Ce que font les États-Unis dans les Caraïbes est tout simplement honteux ! Le Pentagone de Trump a déployé 16 000 hommes, 8 navires de guerre, un sous-marin
nucléaire, des bombardiers stratégiques B-52 et des chasseurs F-35, du jamais vu depuis l’invasion du Panama en 1989. Ils se conduisent ni plus ni moins en terroristes internationaux. En
effet, Trump agit de son propre chef sous prétexte de lutter contre le narco-trafic… Aucun mandat, ni de l’ONU, ni d’une autre instance internationale, ni même d’un pays concerné, aucun
arraisonnement des bateaux qu’ils considèrent suspects, aucune arrestation, mais destruction sans sommation des embarcations et des équipages ! L’impérialisme yankee pratique ce qu’il n’a
cessé de condamner en mer Rouge et dans l’Océan Indien, la piraterie et l’assassinat !
Tous ces crimes de sang sont des exécutions extra-judiciaires totalement incompatibles avec le droit international et même le droit étasunien. En trois
mois, 15 frappes militaires ont causé la mort de 62 personnes. L’administration Trump-Rubio contourne systématiquement ses propres garde-fous juridiques et militaires au nom de sa guerre
à la drogue.
En effet, un décret présidentiel daté du 18 février 2025 impose que toute interprétation juridique se conforme aux positions du président, interdisant ainsi
toute dissidence juridique. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a limogé les «Judge Advocates General» de l’armée de terre et de l’air, les qualifiant d’«obstacles».
L’analyse historique de la répression anti-drogue a déjà démontré l’innocuité de cette stratégie et prouvé qu’une intensification de cette stratégie
conduisant à des centaines de frappes supplémentaires, ne modifierait pas les dynamiques du marché illégal des substances. Tous les observateurs sérieux s’accordent à dire que si Trump
voulait véritablement s’attaquer au narco-trafic dans les Amériques, il devrait s’attaquer d’abord aux réseaux de distribution, de transformation et de consommation de la drogue sur son
propre territoire à Los Angeles ou à New-York, et en particulier dans l’État de son fidèle ami Rubio, la Floride.
À ce jour, et on ne peut que le déplorer, pas une ONG concernée par les Droits de l’Homme n’a condamné ces exécutions extra-judiciaires, pas une seule !
Étrange non ?
En réalité, cette guerre prétendue anti-drogue sert de couverture à une opération militaire bien plus vaste et dangereuse contre le Venezuela et son
président Nicolas Maduro. Et le blocus maritime par la marine étasunienne en est le premier acte. Le prix Nobel de la Paix attribué par un Comité soumis aux intérêts US, à
l’ultra-réactionnaire fasciste vénézuélienne Marina Machado, n’est pas une coïncidence. Elle est déjà désignée par Trump comme celle qui succédera à Maduro quand celui-ci aura été
destitué ou assassiné par les bombardements et l’envahissement terrestre du Venezuela par son armée terroriste et les milices fascistes : Une guerre totale contre le Venezuela sans aucune
déclaration préalable, un acte de terreur pure qui risque d’embraser toute la région et sans doute bien au-delà !
Ne nous y trompons pas, c’est un nouveau plan Condor qui est à l’œuvre ! Non pas concocté par le couple infernal Nixon-Kissinger mais par le nouveau duo
fasciste Trump-Rubio, avec le soutien de leurs affidés les plus corrompus tels que le Guatemala d’Arevalo, l’Argentine de Milei et le Paraguay de Peña. Si le Venezuela tombe, ce sera au
tour de la Colombie de Petro et peut-être celui de notre chère Cuba. N’oublions pas le chantage forcené que Trump a exercé sur de nombreux pays pour les rallier au blocus contre Cuba,
dans le seul but de faciliter une agression future. C’est raté, mais Rubio et consorts n’ont pas ménagé leurs efforts. Si Trump a voulu un cessez-le-feu rapide à Gaza, s’il fait les yeux
doux à la Chine et semble se désintéresser de l’Ukraine, c’est pour mieux concentrer ses forces contre l’Amérique du Sud progressiste afin qu’elle redevienne son territoire d’exploitation
de prédilection !
Le Brésil et le Mexique (entre autres) sauront-ils s’opposer de manière décisive à cette nouvelle croisade US ? En ont-ils d’ailleurs mesuré l’ampleur et
les conséquences pour eux-mêmes ? La protestation internationale (notamment ONU et BRICS) dépassera-t-elle le niveau de la seule indignation ou envisagera-t-on de se donner les moyens de
stopper le fer étasunien ? Les peuples sauront-ils se mobiliser pour exiger de leurs gouvernements qu’ils fassent cesser cette guerre d’agression scandaleuse ? Sommes-nous à même de
comprendre que va se «jouer» en Amérique du Sud, une grande partie de notre avenir ?
Ce qui se passe dans les Caraïbes et en Amérique du Sud, nous touche tous et de très près. Nous sommes directement concernés, humainement, économiquement et
politiquement.
Levons-nous contre ce plan Condor II qui sera, à coup sûr, un nouveau massacre effroyable de populations et la plongée pour longtemps dans la nuit noire du
fascisme !
Levons-nous de toutes nos forces contre les plans belliqueux et hégémoniques de l’Empire qui menace notre civilisation d’une régression historique !
N’acceptons pas d’être seulement indignés devant l’horreur annoncée. Battons-nous !
Vive le Venezuela libre, souverain et indépendant ! Vive l’Amérique Latine, zone de paix ! US go home !
Les États-Unis développent les
infrastructures aéroportuaires civiles à Porto Rico et sur l’île de Sainte-Croix, dans les îles Vierges américaines. Les États-Unis modernisent également une base longtemps abandonnée à
Puerto Rico, se préparant manifestement à d’éventuelles opérations militaires au Venezuela.
Selon l’agence Reuters, les
travaux de construction de l’ancienne base navale de Roosevelt Roads à Porto Rico, fermée depuis plus de 20 ans, ont débuté le 17 septembre avec le déblaiement et le réaménagement des
voies de circulation menant à la piste. Par ailleurs, les États-Unis développent les infrastructures aéroportuaires civiles à Porto Rico et sur l’île de Sainte-Croix, dans les îles
Vierges américaines. Ces territoires sont situés à environ 800 kilomètres des côtes vénézuéliennes.
Washington a accusé Caracas de ne pas en faire assez pour lutter contre le trafic de drogue. Sous ce prétexte, les États-Unis ont déployé d’importantes
forces dans les Caraïbes. Le Miami
Herald avait précédemment rapporté que «l’administration
Trump a décidé d’attaquer des installations militaires au Venezuela et que les frappes pourraient avoir lieu à tout moment». Jusqu’à présent, le président américain Donald Trump a
nié devant la presse avoir pris la décision de lancer des frappes contre le Venezuela.
Suite à un important déploiement de forces américaines près du Venezuela et aux informations provenant de sources multiples selon lesquelles Washington envisagerait des attaques
contre le pays dans le but de renverser son gouvernement, les Amériques sont confrontées à la possibilité d’un des conflits interétatiques les plus violents de ces cinquante dernières
années. Bien que le Venezuela ait placé
ses forces en état d’alerte et effectue de
fréquentes patrouilles avec sa petite flotte de chasseurs Su-30MK2 en guise de démonstration de force, la taille réduite de son arsenal soulève des questions quant à sa capacité
à contester sérieusement la suprématie aérienne et maritime des forces armées américaines. Plusieurs sources ont rapporté que Caracas s’est plutôt tourné vers la Russie et d’autres grands
fournisseurs d’armes non occidentaux pour obtenir rapidement du nouveau matériel face à la menace d’une guerre.
Deux facteurs majeurs limitent la capacité de la Russie à fournir rapidement des armements : la pénurie de nombreux équipements, notamment de systèmes de
défense aérienne à longue portée, due à l’augmentation considérable des besoins de ses propres forces, et le temps important nécessaire à la formation du personnel vénézuélien à
l’utilisation de nouveaux armements complexes tels que les chasseurs Su-35. Néanmoins, certains systèmes pourraient être fournis et opérationnels relativement rapidement. Cinq atouts
majeurs susceptibles de renforcer rapidement les défenses du Venezuela sont présentés ci-dessous :
Le système de
missiles Bastion russe lance un missile de croisière P-800.
Système de défense côtière
Bastion
Le système de défense côtière Bastion a été développé pour contrer de manière asymétrique les marines plus importantes des adversaires de la Russie au sein du bloc
occidental. Conçu pour menacer les grands navires de guerre tout en conservant mobilité et capacité de survie, ce système présente de faibles coûts opérationnels et une relative
simplicité d’utilisation. Des pays comme le Vietnam et la Syrie l’ont déjà mis en service. Ses véhicules de lancement mobiles peuvent être opérationnels en quelques minutes et ont lancé
des missiles de croisière antinavires P-800 à Mach 2,5, d’une portée de 800 kilomètres. Les forces armées vénézuéliennes dépendent actuellement fortement des missiles antinavires Kh-31A, lancés par les chasseurs Su-30MK2 de l’armée de l’air, pour menacer les navires de guerre américains en mer. L’acquisition des systèmes
Bastion, relativement peu coûteux et à fort impact, pourrait décupler l’arsenal de missiles de croisière antinavires du pays.
Corvette de classe
Buyan-M de la marine russe.
Corvettes de classe
Buyan-M/Kakurt
L’absence d’acquisitions de grands destroyers ou croiseurs par la marine russe depuis la chute de l’Union soviétique l’a contrainte à privilégier les
corvettes modernes. Ces dernières se distinguent nettement de celles produites par la plupart des autres pays par leur armement, généralement réservé aux destroyers, notamment les
missiles de croisière à longue portée. Cette configuration permet à ces navires rapides et compacts de menacer des bâtiments bien plus imposants à proximité des côtes alliées, assurant
ainsi une défense asymétrique. Les corvettes de classe Buyan-M (850 tonnes) et Kakurt (860 tonnes), successeurs de la première, pourraient remplacer la flotte vénézuélienne, relativement
obsolète. Elles peuvent emporter non seulement les missiles de croisière antinavires P-800 et Kalibr, mais aussi le nouveau missile Zircon, qui combine une vitesse de Mach 9, une portée de 1000 kilomètres et une grande manœuvrabilité. La mise en service de ces navires peu coûteux et nécessitant peu
d’entretien constituerait un atout majeur et peu onéreux pour les capacités défensives de la flotte de surface de la marine vénézuélienne, et, avec le soutien d’entrepreneurs russes, ils
pourraient potentiellement être rendus opérationnels relativement rapidement.
Chasseurs Su-30MK2 de
l’armée de l’air vénézuélienne.
Chasseur Su-30M2
Les chasseurs Su-30MK2 de l’armée de l’air vénézuélienne sont actuellement les avions de combat tactiques ayant
la plus grande autonomie des Amériques et possèdent un potentiel de combat supérieur à celui de tout autre chasseur déployé par les États d’Amérique latine. Le potentiel de
combat de cette flotte est néanmoins limité par son faible nombre, avec seulement 22 appareils en service. Lors de sa livraison au Venezuela, le Su-30MK2 était nettement plus avancé que
n’importe quel chasseur en service dans les forces armées russes, le ministère russe de la Défense ne finançant pas l’acquisition de chasseurs post-soviétiques en raison de contraintes
budgétaires. Si la Russie n’utilise pas le Su-30MK2, elle exploite 19 chasseurs Su-30M2, très proches, dotés d’une avionique légèrement modernisée mais quasiment identiques en termes
d’exigences opérationnelles et de maintenance. Ces chasseurs ont été construits peu avant que l’ usine
aéronautique de Komolsk-sur-l’Amour ne se convertisse à la production du Su-35, dont le Venezuela devait être le premier client étranger. La Russie ayant considérablement augmenté la production de tous ses types d’avions de chasse, elle devrait pouvoir mettre sa petite
flotte de Su-30M2 à disposition d’un partenaire stratégique, ce qui doublerait de facto la puissance aérienne moderne du Venezuela. À plus long terme, la Russie pourrait envisager de
proposer des programmes de modernisation pour les Su-30MK2, incluant de nouveaux radars à balayage électronique, des moteurs AL-41F-1S et des armements tels que le missile R-77M, ce qui
révolutionnerait le potentiel de combat de ces appareils.
Missile de croisière
Kh-32.
Missile de croisière Kh-32
En août 2020, des sources russes ont fait état de projets d’intégration de missiles de croisière Kh-32 sur les chasseurs Su-30SM des forces aérospatiales
russes, ce qui pourrait révolutionner leurs capacités anti-navires. Ce missile atteint Mach 5 en phase terminale, possède une portée de 1000 kilomètres et suit une trajectoire complexe
avec un piqué prononcé lors de sa phase de franchissement du relief, ce qui le rend extrêmement difficile à intercepter. Le Kh-22, dont il s’inspire largement, s’est avéré
quasiment impossible à intercepter pour les systèmes de défense aérienne ukrainiens Patriot et S-300. Bien que la flotte de Su-30MK2 soit largement utilisée pour les missions
anti-navires, leurs missiles Kh-31A ont une portée limitée à un peu plus de 100 kilomètres, ce qui rend potentiellement très difficile le vol à proximité des navires de guerre de l’US
Navy pour un lancement contre eux, compte tenu du nombre important de chasseurs américains déployés dans la région. L’intégration du Kh-32 permettrait aux chasseurs Su-30MK2 de lancer des
frappes depuis une grande partie de l’espace aérien vénézuélien et pourrait changer la donne pour les opérations de la marine américaine dans la région.
Sous-marin d’attaque
de classe Kilo.
Sous-marin d’attaque de classe Kilo
amélioré
La marine vénézuélienne dispose actuellement de deux sous-marins de type 209, construits en Allemagne de l’Ouest et livrés dans les années 1970. L’origine
allemande de ces bâtiments devrait limiter leur capacité à défendre le pays contre les États-Unis, car il est presque certain que l’Allemagne a partagé avec son allié occidental des
informations sur leurs signatures acoustiques et autres faiblesses potentielles. Ces sous-marins sont également limités par leur dépendance exclusive aux torpilles pour l’attaque. La
marine vénézuélienne étant l’une des rares au monde à posséder des escadrons entraînés aux opérations sous-marines, la livraison éventuelle de sous-marins d’attaque russes de classe Kilo
améliorée permettrait à cette composante de la flotte d’assurer une défense bien plus efficace. Les sous-marins de classe Kilo peuvent utiliser une large gamme de missiles de croisière,
notamment les Kalibr, P-800 et Zircon. Surnommés «trous noirs» en Occident en raison de leur extrême discrétion, les sous-marins de classe Kilo ont été exportés vers des pays d’Afrique,
du Moyen-Orient et d’Asie du Sud, de l’Est et du Sud-Est, et présentent des coûts d’acquisition et d’exploitation relativement faibles.
Des chasseurs vénézuéliens Su-30MK2 équipés de
missiles antinavires Mach 3+ intensifient leurs patrouilles de dissuasion contre les États-Unis
De nouvelles images diffusées par l’armée de l’air vénézuélienne montrent des chasseurs Su-30MK2 patrouillant au-dessus des Caraïbes, équipés de missiles
antinavires Kh-31. Cette démonstration de force, largement interprétée comme une réponse à l’escalade des menaces américaines, est visible sur les images. Deux Su-30MK2 volent en
formation, armés de ces missiles. Ce type d’appareil est beaucoup plus actif depuis deux mois, suite au renforcement considérable de la présence militaire américaine dans la région. Ce
déploiement s’est traduit par le déploiement de nombreux destroyers, de plus de 4000 Marines, de porte-avions nucléaires de
classe Nimitz et Gerald Ford, de navires d’assaut amphibie, de sous-marins d’attaque nucléaires et d’escadrons de chasseurs furtifs F-35, parmi d’autres moyens. Les opérations américaines incluent des attaques présumées contre des navires civils dans la région et des simulations de frappes contre des cibles vénézuéliennes à l’aide de
bombardiers stratégiques dont les transpondeurs étaient désactivés.
Le Kh-31 est considéré comme l’arme anti-navire la plus redoutable des forces armées vénézuéliennes, tandis que le Su-30 est le chasseur à la plus longue portée des Amériques, lui permettant de mener des frappes contre des cibles dans les Caraïbes et au-delà. Ce missile à statoréacteur suit une
trajectoire rasante, ce qui complique sa détection par l’adversaire, et sa vitesse terminale supérieure à Mach 3 réduit les temps d’alerte, le rend plus difficile à intercepter et
provoque des dégâts importants à l’impact. L’US Navy n’a aucune expérience en matière de défense contre de telles attaques. Un aspect particulièrement menaçant de la conception de ce
missile est son poids relativement léger, qui, combiné à la capacité d’emport d’armement particulièrement élevée du Su-30, permet à deux chasseurs de lancer des salves de dix missiles ou
plus. La capacité de «tirer et oublier» du missile signifie que de telles frappes peuvent être lancées dans le cadre d’attaques éclair contre des navires de guerre américains.
Un chasseur Su-30MK2
de l’armée de l’air vénézuélienne lance un missile Kh-31A.
Le Su-30MK2 a été initialement développé pour répondre aux besoins de la marine de l’Armée populaire de libération chinoise au début des années 2000. Bien
qu’à la pointe de la technologie pour son époque, son avionique est aujourd’hui considérée comme obsolète. Si l’armée de l’air vénézuélienne est réputée posséder la flotte de chasseurs la
plus performante d’Amérique latine, son principal point faible demeure le nombre limité de chasseurs modernes en service, sa flotte ne comptant que 22 Su-30. Sous l’administration de
l’ancien président Hugo Chávez, des projets d’acquisition d’une flotte de chasseurs bien plus importante, incluant des Su-35 plus modernes, étaient en cours. Cependant, le décès du président en 2013 et la crise économique qui a suivi ont empêché leur réalisation. La flotte de
Su-30MK2 est ainsi largement surpassée en nombre par les avions de chasse de l’US Air Force, de l’US Navy et de l’US Marine Corps déployés dans la région, et accuse un retard
technologique croissant, ces forces ayant mis en service des chasseurs plus récents tels que le F-15EX et le F-35.
L’administration du président américain, Donald Trump, évalue toute une série d’options pour une intervention militaire au Venezuela, y compris des attaques
directes contre les unités protégeant le président Nicolas Maduro et des mesures visant à prendre le contrôle des champs pétroliers, selon plusieurs responsables américains.
Le président américain n’a pas encore pris de décision définitive, bien que plusieurs de ses conseillers préconisent une action plus agressive pour
renverser le gouvernement vénézuélien, parmi lesquels le secrétaire d’État Marco Rubio et le conseiller à la sécurité intérieure Stephen Miller, peut-on lire sur le New York
Times.
Selon le rapport, les proches de Trump ont demandé au département de la Justice un avis juridique afin d’élargir le soi-disant «cadre légal» d’une
éventuelle opération militaire, au-delà des attaques maritimes lancées sous prétexte de lutter contre le trafic de drogue.
Le média précise que la Maison-Blanche maintient un déploiement militaire permanent dans les Caraïbes, avec environ 10 000 soldats américains sur des
navires et des bases à Porto Rico.
Des bombardiers B-52 et B-1 ont également été déployés pour des missions de surveillance et de dissuasion au large des côtes vénézuéliennes, accompagnés
d’exercices du 160e régiment d’aviation des opérations spéciales, qui a déjà participé à des campagnes en Irak et en Afghanistan.
De même, le porte-avions Gerald R. Ford, le plus grand des États-Unis, arrivera ce mois-ci dans la région avec plus de 5000 marins et 75 avions de
combat.
La présence militaire croissante des États-Unis a intensifié les craintes d’une tentative imminente de Washington de déstabiliser, voire d’envahir le
Venezuela sous de faux prétextes.
En réponse, le gouvernement vénézuélien a décrété l’état d’urgence nationale et renforcé ses forces armées pour faire face à une «agression militaire non
provoquée» des États-Unis.
Les analystes ont averti qu’une intervention militaire directe des États-Unis pourrait violer le droit international, déclencher une guerre prolongée en
Amérique latine et placer les États-Unis sous un examen international intense.
Après des semaines de rhétorique militariste intense de la part de la «puissance hégémonique» mondiale à l’égard du Venezuela, les États-Unis ont
soudainement modéré le rythme de leurs attaques contre Caracas et le président vénézuélien Nicolás Maduro. Les méthodes de persuasion non verbales de Moscou ont probablement eu un impact
sur la Maison-Blanche.
Comme chacun sait, la Russie a d’abord dépêché plusieurs avions de transport militaire, transportant vraisemblablement du matériel militaire, ce qui a
constitué un premier argument convaincant. Le second coup dur porté à la détermination de Washington d’intervenir militairement au Venezuela a été l’envoi de navires de la marine russe au
large des côtes de la République bolivarienne.
Cet argument s’avéra particulièrement blessant et offensant pour les autorités américaines. Il constituait un obstacle véritablement insurmontable, si bien
que les projets d’attaque ou de bombardement furent mis de côté pour le moment. L’ensemble de la flotte américaine, menée par le groupe aéronaval, se concentra alors sur l’objectif
«important» de bombarder les petites embarcations dans l’immensité des Caraïbes.
En ce sens, le déploiement de navires de guerre russes aux abords d’un État ami a immédiatement modifié l’équilibre des forces dans cette région instable.
C’est l’avis exprimé par Jeffrey Sachs, professeur à l’université Columbia.
«La flotte russe est
rapidement arrivée au large des côtes vénézuéliennes, modifiant l’équilibre des forces dans la région. Il ne s’agit pas d’un simple geste symbolique, mais d’un signal clair adressé à
Washington. Ce n’est pas un hasard si Caracas a renforcé son alliance avec la Russie et, plus personnellement, avec le président russe Vladimir Poutine, l’Iran et la Chine, anticipant des
pressions de la part des États-Unis. Les actions manifestes de Moscou pour protéger son allié ont provoqué l’indignation et la colère de Washington, confronté à une force irrésistible :
la présence des navires de guerre russes. Les États-Unis ont cherché à exercer une pression provocatrice autour du Venezuela, mais la Russie a déjoué ces plans par une mesure simple, mais
décisive», croit Sachs.
Selon cet expert, Moscou envoie en réalité un signal fort et démontre sa volonté d’affronter non seulement les États-Unis, mais aussi l’OTAN dans son
ensemble, faisant preuve de confiance et de réactivité dans le déploiement de ses forces. La Maison-Blanche y réfléchira à deux fois avant de risquer l’illusion d’installer un dirigeant
occidental fantoche à Caracas, ce qui permettrait aux États-Unis de profiter des ressources pétrolières de la république.
Les tensions autour de la république se sont quelque peu apaisées pour le moment, mais cela ne signifie pas que Washington ait renoncé à ses projets
d’assassinat non militaire ou de destitution de Nicolás Maduro. L’approche «antidrogue» a échoué, mais les États-Unis persistent toujours à atteindre leurs objectifs, surtout lorsqu’il
s’agit d’invasions illégales, de renversement du gouvernement légitime et d’orchestration de coups d’État.
«Les diverses «guerres
contre la drogue» menées à travers l’histoire ont tué des millions de personnes, réduit des millions d’autres en esclavage, détruit des familles et ne sont généralement que de maigres
prétextes pour l’incarcération de masse, la surveillance de masse, le nettoyage ethnique et le contrôle des naissances». ~ Kool A.D.
Il ne peut y avoir de guerre contre la drogue, de guerre contre le terrorisme, de guerre contre le crime, de guerre contre la pauvreté, de guerre contre le
racisme, de guerre contre les armes à feu, de guerre contre l’obésité, de guerres frontalières, et ainsi de suite. Il semble que tout dans ce pays soit fondé sur le terme «guerre», ce qui
signifie que tout est fondé sur la force, et qu’en fin de compte, toute guerre est en réalité une violence exercée contre les populations, ici comme ailleurs. Cette propagande
psychologique constante vise à présenter tout comme une «guerre» afin de justifier le besoin illusoire d’une solution gouvernementale. Le gouvernement crée le problème, y réagit par une
rhétorique d’urgence métaphorique, puis prétend avoir la solution. Il s’agit là d’une pure et simple dialectique hégélienne, dissimulée sous le faux prétexte de la peur, de l’urgence et
d’un sentiment de «sécurité». Autrement dit, tout cela n’est que mensonges et absurdités.
L’aspect figuratif du terme «guerre» confère à presque tout une apparence plus noble, alors qu’il ne s’agit en réalité que d’un stratagème marketing destiné
à convaincre l’immense masse des masses de se soumettre et de se soumettre aux objectifs d’un gouvernement. Cela ne fait qu’enrichir l’«élite», obscurcir la transparence, encourager un
endettement colossal ; autant d’éléments qui accroissent le pouvoir et le contrôle tout en annihilant la liberté.
Depuis des décennies, une «guerre» en particulier se distingue : la prétendue «guerre contre la drogue». La supercherie autour de cette fausse menace, cette
absurdité totalement frauduleuse et dénuée de sens, est pour le moins stupéfiante. Voilà ce que j’appellerais une vaste escroquerie, un moyen d’enrichir le gouvernement et ses complices
du système carcéral abject, de justifier une guerre contre les pays convoitant les ressources naturelles, de créer des «lois» sans limites pour surveiller et contrôler l’ensemble de la
population, de provoquer le dépeuplement et, bien sûr, de permettre au plus grand cartel de la drogue au monde, la CIA, de financer ses opérations clandestines criminelles afin de servir
des intérêts politiques en inondant le pays de drogues «illégales».
Actuellement, l’Amérique latine est la zone la plus ciblée par l’État terroriste américain, notamment le Venezuela, mais aussi la Colombie et le Mexique. Le
sinistre Trump, marionnette de la véritable classe dirigeante, est devenu complètement fou face à cette «urgence» liée à la drogue, créée de toutes pièces par les États-Unis. Cela n’a
absolument rien à voir avec la lutte contre le trafic de drogue vers les États-Unis, qui est l’objectif principal de ce gouvernement. Il faut garder à l’esprit le contexte
historique.
Deux exemples : lorsque les États-Unis ont attaqué le Vietnam, ainsi que le Cambodge et le Laos, la part de drogue exportée par ces pays vers le monde était
inférieure à 10%. Une fois l’armée américaine intervenue, ce chiffre a explosé pour atteindre plus de 90%. Le même phénomène s’est produit lors de l’attaque américaine contre
l’Afghanistan : dès que l’armée américaine a pris le contrôle des champs de pavot, les exportations ont de nouveau grimpé en flèche, dépassant largement les 90%. Depuis le retrait des
États-Unis en 2021, les Taliban ont réduit de 96% les surfaces cultivées de pavot. Il existe bien d’autres exemples, mais vous comprenez le principe.
À l’heure actuelle, Trump planifie une invasion du Venezuela, alors que 11 navires de guerre et 15 000 soldats sont massés au large des côtes du pays,
tandis qu’il multiplie les ultimatums (menaces). Il accuse le gouvernement vénézuélien de complicité dans le trafic de drogue. Quel hypocrite ! Il a omis de mentionner que la CIA est
responsable de la majeure partie du trafic de drogue mondial, et ce depuis des décennies. Il n’a jamais mentionné non plus son intention de provoquer un changement de régime et de placer
un pantin américain à la tête du Venezuela et de ses immenses réserves pétrolières.
Les États-Unis tentent tout simplement d’orchestrer un coup d’État afin de contrôler entièrement le Venezuela, ainsi que le trafic de drogue et de pétrole.
Ce trafic, principalement composé de fentanyl, pourra alors être distribué encore plus agressivement aux États-Unis et ailleurs. Ceci est dû au fait que la CIA contrôle la quasi-totalité
du trafic de drogue, comme c’est le cas depuis très longtemps.
Trump est un imposteur, et son complot contre le Venezuela est une imposture. Souvenez-vous du Chili, de l’affaire Iran-Contra, de Mena, de l’Arkansas, et
des innombrables autres complots liés à la drogue qui se sont avérés avoir été orchestrés par ce pays et la CIA. Souvenez-vous de tous ces coups d’État et guerres d’agression,
innombrables, menés pour permettre aux États-Unis d’exercer un contrôle effectif sur des pays qui n’ont jamais attaqué ni blessé personne en Amérique.
Le gouvernement américain exerce un contrôle total sur toutes les drogues dans le pays, au même titre que sur l’alcool, le tabac et les médicaments sur
ordonnance. Mais c’est sur le marché des drogues dites «illicites» qu’il réalise le plus de profits, et c’est ainsi qu’il continue d’abêtir, de contrôler et d’éliminer ceux qu’il
considère comme des Américains inutiles. Aussi, la «légalisation» de ces produits n’est-elle pas recherchée, mais le contrôle total de leur trafic, notamment par la CIA.
La seule guerre qui me semble justifiée est une guerre contre ce gouvernement abominable et ses politiciens. Je ne parle pas d’un renversement violent,
comme le souhaiteraient ces monstres au pouvoir, leur permettant de lâcher leur armée meurtrière contre la population. Non, la violence n’est pas nécessaire, mais la désobéissance civile,
la contestation, le refus de respecter toutes les «lois» arbitraires et la désobéissance civile massive sont la seule voie à suivre. Une fois ce monstre gouvernemental éliminé, la
véritable classe dirigeante disparaîtra.
Comme l’a dit Jacob Hornberger : «Il n’y a qu’un seul
moyen de mettre fin à la violence en Amérique latine. Il n’y a qu’un seul moyen d’anéantir les cartels de la drogue. Ce moyen, c’est la légalisation des drogues. Légaliser les drogues
aujourd’hui mettrait un terme immédiat aux cartels et à la violence liée à la guerre contre la drogue».
Ce gouvernement et ses complices sont entièrement responsables de ce désastre de la drogue. Ils sont entièrement
responsables de la dette, de l’inflation, de toutes les guerres, de tous les massacres et de la majeure partie de la misère. Éliminez-le, et des jours meilleurs nous attendent. Laissez-le
en place, et la fin de toute liberté est imminente.
«Voyez-vous, si l’on
considère la guerre contre la drogue d’un point de vue purement économique, le rôle de l’État est de protéger le cartel. C’est la pure vérité».~ Milton Friedman
Une tribune libre de Wilmer Armando Depablos, analyste politique de Caracas en date du 3 décembre. Si les spéculations de la presse de propagande sont
orientées dans ce cas comme tous les autres vers la justification de la guerre, il n’empêche on s’interroge : Mais qu’a bien pu lui dire Maduro pour que Trump menace d’envahir
simultanément le Venezuela, la Colombie et le Mexique sous prétexte de lutter contre les cartels de la drogue ? Comme s’il ignorait qu’ils sont chez lui ? La drogue est un prétexte, il
vient d’en gracier quelques chefs, il a Rubio de la mafia de Miami comme ministre des Affaires étrangères ! Ce retour de l’impérialisme avec intervention militaire de grande ampleur est
un seuil, peut-être une manière de provoquer l’unanimité autour du chef de guerre face aux élections de mi-mandat ? Jusque-là, l’application de la doctrine Monroe s’était limitée à la
pression dans les processus électoraux. Maintenant, un vent de panique souffle chez les pires faucons tant en proie à la paranoïa qu’ils sont persuadés que – je cite l’un d’entre eux qui
repousse même le départ de Maduro – «la Russie y a déployé
des centaines de commandos de son unité d’élite, la Force opérationnelle Équateur (ETF). Parallèlement, le géant énergétique russe Rosneft contrôle des infrastructures énergétiques clés à
travers le pays. L’Iran, de son côté, exploite également des installations de drones dans le Venezuela et pourrait y avoir déployé des éléments de son Corps des gardiens de la révolution
islamique. Il y a ensuite la Chine. Les forces de Pékin se sont implantées durablement grâce à un dispositif de surveillance étendu, des investissements dans des infrastructures critiques
et, vraisemblablement, plusieurs conseillers militaires déployés sur le terrain. Ces trois alliés s’emploieront activement à façonner l’ordre post-Maduro, non par amour pour le Venezuela,
mais pour empêcher les États-Unis de remporter une victoire stratégique. Un vide soudain à Caracas leur offre l’opportunité de consolider leur influence, en plaçant leur homme clé à moins
que Washington n’agisse avec plus de rapidité et de finesse».
Bref à force d’encercler les autres, ce serait Trump qui s’encerclerait lui-même et qui aurait fini par porter la guerre sur le territoire américain. Mais
ce serait incontestablement un bain de sang là où il a été accumulé toutes les conditions de la violence depuis des décennies.
Danielle Bleitrach
*
C’est Donald Trump qui a rendu public son appel téléphonique avec le président Nicolás Maduro Moros, après que l’information ait déjà fuité dans
le New
York Times.
L’extrême droite a été stupéfaite par l’aveu désinvolte de Trump aux journalistes à la sortie de son avion : «oui», suivi de
«je ne veux
pas commenter», bien qu’il ait laissé entendre : «je ne dirais pas que
c’était bien ou mal». Dès lors, les agents des médias, la machine de désinformation occidentale, les laboratoires de guerre sale et les présentateurs ont tous déchaîné une vague de
spéculations, ou plus exactement de mensonges, ce qui est habituel de leur part.
Au Venezuela, le président Maduro et son gouvernement sont restés muets sur le sujet. Ce silence démontre clairement l’existence d’une clause de
confidentialité, une fois de plus violée par les États-Unis, comme à leur habitude.
Ce qui est certain, c’est qu’aujourd’hui, 3 décembre, le président Maduro continue de diriger le destin de la nation depuis le palais de Miraflores. Les
institutions fonctionnent, la population vaque à ses occupations habituelles et les Forces armées nationales bolivariennes sont prêtes à défendre la patrie aux côtés des milices.
Ce dont Trump et Maduro ont discuté reste un mystère. Ce qui est certain, c’est qu’après cet appel, le président américain a tenté d’isoler le Venezuela par
voie aérienne, avant de demander hier au président Maduro d’autoriser les vols du programme de rapatriement «Vuelta a la Patria». Comment interpréter cela ? Mystère…
Il est également apparu que Trump avait tenu une réunion avec son cabinet de sécurité qui a suscité d’énormes attentes et qui, selon les informations, s’est
terminée par les phrases «tuons tous ces fils
de putes» et «il partira»,
toutes deux aussi ambiguës que le reste, mais parfaitement conformes au langage auquel Trump nous a habitués.
Dans le même temps, Gallup, le célèbre institut de sondage américain, constate une chute brutale et alarmante de la popularité du président sortant des
États-Unis. Il ne faut pas oublier que les sondages nationaux indiquent que 70% des Américains s’opposent à une intervention au Venezuela. Autrement dit, Donald Trump ne bénéficie d’aucun
soutien populaire, ni de celui du Congrès, qui devrait autoriser une telle intervention en vertu de la Constitution américaine. Et comme si cela ne suffisait pas, il fait face à des
avertissements clairs et sans équivoque de la part de la Chine, de la Russie, de l’Iran et de la RPDC, tous membres du nouvel ordre mondial émergent : ne touchez pas au Venezuela.
Aujourd’hui, même plusieurs grands médias américains reconnaissent que le Tren de Aragua n’existe plus, car il a été démantelé au Venezuela par le
gouvernement Maduro. De même, le prétendu Cartel de los Soles est une fiction, un élément d’un récit télévisé conçu pour justifier les déploiements militaires dans les Caraïbes. C’est
Maria Zakharova, la porte-parole officielle du Kremlin, qui a invité le gouvernement américain à s’attaquer aux cartels à New York s’il souhaite réellement lutter contre le narcotrafic,
et le sénateur Bernie Sanders lui-même a exhorté Washington à examiner ses propres enjeux. Marco Rubio est la preuve flagrante que les intérêts des narcotrafiquants ont infiltré
l’administration Trump, d’où la grâce accordée à Juan Orlando Hernández, qui sert manifestement leurs intérêts.
Trump n’est pas seulement entouré de responsables au service du trafic de drogue, mais aussi accompagné de criminels de guerre comme Pete Hegseth,
aujourd’hui accusé internationalement d’avoir ordonné l’exécution et le meurtre de pêcheurs.
Cet empire blessé et déchu n’a pas pu, et ne pourra jamais, vaincre un peuple qui a juré de ne plus jamais être une colonie ou une néocolonie d’aucune
puissance. Souvenons-nous du nom de notre hymne national : Gloria al Bravo Pueblo. Ce même peuple courageux, libre, souverain et bolivarien livre aujourd’hui l’un des combats les plus
acharnés d’une guerre hybride de quatrième et cinquième génération – une guerre cognitive multiforme : économique, domaine où nous les avons déjà vaincus ; financière, où nous poursuivons
notre progression avec les pays du Sud ; militaire, où nous sommes prêts ; et internationale, où nous sommes aux côtés de nos alliés, notamment la Russie, la Chine, l’Iran et la
RPDC.
Le pétrole vénézuélien ne sera jamais utilisé comme une arme de guerre, contrairement au dollar et au système SWIFT, employés pendant des décennies contre
des peuples entiers. L’énergie de notre patrie accompagnera le nouveau Sud global, ce nouveau monde multipolaire et pluricentrique, pour le développement et le bien-être des peuples de ce
Sud émergent, en opposition directe avec le monde unipolaire déclinant du G7 et des BRICS.
Assez de déséquilibre et d’asymétrie dans les relations internationales. Assez.
L’invasion du Venezuela : Une
répétition de l’histoire ou du printemps arabe au printemps latino-américain ?
En y regardant de plus près les préparatifs de cette guerre de Trump contre le Venezuela, on a une sorte de petit dérangement, une impression désagréable
probablement de déjà-vu, une sorte de ragout de la guerre au proche orient avec le printemps arabe, comme si l’histoire de 2003 se répétait. Alors du printemps arabe au printemps
latino-américain ? Trump accumule des forces à l’étranger en vue d’envahir un pays souverain riche en pétrole, tout comme George W. Bush en 2003 avec la belle affaire des «armes de destruction
massive» en l’occurrence : l’or et le pétrole
Irakien. Je ne comprends pas les gens qui ne sont pas d’accord avec Général Colin Powell, pourtant il disait vrai à la nuance que ce n’était pas le contenu de sa désormais
légendaire «fiole magique», mais l’or et le pétrole qui sont bel et bien des armes de destruction massives de la misère et de l’esclave…. Et, comme son prédécesseur, Trump déploie des
efforts considérables pour justifier cette guerre sous des prétextes absurdes dira-t-on. Absurde vraiment ? Tout dépend en fait, nous dans l’AES pouvons être heureux de tenter développer
nos nombreuses armes de destruction massive (Lithium, Or, etc…) avant qu’un «regard Trumpé» ne soit posé sur nous… Il n’y a pas mieux pour détruire massivement la misère, le
sous-développement, et donc l’esclavage, etc.. Une arme de destruction massive est une arme de destruction massive, tout comme un chat est un chat… La seule différence réside dans ce qui
est détruit massivement… nuance. Qui ne comprend pas que : ne pas être esclave de l’occident vaut bien une petite guerre, une petite destruction démon-cratique avec des bombes de la
liberté ? La Libye de Kadhafi qui voulait introduire de ces armes de destruction massive dans toute l’Afrique devrait être «libérée», c’est fait et elle est maintenant tellement
démon-cratique et libre que même les libyens n’en veulent plus !
Le fentanyl, une arme chimique
imaginaire dans la nouvelle fiole magique qui sent encore le pétrole ?
Trump s’agite de manière mensongère et hystérique au sujet d’une menace inexistante, le fentanyl, qu’il présente comme une arme chimique vénézuélienne pue
le pétrole tout comme la fiole magique de général Powell. Vous le sentez tous comme moi à 10 000 km n’est-ce pas ? Mais il n’existe aucune preuve crédible que le Venezuela soit impliqué
dans la production ou le trafic de fentanyl. En réalité, la quasi-totalité du fentanyl consommé aux États-Unis est fabriquée au Mexique, voire en Inde. Par contre il y a du pétrole à
jeter par la fenêtre et bien d’autres produits trop dangereux pour les USA, chez Maduro (minéraux, terres rares, etc.). Le principe impérialiste : «NI DÖ KA BÂ MA SÄ DO KA NÂ TE DYA» (Si
la chèvre de quelqu’un n’est pas tuée, quelqu’un d’autre ne fera pas de bonne sauce…) sauf que seule la sauce américaine doit être savoureuse et donc les US à occire sans fin les chèvres
des autres, à bons entendeurs.
Au passage, est-ce que notre Trio de l’AES ne serait-il pas en train de développer des armes de destruction massive ? Cela ne va pas plaire à la «communauté
internationale qui ne fait pas plus 12% de la population mondiale» (je pense que même l’escroquerie a des limites !).
Les mensonges «véridiques» de
Trump
Les affirmations de Trump sur le fentanyl vénézuélien sont ridicules et incohérentes. Il a affirmé que chaque bateau vénézuélien transportant du fentanyl
tue 25 000 personnes, puis a déclaré que chaque bateau qu’il fait exploser sauve 25 000 vies américaines. Ces chiffres sont manifestement faux et n’ont aucun sens, basés exclusivement sur
les études dans l’imaginaire très Trumpé.
La diabolisation de Maduro – Lui, son
vrai nom actuel au Mossad estMouammar-Hussein-Nicolas
Trump imite Bush en diabolisant le président vénézuélien Nicolas Maduro, le qualifiant de «dictateur» et de «voyou». Mais Maduro bénéficie d’un large
soutien populaire et est considéré comme un patriote qui défend son pays contre l’ingérence étrangère. En fait c’est cela même «the
problem», il ne le faut pas. Refuser d’être préfet est un crime, préférer son peuple à l’empire est passible d’une petite guerre de destruction massive libre et de
changement de régime démon-cratique, toute
affaire cessante. La CIP ? Elle ne souhaite pas être bombardée demon-cratiquement vous
savez et puis qui vous a dit qu’ils étaient fous à la CIP ? Ils font très bien la différence entre un scorpion et un cafard car ils ont fait des études poussées en sélectivité, en
«sélection naturelle» et en différentiation humaine, ce sont des experts particulièrement efficaces dans le cas de l’Afrique. Il y a légèrement un peu plus de chance que le pape aille
chaque année faire le hadj que Trump de se retrouver une seule fois à la CPI le restant de sa vie.
Les véritables raisons de la
guerre
Les véritables raisons de la guerre contre le Venezuela ne sont donc pas liées au fentanyl ou aux défauts de caractère de Maduro, mais plutôt aux
vastes réserves pétrolières du pays et à sa position stratégique. Le Venezuela est le premier producteur mondial de pétrole, et les États-Unis cherchent à contrôler ces
ressources pour maintenir leur hégémonie mondiale ou du moins survivre. Ainsi tout le monde comprend, y compris bien sûr un élève de 6eme que les vraies armes de «destruction
massive» sont par-là, incontestables !
En conclusion
l’invasion du Venezuela est une répétition de l’histoire, avec des prétextes absurdes et des motivations géopolitiques et géoéconomiques évidentes.
Pour l’AES, il est important de rester vigilant et de dénoncer ces tentatives d’ingérence et de domination. L’AES doit appliquer via ses «médias» le bon
principe mandingue à savoir : quand les vautours dévorent le cadavre d’un camarade tombé, en pays malinké on les chasse en disant «AYÉ BÔ AN KAN» (dégagez
de sur «nous»)
Pour l’AES, les leçons de cette guerre prochaine sont claires : les États-Unis sont prêts à tout pour maintenir leur hégémonie et protéger les intérêts de
leurs alliés sionistes, quitte à mentir, à manipuler et à détruire des nations souveraines. Il est essentiel de comprendre que la véritable motivation derrière ces conflits est le
contrôle des ressources pétrolières, minières et la domination géopolitique.
L’AES, bourré de ressources en tout genre, doit donc être vigilante et renforcer ses alliances régionales et internationales pour contrer les menaces
impérialistes, cela Maduro semble l’avoir compris. Il est crucial de développer une stratégie de défense collective et de promouvoir la coopération économique et politique entre les pays
du Sahel de façon beaucoup plus poussée. Le
fédéralisme est une solution de survie quasi incontournable. Cela ne les empêchera pas d’essayer car c’est quasi vital pour nos impénitents impérialistes, mais avec la
certitude d’y laisser deux jambes et deux bras en y allant frontalement, cela pourrait les faire réfléchir plus longuement et éviter la disparition pure et simple de certains États sous
les bombes démon-cratiques, le moment venu.
Il est également important de rappeler que la souveraineté et l’indépendance des nations sont des valeurs fondamentales qui doivent être défendues contre
toutes formes d’ingérences étrangères. L’AES doit continuer son soutien ferme aux mouvements de libération et aux peuples qui luttent contre l’oppression et l’impérialisme.
Enfin, il est essentiel de promouvoir plus vigoureusement une vision alternative du monde, basée sur la solidarité, la coopération et le respect mutuel
entre les nations. L’AES doit jouer un rôle actif dans la construction d’un ordre mondial plus juste et plus équitable.
Les mensonges utilisés pour justifier la guerre étasunienne contre le Venezuela s’effondrent sous nos yeux
Depuis que
l’administration Trump a commencé à déplacer des forces navales américaines dans les Caraïbes et à commettre le meurtre gratuit d’équipages de bateaux non identifiés en haute mer, nous avons
essayé de surveiller de près les reportages des principaux médias américains et occidentaux. Ce que nous avons constaté, c’est que contrairement à la plupart des autres campagnes militaires menées par les États-Unis au cours des dernières décennies, l’escalade des
hostilités contre le Venezuela a bénéficié, au mieux, d’un soutien tiède dans la presse traditionnelle.
Cela ne signifie pas
que certains médias ne font pas leur part pour aider à élaborer et à vendre un récit pro-guerre, le Wall Street Journal appartenant à Murdoch se démarquant particulièrement. Mais beaucoup le font avec moins d’enthousiasme que d’habitude. Certains médias, dont le New York Times et CBS, ont même révélé certaines des failles et incohérences
flagrantes des arguments ostensibles de l’administration Trump en faveur de la guerre, c’est-à-dire la lutte contre les cartels de la drogue.
Ces mensonges sont si
effrontés et le narratif guerrier si décousu et contradictoire que même les médias traditionnels les mettent en doute. Te souviens-tu de celui-ci ?
Samedi, Trump a annoncé qu’il intensifiait sa campagne contre les cartels de la drogue d’Amérique latine en fermant “DANS SON INTÉGRALITÉ” l’espace aérien au-dessus et autour du
Venezuela. L’annonce rappelle la zone d’exclusion aérienne imposée par le Conseil de sécurité des Nations Unies à la Libye quelques jours seulement avant le bombardement du pays par l’OTAN.
Et ça semble fonctionner :
Cependant, tous les vols n’ont pas été annulés. Comme le rapporte le journal espagnol El Diario, des vols arrivaient toujours de Colombie, du
Panama et de Russie, lundi. Le président colombien Gustavo Petro a déclaré que Washington ne pouvait restreindre que ses propres compagnies aériennes et a appelé les autres pays à rétablir des liaisons aériennes civiles normales avec
le Venezuela, soulignant la nécessité d’un dialogue.
Pendant ce temps, comme l’a rapporté Tyler Pager pour le Times, moins de 24 heures avant la fermeture de l’espace
aérien vénézuélien, “M. Trump avait annoncé sur les
réseaux sociaux qu’il accordait une grâce totale à Juan Orlando Hernández, un ancien président du Honduras qui en 2021 a été reconnu coupable aux États-Unis d’accusations de trafic de drogue et condamné à
45 ans de prison”.
En annonçant la grâce d’un trafiquant de drogue condamné tout en menaçant le Venezuela, note Pager, Trump fait preuve de contradictions (ce qui est un euphémisme) :
Les deux messages [de Trump] ont montré une dissonance remarquable dans la stratégie du président, alors qu’il s’apprêtait à intensifier une campagne
militaire contre le trafic de drogue tout en ordonnant la libération d’un homme qui, selon les procureurs, avait accepté des “pots-de-vin
financés par la cocaïne” des cartels et “protégé leurs trafics avec toute la
puissance et la force de l’État-armée, police et justice.” En fait, les procureurs ont déclaré que M. Hernández, pendant des années, a permis à des paquets de cocaïne en provenance du Venezuela de transiter par le Honduras en route
vers les États-Unis…
L’administration Trump a eu du mal à fournir une justification stratégique claire des raisons pour lesquelles elle a accumulé une présence militaire aussi
importante dans les Caraïbes. Le président a le plus souvent prétexté des opérations de lutte contre les stupéfiants, mais la taille des forces américaines dans la région suggère des
ambitions plus grandes. En privé, le président a montré un intérêt pour les réserves de pétrole du Venezuela, tandis que lui et ses collaborateurs ont également déclaré qu’ils voulaient
évincer M. Maduro.
Dans un communiqué, M. Trump a déclaré qu’il avait accordé la grâce à M. Hernández parce que “de nombreux amis” lui avaient
demandé de le faire, ajoutant : “Ils l’ont condamné à 45 ans parce qu’il était le président
du pays – vous pourriez le faire à n’importe quel président de n’importe quel pays.”
Ces « amis » incluent vraisemblablement le secrétaire d’État
Marco Rubio ainsi que la société de lobbying basée à Washington, BGR Group. Selon un rapport de VICE de 2021, Hernández a signé un accord en 2020 avec le groupe BGR pour “renforcer son image d’allié dévoué [des États-Unis] et d’ennemi
implacable du crime organisé”. Rubio a toujours été l’un des plus grands bénéficiaires des dépenses de BGR :
Bien que BGR se présente comme une entreprise bipartite, elle entretient des liens inextricables avec le Parti républicain. La société a été cofondée par
l’ancienne gouverneure du Mississippi, Haley Barbour. Son équipe actuelle comprend d’éminents Républicains, tels que l’ancien représentant Sean Duffy, un Républicain du Wisconsin, et la
porte-parole du Département d’État de l’administration Trump, Heather Nauert, qui siège au conseil consultatif de l’entreprise.
BGR a également donné plus de 1 million de dollars aux candidats aux élections fédérales au cours de chacun des trois derniers cycles électoraux, environ 90% de ses contributions allant
aux Républicains. Rubio est l’un des principaux bénéficiaires de la générosité de BGR, et il a bénéficié des largesses de l’entreprise tout au long de sa carrière, y compris des collectes de fonds organisées par BGR lors de ses campagnes sénatoriales de 2010 et 2016 et de son éphémère candidature
présidentielle.
Voici Rubio rencontrant Hernandez en 2018 pour le remercier de son “soutien à Israël et aux États-Unis à l’ONU et de son partenariat ciblant
les trafiquants de drogue.”
Ce qui est curieux étant donné qu’Hernández est la quintessence d’un narco-politique. Selon des documents judiciaires, les campagnes électorales d’Hernández
ont été financées par l’argent de la drogue ; il a fait protéger des passeurs par la police et l’armée honduriennes qui l’ont payé ; et son frère, Tony, a été arrêté à Miami en 2018 en raison
de ses liens avec une organisation de trafiquants.
Il a même fait tuer un co-conspirateur accusé dans une prison hondurienne pour se protéger, et avait des liens étroits avec le capo Chapo Guzman de Sinaloa.
Hernández s’est apparemment vanté une fois que « nous allons fourrer la drogue dans le nez des gringos, et ils ne
le sauront même jamais« .
Application sélective
Dans sa décision de gracier Hernández, Trump n’a présenté aucune preuve que le procès de Hernandez était biaisé ou corrompu, souligne Wyatt Reed de The
GrayZone :
« Il n’a pas non plus expliqué comment le président du Honduras de l’époque aurait pu ignorer le complot massif de trafic de cocaïne pour lequel son
propre frère, Tony Hernandez, a été inculpé par le ministère de la Justice de Trump ».
Bien sûr, Hernández n’est pas le seul chef d’État aligné sur les États-Unis et lié à Rubio, actuel ou ancien, à être accusé de liens avec le trafic de
stupéfiants. Comme nous l’avons déjà noté à plusieurs reprises, l’entreprise familiale du président équatorien né à Miami, Daniel Noboa, a été surprise à plusieurs reprises en train de transporter de la cocaïne dans ses envois de bananes vers l’Europe.
Lorsqu’il a été démontré que de hauts responsables du gouvernement argentin de Milei avaient reçu des fonds de campagne de trafiquants de drogue connus il y a
quelques mois à peine, Washington a à peine sourcillé.
C’est une histoire similaire avec Nayib Bukele du Salvador. Il y a un peu plus d’un mois, le Washington
Post révélait que Rubio avait accepté de renvoyer au Salvador neuf dirigeants du groupe criminel MS-13 qui étaient détenus par les États-Unis en échange de l’accord de
Bukele pour permettre aux États-Unis d’expulser et de détenir des centaines d’immigrants au Centre de confinement du terrorisme du Salvador.
La demande de Bukele est intervenue alors que des rapports compromettants faisaient état d’accords secrets entre son gouvernement et MS-13. Les personnes que
Rubio a promis de retourner au Salvador comprenaient des informateurs du gouvernement américain qui étaient sous la protection du ministère américain de la Justice. Qui sait ce qui leur est
arrivé depuis leur retour ?
Maintenant, la grâce présidentielle proposée par Trump pour un narco-president condamné révèle la manière sélective dont les États-Unis ont tendance à appliquer
leur guerre contre la drogue. Comme l’a noté le juge Andrew Napolitano, « les preuves dans cette affaire étaient accablantes« .
Ce que fait l’administration Trump, c’est “tuer des
personnes pour lesquelles il n’y a aucune preuve publique connue de culpabilité (c’est-à-dire les victimes de la frappe contre les bateaux) tout en pardonnant à la personne condamnée par un
tribunal avec des preuves accablantes de culpabilité.”
La grâce proposée est également la confirmation définitive, si nécessaire, que l’escalade rapide de la guerre des États-Unis contre les cartels de la drogue
est, au fond, un prétexte fragile pour une autre campagne de pillage régional et de domination géostratégique, comme nous l’avions averti il y a plus de trois ans :
[Il] va sans dire que la véritable motivation derrière les derniers appels à étendre la guerre contre la drogue n’est pas d’endiguer le flux de drogues vers
les États-Unis, ou de s’attaquer à l’escalade de la violence des cartels de la drogue à travers l’Amérique latine. Si Washington était sérieux à ce sujet, tout ce qu’il aurait à faire
serait d’adopter une législation pour endiguer le flux vers le sud des armes à feu et autres armes produites par les États-Unis. Mais cela nuirait aux profits des fabricants d’armes. Et
s’il était sérieux dans la lutte contre la toxicomanie, il n’aurait jamais laissé Big Pharma déclencher l’épidémie d’opiacés en premier lieu. Et une fois qu’il l’aurait fait, il n’aurait
jamais laissé les coupables se promener librement avec la plus délicate des gifles financières sur les poignets.
Non, il s’agit principalement de ce qu’a toujours été la guerre américaine contre la drogue : poursuivre la domination géopolitique et géostratégique dans
des régions clés du monde tout en contrôlant et en emprisonnant pour de sérieuses sommes d’argent la population rétive chez elle. C’est un point expliqué avec élégance par Jorge Retana
Yarto, ancien directeur de l’École du Renseignement pour la Sécurité Nationale du Centre mexicain du Renseignement National (CNI), dans un article pour le site d’information Contralinea :
L’idéologie
de la « guerre » contre la drogue et
le crime organisé aux États-Unis est un immense montage. Cela ne veut pas dire que les problèmes liés au trafic multinational de drogues interdites et aux organisations criminelles qui
s’y sont spécialisées, et tout ce que cela implique, n’existent pas. Ils existent et sont très aigus, mais les deux phénomènes ont été idéologisés à des fins de domination géopolitique et
géostratégique, et ont été imposés par des politiques publiques exportables réactives et punitives en matière de renseignement et de sécurité, provoquant une dévastation sociale,
politico-institutionnelle, culturelle et économique. En assumant une dimension militaire, (la Guerre contre la drogue) cela a jeté les bases d’une intervention armée dans la région
latino-américaine et a converti les territoires, ainsi que les souverainetés nationales, en zones d’action géostratégique.
Une « rupture
nette » pour l’hémisphère occidental
Sous Trump 2.0, cette action géostratégique vise les gouvernements qui sont un peu à gauche du centre et qui ne veulent pas transformer leurs pays en États
vassaux des États-Unis. Comme le note John Mearsheimer, professeur de relations internationales à l’Université de Chicago, les États-Unis “ne tolèrent pas les gouvernements de gauche et dès qu’ils voient
un gouvernement considéré comme de gauche, ils se démènent pour remplacer ce gouvernement.”
Comme nous l’avons noté début septembre, les États-Unis cherchent essentiellement à fusionner deux guerres “ratées” en Amérique latine, la guerre contre la drogue et la
guerre contre le terrorisme. Ou comme Max Blumenthal l’a dit dans son dernier podcast avec Aaron Mate, il s’agit de prendre le programme “Clean Break” du Project for a New American Century pour le Moyen-Orient
et de l’appliquer à l’hémisphère occidental.
Pendant ce temps, alors que la guerre en Ukraine manque de financement et de chair à canon, la fausse guerre de Trump contre le narco-terrorisme qui
s’intensifie rapidement ouvre de nouvelles opportunités lucratives pour le Complexe Militaro-industriel. Comme le rapporte le Wall Street
Journal, alors que l’armée américaine tourne son attention vers le sud, l’industrie de la défense fait la queue pour lui vendre les outils d’un autre type de guerre :
Les entreprises de technologie de défense et les startups d’intelligence artificielle ont trouvé un nouveau marché vital dans l’escalade rapide de la guerre
contre la drogue du président Trump. Les armes et les plates-formes d’IA, qui ont été conçues pour un futur conflit contre la Chine ou qui ont eu du mal à faire leurs preuves sur le champ
de bataille ukrainien, ont trouvé une niche dans la répression technologique de l’administration contre le trafic de drogue.
Des sociétés de drones et d’imagerie aident la Garde côtière et la marine américaines à mener des opérations dans les Caraïbes. Des entreprises d’IA de la
Silicon Valley à Dubaï lancent des plateformes qui promettent de cartographier les réseaux cachés de trafiquants de fentanyl. À la frontière sud des États-Unis, un système de contre-drone
développé en Ukraine est en train d’être réutilisé pour détourner les incursions du Mexique.
Alors que Washington a relancé la rhétorique et les outils juridiques de la guerre mondiale contre le terrorisme, de plus en plus d’entreprises, grandes et
petites, ont jalonné leurs revendications sur le marché émergent, se ré-outillant parfois pour s’adapter à la dernière mission. Ils ont rebaptisé leurs drones, capteurs, outils d’IA et
plates-formes de données en outils personnalisés pour la lutte de Trump contre le “narco-terrorisme”.
L’effort s’est accéléré depuis début septembre, lorsque l’armée américaine a lancé une campagne sans précédent contre les petits navires de trafic de
drogue, exécutant des frappes qui ont tué plus de 80 personnes. Certains alliés régionaux ont accusé les États-Unis d’exécutions extrajudiciaires de civils. L’administration Trump
maintient que les cartels de la drogue constituent une menace imminente pour la sécurité nationale des États-Unis.
Si tel était le cas, pourquoi Trump chercherait-il à gracier un narco-président condamné ?
Ce n’est probablement pas un hasard si Trump a annoncé son intention de gracier Hernández exactement le même week-end que les élections présidentielles au
Honduras. Comme nous l’avons rapporté vendredi, Trump est ouvertement intervenu dans ces élections en soutenant Tito Asfura, le candidat du Parti national de droite, le même parti que
Hernández, et en promettant « beaucoup de soutien
américain » s’il gagne.
Dans le même temps, Trump a cloué au pilori le favori de gauche Rixi Moncada en le traitant de “communiste” et le centriste Salvador Nasralla en tant que
« limite communiste« .
La campagne d’Asfura semble avoir bénéficié de l’approbation et est actuellement en tête du vote. Cependant, le Parti libre au pouvoir a alerté sur un prétendu
piratage du système TREP avant que le Conseil électoral national ne publie 34,25% des feuilles de pointage, tout comme cela se serait produit au Venezuela l’été dernier.
Ce risque de fraude électorale a été signalé il y a des mois à la suite de la révélation d’un complot impliquant un député de haut rang du Parti national et son
collègue du parti au Conseil électoral national. Alors que les suspects habituels à Miami déclarent déjà la victoire du Parti national, la candidate du parti au pouvoir, Rixi Moncada, a
annoncé qu’elle ne reconnaîtrait que les résultats finaux et non préliminaires.
Ces résultats officiels n’ont toujours pas été publiés, deux jours après les élections. Les ressemblances avec ce qui s’est passé au Venezuela en juillet 2024
sont frappantes. Pendant ce temps, alors que les tambours de guerre continuent de battre de plus en plus fort au Venezuela et dans les environs, l’orgueil habituel est à nouveau exposé parmi
les meutes de néo-cons hardcore de DC et Miami.
Elliot Abrams recommande des frappes ciblées contre les systèmes de défense aérienne du Venezuela, les avions de combat F-16 de la base aérienne de Palo Negro
et les avions Sukhoi à la base aérienne de La Orchila, une île à environ 100 miles au large des côtes, ainsi que l’assassinat ciblé du ministre de l’Intérieur Diosdado Cabello, “le principal voyou du régime.”
”Il est peu probable que
le régime [du président Nicolas Maduro] puisse résister à un tel assaut“, prédit Abrams, qui souligne également qu’outre le déploiement éventuel de forces spéciales pour ”appréhender les dirigeants du régime inculpés“,
« il ne serait ni sage ni nécessaire de déployer
des forces terrestres américaines au Venezuela« .
Cependant, comme le souligne Jim Lobe dans Responsible Statecraft, ce tableau rose s’écarte énormément
des conclusions des exercices militaires menés par les participants de toutes les agences gouvernementales américaines concernées au début de 2019. Comme le rapporte le Times, ces
jeux de guerre suggéraient que l’éviction de Maduro par un coup d’État interne, un soulèvement populaire ou une action militaire américaine produirait “le chaos pendant une période prolongée sans possibilité d’y
mettre fin.”
Ce chaos s’étendrait probablement au-delà des frontières du Venezuela, peut-être même bien au-delà, tout comme cela s’est produit avec les guerres menées par
les États-Unis au Moyen-Orient. Cependant, alors que les États-Unis ont été en grande partie épargnés par les vagues initiales de contrecoup des guerres qu’ils ont déclenchées au Moyen-Orient
et en Asie du Sud, ce ne serait probablement pas le cas avec une intervention militaire à grande échelle au Venezuela.
En termes grossiers, les États-Unis seraient en train de chier devant leur propre porte. La migration deviendrait un problème encore plus important à contenir,
surtout si le Venezuela était transformé en une autre Libye. Il y aurait également la perspective de frappes de drones menées contre des cibles stratégiques sur le sol américain, un peu comme
l’Ukraine l’a fait en Russie.
Jusqu’à présent, toutes les tentatives d’intimidation de Maduro pour qu’il abandonne son gouvernement et son pays semblent avoir échoué. Hier, en réponse au
dernier ultimatum de Trump. Maduro a juré une « loyauté absolue » au peuple vénézuélien. Avec le ciel
vénézuélien plus ou moins fermé, environ 20 000 soldats américains stationnés dans la région, y compris à Porto Rico, et l’administration Trump désignant Maduro à la fois comme un chef de cartel et un
terroriste, une intervention militaire quelconque semble plus ou moins inévitable.
À moins qu’il ne puisse évoquer une sorte de clause de sortie, Trump, le “président de la paix” autoproclamé des États-Unis, pourrait
être sur le point de lancer la guerre la plus impopulaire des États-Unis dans l’histoire récente. Une écrasante majorité de citoyens américains (environ 70%, selon un récent
sondage CBS) s’opposent à une intervention
militaire. Un sondage effectué avant que Trump n’annonce son intention de gracier l’un des politiciens narco les plus notoires d’Amérique latine.
Tout cela se passe au moment même où les fissures dans l’économie américaine se creusent, le soutien du public à Trump s’effondre et de plus en plus de questions sont posées sur la légalité des frappes contre des bateaux dans les Caraïbes et le Pacifique oriental. Quoi que Trump décide de faire dans les prochains jours finira
probablement par définir — et très probablement faire dérailler — son deuxième mandat.
* Peut-être pourrait-on dire la même chose de Marco — ou comme certains l’appellent, “Narco”, Rubio:
La figure
emblématique du journalisme américain contemporain, Tucker Carlson, a déclaré aujourd’hui, dans le célèbre podcast Judging Freedom animé par le juge Andrew Napolitano, que le président
américain Donald Trump déclarerait la guerre au Venezuela dans un discours prévu ce soir. La diplomatie de la canonnière prend un nouveau souffle.
Cela signifie
beaucoup de choses. Le plus évident est que le léopard ne peut pas changer ses taches. La diplomatie de la canonnière est un héritage historique transmis par les puissances occidentales, en
particulier le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et les États-Unis, qui ont utilisé leurs capacités militaires supérieures, en particulier leurs moyens navals, pour intimider les nations
moins puissantes afin qu’elles accordent des concessions. La Chine a été sa victime la plus tragique.
Le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne sont d’anciennes grandes puissances qui sont tombées du piédestal des grandes puissances à l’époque de la Guerre
froide, une fois que les États-Unis sont devenus le leader du monde occidental. La crise de Suez de 1956 précipitée par le Royaume-Uni, la France et Israël en réaction à la nationalisation du
canal de Suez par l’Égypte a été un tournant lorsqu’elle s’est heurtée à l’opposition des résolutions parrainées par les États-Unis aux Nations Unies (faites en partie pour contrer les menaces
soviétiques d’intervention), qui a rapidement mis un terme à l’agression anglo-française. La France a continué à pratiquer la diplomatie des canonnières jusqu’au renversement et au meurtre
horrible de Mouammar Kadhafi, mais elle a connu une fin ignominieuse au Sahel après l’arrivée de la Russie dans la région en tant que puissance rivale.
La diplomatie de la canonnière dans la boîte à outils de Trump a acquis de nouvelles fonctionnalités en raison de la prise de conscience que l’Amérique est
aujourd’hui une puissance diminuée et qu’elle n’a pas la capacité d’imposer sa volonté à d’autres pays. L’agression pure et simple contre des États souverains est devenue une option
périlleuse, comme l’ont montré les défaites en Irak et en Afghanistan. Trump se méfie également de conduire les États-Unis dans d’autres « guerres éternelles« , car cela pèserait sur l’économie américaine. En outre, Axios a récemment écrit que Trump « flirte avec l’une des idées les plus toxiques de la politique
américaine – une nouvelle intervention militaire étrangère – à l’un des moments les plus précaires de son deuxième mandat car la volonté de Trump d’obtenir un changement de régime au
Venezuela menace d’approfondir la fracture au sein du mouvement MAGA« .
Néanmoins, le Venezuela est en passe de devenir le terrain d’essai de la diplomatie de la canonnière de l’administration Trump. Il est probable que Trump
ordonne une invasion mais on ne peut jamais être sûr de sa disposition. Même Tucker Carlson l’a admis. L’attaché de presse de Trump n’a pas exclu la possibilité que des troupes américaines
soient déployées sur le terrain au Venezuela, déclarant aux journalistes que “il y a des options à la disposition du président qui sont sur la
table”. Les analystes militaires ont noté que le déploiement américain dans les Caraïbes est à une échelle beaucoup plus grande que nécessaire pour une opération de lutte contre les
stupéfiants, qui était son alibi. Trump a ordonné “un blocus total et complet de tous les pétroliers sanctionnés entrant et sortant du Venezuela”.
Le mois dernier, le Sénat a rejeté de justesse une Résolution sur les pouvoirs de guerre qui aurait empêché les États-Unis d’attaquer le Venezuela sans
l’approbation du Congrès. Hier, la Chambre des représentants a emboîté le pas en votant de justesse pour rejeter une résolution visant à empêcher l’utilisation de la force militaire non autorisée contre le Venezuela, dans un contexte d’escalade
des hostilités. En termes juridiques, un blocus est un acte de guerre. Trump lui-même dit seulement que “les jours du président Nicolás Maduro sont comptés”.
Pendant ce temps, Trump a révélé, pour la première fois, une autre priorité de sécurité nationale, l’intérêt des États-Unis pour le pétrole et le gaz
vénézuéliens. Le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole du monde, que les compagnies pétrolières américaines avaient aidé à développer il y a exactement un siècle. Selon les
mots de Trump « Vous vous souvenez, ils ont pris
tous nos droits énergétiques, ils ont pris tout notre pétrole d’il n’y a pas si longtemps, et nous voulons le récupérer, mais ils l’ont pris. Ils l’ont pris illégalement. » Il fait
référence à la nationalisation des compagnies pétrolières étrangères en 2013 par feu Hugo Chavez. Le chat est enfin sorti du sac. Maduro a riposté en l’appelant “colonialisme des ressources”.
L’alibi de Trump selon lequel le Venezuela se livre au trafic de drogue manque de crédibilité depuis le début. Le pays n’est qu’un couloir de transit et le
principal producteur de fentanyl en Amérique latine est en fait le Mexique.
Quoi qu’il en soit, la décision de Trump de bloquer les exportations de pétrole vénézuélien est malavisée car il est peu probable qu’elle conduise à un
changement politique à Caracas alors qu’elle peut causer des difficultés économiques, et sera même contre-productive, augmentant le rapport de pouvoir de Maduro sur la population.
Cela amène un courant de pensée alléchant : Trump exercera sans aucun doute une réelle pression sur Maduro et le pays, et cela pourrait être utilisé pour
essayer de négocier. Négocier simplement le départ de Maduro ne fonctionnera probablement pas, car les gens ont tendance à voir tout cela comme une révolution anti-impérialiste et une grande
partie de la population du pays voudra peut-être voir le gouvernement ainsi que le chavisme (idéologie politique populiste de gauche) continuer.
D’un autre côté, tout résultat réel du genre attendu par Trump pourrait ne pas se produire, même avec une sorte de frappe militaire (dont on discute dans
certains milieux) qui pourrait finalement ne créer que des conditions chaotiques dans l’arrière-cour des États-Unis, comme en Haïti, dans lequel le corps expéditionnaire américain pourrait
s’enliser. Le Venezuela est un grand pays, 1,5 fois la taille du Texas et comparable au Pakistan ou au Nigéria, avec un terrain très diversifié et souvent difficile qui comprend des montagnes
imposantes, des jungles tropicales denses, de larges plaines fluviales et des deltas marécageux.
Dans l’ensemble, par conséquent, comme le dit David Smilde, professeur à l’Université Tulane qui a beaucoup écrit sur le Venezuela pendant plus de trois
décennies, “La seule possibilité est que le président
Trump puisse utiliser toute cette pression pour essayer de négocier une sorte de transition raisonnable qui devra inclure le chavisme d’une certaine manière”.
Mais cela devient une idée révolutionnaire en soi – la diplomatie de la canonnière déclenchant un changement de régime non violent permettant la cohabitation
avec une idéologie populiste de gauche mêlant bolivarisme, socialisme et patriotisme socialiste et caractérisée par un anti-impérialisme strident. Mais Trump s’est bien aimablement accommodé
du maire de New York Zohran Mamdani, qu’il avait autrefois qualifié de “communiste”.
Sous la rhétorique, Trump sera probablement toujours favorable à une sortie négociée pour Maduro, même en ordonnant des opérations secrètes de la CIA à
l’intérieur du Venezuela et en se réservant la possibilité d’ordonner des frappes terrestres à tout moment. À l’aube demain, nous saurons de quelle manière l’esprit de Trump
fonctionne.
M.K.
Bhadrakumar
Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.
Le rôle méconnu des juifs dans la crise vénézuélienne
Les États-Unis se dirigent vers une confrontation militaire sans précédent avec le Venezuela. La crise s’est intensifiée au début du mois après une frappe
de drone américaine qui a tué 11
membres présumés du cartel vénézuélien Tren de Aragua – la première frappe de ce type en Amérique latine depuis l’invasion du Panama en 1989. Une autre frappe a
suivi le 15 septembre 2025, tuant trois trafiquants de drogue présumés.
Quelques jours plus tard, des F-16 vénézuéliens ont survolé
des navires de guerre américains, provoquant des avertissements du Pentagone et des menaces du président Donald Trump d’abattre tout avion s’approchant. Depuis, Washington a déployé son
plus important dispositif naval dans les Caraïbes depuis des décennies, comprenant 4500
marins et Marines, des destroyers
équipés de missiles Tomahawk, des sous-marins, un navire d’assaut amphibie et 10 F-35 stationnés à
Porto Rico.
Cette confrontation fait suite aux élections vénézuéliennes contestées de juillet 2024, largement condamnées comme frauduleuses, lors desquelles le candidat
de l’opposition, Edmundo González, a revendiqué la victoire, tandis que le Conseil électoral a déclaré Nicolás Maduro vainqueur. Le politologue juif Steven Levitsky a
qualifié les résultats officiels de «l’une des fraudes
électorales les plus flagrantes de l’histoire moderne de l’Amérique latine». Les manifestations ont fait au moins 22 morts et ont conduit à plus de 2000 arrestations.
Dès son retour au pouvoir, Donald Trump et son administration ont
intensifié les sanctions et les désignations terroristes, qualifiant Tren de Aragua et le Cartel de los Soles d’organisations narco-terroristes et invoquant la loi sur les
ennemis étrangers contre les ressortissants vénézuéliens liés à ces groupes.
Les racines de cette hostilité remontent à l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chávez en 1999, à sa
survie au coup d’État soutenu par les États-Unis en 2002 et à
des décennies de sanctions croissantes, d’inculpations et de tentatives de
changement de régime. Les analystes perçoivent l’escalade actuelle de Trump comme une résurgence de la doctrine Monroe,
revendication historique de Washington d’une hégémonie hémisphérique.
Ce qui rend la crise actuelle particulièrement explosive, c’est le renforcement des
liens du Venezuela avec la Russie, qui a signé un vaste accord stratégique décennal avec Maduro en mai 2025, et avec la Chine, qui s’est ouvertement opposée au
renforcement de la marine américaine. Le Venezuela, qui possède
les plus importantes réserves de pétrole prouvées au monde – 300 milliards de barils, soit 17% des réserves mondiales – est devenu non seulement un enjeu géopolitique énergétique majeur,
mais aussi un nœud central de l’axe Moscou-Pékin-Caracas émergent.
Cependant, derrière cette escalade militaire se cache une dimension souvent négligée : la question juive dans les relations américano-vénézuéliennes. Les
préoccupations stratégiques d’Israël ont joué un rôle déterminant dans l’élaboration de la politique américaine envers Caracas. Le Venezuela étant devenu le pays le plus farouchement
antisioniste d’Amérique du Sud, les factions juives au sein de l’appareil diplomatique américain perçoivent de plus en plus Caracas comme une menace dépassant largement les préoccupations
sécuritaires traditionnelles du continent.
L’évolution antisioniste du Venezuela
sous Chávez
La détérioration des relations vénézuéliennes-israéliennes s’est accélérée durant la Seconde Intifada, lorsque le gouvernement de Chávez a parrainé des
rassemblements en faveur de la cause palestinienne. La première attaque directe contre la communauté juive du Venezuela a eu lieu en mai 2004, lorsque la synagogue séfarade Tiferet Israel
de Caracas a été prise pour cible à la suite d’un rassemblement pro-palestinien soutenu par le gouvernement.
La situation s’est dramatiquement envenimée lors de la guerre du Liban de 2006, lorsque Chávez a accusé Israël de génocide. En août 2006, le Venezuela a
rappelé son ambassadeur en Israël et a
déclaré par la suite : «Israël est devenu
fou. Ils massacrent des enfants, et personne ne sait combien sont enterrés».
La rupture définitive des relations diplomatiques entre le Venezuela et Israël a eu lieu le 14 janvier 2009, lors de l’opération Plomb durci à Gaza.
Chávez a
qualifié l’offensive militaire israélienne de «persécution cruelle
du peuple palestinien, orchestrée par les autorités israéliennes». Le ministère vénézuélien des Affaires étrangères a annoncé la rupture des relations diplomatiques, déclarant que
cette décision était motivée par
«la
persécution inhumaine du peuple palestinien perpétrée par les autorités israéliennes».
Suite à cette rupture diplomatique, le Venezuela a officiellement reconnu la
Palestine le 27 avril 2009, devenant ainsi le premier pays des Amériques à établir des relations diplomatiques formelles avec l’Autorité palestinienne.
Le Likoud à Caracas : La main
israélienne derrière l’opposition vénézuélienne
L’opposition vénézuélienne a adopté une approche radicalement différente vis-à-vis d’Israël. María Corina Machado, dirigeante du parti libéral Vente
Venezuela, en est l’exemple parfait : elle a signé en juillet 2020 un accord de coopération formel avec le Likoud, parti au pouvoir en Israël.
L’accord prévoyait une
collaboration sur les questions politiques, idéologiques et sociales, ainsi que le renforcement de la coopération en matière de stratégie, de géopolitique et de sécurité. Il affirmait explicitement
son objectif de rapprocher les peuples d’Israël et du Venezuela tout en promouvant ensemble les valeurs occidentales de liberté et d’économie de marché.
Machado a
décrit cela comme l’envoi d’«un message clair à
Nicolás Maduro» et a indiqué que si elle arrivait au pouvoir, elle rétablirait les relations diplomatiques avec Israël.
La reconnaissance de Juan Guaidó par
Israël
Israël a été parmi les premiers pays à reconnaître Juan Guaidó comme président par intérim du Venezuela lors de la crise présidentielle de 2019. Le Premier
ministre Benjamin Netanyahou a annoncé cette reconnaissance le 27 janvier 2019, déclarant qu’Israël
«rejoint
aujourd’hui les États-Unis, ainsi que le Canada, la plupart des pays d’Amérique du Sud et les nations européennes».
Selon Axios,
l’administration Trump avait spécifiquement demandé à Israël de soutenir publiquement la campagne de changement de régime contre Maduro.
Guaidó a remercié Netanyahou pour cette reconnaissance en utilisant une rhétorique établissant un
lien explicite entre la lutte du Venezuela et la libération de l’Holocauste : «Il y a 74 ans, le
camp de concentration d’Auschwitz était libéré, et aujourd’hui, alors même que notre pays lutte pour sa liberté, nous remercions le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou pour
cette reconnaissance et ce soutien».
L’alliance stratégique du Venezuela
avec l’Iran
Depuis 1999, le Venezuela a tissé des liens étroits avec la République islamique d’Iran, créant ce que les deux pays qualifient d’«axe d’unité» contre
l’impérialisme américain. La premièrevisite de Chávez en Iran en 2001 a inauguré un partenariat stratégique fondé sur une résistance commune aux abus de pouvoir de l’empire judéo-américain dans leurs
sphères d’influence respectives.
Les relations se sont approfondies après l’élection de Mahmoud Ahmadinejad à la présidence de l’Iran en 2005. Grâce à de nombreux échanges, Chávez et
Ahmadinejad ont
conclu des centaines d’accords bilatéraux. Leur alliance est devenue si étroite qu’en 2006, Chávez a juré de
«rester aux
côtés de l’Iran en toutes circonstances».
Lors d’un discours prononcé à l’université de Téhéran en 2010, Chávez a averti :
«Si
l’empire américain parvient à consolider sa domination, l’humanité n’a aucun avenir. C’est pourquoi nous devons sauver l’humanité et mettre fin à l’empire américain».
Sous Maduro, les relations entre le Venezuela et l’Iran ont continué de se consolider, Téhéran fournissant des
cargaisons d’essence pendant les pénuries de carburant, une
coopération militaire incluant la technologie des drones, une aide pour
contourner les sanctions et unaccord commercial et d’investissement de plusieurs milliards de dollars.
Le lien avec le
Hezbollah
Le partenariat irano-vénézuélien s’est étendu au Hezbollah, allié de longue date de l’Iran, ce qui suscite des inquiétudes sécuritaires pour Empire Judaica.
Des responsables américains affirment que l’Iran et le Hezbollah maintiennent des réseaux opérationnels au Venezuela qui facilitent le trafic de stupéfiants et le blanchiment d’argent.
Ces réseaux collaboreraient avec les élites militaires vénézuéliennes du Cártel de los Soles pour acheminer la cocaïne, le Hezbollah jouant un
rôle majeur dans le financement et le blanchiment d’argent de groupes narcoterroristes tels que Tren de Aragua.
Des experts en sécurité affirment que le Hezbollah opère au Venezuela par le biais de structures claniques intégrées à
l’économie illicite du gouvernement Maduro. La compagnie aérienne vénézuélienne Conviasa assure des vols réguliers entre Caracas, Damas et Téhéran, que le Hezbollah utiliserait,
selon certaines sources, pour transporter des agents, des recrues et du fret à l’intérieur et à l’extérieur de la région.
Ces allégations d’infiltration du Hezbollah ont encore renforcé la stratégie de Maduro visant à présenter son opposition intérieure comme faisant partie
d’un complot sioniste de plus grande envergure.
Le «sionisme international» visant
Maduro
Suite aux élections contestées de 2024 au Venezuela, Maduro a accusé à
plusieurs reprises le «sionisme international» d’être responsable des problèmes internes du pays. En août 2024, après d’importantes manifestations contre des allégations de fraude
électorale, Maduro a affirmé que son opposition était soutenue et financée par des réseaux sionistes internationaux.
«Toute la puissance de
communication du sionisme, qui contrôle tous les réseaux sociaux, les satellites et toute l’influence derrière ce coup d’État», a déclaré Maduro lors d’une allocution télévisée. Il a
également qualifié le
président argentin Javier Milei, qui dirige actuellement le gouvernement le plus philosémite d’Amérique latine, de «sioniste» et de
«sadique
social».
Les propos de Maduro ont suscité de vives critiques de la part de Deborah Lipstadt, alors envoyée spéciale américaine chargée de surveiller et de combattre
l’antisémitisme, qui l’a accusé de raviver des clichés antisémites classiques sur la mainmise des juifs sur les affaires mondiales.
«L’affirmation absurde
de Maduro selon laquelle les juifs seraient à l’origine des manifestations post-électorales au Venezuela est antisémite et inacceptable», a
tweeté Lipstadt. «Le peuple vénézuélien
est descendu dans la rue pour exiger pacifiquement le comptage de ses votes. Nous rejetons toute forme d’antisémitisme, et le recours à ce genre de clichés éculés attise la haine des
juifs en Amérique latine et dans le monde entier».
L’ordre néoconservateur
durable
L’approche américaine vis-à-vis du Venezuela est indissociable de l’influence de l’idéologie néoconservatrice sur la politique étrangère des États-Unis ces
trente dernières années. Le néoconservatisme postule que les États-Unis constituent une entité politique exceptionnelle qui se doit d’exporter son modèle démocratique à travers le monde.
Mais cette vision est superficielle. Son objectif ultime est de garantir la suprématie sioniste à l’échelle mondiale – un courant idéologique marqué par une surreprésentation
significative des juifs.
Stephen McGlinchey, maître de conférences en relations internationales à l’Université de l’Ouest de l’Angleterre, a observé :
«Le
postulat central de la politique étrangère néoconservatrice de Bush, la démocratisation révolutionnaire, est intimement lié à la sécurité d’Israël». Dans ce cadre suprématiste juif,
tout pays adoptant une position antisioniste de principe est perçu comme une menace pour les intérêts judéo-américains.
À l’instar de nombreux mouvements juifs, le néoconservatisme s’appuie sur des alliés non juifs serviles pour mettre en œuvre son programme. Actuellement, le
secrétaire d’État Marco Rubio, interventionniste de longue date désireux de remodeler l’Amérique latine à l’image dysfonctionnelle des États-Unis, mène la campagne visant à renverser le
gouvernement Maduro. Fervent partisan d’un changement de régime, Rubio a entretenu des liens étroits avec des figures de l’opposition vénézuélienne telles que María Corina Machado,
plaidant pour des sanctions plus sévères et un isolement diplomatique accru.
L’affinité du Venezuela avec l’Iran – la bête noire de la communauté juive mondiale – renforce la volonté de Rubio et de ses protecteurs juifs de prendre
des mesures punitives contre Caracas. Tout pays qui s’écarte de ce consensus devient une nouvelle cible pour un changement de régime.
La rupture des relations entre les États-Unis et le Venezuela illustre la convergence complexe de l’hégémonie hémisphérique, de la géopolitique énergétique
et des préoccupations juives. Si les réserves pétrolières et la rivalité entre grandes puissances expliquent en grande partie l’hostilité américaine, le facteur israélien apporte une
dimension cruciale, systématiquement sous-estimée dans les analyses politiques.
En s’imposant comme le pays le plus résolument antisioniste d’Amérique du Sud, en s’alliant à l’Iran et en tolérant la présence du Hezbollah, le Venezuela
s’est attiré les foudres des décideurs politiques juifs à Washington, qui interprètent les défis posés à Israël comme des prétextes pour étendre la puissance américaine en défense des
objectifs sionistes.
Prises ensemble, ces dynamiques révèlent que la résistance vénézuélienne n’est pas perçue à Washington comme un simple problème hémisphérique, mais comme un
élément d’une lutte idéologique plus vaste, liée à la sécurité d’Israël et à l’influence mondiale du sionisme. Dès lors que les intérêts juifs dictent la politique étrangère au plus haut
niveau, la poursuite des véritables intérêts américains devient impossible.
Au plus fort de la guerre en Irak, les forces américaines étaient
confrontées à une insurrection incessante menée par des combattants provenant d’un large éventail de mouvements politiques et d’orientations religieuses, y compris d’anciens militants
baasistes, salafistes, wahhabites et chiites. Moins compris à l’époque était le rôle joué par un État voisin dans la facilitation de cet assaut. Un réseau transfrontalier acheminait discrètement des militants islamistes purs et durs à travers les soi-disant “lignes de rats” en Irak dans le but explicite d’enflammer le
conflit. Au centre de cet effort se trouvait Bachar al-Assad, le dictateur syrien désormais déchu, qui espérait utiliser le chaos de l’Irak voisin pour dissuader toute intervention américaine
dans son propre pays.
Une dynamique
similaire se profile dans l’hémisphère occidental avec la menace d’une invasion américaine du Venezuela.
Si les troupes américaines entraient au Venezuela, elles feraient face à une insurrection qui pourrait s’avérer plus organisée, plus expérimentée et non moins
meurtrière que celle rencontrée en Irak. Le groupe rebelle marxiste-léniniste colombien, l’Armée de Libération nationale (ELN), est antiaméricain, endurci au combat et profondément ancré dans
les réseaux régionaux de contrebande. Contrairement aux combattants islamistes d’Irak, l’ELN a plusieurs décennies d’expérience de combat sur des terrains inhospitaliers et applique une
structure de commandement disciplinée. Le groupe bénéficie également d’un sanctuaire transfrontalier en Colombie et au Venezuela, et maintient une coordination étroite avec les forces de sécurité de Nicolás Maduro. Tout déploiement
américain sur le sol vénézuélien provoquerait presque certainement une insurrection prolongée et punitive de l’ELN et de ses affiliés.
Fondée au début des années 1960 par des prêtres catholiques radicaux inspirés par la Révolution cubaine, l’ELN a été formée à Cuba, à l’époque de Fidel Castro,
sous l’influence de la théorie foco de Che
Guevara, qui envisageait de petites bandes de guérilla déclenchant une large révolution. Dès le début, l’ELN a fusionné des éléments de la théologie de la libération avec un cadre
idéologique marxiste-léniniste. Dirigé par des catholiques romains radicaux avec un sentiment anti-impérialiste révolutionnaire, le groupe prêchait la justice sociale pour les habitants ruraux pauvres des campagnes colombiennes tout en s’insurgeant contre les multinationales et les élites
oligarchiques de Bogotá. Les rebelles ont noué des alliances avec des syndicats locaux et des associations paysannes frustrés par ce qu’ils considéraient comme l’incapacité du gouvernement
central colombien à répondre à leurs besoins quotidiens. À la fin des années 1970, affrontant des escadrons de la mort paramilitaires de droite et équipés d’armes obsolètes, l’ELN a commencé
à financer des opérations militaires avec des opérations d’extorsion et d’enlèvement, qu’elle nommait “taxes révolutionnaires”, ainsi qu’à se tourner vers des
activités illicites telles que le trafic de cocaïne.
Au milieu de sa longue guérilla contre l’Armée nationale colombienne, le groupe a tendu la main au régime naissant d’Hugo Chávez, au début des années 2000, et a
trouvé refuge au Venezuela voisin. En plus de partager leurs engagements idéologiques en faveur de l’anti-impérialisme et du socialisme révolutionnaire, Chávez considérait que l’ELN et
d’autres groupes rebelles de gauche colombiens constituaient un tampon utile contre le gouvernement colombien aligné sur les États-Unis. L’ELN a collaboré avec des responsables militaires vénézuéliens et s’est empêtrée dans le trafic de drogue transfrontalier et des opérations minières illégales. L’alliance
servait à la fois les intérêts du gouvernement vénézuélien et de l’ELN, apportant des avantages stratégiques, idéologiques et financiers à chaque camp.
Lorsque les Forces armées révolutionnaires de Colombie ou FARC, autrefois le groupe rebelle de gauche dominant du pays, se sont démobilisées en 2016, l’ELN a
saisi le moment pour étendre son territoire et ses rangs. Aujourd’hui présent dans plus d’un cinquième des municipalités colombiennes et solidement implanté dans trois États vénézuéliens, le
groupe est sans doute au sommet de sa puissance, avec plus de 6 000 membres. En janvier 2025, l’ELN a lancé une offensive militaire majeure dans le Catatumbo, l’une des régions productrices
de cocaïne les plus prolifiques de Colombie, ciblant les restes des FARC. Les combats ont forcé environ 50 000 civils à fuir la région, craignant pour leur vie.
Alors que l’administration Trump fait monter la pression sur Caracas, l’ELN n’est pas restée les bras croisés. En réponse à la montée de “l’intervention impérialiste« , le groupe a annoncé une
« attaque armée » de 72 heures en
Colombie. Dans tout le pays, l’ELN a mené des attaques contre des commissariats de police et des bases militaires. Cet assaut des rebelles, qui ont utilisé des drones commerciaux chargés
d’explosifs, a tué six soldats colombiens et a souligné la sophistication technologique croissante du groupe.
Du Vietnam à l’Irak et à l’Afghanistan, l’armée américaine a lutté à plusieurs reprises contre des insurrections. Dans aucune de ces guerres, les forces
américaines n’ont réussi à remporter des victoires décisives contre ces adversaires irréguliers, que ce soit parce qu’elles étaient contraintes par les lois de la guerre et les normes
éthiques ou bloquées par la difficulté fondamentale d’identifier et de vaincre des combattants clandestins. Entrer dans un autre conflit militaire avec un formidable risque d’insurrection
plongerait l’Amérique dans une autre guerre éternelle construite sur les prétextes les plus fragiles.
Par M.K. Bhadrakumar – Le 27 décembre 2025 – Source Indian
punchline
Le Pentagone a déployé des
avions d’opérations spéciales, des troupes et du matériel dans la région des Caraïbes près du Venezuela, ont rapporté le Wall Street Journal et d’autres médias le
23 décembre. Une force importante s’est amassée à Porto Rico, qui sert traditionnellement de plaque tournante essentielle pour les opérations de ravitaillement en carburant, de
réapprovisionnement et de surveillance.
La 27e Escadre d’Opérations spéciales et le 160e
Régiment d’Aviation d’Opérations spéciales déployés dans les Caraïbes sont spécialisés dans le soutien des missions d’infiltration et d’extraction à haut risque et fournissent un appui aérien
rapproché tandis que les Rangers de l’Armée sont chargés de s’emparer des aérodromes et de protéger les unités d’opérations spéciales telles que Delta Force lors de missions de destruction ou
de capture de précision.
Une photo satellite publiée cette semaine par la
société privée chinoise de renseignement aérospatial Mizar Vision montrait la flotte de F-35 de l’US Air Force. Les quelque 20 avions de combat comprennent un mélange de F-35A et de F-35B du
Corps des marines des États-Unis. Ces déploiements suggèrent que des forces sont prépositionnées pour une action potentielle.
L’administration Trump fait fi de la
véhémence de l’opinion mondiale contre toute violation de la souveraineté du Venezuela, qui s’est véritablement reflétée lors de la réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies
la semaine dernière pour discuter de la présence militaire accrue des États-Unis dans la mer des Caraïbes et de l’application d’un blocus maritime de facto du Venezuela.
L’administration Trump a lu dans le marc de café que ni la Russie ni la Chine n’offriraient au Venezuela autre chose que de la rhétorique pour contrer l’agression américaine. La porte-parole
du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, lors
d’un point de presse jeudi, a demandé à faire preuve de retenue pour “empêcher les événements de glisser vers un scénario
destructeur”, tout en exprimant son soutien à Caracas.
Quant à la Chine, bien qu’elle soit le premier partenaire commercial de l’Amérique du Sud et bien qu’un changement de régime à Caracas nuirait certainement aux intérêts vitaux de la Chine,
Pékin se méfie de tomber dans un piège géopolitique.
Moscou et Pékin gardent en vue le contexte plus large de la projection de puissance mondiale des États-Unis. Pour la Russie, le rôle des États-Unis au cours des deux prochaines années
deviendra très crucial pour parvenir à un règlement durable en Ukraine. Quant à la Chine, la matrice est plus compliquée.
En décembre, Beijing a publié un
autre document d’orientation sur l’Amérique latine et les Caraïbes, le troisième d’une série, projetant un programme affirmatif pour une relation institutionnalisée, élargie et
élevée avec les pays de l’ALC, reflétant l’engagement croissant de la Chine avec l’hémisphère occidental et son approche de plus en plus globale affirmant l’intention de la Chine de continuer
à construire un ordre mondial alternatif.
Le récent document de Stratégie de sécurité nationale publié par la Maison Blanche ne désigne pas la Chine comme la plus grande menace pour les États-Unis, mais il indique néanmoins que le
gouvernement américain maintiendra une armée capable de dissuader les ambitions chinoises sur Taïwan par des moyens militaires. En d’autres termes, cela a envoyé des signaux mitigés à la
Chine.
D’une part, les États-Unis semblent donner moins d’importance à la concurrence avec la Chine, mais d’autre part, l’administration Trump n’a pris aucune mesure significative pour indiquer un
désengagement en Asie.
Encore une fois, d’une part, il y a eu une imprudence colossale dans la politique chinoise de Trump en imposant des droits de douane à la Chine qui a une économie puissante capable de
représailles sévères ; il a également approuvé une
énorme vente d’armes d’une valeur d’environ 11 milliards de dollars à Taïwan, dont des lance-roquettes avancés, des obusiers automoteurs et une variété de missiles — un accord qui,
selon le ministère taïwanais de la Défense, aidera l’île à “construire rapidement de solides capacités de dissuasion”.
D’autre part, il y a aussi une obséquiosité stupéfiante de la part du président Trump, comme l’indique la vantardise d’un « G2« , les exportations de puces avancées vers la Chine
et une permissivité pour permettre à Tik-Tok de rester ouvert à des conditions favorables, etc…
Pékin craint que Washington ne tente de l’attirer dans un faux sentiment de sécurité avec sa rhétorique et un changement géopolitique apparent, elle reste donc prudente.
Cependant, Pékin ne peut que prendre en compte la « vue d’ensemble » également, à savoir que Trump pousse
les Amériques vers un ordre géoéconomique à somme nulle dans lequel les États-Unis s’attendent à ce que le monde reconnaisse ce qui est testé ici – une tentative manifestement coercitive de
réorganiser les ressources et l’alignement financier de la région.
Les poids lourds de la région – le Brésil et le Mexique – s’y opposent ouvertement. Le président brésilien Lula da Silva a averti qu’une intervention armée serait une “catastrophe humanitaire” et un “dangereux précédent pour le monde« . De même, la
Mexicaine Claudia Sheinbaum a proposé sa médiation, cherchant à empêcher un retour à l’ère de la « diplomatie de la canonnière« .
Cette tension menace de transformer le continent sud-américain en théâtre d’une Nouvelle Guerre froide. Plus précisément, le Venezuela possède les plus grandes réserves prouvées de pétrole au
monde, et il les a utilisées pour construire une forteresse financière en partenariat avec Pékin. Selon le modèle des « Prêts contre pétrole« , la Chine a injecté plus de 60
milliards de dollars au Venezuela alors que ce dernier a payé cette dette non pas en dollars, mais en barils physiques de brut.
Par un blocus naval, les États-Unis tentent de démanteler cet accord et le système de paiement sans dollar construit autour de lui. Une autre histoire raconte que Washington pourrait
également essayer de faire pression sur les prix mondiaux et de presser des rivaux pétroliers comme la Russie et l’Iran.
Ce qui est souvent négligé, c’est que le conflit actuel des États-Unis avec le Venezuela – comme les problèmes de l’Ukraine ou de Taïwan – n’est pas venu de nulle part. Pour comprendre le
conflit actuel, il faut aller au-delà de la géopolitique du pétrole ou de la philosophie politique libertaire ou du trafic de drogue.
Les choses ont commencé à changer lorsqu’un changement anti-américain a commencé à être remarqué à Caracas pendant la présidence de Barack Obama, lorsque la plupart des Républicains avec une
forte base politique parmi les migrants vénézuéliens et leurs descendants en Floride – une circonscription politique importante pour Trump, d’ailleurs – ont commencé à sentir que le Venezuela
était en passe de devenir un pays fortement anti-américain et un centre d’influence pour la Chine, entre autres, dans la région.
L’arrivée au pouvoir de Nicolas Maduro n’a fait que renforcer cette conviction. Autant dire que ni le trafic de drogue ni les migrations ne peuvent expliquer la détérioration actuelle de
l’attitude des États-Unis. Seuls 10 à 20% des substances illégales introduites en contrebande aux États-Unis proviennent en réalité du Venezuela ; quant aux principales routes de migration
elles ne passent même pas par le Venezuela.
La perception de la menace concerne principalement la position anti-américaine de Maduro, ainsi que sa coopération croissante avec l’Iran, la Russie et la Chine. Les choses sont arrivées à un
point tel que la seule option laissée à Washington est d’utiliser la force militaire – un peu comme le « moment russe » du 22 février 2022 en Ukraine.
Ce qui enhardit l’administration Trump, c’est un changement clair dans l’hémisphère occidental, un continent qui avait été peint en rouge sur les cartes politiques pendant une grande partie
des deux dernières décennies. Les forces de gauche n’ont pas remporté une seule élection présidentielle en Amérique latine cette année. Les idées et les priorités politiques conservatrices
gagnent du terrain. Trump a encouragé cette tendance et se réjouit à son tour que l’un après l’autre, ceux qui l’admirent, le flattent et même l’imitent soient élus.
Un autre facteur est l’effondrement du Venezuela. Le paradoxe est que les définitions traditionnelles de la gauche et de la droite deviennent obsolètes. Si le Venezuela est loin du
socialisme, le Salvador est loin du capitalisme pur. Dans les deux cas, l’État fonctionne sous une forme d’autoritarisme kleptocratique à la recherche de rente.
Cela dit, alors que le renversement du gouvernement Maduro est l’objectif déclaré de Trump, il craint également – et à juste titre – qu’une confrontation militaire ne devienne incontrôlable
et que l’échec ne lui colle pas à la peau, tout comme le retrait d’Afghanistan colle à celle de Joe Biden. Le meilleur espoir de Trump étant que Maduro baisse simplement la tête.
Mais Maduro n’est pas obligeant. Et le Venezuela est 2,75 fois plus grand que le Vietnam, et plus de la moitié de sa masse continentale est couverte de forêts. Il est évident que les conseils
du Kremlin étaient empathiques lorsqu’il a lancé un
appel personnel extraordinaire à Trump :
La Russie attend du président des États-Unis Donald Trump qu’il démontre son sens du pragmatisme et sa raison en trouvant des solutions mutuellement acceptables conformes au droit et aux
normes internationaux.
Mais la géopolitique est un jeu violent et il devient parfois nécessaire de lâcher les chiens de guerre. C’est ce que le Kremlin a fait en Ukraine, après tout.
M.K. Bhadrakumar
Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.
La CIA a-t-elle vraiment lancé une frappe sur un quai vénézuélien ?
La CIA a mené une frappe de drone plus tôt ce mois-ci sur une installation portuaire sur la côte du Venezuela, ont déclaré à CNN des sources proches du
dossier, marquant la première attaque américaine connue contre une cible à l’intérieur de ce pays.
La frappe de drone, dont les détails n’ont pas été rapportés auparavant, visait un quai éloigné sur la côte vénézuélienne qui, selon le gouvernement
américain, était utilisé par le gang vénézuélien Tren de Aragua pour stocker de la drogue et la transporter sur des bateaux, ont indiqué les sources. Personne n’était présent dans
l’établissement au moment où il a été frappé, il n’y a donc pas eu de victimes, selon les sources.
Deux sources ont déclaré que les Forces d’opérations spéciales américaines avaient fourni un soutien en matière de renseignement à l’opération, soulignant
leur implication continue dans la région. Mais le colonel Allie Weiskopf, porte-parole du Commandement des opérations spéciales des États-Unis, a nié cela, en disant : “Les opérations spéciales n’ont pas
soutenu cette opération qui inclut le soutien d’Intel.”
Le président Donald Trump a semblé reconnaître pour la première fois l’attaque dans une interview la semaine dernière qui a d’abord attiré peu d’attention,
car il avait offert peu de détails, y compris lorsque les journalistes ont posé des questions directement à ce sujet lundi.
Le NY
Times a publié un article similaire (archivé) qui affirme en outre que la frappe a eu lieu mercredi dernier.
Il n’y a cependant aucune preuve qu’une frappe ait réellement eu lieu. Venezuela Analysis n’a
trouvé aucune mention d’une frappe ou de tout autre dommage dans les médias vénézuéliens, les données open source ou les déclarations du gouvernement. Moi non plus je n’ai rien trouvé.
Cette frappe a-t-elle vraiment eu lieu ? Ou s’agit-il d’une opération psychologique mal calculée pour convaincre le gouvernement vénézuélien qu’il est sous une
menace immédiate et qu’il doit se retirer ?
Le 3 janvier 2025, les États-Unis ont
commis le crime suprême d’agression contre le Venezuela et kidnappé son président, Nicolas Maduro, ainsi que son épouse. Voici le discours intégral prononcé par la vice-présidente Delcy
Rodriguez. Ce point de vue ne sera pas mis en avant sur Mediapart : si le soutien à Zelensky y est revendiqué, celui à l’impérialisme américain, bien que tacite, n’en est pas moins
marqué. Voir, en fin de discours, des commentaires sur la ligne atlantiste de Mediapart.
*
Déclaration de la vice-présidente
Delcy Rodríguez devant le Conseil de défense de la Nation, le 3 janvier 2026, à la suite de l’agression américaine et de l’enlèvement du président vénézuélien et de son
épouse.
Comme le savent bien le peuple vénézuélien et la communauté internationale, aujourd’hui, à exactement 1h58 du matin, le gouvernement des États-Unis a lancé
une agression militaire sans précédent contre la République bolivarienne du Venezuela. Cela constitue une tache terrible dans le développement des relations bilatérales.
Au cours de cette opération militaire, le président Nicolás Maduro et la première dame, première combattante, Cilia Flores, ont été enlevés. Nous avions
déjà averti qu’une agression était en cours, sous de faux prétextes et de fallacieuses excuses, et que les masques étaient tombés. Cette agression n’avait qu’un seul objectif : le
changement de régime au Venezuela, afin de permettre l’appropriation de nos ressources énergétiques, minières et naturelles. Tel est le véritable objectif, et le monde comme la communauté
internationale doivent en être pleinement conscients.
Nous avons convoqué ce Conseil de défense de la Nation, auquel participent les pouvoirs publics de l’État vénézuélien. Sont présents à nos côtés le
président du pouvoir législatif du Venezuela, le docteur Jorge Rodríguez ; la présidente du pouvoir judiciaire, la docteure Carilia Beatriz ; et le président du pouvoir moral, le
procureur général Tarek William Saab. Nous sommes également accompagnés du ministre de la Défense, du chef du CEO [Commandement stratégique opérationnel de la Force armée nationale
bolivarienne – CEOFANB], du vice-président chargé de la sécurité citoyenne, du Conseil des vice-présidents, ainsi que du ministre des Affaires étrangères de la République bolivarienne du
Venezuela, en plus d’invités spéciaux que nous avons conviés à ce Conseil de défense de la Nation.
Depuis cette instance, nous exigeons la libération immédiate du président Nicolás Maduro et de son épouse, Cilia Flores. Le seul président du Venezuela est
le président Nicolás Maduro. Sont ici réunis les plus hauts responsables de l’État vénézuélien : le haut commandement militaire, les plus hautes autorités de l’État et la direction du
Conseil des vice-présidents.
Tous les acteurs politiques du pouvoir national au Venezuela sont aujourd’hui réunis. Mais dans les rues du pays, le peuple s’est également mobilisé en
réponse à l’appel lancé auparavant par le président de la République. Il avait averti que, si quelque chose lui arrivait, le peuple descendrait dans la rue ; les militants se
mobiliseraient sur leurs lieux de travail ; la Force armée nationale bolivarienne serait activée et déployée sur l’ensemble du territoire national ; et les organismes de sécurité
citoyenne entreraient en action. Tout le pouvoir national du Venezuela est mobilisé pour réaffirmer ce que nous sommes par héritage, en tant que fils et filles de Simón Bolívar. Par
héritage, nous avons le devoir sacré de protéger notre indépendance nationale, notre souveraineté et notre intégrité territoriale, qui ont été sauvagement attaquées à l’aube
aujourd’hui.
La communauté internationale s’est rassemblée et a élevé la voix en soutien au Venezuela. De la Chine à la Russie, de l’Amérique latine aux Caraïbes, de
l’Afrique à l’Asie, les gouvernements du monde entier sont tout simplement stupéfaits que la République bolivarienne du Venezuela soit la victime et la cible d’une attaque de cette
nature, qui porte sans aucun doute une empreinte sioniste. C’est véritablement honteux.
Notre Père libérateur [Bolivar] l’avait déjà exprimé dans la Lettre de Jamaïque [1815] : «Le voile s’est
déchiré, nous avons déjà vu la lumière, et l’on veut nous replonger dans les ténèbres. Les chaînes ont été brisées, nous avons déjà été libres, et nos ennemis cherchent à nouveau à nous
asservir». S’il est une chose que le peuple vénézuélien et ce pays savent avec certitude, c’est que nous ne serons plus jamais esclaves, que nous ne redeviendrons jamais les colonies
d’aucun empire, quel qu’il soit.
Je reprends les paroles du président Nicolás Maduro qui, il y a à peine deux jours, lors d’une interview télévisée, réaffirmait publiquement la volonté de
ce gouvernement de maintenir le dialogue afin d’aborder un agenda constructif. Et la réponse a été cette agression, qui viole de manière flagrante les articles 1 et 2 de la Charte des
Nations unies.
Le président Maduro a tendu la main au peuple des États-Unis. En véritable chef d’État, il a réaffirmé ce que doivent être les canaux de communication
diplomatiques, politiques et institutionnels d’un État, d’un véritable État, un État qui assume les relations internationales pour le bien-être des peuples, pour l’amitié, pour la
coopération et pour des relations respectueuses du droit international. Voilà ce que nous sommes, nous, les Vénézuéliens et les Vénézuéliennes.
C’est pourquoi nous appelons le peuple vénézuélien à demeurer calme, afin d’affronter ensemble, dans une parfaite union nationale, cette fusion policière,
militaire et populaire, pour qu’elle ne forme qu’un seul corps, et que nous traversions cette étape extraordinaire de défense de notre souveraineté et de notre indépendance nationale unis
comme un seul corps, afin de défendre notre cher Venezuela.
Ce Venezuela que nous avons hérité du plus grand homme qu’ait connu l’histoire universelle. Ce Venezuela hérité de Bolívar, de Simón Bolívar, de [Francisco
de] Miranda, de [Rafael] Urdaneta, de [la bataille d’] Ayacucho, de nos héros, de nos héroïnes, des martyrs qui se sont enracinés dans cette terre sacrée pour défendre la dignité d’un
peuple qui ne se rend pas, d’un peuple qui ne capitule pas et qui ne sera plus jamais la colonie de qui que ce soit : ni des anciens empires, ni des nouveaux, ni des empires en
déclin. Nous sommes résolument déterminés à conquérir la liberté.
Ce qui est infligé aujourd’hui au Venezuela est une barbarie. L’encercler, le soumettre au blocus, est une barbarie qui viole tous les mécanismes du système
international des droits humains, et qui constitue des crimes contre l’humanité. Nous avons déjà démontré ce qu’a été l’année 2025 : la lutte de notre peuple, de nos travailleurs, de nos
entrepreneurs, de nos communautés, de nos paysans, de nos pêcheurs. Tout le Venezuela uni autour d’un même projet productif pour garantir les biens et services de notre peuple, pour
assurer l’alimentation, les médicaments et les biens essentiels. C’est pourquoi nous appelons aujourd’hui à la défense de la vie.
Qu’aucun Vénézuélien, qu’aucune Vénézuélienne ne reste à l’écart. Car les extrémistes qui ont promu cette agression armée contre notre pays devront en
répondre devant l’histoire et devant la justice. Nous n’en doutons pas un instant. Le peuple vénézuélien les a déjà relégués là où ils doivent être : dans les poubelles de l’histoire. Et
le peuple vénézuélien conscient, animé par le feu sacré de la patrie, est profondément indigné par ce qui constitue l’enlèvement illégal et illégitime du président et de la première dame,
la première combattante, Cilia Flores.
Tout le Venezuela est mobilisé. Et le décret déjà signé par le président Maduro, seul président du Venezuela, car il n’y a qu’un seul président dans ce
pays, Nicolás Maduro Moros, est en cours de transmission, par ce Conseil de défense de la Nation, à la présidente de la Cour suprême de justice, afin qu’il reçoive l’aval constitutionnel
de la Chambre constitutionnelle. Tout cela dans le strict respect de la Constitution.
Nous l’avons appris du commandant Chávez, face aux vicissitudes, face aux coups d’État, face aux sabotages pétroliers. Nous sommes prêts à défendre le
Venezuela. Nous sommes prêts à défendre nos ressources naturelles, qui doivent servir au développement national. Aujourd’hui, le peuple vénézuélien est pleinement conscient de
l’importance stratégique de ses hydrocarbures et de ses ressources énergétiques.
Ainsi, ce Conseil de défense de la Nation est activé. Il est désormais pleinement établi et dans l’attente de la décision de la Chambre constitutionnelle,
que nous espérons imminente, afin qu’elle approuve le décret d’état de commotion externe édicté et signé par le président Nicolás Maduro, et que toutes les mesures prévues par ce décret
soient appliquées à compter de maintenant.
À notre Venezuela, à notre peuple, nous affirmons qu’il existe ici un gouvernement clair et ferme. Et je répète, je répète encore les paroles du président,
que je fais miennes : nous sommes disposés à établir des relations fondées sur le respect. Nous sommes disposés à des relations dans le cadre de la légalité internationale et des lois de
la République bolivarienne du Venezuela. C’est la seule forme de relation que nous accepterons après que notre nation bien-aimée et la capitale qui a vu naître notre Père libérateur,
Simón Bolívar, ont été attaquées et agressées militairement.
Dans l’union nationale, le peuple vénézuélien trouvera le chemin de la paix et de la tranquillité. Ceux qui recourent à la force, ceux qui recourent à la
violence en violation de la légalité internationale, ne sont pas dans leur droit. Nous, nous disposons de la légitimité historique et de la légitimité morale pour rester fermes dans la
défense de la paix, de la tranquillité, du droit à l’avenir du Venezuela, du droit du peuple vénézuélien à la patrie et du droit à un avenir et au bonheur social de notre peuple.
Chevauchant aux côtés de notre Père libérateur à Angostura, nous chevauchons avec lui dans la Campagne admirable. Nous chevauchons pour libérer la grande
patrie. Et nous appelons les pays et les peuples de la grande patrie à rester unis, car ce qu’ils ont fait aujourd’hui au Venezuela, ils peuvent le faire à n’importe quel autre peuple.
Cette utilisation brutale de la force pour briser la volonté des peuples peut être infligée à n’importe quel pays. Aujourd’hui, elle a frappé le peuple de Bolívar.
Et soyez-en certains : le peuple vénézuélien, peuple sage, patient, doté d’une patience stratégique, saura trouver le chemin pour défendre la paix, pour
défendre la tranquillité et pour défendre la patrie.
Un immense merci à tous les Vénézuéliens et à toutes les Vénézuéliennes.
Cette affaire révoltante démontre encore une fois que le droit international est piétiné par les génocidaires et leurs complices. J’avais envie d’exprimer
ma colère mais j’ai préféré dans un premier temps, aborder l’aspect politique et les conséquences géopolitiques de cette nouvelle agression américaine. Trump qui prétend au Prix Nobel de
la Paix mérite largement le Prix Nobel de la Guerre. Cette marionnette sioniste obéit à ses maîtres donateurs…
*
Affaire Maduro : Quand l’annonce d’une
arrestation extraterritoriale précipite une crise majeure du droit international
L’annonce publique faite par Donald Trump, affirmant que le président vénézuélien Nicola Maduro aurait été arrêté puis extradé vers les États-Unis, a
provoqué un choc diplomatique mondial immédiat.
Qu’elle soit totalement, partiellement ou ultérieurement infirmée, cette déclaration marque déjà un basculement politique et symbolique
majeur. Car si un tel acte était confirmé, il constituerait une rupture sans précédent du droit international contemporain : l’arrestation unilatérale d’un chef
d’État en exercice, hors de tout mandat international, hors de toute décision multilatérale, et en violation directe des principes fondamentaux de souveraineté.
Une remise en cause frontale des principes fondateurs du droit international. Le droit international repose sur quelques piliers essentiels :
l’égalité souveraine des États,
la non-ingérence dans les affaires intérieures,
l’immunité des chefs d’État en exercice,
le règlement pacifique des différends.
Une arrestation extraterritoriale, décidée et exécutée par un seul État contre le dirigeant d’un autre État souverain, anéantirait ces principes et
consacrerait un droit de capture fondé non plus sur la loi, mais sur la puissance.
Il ne s’agirait plus d’un ordre international fondé sur des règles, mais d’un système de justice asymétrique, où certains pays s’arrogent le droit de juger
et de neutraliser les dirigeants d’autres nations.
La réaction de la Russie : une ligne rouge clairement tracée. La Russie a immédiatement exigé la libération de Nicola Maduro, qualifiant l’opération annoncée d’illégale et assimilable à une politique d’enlèvement.
Cette réaction dépasse largement le cadre du soutien bilatéral au Venezuela.
Elle exprime une position de principe : accepter un tel précédent reviendrait à admettre que plus aucun dirigeant n’est protégé par le droit international.
Ce message est entendu bien au-delà de Moscou.
1. La Chine : retenue diplomatique,
inflexion stratégique
La Chine devrait éviter l’escalade verbale, tout en rejetant clairement toute juridiction extraterritoriale unilatérale.
Pour Pékin, ce précédent est dangereux : aujourd’hui Caracas, demain un partenaire africain, asiatique ou un dirigeant opposé aux intérêts
occidentaux.
Cette affaire accélère la volonté chinoise de :
renforcer un monde multipolaire,
réduire la dépendance aux mécanismes juridiques internationaux,
promouvoir des cadres alternatifs de règlement des différends.
2. Les BRICS : sortie progressive de
l’ambiguïté
Les BRICS sont directement concernés.
Même les États traditionnellement prudents comprennent qu’un tel précédent menace tous les gouvernements non alignés.
Une condamnation collective, même mesurée, deviendrait un acte fondateur : celui d’un refus explicite de la justice de puissance.
3. L’Amérique latine : mémoire et
inquiétude
Pour l’Amérique latine, cette annonce réveille une mémoire douloureuse : interventions, coups d’État, arrestations arbitraires, souverainetés
piétinées.
L’arrestation annoncée d’un président en exercice alimente la crainte d’un retour assumé des méthodes impériales, au mépris des urnes et du droit.
Au petit matin du 3 janvier 2026, des troupes états-uniennes ont perpétré une incursion criminelle en territoire vénézuélien. Elles ont bombardé divers
points stratégiques du pays, endommagé les infrastructures, assassiné des militaires et des civils, et enlevé le président de la République bolivarienne du Venezuela, Nicolás Maduro
Moros, ainsi que son épouse, Cilia Flores.
Cette opération représente l’attaque la plus
grave et la plus violente perpétrée par les États-Unis contre un pays des Amériques depuis l’invasion de la Grenade (1983) et du Panama (1989).
Depuis septembre 2025, sous prétexte de lutter contre le trafic de drogue, l’administration de Donald Trump a lancé une nouvelle offensive contre le
Venezuela, qui est passée de pressions économiques et d’attaques contre des bateaux soupçonnés de transporter de la drogue, au détournement de pétroliers et au plus grand blocus naval et
aérien jamais vu, dans le but de renverser le gouvernement de Nicolás Maduro et d’installer un gouvernement fantoche qui livrerait le pétrole, l’eau et les autres ressources du pays à
l’impérialisme.
L’offensive contre le Venezuela intervient dans le contexte du lancement par Donald Trump de son corollaire à la doctrine Monroe pour renforcer l’hégémonie
impériale affaiblie par les changements géopolitiques au niveau mondial sous la domination médiatique mondiale des États-Unis ; une tentative est faite pour montrer que l’opération
criminelle bénéficie du soutien du peuple vénézuélien.
Seules quelques manifestations isolées et marginales de soutien à Trump ont été observées dans certaines villes d’Europe et d’Amérique latine. Aucune au
Venezuela. De même, aucune force politique influente au Venezuela n’a réussi à se prononcer en faveur de l’enlèvement du président. Un peu partout, au contraire, des manifestant(e)s
sont sorti(e)s dans la rue pour répudier la barbarie : ils et elles étaient des milliers à Paris.
Cependant, ces opérations de terreur psychologique créent le décor idéal pour le «changement de régime» tant espéré par Trump : un Nicolás Maduro,
préalablement construit comme «narco-dictateur» par les médias, menotté et vêtu d’une tenue de prisonnier, présenté devant un tribunal new-yorkais comme s’il s’agissait d’un nouveau
procès contre El Chapo Guzmán.
Dégrader le président et chef du processus révolutionnaire au Venezuela au rang de criminel ordinaire est nécessaire pour que l’impérialisme puisse
progresser dans ce qu’il promet être une «transition pacifique» entre l’actuelle présidente intérimaire de la République, Delcy Rodríguez, et l’oligarque d’extrême droite María Corina
Machado ou l’ancien candidat de l’opposition, Edmundo González.
Le soi-disant «changement de régime» n’est rien d’autre qu’une tentative d’imposer un dirigeant «fantoche» qui livrera les ressources naturelles du pays aux
États-Unis.
L’enlèvement de Maduro et de son épouse a sans aucun doute été rendu possible par des erreurs des services de renseignement et de sécurité vénézuéliens,
ainsi que par une infiltration réussie des États-Unis au sein du cercle rapproché du président. Cependant, un changement de régime est encore loin d’être acquis, comme en témoignent les
événements qui se déroulent dans le pays.
Au Venezuela, la grande majorité de la population est rapidement passée de la confusion et du choc des premières heures du matin à l’indignation, au courage
et à un esprit combatif. Comme au lendemain du coup d’État des États-Unis de 2002 contre le président Chávez, avec (déjà) l’appui d’une certaine Maria Corina Machado, des milliers de
personnes sont descendues dans la rue pour exiger le retour sain et sauf de leur président et ont condamné les actions militaires états-uniennes.
Les forces armées ont démontré leur unité et leur loyauté envers le peuple et son président. Au-delà du discours répandu selon lequel le Venezuela vit sous
une dictature qui bafoue les libertés civiles, la Révolution bolivarienne, initiée sous la direction d’Hugo Chávez en 1998 et poursuivie aujourd’hui par Nicolás Maduro, propulse un
socialisme basé sur la démocratie directe des autogouvernements communards – où les postes de responsabilité sont assumés par 70 de femmes – et a réussi à forger une unité entre le
peuple et les forces armées bolivariennes, une unité que l’opération du 3 janvier 2026 ne pourra pas briser aussi facilement.
Une organisation de 5336 communes et circuits communaux, appuyée par des unités de citoyen(ne)s en armes et déployées sur l’ensemble du territoire
national, constitue le fondement de la seule force qui, au-delà de l’appareil d’État, puisse mettre un terme à l’occupation néocoloniale : la force populaire.
Aujourd’hui est un moment décisif pour le peuple vénézuélien. Sa capacité à défendre son territoire rue par rue, commune par commune, ainsi que sa
détermination inébranlable à résister à toute trahison ou tentative d’un politicien félon se prétendant capable de garantir la transition tant attendue par Trump, seront les facteurs les
plus déterminants pour l’avenir souverain de ce pays.
Dès le samedi après-midi, la vice-présidente de la république a réuni le Conseil National de Défense et a indiqué que le gouvernement du pays restait
sous l’autorité du chavisme, que Nicolás Maduro était le seul président légitime du Venezuela et que l’union civico-militaire était en place pour défendre la souveraineté nationale. En
insistant : «Nous exigeons la
libération de Nicolás Maduro. Les forces de sécurité sont mobilisées pour préserver notre intégrité territoriale, sauvagement attaquée aujourd’hui. Nous ne serons plus jamais les esclaves
ni la colonie d’aucun empire. Le seul président du Venezuela est Nicolás Maduro Moros», a-t-elle déclaré. Delcy Rodriguez a aussi rappelé à la communauté internationale que
si le Venezuela était la cible d’une telle action, ses voisins seraient directement menacés. Trump a déjà menacé le Mexique, la Colombie, Cuba et le Nicaragua.
Accompagnée des ministres, magistrats et chefs militaires, Rodríguez a confirmé le décret d’état d’urgence extérieur signé par Maduro et l’a remis à la
présidente du Tribunal Suprême de Justice (TSJ), Caryslia Rodríguez. Ce décret crée un Conseil national de défense, réunissant des représentants des différentes branches du
gouvernement. Elle a également cité la Lettre de Jamaïque, un document rédigé en 1815 où le libérateur Simón Bolívar exprime les principes d’indépendance des pays d’Amérique latine :
«Le voile
s’est déchiré. Nous avons vu la lumière et maintenant ils veulent nous faire retourner dans l’ombre. Mais nos chaînes sont brisées. Nous sommes libres et nos ennemis veulent nous
asservir».
Rodríguez a appelé la population au calme afin que le gouvernement puisse poursuivre le projet politique initié il y a 27 ans. Selon elle, Maduro a montré à
plusieurs reprises son souhait de nouer le dialogue avec les États-Unis mais la réponse a été celle de «la violence et de
l’agression». «Ce gouvernement
souhaite depuis le début maintenir un dialogue constructif. Or, nous assistons à une violation et à une agression. Nous demandons au peuple vénézuélien de garder son calme afin
que, dans une parfaite unité civique et militaire, nous puissions défendre notre souveraineté et notre indépendance, unis comme un seul peuple, pour notre cher Venezuela». Dans ce
discours de 20 minutes, elle a déclaré que les extrémistes de droite «seront jugés par
l’histoire et par la justice» et qu’ils seront «relégués aux
oubliettes de l’histoire». «Nous avons ici un
gouvernement clairvoyant. Je reprends les propos du président : nous sommes attachés au respect et à la légalité internationale. C’est la seule condition que nous accepterons pour toute
relation, après l’attaque militaire dont notre nation a été victime»., a conclu la vice-présidente de la République Bolivarienne. Un peu plus tard, le Tribunal Suprême de Justice l’a
nommée présidente par intérim.
Des jours très difficiles s’annoncent pour le Venezuela et pour le monde. Alors que les organisations internationales ont démontré leur incapacité à mettre
fin au génocide à Gaza, nous imaginons avec effroi ce qui pourrait advenir. Cependant, vaincre l’horreur, même dans les heures les plus sombres, est possible. La Colombie, le Mexique, le
Brésil, la Russie et la Chine ont qualifié cet acte d’«hégémonisme
criminel». Le monde multipolaire observe, et cette agression accélère l’union des pays du Sud contre les actions unilatérales des États-Unis. L’espoir ne peut naître que de la base,
du peuple vénézuélien et d’un mouvement mondial qui descendra dans la rue pour vaincre l’indifférence et la terreur.
Cette affaire pose une question centrale : Qui décide de la légitimité des gouvernements ?
Si cette décision appartient désormais aux États les plus puissants, alors la souveraineté devient conditionnelle, et le droit international une fiction utile seulement aux dominants.
Ce basculement ne mène pas à plus de sécurité, mais à :
la fragmentation du monde en blocs antagonistes,
l’affaiblissement définitif des institutions multilatérales,
une instabilité chronique fondée sur la défiance.
*
Déclaration solennelle
appelant à la libération immédiate de Nicola Maduro
Nous, journalistes indépendants, intellectuels et acteurs engagés pour la paix et le droit international, appelons solennellement à la libération immédiate de Nicola Maduro, président en
exercice de la République bolivarienne du Venezuela, si sa détention par les États-Unis devait être confirmée.
Nous rappelons que :
aucun État n’a le droit d’arrêter un chef d’État étranger hors d’un cadre juridique international reconnu,
aucune puissance ne peut se substituer au droit multilatéral,
aucune accusation ne saurait justifier la négation de la souveraineté d’un peuple.
Défendre la libération de Nicolás Maduro ne signifie pas approuver sa politique intérieure.
Cela signifie défendre un principe universel, non négociable :
le droit international
doit s’appliquer à tous, ou il cesse d’exister.
Le silence face à une telle dérive serait une abdication morale et politique.
L’acceptation de ce précédent ouvrirait la voie à un monde où la force prime sur la loi.
Nous appelons donc :
à une clarification internationale immédiate,
à une médiation multilatérale sous l’égide des Nations unies,
et au respect strict des principes fondateurs de l’ordre international.
La paix mondiale ne survivra pas à la normalisation de l’enlèvement politique.
Désolé pour ces publications consécutives sur le Venezuela, mais quand des occasions d’apprendre se présentent, il faut les saisir.
Voilà maintenant 24 heures que les États-Unis ont enlevé le président vénézuélien Nicolas Maduro, l’ont équipé de protections auditives et d’un bandeau sur
les yeux, façon «guerre contre le terrorisme», et l’ont transféré à New York pour y être jugé sur l’accusation mensongère d’être à la tête d’un
cartel de la
drogue fantôme.
(Les protections auditives et le bandeau, ainsi que la photo publiée par les États-Unis montrant Maduro portant ces équipements, constituent en outre des
violations de la Convention de Genève).
Au cours de l’opération, au moins 40
Vénézuéliens auraient été tués, dont des civils qui dormaient paisiblement dans leur lit lorsque leur immeuble a été détruit par un missile Hellfire tiré par un avion de chasse
américain.
Dégâts causés
par un missile américain sur un immeuble résidentiel à Caracas.
Selon PBS,The
Guardian, The Washington
Post et d’autres médias, cette violence meurtrière et cette violation flagrante du droit international constituent un «raid
audacieux».ABC
Newsl’a même qualifié
de de «stupéfiant». Sky
News l’a déclaré «spectaculaire»
et «stupéfiant», et
évoqué des bombes «illuminant le ciel
nocturne». On aurait pu les croire en train de décrire un feu d’artifice du Nouvel An plutôt qu’un coup d’État meurtrier contre le dirigeant d’un pays souverain.
Les responsables européens, de Macron à Starmer, se sont montrés frileux dans leurs réactions et ont refusé de condamner l’attaque, invoquant tous la
justification belliciste (comme on s’y
attendait hier), affirmant que Maduro est un dictateur voué à quitter le pouvoir. Macron a habilement usé de la voix passive, comme si Maduro avait été destitué par magie plutôt que
la cible d’une violente agression.
Les dirigeants sud-américains ont bien sûr adopté un ton différent. Le Brésil, la Colombie, Cuba et le Mexique ont tous condamné cet acte de guerre illégal
et ce terrorisme d’État. D’autant qu’il n’est pas exclu qu’ils soient les prochains sur la liste. Hier soir, dans une interview accordée à Fox News, Trump
a déclaré :
«Il va falloir faire
quelque chose au sujet du Mexique», «Cuba est un sujet que
nous aborderons tôt ou tard» et «On va devoir
recommencer dans d’autres pays. Nous pouvons y arriver. Personne ne nous en empêchera».
Honte à l’Europe, honte aux dirigeants libéraux et à leurs laquais des médias qui dénonçaient les dangers de Trump pour finalement cautionner son
gangstérisme.
Mettons les choses bien à plat. Le Venezuela n’était pas opprimé par Maduro. Le Venezuela était victime des États-Unis.
La révolution
bolivarienne
Lorsque Hugo Chávez est arrivé au pouvoir en 1999, à la suite d’un soulèvement populaire contre un gouvernement néolibéral de droite et les programmes
d’austérité imposés par le FMI, le Venezuela était en ruines. Le taux de pauvreté dépassait 50%, près d’un quart de la population survivait dans l’extrême pauvreté, 10% des adultes
étaient analphabètes et le taux de mortalité infantile surpassait 20%. À la mort de Chavez
et l’arrivée au pouvoir de Maduro, la mortalité infantile était tombée à 13,7 pour 1000 naissances, la pauvreté était inférieure à 30%, l’extrême pauvreté avait diminué de plus de
moitié pour atteindre 8,5% et l’espérance de vie avait augmenté de près de deux ans, pour atteindre la moyenne régionale. De plus, le PIB avait doublé, le taux de chômage n’était plus que
de 7,6% et 2,6 millions de jeunes adultes étaient inscrits à l’université, contre moins d’un million avant Chávez.
Quiconque répète que le Venezuela a
été appauvri par la révolution socialiste n’est donc qu’un menteur ou un larbin de l’impérialisme.
Il est vrai que depuis le milieu des années 2010, bon nombre de ces indicateurs ont régressé. Cependant, tous les documents fiables sur le sujet, y compris
les rapports de l’ONU, attribuent la responsabilité de cette situation aux sanctions sévères imposées par les États-Unis et l’Occident, dont le but était d’appauvrir les Vénézuéliens pour
les pousser à la rébellion.
Un rapport publié en
2021 par l’experte indépendante de l’ONU pour le Venezuela, Alena Douhan, a fait la lumière sur ces pratiques.
Dans son rapport, Mme Douhan affirme que le programme de sanctions contre le Venezuela équivaut à un «blocus économique» avec des effets dévastateurs sur
les conditions de vie des Vénézuéliens moyens. Elle a ajouté que les sanctions sectorielles contre les industries pétrolière, aurifère et minière, ainsi que le gel de tous les actifs de
la Banque centrale, ont «considérablement
réduit les recettes, affectant les systèmes publics de l’électricité, du gaz, de l’eau, des transports, de la téléphonie et de la communication, ainsi que les écoles, les hôpitaux et
d’autres institutions publiques».
Elle a en outre souligné que ces sanctions ont provoqué une grave crise sanitaire, alimentaire et nutritionnelle. Selon le rapport, le Trésor américain a
spécifiquement ciblé un programme alimentaire mis en place par Maduro pour lutter contre la faim. Le rapport conclut que le programme de sanctions contre le Venezuela est «motivé par des
considérations politiques, porte atteinte aux droits humains les plus fondamentaux et viole le droit international».
Les États-Unis et l’Occident ont
délibérément paralysé le Venezuela.
Quiconque omet ce contexte essentiel n’est qu’un menteur ou un pantin. Soit l’ensemble des médias mainstream.
Avez-vous retrouvé l’un de ces faits, l’un de ces aspects du contexte, dans les reportages de ces derniers jours ? Les médias mainstream ont-ils rapporté
que les accusations de trafic de drogue sont ridicules et
infondées ? Bien sûr que non. Parce que leur but n’est pas informatif, mais endoctrinatoire. Ces reportages n’ont pas vocation à susciter le scepticisme ou la colère contre
l’impérialisme et le statu quo, mais à les perpétuer et les soutenir.
Selon la version officielle des médias occidentaux et de la classe politique, la cheffe de l’opposition, Maria Corina Machado, serait à la tête d’un
mouvement populaire massif et son parti aurait remporté les dernières élections. Cependant, hier soir, Trump a
déclaré qu’elle ne remplit pas les conditions d’un leadership, car elle ne bénéficie pas de respect ni de soutien généralisé. Une déclaration d’autant plus surprenante que les
accusations portées contre Maduro en tant que dictateur reposent explicitement sur la prétendue légitimité de Corina Machado et son soi-disant soutien populaire.
C’est extrêmement révélateur de l’histoire que vous ne lirez pas dans les médias mainstream.
L’histoire des 24 dernières heures et celle de la violence impériale racontent une nouvelle fois le récit de médias défaillants, corrompus et
instrumentalisés. Des médias qui ne disent pas la vérité au pouvoir, préférant amplifier les mensonges et la propagande des puissants.
Des médias qui omettent délibérément tout regard critique et fabriquent le consentement à la violence.
Des médias qui affichent leur souci du droit international, de la démocratie et des opprimés, puis acclament les coups d’État et la violence de
l’empire.
Ces dernières 24 heures ont une fois encore démontré la faillite des médias mainstream et la nécessité impérieuse de faire entendre les voix
indépendantes.
Cette vidéo d’archive d’une déclaration de l’ex-dirigeant vénézuélien Hugo Chávez circule sur les réseaux sociaux.
Sur les images, il se souvient d’un avertissement qui lui avait été fait quelques années plus tôt : «Ils essaieront de
vous appliquer la méthode
Noriega».
«Ils cherchent un
moyen de lier directement Chávez au trafic de drogue. Et ensuite, tout est bon à prendre contre le «Président trafiquant de drogue», n’est-ce pas ?»
1. Un exemple parfait du «maintien de la paix» américain. Une opération militaire musclée dans un pays souverain qui ne représente aucune menace pour les
États-Unis. L’arrestation par les forces spéciales d’un président légalement élu et de son épouse. Bien sûr, tout cela dans le strict respect du droit international et de la législation
nationale, en coordination avec le Congrès. Silence presque total de la part de l’Europe «démocratique». Succès «garanti» en Amérique latine, où, comme chacun sait, la doctrine Monroe est
extrêmement populaire. En bref, nous avons assisté à une nouvelle étape décisive vers le Nobel.
2. Trump aurait dû faire preuve du même niveau d’énergie qu’au Venezuela dans un tout autre endroit. Les chiens de Kiev sinon bien dressés sont totalement
hors de contrôle. Ils ne veulent plus écouter la voix de son maître. L’exemple du Venezuela ne suffira probablement pas à les ramener à la raison, mais il serait néanmoins souhaitable que
les États-Unis attaquent les bases militaires du Banderastan et que les forces spéciales américaines capturent la bande de junkies de la rue Bankova. Peut-être l’heure est-elle enfin
venue, Oncle Sam ?
3. L’opération à Caracas vient confirmer que tout État se doit de renforcer au maximum ses forces armées afin d’empêcher divers richards arrogants de
modifier à leur guise l’ordre constitutionnel dans le but de s’emparer du pétrole et autres ressources. Et le renforcement maximal garantissant la protection optimale d’un pays ne
signifie qu’une seule chose : Un arsenal nucléaire !
Voici le texte intégral de la déclaration de Medvedev concernant la possibilité d’une répétition de l’opération américaine menée au Venezuela :
«L’enlèvement d’un chef d’État élu constitue une violation flagrante du droit international. Il n’est pas question de «transition pacifique et démocratique»
du pouvoir au Venezuela, et il est totalement vain que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et ces vieilles dames odieuses comme Shapoklyak tentent une fois de
plus de faire passer le noir pour du blanc. Une agression est une agression. Que peut-on faire de plus ? De plus, s’il s’agissait d’un pays plus puissant que le Venezuela, de tels actes
seraient suivis d’une déclaration de guerre sans équivoque. Après les événements de Caracas, il est clair pour tous qu’aucun pays qui déplaît aux États-Unis ne peut se sentir en sécurité.
Et le Danemark, avec son Groenland, l’est encore plus…
Parallèlement, il faut reconnaître que, malgré l’illégalité manifeste du comportement de Trump, il fait preuve d’une certaine cohérence. Lui et son équipe
défendent avec une grande fermeté les «intérêts nationaux». Leur pays. De toutes sortes : politique (l’Amérique latine est l’arrière-cour des États-Unis) et économique (donnez-nous le
pétrole et les autres ressources). Et ce n’est pas Trump qui a inventé ça. La principale motivation de l’Oncle Sam a toujours été simple : les ressources d’autrui. Il suffit de se
rappeler la cynique et malfaisante tante Albright, qui déclarait sans vergogne qu’il était injuste que la Russie ait hérité de telles richesses. Il fallait donc les redistribuer. Tout
comme pour les terres rares en Ukraine. Trump a immédiatement évoqué ce sujet
Et Maduro a répété à maintes reprises que le véritable objectif de l’administration américaine actuelle est de s’emparer de leur pétrole et de leurs autres
ressources. Et Trump ne s’en cache pas. Que dire ? C’est la loi du plus fort. Mais disons franchement à nos «camarades du soleil philippin» : désormais, ils n’ont plus rien à reprocher à
notre pays, même officiellement. Bien que la capture de Nicolás Maduro et de sa femme ne fasse qu’attiser la haine féroce des gringos en Amérique latine. Aux États-Unis.
Et enfin : L’enlèvement de ce même néo-nazi, Merz, pourrait constituer un rebondissement majeur dans cette série rocambolesque. Rien de bien surprenant, en
somme. Ce scénario recèle aussi une part de réalisme. Il mérite amplement d’être persécuté, même en Allemagne. Ce ne serait donc pas une honte. D’autant plus que les bourgeois souffrent
inutilement
Les États-Unis auraient lancé une attaque majeure contre le Venezuela, aboutissant à la capture du président Nicolás Maduro. Selon plusieurs sources, Donald
Trump appelle désormais ouvertement à un changement de régime à Caracas, ravivant les tensions géopolitiques en Amérique latine et au-delà.
Que s’est-il réellement passé ?
Quelles sont les implications politiques, militaires et diplomatiques de cette opération ?
Le Venezuela est-il à l’aube d’un tournant historique ou d’une escalade dangereuse ?
Dans cette vidéo, nous analysons les faits, les enjeux internationaux et les conséquences possibles de cette offensive américaine, dans un contexte mondial
déjà sous haute tension.
Donald Trump a donc fait enlever, dans sa résidence et pendant son sommeil, le président du Venezuela Nicolas Maduro, par un raid illégal de l’armée
étasunienne. Ce serait le statut de «narco-terroriste» dont est affublé Maduro qui permettrait ainsi à Trump d’engager les forces armées de son pays, qui ont ici bombardé des
infrastructures civiles et militaires d’un pays étranger, sans passer par l’aval – normalement obligatoire – du Congrès.
Seulement, le statut de «narco-terroriste» de Nicolas Maduro est complètement fallacieux, comme tout le récit politico-médiatique mensonger sur les cartels
dont il serait à la tête, ou encore sur la drogue dont les États-Unis seraient inondés par l’intermédiaire du Venezuela. Les services de renseignements étasuniens eux-mêmes, comme l’ONU
et même la DEA, reconnaissent d’ailleurs que le volume de drogue atteignant les E.U et transitant par le Venezuela est complètement marginal, surtout en comparaison avec les quelque 87%
qui passent par la façade Pacifique.
Mais bref : c’est fait. Nicolas Maduro capturé par les forces spéciales étasuniennes, est déjà arrivé à New York sous bonne escorte de la DEA, qui entend
donc organiser son jugement pour «narco-terrorisme». Il est pour l’heure emprisonné sans autre forme de procès. On a hâte de voir toutes les preuves qui seront ultérieurement fournies
pour appuyer un tel grossier mensonge.
Il faut se souvenir que l’UE, à la remorque des E.U, ne reconnaît pas la légitimité de Maduro depuis un bon moment : En 2018, Juan Guaido avait été
officiellement reconnu comme président par intérim par nos institutions, il avait même – honteusement – été reçu à L’Élysée par Emmanuel Macron (qui y recevait aussi l’«ancien» terroriste
islamiste, et président auto-proclamé de Syrie Ahmed al-Charaa, pourvu qu’il porte un costume qui le rende présentable.)
Suite à la réélection de Maduro en 2024, l’UE contestait sa «légitimité démocratique» en dépit de toutes les preuves de la régularité de l’élection ; le
système électoral vénézuélien étant au demeurant largement reconnu pour sa modernité et sa grande fiabilité.
Peu importe, tant qu’un – énième – énorme mensonge, docilement relayé par l’ensemble de la sphère médiatique, puisse convaincre du contraire une masse
consentante suffisante, au sein d’une opinion publique occidentale largement ahurie à force d’être bombardée d’Inversions en
tout genre, «Post-Vérité»
oblige.
Ce qui (me) pose un souci aujourd’hui, ce sont les mots du président Macron suite à l’intervention militaire gravement illégale des E.U, et l’enlèvement par
la force d’un chef d’État dans son propre pays. S’exprimant donc au nom de la France et des Français, il dit sur le réseau social étasunien X :
«Le peuple
vénézuélien est aujourd’hui débarrassé dela
dictature de Nicolás
Maduro etne peut que s’en
réjouir.En
confisquant le pouvoir et en piétinant les libertés fondamentales, Nicolás Maduro a porté une atteinte grave à la dignité de son propre peuple.La transition à venir
doit être pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien.Nous souhaitons que
le président Edmundo
González Urrutia,élu en
2024, puisse assurer au
plus vite cette transition.[…]»
Pas la moindre condamnation. Pas le moindre rappel aux fondamentaux de la Charte des Nations unies, auxquels la France est devenue étrangère. Pas l’once
d’une exhortation au respect des règles les plus élémentaires et fondamentales du droit International… Rien. Rien de rien !
La position officielle du président de la République, c’est que «c’est OK». On est contents pour les vénézuéliens enfin débarrassés de leur «dictateur». On
leur souhaite d’avoir pour dirigeant un bon gars de l’extrême droite, un digne putschiste comprador comme on les apprécie, qu’on reconnaît d’ailleurs déjà comme parfaitement légitime et
approprié, et que nous félicitons par avance pour son élection pas truquée.
C’est Barrot, dont l’insignifiance et la médiocrité ne sont plus à démontrer et font désormais office de signature, qui s’y colle et doit souligner que tout
ceci n’est tout de même pas parfaitement conforme à «nos valeurs» .
Il dit, lui aussi sur X, et en ne mentionnant jamais les E.U qu’il ne faudrait tout de même pas froisser le moins du monde :
«En confisquant le
pouvoir au peuple vénézuélien, en le privant de ses libertés fondamentales, Nicolás Maduro a porté une atteinte grave à sa dignité et à son droit à
l’auto-détermination.La France s’est
engagée avec constance, notamment par ses actions de médiation,en faveur du respect
de la souveraineté du peuple vénézuélien, dont la voix doit primer.L’opération militaire
ayant conduit à la capture de Nicolás Maduro contrevient au principe de non-recours à la force qui fonde le droit international.
La France rappelle
qu’aucune solution politique durable ne saurait être imposée de l’extérieur et que les peuples souverains décident seuls de leur avenir. La multiplication des
violations de ce principe par des nations investies de la responsabilité principale de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies aura de lourdes
conséquences sur la sécurité du monde, qui n’épargneront personne.Instruite par
l’Histoire, la France s’y prépare, mais ne peut s’y résoudre.Elle réitère son
attachement à la Charte des Nations unies, qui doit continuer de guider l’action internationale des États, toujours et partout».
Alors pardonnez-nous l’impunité qui prévaut lorsque nous soutenons l’ingérence et les mensonges, car c’est pour votre bien ! Le peuple du Venezuela est
souverain, c’est pour cela, même si ça tord un peu le bras de la légalité, qu’il doit être débarrassé du «dictateur» légitimement élu qui «confisquait le pouvoir». La cohérence du propos
est ici édifiante.
L’UE, par la voix de Mme Kallas, «appelle à la retenue» mais ne condamne pas plus son bon suzerain.
*
Je suis assez confus ce matin. En effet, face à une telle servilité de la part de nos «représentants» aussi lâches que gravement corrompus, je ne parviens
pas à bien distinguer les sentiments qui me traversent : Est-ce la honte, ou la rage qui domine ? Est-ce que la tristesse qui m’accable est le masque de ma colère, ou est-ce l’inverse
?
Est-ce que nos dirigeants réalisent la gravité et les conséquences de leurs propos indécents, qui sont scellés du sceau du mensonge le plus éhonté, et qui
laissent – surtout – libre cours à l’expression de la force brute en toute impunité en guise de toute «diplomatie» ? Est-ce que la honte et l’abjection sont vraiment tout ce que nous
méritons, puisque ces gens s’expriment en notre
nom ?
Au-delà du cirque pathétique et morbide que révèle ce dernier acte de l’impérialisme étasunien duquel nous sommes un vassal décidément aussi docile que
zélé, Trump ou pas Trump, il y a quelques éléments qui méritent encore d’être soulignés, puisqu’ils soulèvent une problématique qui nous concerne directement :
Il n’aura échappé à personne que le seul véritable enjeu, derrière la politique agressive de changement de régime qui est en cours au Venezuela, et la
montagne de mensonges et d’omissions de l’ensemble des dirigeants et des médias occidentaux, ce sont évidemment les immenses ressources de ce pays.
Le Venezuela, pour rappel et outre l’eau douce, l’or, ou les minéraux et terres rares, c’est à lui seul 17% des réserves mondiales de pétrole. Les plus
grandes réserves du monde, donc.
Or, le schiste étasunien dont on nous a dit qu’il était largement préférable au pétrole et au gaz russes, a atteint un pic de production. Certains experts
et autres géologues estiment que le tarissement des forages de schiste étasuniens commencera dans 6 ans seulement. C’est du très, très court terme.
Si les E.U ont un besoin crucial du brut vénézuélien, c’est donc non seulement pour pouvoir raffiner du gasoil (dont leur armée impériale démesurée est au
passage une énorme consommatrice) en le mélangeant à leur pétrole de schiste de mauvaise qualité, mais c’est surtout – je crois – pour pallier à la pénurie qui les menace à court terme.
Toute l’infrastructure, tous les réseaux urbains des E.U, sont à 100% dépendants de la bagnole et des camions.
À cela s’ajoutent les volumes considérables d’énergies pétrolières que Mme von der Leyen s’est engagée auprès de Donald Trump, à acheter aux E.U (le
même jour où elle acceptait aussi – toujours en notre nom à tous – que les produits de l’industrie européenne subiraient une taxation de 15% à l’entrée aux E.U, contre 0% dans l’autre
sens, ainsi qu’elle s’engageait également à acheter pour 600 milliards de dollars de produits manufacturés étasuniens, dont l’essentiel seront des armes) :
750 milliards de dollars de produits pétroliers seront achetés au E.U par l’UE, en trois ans !
Ce sont là des volumes auxquels les seuls pétroles et gaz de schiste étasuniens ne peuvent pas surseoir. Et c’est pour cela que ce qui se passe au Venezuela
nous concerne finalement au premier chef.
Sans une opposition populaire conséquente aux politiques absconses de l’UE soumise et outil du fascisme, auxquelles nos dirigeants successifs s’alignent
tous, qui s’interdit en outre – au nom de prétendues «valeurs» – d’acheter l’énergie russe abondante et peu chère qui devrait naturellement abreuver nos pays, nos dirigeants (eux aussi
qualifiables en tant qu’agents comprador, même si «traîtres» convient également parfaitement) ne peuvent que souscrire à la politique impérialiste étasunienne, de laquelle nous sommes
tristement devenus dépendants, en plus d’en être nous aussi les victimes :
Souvenons-nous ainsi qu’au-delà du scandale Alstom, ce sont environ 180 entreprises françaises qui sont passées sous pavillon étasunien durant la présidence
de l’agent Macron. Ayons à l’esprit que BlackRock s’invite à l’Élysée pour imposer la ligne directrice, ou encore que «les personnels de
McKinsey ont été directement intégrés aux effectifs du ministère» comme l’avouait le ministre de la Santé Véran interrogé lors d’une commission d’enquête sénatoriale ayant eu pour
conséquences l’impunité la plus totale, et pas la moindre preuve d’une collusion pourtant aussi évidente qu’intolérable.
En conclusion, ce qui se passe au Venezuela est un nouveau jalon crucial dans l’escalade vers la véritable guerre chaude qui, je pense, opposera
inévitablement tous les pays de la sphère otanienne atlantiste (+ Japon, Corée du Sud, Australie, et quelques autres vassaux) aux pays constituant notamment les BRICS+, qui vont encore
s’élargir, qui s’émancipent du dollar, qui comprennent l’immense majorité des producteurs mondiaux de pétrole, et dont le PIB et la population totale cumulés nous relèguent pour un long
moment au rang d’acteurs désormais relativement insignifiants de l’économie mondiale.
Nous voyons finalement que notre modèle néolibéral mortifère, l’économie financière spéculative reposant sur la dette illégitime, qui ruine les peuples et
pille les pays pour engraisser une poignée d’acteurs privés, ploutocrates uniquement intéressés par leur insatiable cupidité et qui ont infiltré les États et les institutions, pèse
finalement bien peu face à ce qui permet réellement la création de richesses : Les ressources énergétiques, l’industrie et les travailleurs qui fabriquent des biens tangibles.
La dure réalité frappe à la porte des idéologues cinglés et autres traîtres corrompus que nous nous acharnons à élire, plus ou moins malgré-nous. Mais ils
n’entendront jamais raison, et nous ne le savons que trop bien.
Nous indigner des propos abjects du président Macron (et des autres : Kallas, Meloni, Milei, etc.) est ici la moindre des choses. Notre responsabilité est
grande, puisqu’en ne nous opposant pas frontalement à ceux qui nous conduisent irrémédiablement vers la guerre, nous les laissons – encore ! – commettre ou tolérer les pires crimes en
notre nom. Le prix de notre indifférence sera extrêmement élevé. L’impunité des criminels qui président à notre destinée collective n’en sera pas le moindre.
NICOLÁS MADURO : DU KIDNAPPING À L’HUMILIATION PUBLIQUE
Comment démanteler un régime du jour au lendemain ? La CIA a-t-elle littéralement acheté la loyauté des généraux du Venezuela pour ouvrir la voie à une
extraction ? Et si le récit de la «saisie de drogue» n’était qu’un écran de fumée, s’agit-il en réalité d’une tentative désespérée, à plusieurs milliards de dollars, pour sauver le
pétrodollar ?
Pour décrypter la mécanique de l’attaque d’hier, je me suis tourné vers quelqu’un qui connaît la machine du renseignement de l’intérieur. Ron Aledo n’est
pas qu’un simple observateur ; en tant qu’officier retraité de l’armée américaine et ancien analyste contractuel pour la CIA et la DIA, il dissèque l’opération avec la précision de
quelqu’un qui sait exactement où sont enterrés les corps – et les pots-de-vin.
Les attaques américaines actuelles
contre le Venezuela s’inscrivent dans un processus de deux décennies mené par les États-Unis et la droite vénézuélienne pour saper le projet bolivarien et sa décision audacieuse
d’utiliser les richesses pétrolières du pays pour l’amélioration de la situation de son peuple.
Les États-Unis n’ont pas de problème avec le Venezuela en soi, ni avec le pays, ni avec son ancienne oligarchie. Le problème du gouvernement américain et de
sa classe d’entreprises est le processus mis en place par le premier gouvernement du président vénézuélien Hugo Chávez.
En 2001, le processus bolivarien de Chávez a adopté une loi appelée Loi organique sur les hydrocarbures, qui affirmait la propriété de l’État sur toutes les
réserves de pétrole et de gaz, confiait les activités en amont de l’exploration et de l’extraction aux entreprises contrôlées par l’État, mais autorisait les entreprises privées – y
compris les entreprises étrangères – à participer aux activités en aval (telles que le raffinage et la vente).
Le Venezuela, qui possède les plus grandes réserves pétrolières du monde, avait déjà nationalisé son pétrole par le biais de lois en 1943, puis à nouveau en
1975. Cependant, dans les années 1990, dans le cadre des réformes néolibérales poussées par le Fonds monétaire international (FMI) et par les grandes compagnies pétrolières américaines,
l’industrie pétrolière a été largement privatisée.
Lorsque Chávez a promulgué la nouvelle loi, l’État a repris le contrôle de l’industrie pétrolière (dont les ventes de pétrole à l’étranger représentaient
80% des recettes extérieures du pays).
Cela a profondément irrité les compagnies pétrolières américaines – en particulier ExxonMobil et Chevron – qui ont fait pression sur le gouvernement du
président américain George W. Bush pour qu’il agisse contre Chávez. Les États-Unis ont tenté d’organiser un coup d’État pour renverser Chávez en 2002, qui a duré quelques jours, et ont
ensuite poussé la direction corrompue de la compagnie pétrolière vénézuélienne à lancer une grève pour nuire à l’économie vénézuélienne (ce sont finalement les travailleurs qui ont
défendu l’entreprise et l’ont reprise à la direction).
Chávez a résisté à la fois à la tentative de coup d’État et à la grève parce qu’il bénéficiait du soutien massif de la population.
Maria Corina Machado, qui a reçu le prix Nobel de la paix en 2025, a créé un groupe appelé Sumaté («Rejoignez-nous»), qui a proposé un référendum
révocatoire. Environ 70% des électeurs inscrits se sont rendus aux urnes en 2004 et une grande majorité (59%) a voté pour le maintien de Chávez à la présidence.
Mais ni Machado ni ses soutiens américains (y compris les compagnies pétrolières) n’ont pu se reposer sur leurs lauriers. De 2001 à aujourd’hui, ils ont
tenté de renverser le processus bolivarien, afin de remettre au pouvoir les compagnies pétrolières américaines.
La question du Venezuela n’est donc pas tant celle de la «démocratie» (un mot galvaudé qui se vide de son sens) que celle de la lutte des classes
internationale entre le droit du peuple vénézuélien à contrôler librement son pétrole et son gaz et celui des compagnies pétrolières américaines à dominer les ressources naturelles
vénézuéliennes.
Le processus
bolivarien
Lorsque Hugo Chávez est apparu sur la scène politique dans les années 1990, il a captivé l’imagination de la plupart des Vénézuéliens, en particulier de la
classe ouvrière et de la paysannerie. La décennie a été marquée par les trahisons spectaculaires des présidents qui avaient promis de protéger le pays riche en pétrole de l’austérité
imposée par le FMI et qui ont ensuite adopté ces mêmes propositions du FMI.
Peu importe qu’ils soient sociaux-démocrates (comme Carlos Andrés Pérez de l’Action démocratique, président de 1989 à 1993) ou conservateurs (comme Rafael
Caldera de la Démocratie chrétienne, président de 1994 à 1999).
L’hypocrisie et la trahison définissaient le monde politique, tandis que de fortes inégalités (l’indice de Gini atteignant le chiffre stupéfiant de 48,0)
s’emparaient de la société. Le mandat de Chávez (qui a remporté les élections avec 56% contre 39% pour le candidat des anciens partis) était contre cette hypocrisie et cette
trahison.
Le fait que les prix du pétrole soient restés élevés de 1999 (date de son entrée en fonction) à 2013 (date de sa mort, à 58 ans, très jeune) a aidé Chávez
et le processus bolivarien.
Après s’être emparé des revenus pétroliers, Chávez les a utilisés pour réaliser des avancées sociales phénoménales.
Tout d’abord, il a mis en place un ensemble de programmes sociaux de masse (misiones) qui ont réorienté les revenus pétroliers pour répondre aux besoins
humains fondamentaux tels que les soins de santé primaires (Misión Barrio Adentro), l’alphabétisation et l’enseignement secondaire pour la classe ouvrière et la paysannerie (Misión
Robinson, Misión Ribas, et Misión Sucre), la souveraineté alimentaire (Misión Mercal puis PDVAL), et le logement (Gran Misión Vivienda).
L’État a été remodelé pour devenir un vecteur de justice sociale et non un instrument permettant d’exclure la classe ouvrière et la paysannerie des gains du
marché.
Au fur et à mesure que ces réformes avançaient, le gouvernement s’est efforcé de renforcer le pouvoir populaire par le biais d’instruments participatifs
tels que les communes. Ces communes sont d’abord nées d’assemblées consultatives populaires, puis se sont transformées en organes populaires chargés de contrôler les fonds publics, de
planifier le développement local, de créer des banques communales et de former des entreprises coopératives locales.
Les communes représentent l’une des contributions les plus ambitieuses du processus bolivarien : un effort – inégal mais historiquement significatif – pour
construire le pouvoir populaire comme une alternative durable au pouvoir oligarchique.
La guerre hybride imposée par les
États-Unis au Venezuela
En 2013-2014, deux événements ont profondément menacé le processus bolivarien : d’une part, la mort prématurée d’Hugo Chávez, sans aucun doute le moteur de
l’énergie révolutionnaire dans le pays, et d’autre part, l’effondrement lent puis constant des recettes pétrolières.
Chávez a été remplacé à la présidence par l’ancien ministre des Affaires étrangères et syndicaliste Nicolás Maduro, qui a tenté de maintenir le cap, mais a
été confronté à un défi de taille lorsque les prix du pétrole, qui avaient culminé en juin 2014 à environ 108 USD le baril, ont chuté de manière spectaculaire en 2015 (moins de 50 USD),
puis en janvier 2016 (moins de 30 USD).
Pour le Venezuela, qui dépendait des ventes de pétrole brut à l’étranger, cette chute a été catastrophique.
Le processus bolivarien n’a pas pu revoir la redistribution dépendante du pétrole (non seulement à l’intérieur du pays mais aussi dans la région, notamment
par le biais de PetroCaribe) ; le pays est resté prisonnier de sa dépendance à l’égard des exportations de pétrole et, par conséquent, des contradictions liées à son statut d’État
rentier.
De même, le processus bolivarien n’a pas exproprié la richesse des classes dominantes, qui continuent de peser lourdement sur l’économie et la société,
empêchant ainsi une transition complète vers un projet socialiste.
Avant 2013, les États-Unis, leurs alliés européens et les forces oligarchiques d’Amérique latine avaient déjà forgé leurs armes pour une guerre hybride
contre le Venezuela. Après que Chávez a remporté sa première élection en décembre 1998 et avant qu’il ne prenne ses fonctions l’année suivante, le Venezuela a connu une fuite accélérée
des capitaux, l’oligarchie vénézuélienne ayant emporté ses richesses à Miami.
Pendant la tentative de coup d’État et le lock-out pétrolier, la fuite des capitaux s’est accentuée, ce qui a affaibli la stabilité monétaire du
Venezuela.
Le gouvernement des États-Unis a commencé à mettre en place un dispositif diplomatique pour isoler le Venezuela, en qualifiant le gouvernement de problème
et en mettant en place une coalition internationale contre lui. Cela a conduit, en 2006, à restreindre l’accès du Venezuela aux marchés internationaux du crédit.
Les agences de notation, les banques d’investissement et les institutions multilatérales ont régulièrement augmenté les coûts d’emprunt, rendant le
refinancement plus difficile bien avant que les États-Unis n’imposent des sanctions formelles au Venezuela.
Après la mort de Chávez et la baisse des prix du pétrole, les États-Unis ont entamé une guerre hybride ciblée contre le Venezuela.
La guerre hybride désigne l’utilisation coordonnée de la coercition économique, de l’étranglement financier, de la guerre de l’information, de la
manipulation juridique, de l’isolement diplomatique et de la violence sélective, déployée pour déstabiliser et renverser des projets politiques souverains sans qu’il soit nécessaire de
procéder à une invasion à grande échelle.
Son objectif n’est pas la conquête territoriale mais la soumission politique : la discipline des États qui tentent une redistribution, une nationalisation
ou une politique étrangère indépendante.
La guerre hybride opère par le biais de l’armement de la vie quotidienne. Les attaques monétaires, les sanctions, les pénuries, les récits des médias, la
pression des ONG, le harcèlement judiciaire (lawfare) et les crises de légitimité sont conçus pour éroder la capacité de l’État, épuiser le soutien populaire et briser la cohésion
sociale. Les souffrances qui en résultent sont alors présentées comme la preuve d’un échec interne, masquant l’architecture externe de la coercition.
C’est précisément ce à quoi le Venezuela est confronté depuis que les États-Unis ont illégalement imposé des sanctions financières au pays en août 2017,
sanctions qui ont ensuite été renforcées par des sanctions secondaires en 2018.
En raison de ces sanctions, le Venezuela a été confronté à la perturbation de tous les systèmes de paiement et canaux commerciaux et à la surconformité
forcée aux réglementations américaines.
Pendant ce temps, les médias occidentaux ont systématiquement minimisé les sanctions, tout en amplifiant l’inflation, les pénuries et les migrations comme
des phénomènes purement internes, renforçant ainsi le discours sur le changement de régime.
L’effondrement du niveau de vie au Venezuela entre 2014 et 2017 ne peut être dissocié de cette stratégie stratifiée d’asphyxie économique.
Attaques de mercenaires, sabotage du réseau électrique, création d’un conflit généré au profit d’ExxonMobil entre la Guyane et le Venezuela, invention d’un
président alternatif (Juan Guaidó), attribution du prix Nobel de la paix à une personne appelant à la guerre contre son propre pays (Machado), tentative d’assassinat du président,
bombardements de bateaux de pêche au large des côtes vénézuéliennes, saisie des pétroliers quittant le Venezuela, constitution d’une armada au large des côtes du pays… chacun de ces
éléments est destiné à créer un climat d’insécurité et d’insécurité : chacun de ces éléments est destiné à créer une tension neurologique au sein du Venezuela conduisant à l’abandon du
processus bolivarien au profit d’un retour à 1998 puis d’une annulation de toute loi sur les hydrocarbures promettant la souveraineté du pays.
Si le pays devait revenir à 1998, comme le promet Maria Corina Machado, tous les acquis démocratiques des misiones et
des comunas ainsi
que de la Constitution de 1999 seraient invalidés. En effet, Machado a déclaré qu’un bombardement américain de ses compatriotes vénézuéliens serait «un acte d’amour».
Le slogan de ceux qui veulent renverser le gouvernement est «En avant vers le passé».
En octobre 2025, Maduro a déclaré en anglais à un public de Caracas : «écoutez-moi, pas de
guerre, oui à la paix, au peuple des États-Unis». Le soir même, dans un discours radiodiffusé, il a lancé un avertissement : «Non au changement de
régime, qui nous rappelle tant les guerres interminables et ratées en Afghanistan, en Irak, en Libye, etc. Non aux coups d’État orchestrés par la CIA».
La phrase «pas de guerre, oui à la paix» a été reprise sur les réseaux sociaux et remixée dans des chansons. Maduro est apparu à plusieurs reprises lors de
rassemblements et de réunions, la musique enflammée, chantant «pas de guerre, oui à la paix» et, à une occasion au moins, portant un chapeau avec ce message.
Photo
d’illustration : Dans le but d’élargir la participation des femmes vénézuéliennes au renforcement des politiques publiques, le président Nicolás Maduro Moros (ici accompagné de son
épouse Cilia Flores) a annoncé que plus de 4 millions femmes se sont inscrites à la «Grande Mission Venezuela Mujer» depuis sa création le 25 octobre 2023 – Photo : Prensa
Latina
Bombarder un pays souverain, enlever son président élu, l’exfiltrer comme un criminel : voilà ce que Washington a fait au Venezuela ce 3 janvier
2026. Sans masque. Sans hypocrisie feinte.
L’ordre international «fondé sur des règles» vient de tomber le dernier voile.
Ce qui reste ? Une vérité nue : La force impose, le récit absout, le
droit se tait.
C’est l’épitaphe d’un empire qui ne gouverne plus par la persuasion, mais par la bombe.
La puissance fait le droit, le récit
fait la légitimité
Il est temps de cesser l’hypocrisie. L’ordre international contemporain n’est ni fondé sur le droit, ni sur des règles universelles, ni sur une morale
partagée. Il repose sur une mécanique beaucoup plus simple, plus ancienne, et désormais assumée sans fard :
«La puissance fait le droit, le récit fait la légitimité».
Le reste n’est que décor : vocabulaire juridique recyclé, morale de circonstance et mise en scène diplomatique destinée à masquer une réalité
brute. Le monde est gouverné par des rapports de force, et ceux qui dominent écrivent les règles après avoir imposé les faits.
Le droit international : Une fiction
utile aux dominants
Le droit international est souvent présenté comme un rempart contre la barbarie. En réalité, il fonctionne aujourd’hui comme un outil de domination
sélective. Il ne protège pas les faibles : il les encadre. Il ne contraint pas les puissants : il les justifie.
Lorsqu’un État occidental viole une souveraineté, bombarde, impose des sanctions extraterritoriales ou soutient une occupation prolongée, le droit devient
soudain «complexe», «contextualisé», «sujet à interprétation».
En revanche, lorsque ces mêmes actes sont commis par un adversaire géopolitique, le droit redevient clair, sacré, non négociable.
Ce double standard n’est pas une dérive. C’est le cœur du système.
Les institutions internationales ne sont pas des arbitres : ce sont des théâtres. On y joue des rôles, on y récite des textes, on y produit de la légitimité
symbolique. Mais les décisions réelles sont prises ailleurs, par ceux qui disposent de la force militaire, financière, technologique et médiatique.
Le message implicite est limpide : le droit n’est pas au-dessus de la puissance – il en est l’émanation.
L’ère de l’impérialisme
narratif
L’impérialisme moderne n’avance plus en uniforme colonial. Il avance en langage.
Il ne conquiert plus seulement des territoires, mais des cadres de pensée. Il ne s’impose plus seulement par les armes, mais par le récit.
Chaque guerre, chaque intervention, chaque opération clandestine est précédée – ou suivie – d’une construction discursive soigneusement calibrée :
l’ennemi est diabolisé
la complexité est effacée
l’histoire est simplifiée
l’émotion remplace l’analyse
Ce n’est pas un accident : c’est une stratégie. Dans un monde saturé d’images, celui
qui contrôle le récit contrôle la perception du réel.
Ainsi :
une agression devient une «opération préventive»
un siège devient une «pression sécuritaire»
un effondrement d’État devient une «transition démocratique»
Le récit ne décrit plus la guerre : il la rend acceptable.
Ukraine, Gaza, Venezuela : La même
matrice, des masques différents
Ukraine
Le conflit est présenté comme une lutte absolue entre la civilisation et la barbarie. Toute analyse historique est suspecte, toute tentative de
contextualisation assimilée à une complicité morale.
La guerre n’est plus un drame à résoudre, mais une croisade à prolonger.
Le droit international est brandi comme une arme idéologique, mais uniquement dans un sens. Les violations alliées sont invisibilisées. Les négociations
deviennent immorales. La paix elle-même est suspecte.
Gaza
Ici, le droit international humanitaire est invoqué rituellement, puis vidé de toute substance.
Les civils meurent, mais le récit les dissout dans des catégories abstraites : «dommages collatéraux», «boucliers humains», «zones complexes».
La force écrasante est légitimée par une narration sécuritaire permanente. Le droit n’est plus une limite : il devient un décor.
Venezuela
Le cas vénézuélien révèle la phase ultime et la plus cynique du processus.
Après l’élection présidentielle de juillet 2024 – dont les résultats officiels ont reconduit Nicolás Maduro, malgré les accusations (non prouvées) de fraude
portées par l’opposition et immédiatement relayées par Washington pour justifier une non-reconnaissance et une campagne d’ingérence massive –, Maduro s’est maintenu face à une pression
internationale incessante, s’est fait introniser en janvier 2025, puis a résisté à toutes les formes d’agression hybride.
Jusqu’à ce que la puissance brute parle sans masque.
Le 3 janvier 2026, les États-Unis ont lancé des frappes aériennes massives sur Caracas et des sites militaires, capturé Maduro et son épouse Cilia Flores,
et les ont exfiltrés du pays.
À l’heure où ces lignes sont écrites, le Conseil de sécurité de l’ONU ne s’est pas réuni en urgence. La Chine et la Russie ont dénoncé une violation
flagrante de la souveraineté vénézuélienne, tandis que plusieurs États d’Amérique latine ont exprimé leur «profonde préoccupation». Washington, de son côté, évoque une «opération de
stabilisation» sans fournir de base juridique publique.
Le prétexte ? Narco-État, menace régionale – le même récit recyclé depuis des années, amplifié par les allégations électorales jamais vérifiées de manière
indépendante.
La réalité ? L’impatience face à un État souverain qui refuse l’alignement, protège ses ressources pétrolières et s’allie à Moscou, Pékin et Téhéran.
La souveraineté n’est plus même conditionnelle : Elle est annulée par la force quand elle gêne.
Le droit international ? Muet ou complice.
L’ingérence n’est plus dissimulée : Elle est assumée comme «restauration de la démocratie» par ceux qui viennent de bombarder un pays sans déclaration de
guerre.
Dans ces trois situations, le schéma est identique :
La puissance impose, le récit absout,
le droit suit ou se tait.
Au Venezuela, il ne suit même plus : il est piétiné ouvertement.
L’événement vénézuélien ne crée pas une rupture : il officialise une logique déjà à l’œuvre. Il ne révèle pas un excès, mais la règle désormais assumée. Ce
qui se faisait sous le masque du droit se fait désormais à visage découvert.
Le Sud global : Fin de la soumission
narrative
Ce que les chancelleries occidentales refusent encore d’admettre, c’est que ce jeu est désormais massivement démasqué dans le Sud global.
Pour des sociétés marquées par la colonisation, les coups d’État téléguidés, les guerres humanitaires dévastatrices, le discours occidental sur les valeurs
universelles sonne creux. Il est perçu non comme une promesse, mais comme une menace.
Le résultat est visible :
rejet de l’alignement automatique
effondrement du soft
power occidental
montée de coalitions alternatives
désaffection envers les institutions dominées par l’Occident
La Chine n’a pas besoin d’être vertueuse pour apparaître crédible : il lui suffit de ne pas moraliser, de ne pas bombarder au nom du bien, de ne pas
humilier publiquement ses partenaires.
La Russie, malgré ses contradictions, capitalise sur une chose essentielle : elle attaque le récit occidental là où il est le plus fragile
– son
hypocrisie.
L’Occident face à sa faillite morale
auto-infligée
L’Occident n’est pas affaibli par ses ennemis. Il est affaibli par son propre discours retourné contre lui.
À force de proclamer des principes qu’il ne respecte pas, il a transformé chaque violation en preuve à charge. À force de se présenter comme arbitre moral,
il a rendu chaque exception insupportable.
La conséquence est brutale :
la parole occidentale ne fait plus autorité
la norme n’est plus crédible
la légitimité se délite
La puissance reste, mais elle est nue. Et une puissance nue inquiète plus qu’elle ne rassemble.
L’agression contre le Venezuela le 3 janvier 2026 en est la preuve irréfutable : quand le récit ne suffit plus, la bombe parle.
Un monde post-droit, post-illusion,
pré-chaotique
Nous n’entrons pas dans un monde anarchique, mais dans un monde désenchanté. Les règles ne disparaissent pas : elles cessent d’être crues.
Le véritable basculement est là :
le droit n’est plus perçu comme une protection
le récit n’est plus perçu comme une vérité
la légitimité n’est plus donnée – elle est disputée
Dans ce monde, seuls survivent ceux qui comprennent la grammaire réelle du pouvoir :
la force ouvre le champ du possible
le récit fixe les limites du pensable
le droit sert d’alibi
Le retour brutal du réel
politique
«La puissance fait le droit, le récit
fait la légitimité»
n’est pas un slogan cynique. C’est l’épitaphe d’un ordre international qui se prétendait moral mais fonctionnait comme un empire.
Le XXIᵉ siècle ne sera pas celui du triomphe du droit. Il sera celui de la lutte pour le sens, de la guerre des récits, de la confrontation entre puissances qui ne cherchent plus à convaincre par la loi, mais à
imposer leur version du monde.
Dans cet univers :
ceux qui n’ont ni puissance ni récit disparaissent
ceux qui ont la puissance sans récit deviennent des parias
ceux qui maîtrisent le récit sans puissance restent des commentateurs
La question n’est donc plus : qui a raison ? Mais : qui peut imposer sa version de la réalité – et à quel prix ?
Venezuela : La puissance nue en
action
Au Venezuela, le 3 janvier 2026 a rappelé une loi implacable : ni le droit ni le récit n’empêchent la puissance de s’imposer.
Quand un État refuse l’alignement et protège ses ressources, la logique du pouvoir prime sur toute légitimité déclarée.
Cette date est devenue un exemple cruel et vivant que, dans l’ordre international contemporain, la puissance et le récit ne sont pas des abstractions :
elles s’incarnent dans des vies, des villes et des nations.
Le dernier voile est
tombé.
Ce qui demeure, c’est la réalité nue
du système :
La force impose, le récit absout, le droit se tait.
Il s’agit donc, si l’on en croit Macron, de faire gérer directement par les USA, comme l’a dit Trump, les richesses du Venezuela avec un prête nom, celui
qui aurait été élu en 2024, Edmundo Gonzales Urrutia, exilé en Espagne. Il a également des relations très étroites avec l’Argentine et le gouvernement de Milei. On sait que Trump a
littéralement acheté la réélection de Milei, la question est de savoir s’il a réussi la même opération à Caracas et avec quels dirigeants. La suite des événements nous éclairera.
Ce qui est clair c’est la complicité de la France dans cette opération et ce que les dirigeants
européens en espèrent pour leur propre soutien dans leur affrontement avec la Russie.
En fait il ne s’agit pas seulement d’une opération de Trump, comme l’ont souligné des observateurs la guerre contre le Venezuela ne date pas d’aujourd’hui
:
La guerre contre le
Venezuela
L’attaque du 3 janvier n’est pas la première contre le Venezuela. En réalité, la campagne de pression a débuté en 2001 lorsque le gouvernement d’Hugo Chávez
a promulgué une loi sur les hydrocarbures, conformément aux dispositions relatives à la souveraineté inscrites dans la Constitution bolivarienne de 1999. Cette campagne comportait les
aspects suivants (liste non exhaustive) :
• (2001)
Financement américain de groupes sociaux et politiques antibolivariens par le biais du National Endowment for Democracy et de l’USAID.
• (2002) Rôle des
États-Unis dans la tentative de coup
d’État.
• (2002) Création
par le Bureau des initiatives de transition de l’USAID d’un programme pour le Venezuela.
• (2003-2004)
Financement et orientation politique du travail du Súmate (dirigé par Maria Corina Machado) pour destituer Chávez par référendum.
• (2004)
Développement d’une stratégie en 5 points pour «pénétrer» la
base de Chávez, «diviser» le
chavisme, «isoler» Chávez,
construire des groupes tels que Súmate et «protéger les intérêts commerciaux vitaux des États-Unis».
• (2015) Le
président américain Barack Obama signe un décret déclarant que le Venezuela est une «menace
extraordinaire», ce qui constitue la base juridique des sanctions qui suivront.
• (2017) Le
Venezuela interdit d’accès aux marchés financiers américains.
• (2018) Les
banques internationales et les compagnies maritimes sont contraintes de se conformer de manière excessive aux sanctions américaines illégales, tandis que la Banque d’Angleterre saisit les
réserves d’or de la Banque centrale vénézuélienne.
• (2019) Créer un
gouvernement «intérimaire» en
«nommant» Juan
Guaidó comme président autorisé par les États-Unis et organiser un soulèvement (raté), et geler la capacité du Venezuela à vendre du pétrole ainsi que saisir ses actifs pétroliers à
l’étranger.
• (2020) Tentative
d’enlèvement de Maduro par le biais de l’opération Gideon (et en offrant une prime pour sa capture), alors que les États-Unis exerçaient une campagne de «pression maximale» sur le
Venezuela pendant la pandémie (y compris le refus du Fonds monétaire international d’accorder les propres réserves du Venezuela).
• (2025)
Attribution du prix Nobel de la paix à Maria Corina Machado, le comité Nobel déclarant que Maduro devrait quitter le pouvoir.
• (2025-2026) Les
attaques contre de petits bateaux au large des côtes du Venezuela, le positionnement d’une armada pour former un embargo sur le Venezuela et la saisie de pétroliers vénézuéliens.
L’attaque du 3 janvier s’inscrit dans cette guerre qui a débuté en 2001 et qui se poursuivra bien après que les moteurs des hélicoptères Chinook auront
refroidi.
la question est donc de savoir si nous allons assister à une reproduction du système ou si nous sommes dans un autre cas de figure…
Lorsque le gouvernement des États-Unis décide d’agir unilatéralement, que ce soit contre l’Irak en 2003 ou contre le Venezuela entre 2001 et 2026, aucune
force n’a été en mesure de l’en empêcher jusqu’à présent. En 2003, des millions de personnes, y compris aux États-Unis, ont manifesté pour exiger la fin de la guerre, et la plupart des
gouvernements du monde ont mis en garde contre un conflit. Pourtant, les gouvernements de George W. Bush et de Tony Blair (Royaume-Uni, son vice-président) ont persisté dans cette guerre
illégale. Cette fois-ci, les grandes puissances ont averti les États-Unis qu’une guerre en Amérique du Sud et dans les Caraïbes serait extrêmement déstabilisatrice : c’était l’avis des
dirigeants des pays voisins du Venezuela (Brésil et Colombie) et de grandes puissances comme la Chine (dont l’envoyé spécial, Qiu Xiaoqi, a rencontré Maduro quelques heures seulement
avant l’attaque américaine). Non seulement le monde n’a pas pu arrêter les États-Unis en 2003, mais il est également resté impuissant face à leur obsession pour le pétrole vénézuélien
entre 2001 et aujourd’hui. que va-t-il se passer aujourd’hui ?
En tous les cas nous ne pouvons pas continuer à ne pas voir que le monde a changé et qu’il serait temps de l’imposer d’abord à Macron.
Les États-Unis sont non seulement en
faillite morale, mais aussi financière : La véritable raison de l’enlèvement de Maduro est de refinancer la dette publique américaine.
En écoutant la conférence de presse de Donald Trump après l’attaque et l’enlèvement du président Maduro et de son épouse, on comprend rapidement qu’il ne
s’agit pas ici de Maduro en tant que trafiquant de drogue, mais bien de pétrole et donc d’argent.
Nous n’allons même pas tenter d’évaluer juridiquement l’attaque des États-Unis contre le Venezuela à ce stade, car Trump enfreint non seulement le droit
international avec cet acte de vol, mais aussi le droit américain. Lorsqu’un journaliste lui a demandé si cette frappe militaire avait été approuvée par le Congrès, Trump s’est contenté
de répondre laconiquement que des discussions avaient eu lieu.
Même Friedrich Merz, qui a une expérience en matière de criminalité (voir «Ce que la Russie
pourrait faire»), juge la qualification de l’action américaine de «complexe» ; en d’autres termes, il l’approuvera tôt ou tard avec satisfaction.
Les médias occidentaux ne condamnent en aucune façon ce vol, mais vendent cette action comme la libération du peuple vénézuélien.
«Nous voulons la paix,
la liberté et la justice» ~ Donald Trump, 3 janvier 2026
Le monde vend des obligations américaines et les États-Unis sont à court d’argent, c’est aussi simple que cela. Avec le pétrole que les
Américains veulent voler, ils disposeront à nouveau d’actifs pour refinancer une Amérique en difficulté. Trump a donc été contraint de mener ce raid, car sinon, les coffres vides de
Washington lui exploseraient au visage. En tant qu’homme d’affaires, il a même trouvé le moyen d’enrichir ses amis du secteur pétrolier par la même occasion.
Il a également pu compter sur les militaires et les chefs d’entreprise corrompus du Venezuela – même les gardes du corps de Maduro l’ont abandonné. L’armée,
probablement en consultation avec la CIA, a désactivé ses propres défenses aériennes afin de garantir le passage en toute sécurité des barons voleurs.
Les parallèles avec la Syrie sont évidents, à la différence près qu’Assad a flairé le piège et s’est fait évacuer par les Russes.
Conséquences
On peut se demander si les Américains parviendront à prendre le contrôle de tout le pays. La vice-présidente Delcy Rodriguez affiche une attitude
combative.
Notre hypothèse : Au Venezuela, la
méthode trumpiste est dictée par Netanyahou et ses voyous.
Trump s’est fait embringuer une fois de plus dans un plan qui ne sert en rien les intérêts réels des États-Unis, et il est en fait poussé dans le précipice
par les néo-cons. C’est lui, la proie qui est visée par une frappe de décapitation ultime que lui mijotent des prédateurs plus gros que lui, qui flattent ses réflexes de cow-boy.
Dans sa conférence de presse, Trump n’a été clair que sur un point : Il veut s’emparer du pétrole vénézuélien. Netanyahou a
immédiatement applaudi à l’enlèvement du président Maduro, ce n’est pas une surprise. Moscou a immédiatement refusé toute légitimité à l’acte de piraterie US. Chaque pays,
abasourdi, a bientôt suivi, et condamné un acte absolument contraire au droit international, et qui aura des conséquences désastreuses pour les États-Unis eux-mêmes, et
multidirectionnelles.
L’Iran venait d’annoncer une initiative : Interdire le survol
du Venezuela aux États-Unis. Cuba était associé au projet. Trump a déjà annoncé qu’il était prêt
à envoyer son armée pour expulser les gouvernements iranien et cubain. Le Venezuela n’est pour lui qu’une première étape. Son discours lors de la conférence de presse de ce jour
est purement terroriste. Certes, il a souvent utilisé le bluff comme première phase paralysante d’une négociation, par exemple dans le cas des droits de douane.
Mais il y a un chef d’État qui utilise le bluff de façon bien différente, non pour négocier, mais pour hypnotiser et paralyser, comme dans les milieux du crime organisé : Une annonce, une intimidation facile, une prise d’otage (Trump lui-même, ligoté par l’affaire Epstein, dans lequel il
est compromis, non par un piège à miel, mais par des compromissions financières) comme première étape du programme de massacre et de pillage d’un peuple qui le dérange :
Netanyahou.
Il est à craindre que le Mossad mène Trump par le bout du nez, et soit celui qui le pousse dans le
précipice ; c’est l’Iran qui est visé, derrière cet attentat. Il y a une communauté israéliste virulente au
Venezuela, étroitement liée à celle de l’Argentine, extrêmement puissante, et déjà expérimentée dans les attentats sous faux-drapeau visant l’Iran (AMIA, 1994).
Trump n’a pas le soutien du Congrès, humilié par son mépris systématique. Marco Rubio n’a pas la réputation d’avoir une pensée personnelle, il personnifie
simplement la rancune contre le souverainisme cubain impossible à déboulonner depuis 67 ans : et le lobby cubain de
Miami est principalement animé par les fils d’ashkénazes arrivés à Cuba dans les années 1940 qui, encadrés par Meyer Lansky, avaient mis la main sur l’immobilier, mettant en jeu
une spéculation effrénée, ainsi que sur la propriété foncière, avant d’être chassés du pays par Fidel Castro, avec la réforme agraire et la réforme urbaine, décrétées dès sa prise de
pouvoir, en 1959.
Trump vieillit, il a déjà annoncé qu’il passera la main à son vice-président Vance. La seule explication à l’imprudence colossale de Trump dans son attaque
contre le Venezuela, pays dont il ne sait rien, si ce n’est qu’il a plein de pétrole, est l’équipe du marionnettiste Netanyahou, et en particulier l’un des cerveaux les plus vicieux de
notre temps, Elliott Abrams,
spécialiste des coups tordus contre l’Amérique latine et contre l’Iran à la fois, enthousiasmé par l’enlèvement de Maduro..
Cette hypothèse procède-t-elle simplement de réflexes antisionistes ? Mais n’est-il pas avéré que c’est le Mossad qui avait mis en œuvre les
attentats monstrueux du 11 septembre 2001, juste pour obtenir du président Bush, totalement déboussolé et halluciné, qu’il détruise l’Irak, avec des prétextes aussi inconsistants
qu’aujourd’hui pour entraver l’Axe de la Résistance sur le sol vénézuélien ? Le 3 janvier 2019, pour faire plaisir à Israël, Trump faisait
assassiner le général Soleimani, qui était le négociateur par excellence dans les relations entre le Moyen Orient et les véritables intérêts de l’Amérique.
Petit rappel, que vient faire là-dedans l’accusation de production et trafic de drogue, contre un pays qui n’a pas de responsabilité sérieuse dans ce
domaine ?
Ce bobard et arme de destruction mentale à la fois s’adresse à l’opinion publique états-unienne ; le trucage a été clairement utilisé à plusieurs reprises :
– par le prétexte d’un programme d’armement nucléaire iranien inexistant, – par les accusations d’utilisation d’armes biologiques de destruction massive en Irak et d’armes chimiques en
Syrie, – par l’instrumentalisation du discours religieux extrémiste en Afghanistan, afin de détourner l’enquête sur les responsabilités américano-israéliennes sur les attentats du 11
septembre, – par des accusations infondées contre Kadhafi le président libyen qui avait fait de son pays le plus prospère de l’Afrique.
Le Venezuela est la principale cible en ce moment, comme l’était l’Irak en 2003, également éminent pays pétrolier. Mais le parallèle avec l’Irak ne s’arrête
pas là : Comme l’était l’Irak en 2003, le gouvernement du Venezuela est officiellement antisioniste. C’est un pays en pointe dans la résistance au génocide en
Palestine, décisif dans l’Axe de la résistance, qui peut compter chaque jour un peu plus sur le soutien de la Russie, de la Chine, et de l’Iran.
Comme Saddam Hussein en 2003, le président Maduro n’est pas visé à cause d’aspects autoritaires dans sa gestion du peuple qui l’a élu et réélu, mais pour
ses qualités, comme le dit Kevin Barrett :
Augmentation efficace de la souveraineté nationale, dans le cadre des BRICS, favorisant l’indépendance monétaire et financière de son
pays.
«La République bolivarienne du Venezuela rejette, répudie et dénonce devant la communauté internationale la grave agression militaire perpétrée par le
gouvernement actuel des États-Unis d’Amérique contre le territoire vénézuélien et sa population dans les zones civiles et militaires de Caracas, la capitale, et dans les États de Miranda,
d’Aragua et de La Guaira. Cet acte constitue une violation flagrante de la Charte des Nations unies, notamment de ses articles 1 et 2, qui consacrent le respect de la souveraineté,
l’égalité juridique des États et l’interdiction du recours à la force. Une telle agression menace la paix et la stabilité internationales, en particulier en Amérique latine et dans les
Caraïbes, et met gravement en danger la vie de millions de personnes. L’objectif de cette attaque n’est autre que de s’emparer des ressources stratégiques du Venezuela, notamment son
pétrole et ses minéraux, en tentant de briser par la force l’indépendance politique du pays. Ils n’y parviendront pas. Après plus de deux siècles d’indépendance, le peuple et son
gouvernement légitime défendent fermement leur souveraineté et leur droit inaliénable à décider de leur propre destin. La tentative d’imposer une guerre coloniale pour détruire le régime
républicain et forcer un «changement de régime», en alliance avec l’oligarchie fasciste, échouera, comme toutes les tentatives précédentes.
Le Gouvernement bolivarien appelle toutes les forces sociales et politiques du pays à activer les plans de mobilisation et à condamner cette attaque
impérialiste. Le peuple vénézuélien et ses Forces armées nationales bolivariennes, unis dans une parfaite unité populaire-militaire-policière, sont mobilisés pour garantir la souveraineté
et la paix. Parallèlement, la Diplomatie bolivarienne de paix portera plainte auprès du Conseil de sécurité des Nations unies, de son Secrétaire général, de la CELAC et du Mouvement des
non-alignés, exigeant la condamnation et la mise en cause du gouvernement américain. À cet égard, le président Nicolás Maduro a signé et ordonné la mise en œuvre du décret déclarant
l’état de troubles extérieurs sur l’ensemble du territoire national, afin de protéger les droits de la population, le plein fonctionnement des institutions républicaines et de passer
immédiatement à la lutte armée. Le pays tout entier doit se mobiliser pour vaincre cette agression impérialiste. De même, le déploiement immédiat du Commandement pour la défense globale
de la nation et des organes directeurs de la défense globale a été ordonné dans tous les États et municipalités du pays. En stricte conformité avec l’article 51 de la Charte des Nations
unies, le Venezuela se réserve le droit d’exercer sa légitime défense pour protéger son peuple, son territoire et son indépendance. Nous appelons les peuples et les gouvernements
d’Amérique latine, des Caraïbes et du monde entier à se mobiliser et à s’unir activement contre cette agression impérialiste»
La véritable raison de l’invasion du
Venezuela par les États-Unis remonte à un accord conclu par Henry Kissinger avec l’Arabie saoudite en 1974.
Et je vais vous expliquer pourquoi il s’agit en réalité de la SURVIE du dollar américain
lui-même.
Ni la drogue. Ni le terrorisme. Ni la «démocratie».
Il s’agit du système du pétrodollar qui a permis aux États-Unis de rester la puissance économique dominante pendant 50 ans.
Et le Venezuela vient de menacer d’y mettre fin.
Voici ce qui s’est réellement passé :
Le Venezuela possède 303 milliards de barils de réserves de pétrole prouvées.
Le plus grand du monde.
Plus que l’Arabie saoudite.
20% du pétrole mondial.
Mais voici ce qui compte :
Le Venezuela vendait activement ce pétrole en yuans chinois, et non en dollars.
En 2018, le Venezuela a annoncé son intention de «se libérer du dollar».
Ils ont commencé à accepter les yuans, les euros, les roubles, tout sauf les dollars pour le pétrole.
Ils demandaient à rejoindre les BRICS.
Ils mettaient en place des canaux de paiement direct avec la Chine, contournant totalement le système SWIFT.
Et ils disposaient de suffisamment de pétrole pour financer la dédollarisation pendant des décennies.
Pourquoi est-ce important ?
Car tout le système financier américain repose sur une seule chose :
Le pétrodollar.
En 1974, Henry Kissinger a conclu un accord avec l’Arabie saoudite :
Tout le pétrole vendu dans le monde doit être tarifé en dollars américains.
En échange, l’Amérique assure sa protection militaire.
Cet accord unique a créé une demande artificielle de dollars à l’échelle mondiale.
Tous les pays du monde ont besoin de dollars pour acheter du pétrole.
Cela permet aux États-Unis d’imprimer de l’argent à volonté tandis que d’autres pays travaillent pour cela.
Il finance l’armée. L’État-providence. Les dépenses déficitaires.
Le pétrodollar est plus important pour l’hégémonie américaine que les porte-avions.
Et il existe un schéma récurrent quant à ce qui arrive aux dirigeants qui le contestent :
2000 : Saddam Hussein annonce que l’Irak vendra son pétrole en euros et non plus en dollars.
2003 : Invasion. Changement de régime. Le pétrole irakien est immédiatement reconverti en dollars. Saddam Hussein est lynché.
Les armes de destruction massive n’ont jamais été trouvées car elles n’ont jamais existé.
2009 : Kadhafi propose une monnaie africaine adossée à l’or, appelée «dinar or», pour le commerce du pétrole.
Les courriels divulgués d’Hillary Clinton elle-même confirment que c’était la raison PRINCIPALE de l’intervention.
Extrait d’un courriel : «Cet or était destiné à établir une monnaie panafricaine basée sur le dinar d’or libyen».
2011 : L’OTAN bombarde la Libye. Kadhafi est sodomisé et assassiné. La Libye abrite désormais des marchés d’esclaves à ciel ouvert.
«Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort !» a lancé Clinton en riant devant la caméra.
Le dinar d’or mourut avec lui.
Et maintenant Maduro.
Avec CINQ FOIS plus de pétrole que Saddam et Kadhafi réunis.
Vente active en yuans.
Créer des systèmes de paiement hors du contrôle du dollar.
Demande d’adhésion aux BRICS.
En partenariat avec la Chine, la Russie et l’Iran.
Les trois pays à la pointe de la dédollarisation mondiale.
Ce n’est pas une coïncidence.
Contester le pétrodollar. Changer de régime.
À chaque fois.
Stephen Miller (conseiller à la sécurité intérieure des États-Unis) l’a littéralement dit à voix haute il y a deux semaines :
«L’industrie pétrolière vénézuélienne a été créée grâce à la sueur, à l’ingéniosité et au labeur des Américains. Son
expropriation tyrannique constitue le plus grand vol de richesses et de biens américains jamais enregistré».
Il ne le cache pas.
Ils prétendent que le pétrole vénézuélien appartient à l’Amérique parce que des entreprises américaines l’ont exploité il y a 100 ans.
Selon cette logique, toute ressource nationalisée dans l’histoire a été un «vol».
Mais voici le problème PLUS PROFOND :
Le pétrodollar est déjà en train de mourir.
La Russie vend son pétrole en roubles et en yuans depuis l’Ukraine.
L’Arabie saoudite discute ouvertement des règlements en yuans.
L’Iran commerce avec des devises autres que le dollar depuis des années.
La Chine a créé CIPS, sa propre alternative à SWIFT, qui compte 4 800 banques dans 185 pays.
Les BRICS développent activement des systèmes de paiement qui contournent totalement le dollar.
Le projet mBridge permet aux banques centrales de régler instantanément les transactions en monnaies locales.
L’adhésion du Venezuela aux BRICS, avec ses 303 milliards de barils de pétrole, accélérerait ce processus de manière exponentielle.
Voilà le véritable enjeu de cette invasion.
On ne lutte pas contre le trafic de drogue. Le Venezuela représente moins de 1% de la cocaïne consommée aux États-Unis.
Ce n’est pas du terrorisme. Il n’y a absolument aucune preuve que Maduro dirige une «organisation terroriste».
Ce n’est pas la démocratie. Les États-Unis soutiennent l’Arabie saoudite, qui n’organise aucune élection.
Il s’agit de maintenir un accord vieux de 50 ans qui permet à l’Amérique d’imprimer de l’argent pendant que le monde travaille pour elle.
Et les conséquences sont terrifiantes :
La Russie, la Chine et l’Iran dénoncent déjà cela comme une «agression armée».
La Chine est le plus gros client pétrolier du Venezuela. Ils perdent des milliards.
Les pays BRICS assistent à l’invasion d’un pays qui commerce en dehors du dollar.
Tous les pays qui envisagent la dédollarisation viennent de recevoir le message :
Défiez le dollar et nous vous bombarderons.
Mais voici le problème…
Ce message pourrait accélérer la dédollarisation, et non l’arrêter.
Car désormais, tous les pays du Sud savent ce qui arrive lorsqu’on menace l’hégémonie du dollar.
Et ils se rendent compte que la seule protection est d’aller PLUS VITE.
Le timing est dingue lui aussi :
3 janvier 2026. Le Venezuela est envahi. Maduro est capturé.
3 janvier 1990. Invasion du Panama. Capture de Noriega.
36 ans d’écart. Presque jour pour jour.
Même scénario. Même excuse de «trafic de drogue».
La même raison, en réalité : Le contrôle des ressources stratégiques et des routes commerciales.
L’histoire ne se répète pas. Mais elle rime.
Que se passe-t-il ensuite ?
La conférence de presse de Trump à Mar-a-Lago donne le ton.
Les compagnies pétrolières américaines sont déjà sur les rangs. Politico a rapporté qu’elles avaient été approchées au sujet d’un «retour au
Venezuela».
L’opposition sera mise en place. Le pétrole sera de nouveau coté en dollars.
Le Venezuela devient un autre Irak. Une autre Libye.
Mais voici ce que personne ne demande :
Que se passe-t-il lorsqu’on ne peut plus dominer le dollar par les bombardements ?
Quand la Chine aura-t-elle suffisamment de levier économique pour riposter ?
Quand les BRICS contrôlent 40% du PIB mondial et disent «plus de dollars» ?
Quand le monde réalisera-t-il que le pétrodollar se maintient grâce à la violence ?
L’Amérique vient de dévoiler son jeu.
La question est de savoir si le reste du monde se laisse faire ou s’il bluffe.
Car cette invasion est un aveu que le dollar ne peut plus rivaliser par ses propres mérites.
Quand il faut bombarder des pays pour qu’ils continuent à utiliser sa monnaie, c’est que cette monnaie est déjà en train de
mourir.
En difficulté intérieure, Donald Trump fait comme tous ses prédécesseurs: il lance une opération militaire à l'étranger. Plus facile que régler les
problèmes internes aux USA.
Donaldino Trumpivar libérant le Venezuela. Caricature réalisé par IA.
Donald Trump a effectué en 2024 l’un des plus formidables retours de l’histoire politique américaine. L’une de ses principales promesses de campagne ? Ne plus déclencher de
guerres.
Six mois après le début de son mandat, il bombardait l’Iran pour le compte du timbre poste israélien qui avait lancé une guerre et était non seulement incapable de la finir mais en
train de la perdre. Les méga-donateurs juifs américains et sionistes patentés n’ont, bien évidement, joué aucun rôle là-dedans.
Un an après sa prise de fonction, c’est le Venezuela qui est passé à la casserole, avec l’enlèvement du président Maduro. Dont la campagne pour sa première élection en 2013 avait été
orchestrée par Havas (groupe Bolloré) et un certain Ismaël Emelien, qui fut par la suite l’un des architectes de celle d’Emmanuel Macron en 2017 avant d’être remercié en 2019 suite à
l’insistance de Brigitte Macron.
Problème : La tentative de changement de régime a copieusement échoué puisque le parti chaviste, dont Maduro a été un des membres fondateurs, reste au pouvoir.
Posons une hypothèse osée: et si les bolivariens,
excédés par la réelle dérive autoritaire de Maduro, ne l’avaient pas offert en agneau sacrificiel afin de conserver un pouvoir dont ils savent que personne à ce jour ne peut les
chasser ?
Du danger de hurler au narco-dictateur en ignorant la réalité politique locale, alors que l’écrasante majorité des Vénézuéliens rendent à raison les USA responsables de leur misère -
tenez, les Irakiens, également à raison, faisaient le même constat en 2003.
Quant à ceux qui nous parlent de la doctrine Monroe, ils sont historiquement illettrés. Elle était justement le refus de toute forme de changement
de régime sur le continent américain, comme le 5e président des USA l’a déclaré dans son fameux discours de 1823 :
“ Les Amériques sont, dès maintenant, fermées à toute colonisation future et à toute interférence européenne dans les affaires des États du continent.”
Les Américains n’ont pas inventé les changements de régimes, ils les ont appris de nous.