pour diriger l’Armée. Face au désastre, on lui adjoint le général de Castelnau, catholique et non-maçon, afin d’éviter une cuisante défaite. Plus tard, Joffre sera remplacé par Foch, général catholique (ayant, de surcroît, un frère jésuite, congrégation honnie par les Républicains). Clémenceau voulait un chef compétent, pas un incapable inféodé aux Loges.
Le même processus douteux sera appliqué pendant l’entre-deux-guerres. Des officiers non-maçons seront écartés au profit de frères-maçons  souvent médiocres. C’est l’une des raisons de la  mémorable « raclée »  de juin 1940.
Il est amusant de noter que les généraux proches du Maréchal Pétain (Weygand, ainsi que ceux de la future Armée d’Afrique), et ceux qui rejoignirent de Gaulle à Londres, étaient quasiment tous royalistes (et généralement anti-maçons).

A l’heure actuelle, combien y a-t-il de généraux francs-maçons dans l’Armée française ? Je n’en sais rien, mais notre Armée, réduite à une peau de chagrin depuis 35 ou 40 ans, s’offre encore le luxe d’entretenir 450 généraux en activité et…5500 en « 2ème Section » (8).
Selon un ami, officier supérieur, et qui connaît donc le sujet mieux que moi : « les généraux francs-maçons représentent une bonne moitié des effectifs… ». Vrai ou faux ? Je l’ignore mais si tel est le cas, cela ne fait qu’augmenter les mérites de ceux qui accèdent aux étoiles sans être F-M !
On va me rétorquer qu’il y a aussi des Francs-macs intègres, honnêtes, idéalistes. Je n’en doute pas, mais, comme disait Michel Audiard « Il y a aussi des poissons-volants et des moutons à cinq pattes, mais ce n’est pas la majorité de l’espèce. »
On me dit aussi que tous les F-M ne sont pas des « laïcards » forcenés : certaines Loges sont déistes. Je maintiens, pour ma part, que la Maçonnerie en général veut chasser le Catholicisme de France. Le culte du GADLU (Grand Architecte DL’Univers) répond à cette volonté ; c’est la suite logique du culte  révolutionnaire à la « déesse Raison ».
Chateaubriand disait déjà, en son temps : « Chassez le Christianisme et vous aurez l’islam. »
Ceux qui combattent le Catholicisme font le jeu de l’Islam, et je suis intiment persuadé qu’ils le font sciemment. On cherche à fabriquer des « citoyens du monde », sans attache, sans racine, asexués, métissés, des moutons prêts à accepter demain une gouvernance mondiale (aux mains  de la Franc-maçonnerie et de la finance apatride), mais pour cela, il faut d’abord  tuer les Etats-nations. Ce rôle est dévolu à l’Islam, qui croit conquérir le monde au nom d’Allah, mais qui n’est, en fait, qu’une troupe de manœuvre.

On va penser que j’exagère. Alors,  posons-nous la question suivante : un pays dans lequel  les dirigeants, les magistrats, les policiers, les militaires de haut rang sont  francs-maçons est-il encore une démocratie ? Assurément NON !
Or, toutes les lois qu’on nous impose sont étudiées, discutées puis élaborées en Loges. On décide de notre sort dans des « convents » et autres « tenues blanches fermées ». On refile ensuite les projets de lois aux « Fraternelles parlementaires », voire directement à Bruxelles qui décide, non démocratiquement, de 80% des textes qui régissent notre vie quotidienne.
Mais revenons à nos moutons (à cinq pattes) et à la Franc-maçonnerie dans l’Armée. Ai-je tendance à lui attribuer une importance qu’elle n’a pas réellement ? J’en doute !
Depuis des années, les militaires – surtout les hauts gradés – ont porté aux nues certains de leurs ministres, à commencer par Charles Hernu, fils de gendarme, Franc-maçon revendiqué, auquel on n’a jamais reproché son passé sulfureux sous l’Occupation et ses accointances avec le KGB communiste (9). Citons aussi Paul Quilès, surnommé « Robespaul », et Pierre Joxe, également Franc-maçon. Chez les ministres de la Défense venus de la droite parlementaire, Gérard Longuet, bien qu’il s’en défende, a été initié en Loge. L’ancien du mouvement  « Occident » a su virer sa cuti pour booster sa carrière. D’après « Le Salon Beige », Michèle Alliot-Marie serait également Franc-maçon (je vous épargne « Franche-maçonne », tant pis pour Lili-Marlène Schiappa et Caroline De Haas !). Une chose est attestée : son concubin, Patrick Ollier est Franc-maçon.
Comme les Francs-maçons sont discrets sur leur appartenance à la secte, il est difficile de se prononcer sur tous les ministres de la Défense. La plupart d’entre eux sont, au mieux, des « Maçons sans tablier ».  Mais j’allais oublier de citer la coqueluche des militaires sous Hollande : Jean-Yves Le Drian. Loin des frères parisiens du « Grand Orient de France », il a été initié en 1982, dans la Loge lorientaise « Nature et Philanthropie », juste après l’arrivée au pouvoir des socialistes.
Ceci atteste, s’il était besoin, que la « Ripoux-blique » a bien compris que, pour convaincre des généraux-maçons d’accepter des coupes sombres dans le budget de nos armées,  rien ne vaut un bon ministre-maçon : CQFD !
J’entends déjà les critiques des initiés qui estiment que la Franc-maçonnerie étant secrète, les profanes ne doivent pas en parler. Et bien, que ça leur plaise ou non, je m’arroge ce droit.
Après tout, il m’arrive aussi de critiquer le lobby « Gay » (comme lobby, car je ne voudrais pas être taxé d’homophobie) sans pour autant avoir fait mon « coming-out » – Dieu m’en garde ! – ou avoir subi les derniers outrages – Dieu m’en préserve ! – .  Alors, qu’ils prennent ce texte au 1er, 2ème, 3ème degré, et ce… jusqu’au 33ème, après tout, je m’en tape !

Eric de Verdelhan
14 février 2020

1)- Gouvernements dans lesquels les F-M sont souvent majoritaires.
2)- « Frères la gratouille » : appellation que l’on doit à François Mitterrand, lui-même initié en loge.
3)- « Le Secret des Francs-maçons ». Éditions de Chiré, 1979.
4)- « le crépuscule des frères : La fin de la Franc-maçonnerie ? ».Paris, Éd. de la Table ronde, 2005.
5)- « Un État dans l’État : Le contre-pouvoir maçonnique ». Paris, Éd. Albin Michel, 2009.
6)- « Les Francs-maçons sous l’Occupation ». Paris, Éd. Albin Michel, 2016.
7)- Jérôme Bonaparte, autre frère de Napoléon, était également franc-maçon.
8)- En gros le même effectif de généraux que l’Armée américaine. Et pendant ce temps, le fantassin qui se bat au Mali paie souvent sur ses deniers son gilet pare-balles. Cherchez l’erreur !
9)- Hernu était un agent soviétique, ceci a été prouvé lors de l’ouverture des dossiers de l’ex-KGB.

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