Pour les
peuples et les dirigeants des années 1970, il était évident que les profits engendrés par l’explosion des prix de l’or noir à la suite des chocs pétroliers de 1973 et 1979 avaient
vocation à être, en grande partie, socialisés.
Certains pays
producteurs, comme l’Arabie Saoudite et le Venezuela, choisirent de nationaliser leur production (entre 1973 et 1980 pour le premier pays, en 1976 pour le second) ; d’autres de la
taxer à des taux quasi-confiscatoires.
Les
États-Unis créèrent ainsi en 1980 une taxe sur les superprofits pétroliers au taux de 70 %, qui s’appliquait après avoir payé l’impôt normal sur les sociétés au taux de 46 %. Soit une
imposition totale de près de 85 %. Le Royaume-Uni fit de même en 1975.
Tout comme
les bénéfices des marchands d’armes s’étaient vus confisqués pendant les guerres du 20e siècle
– avec une imposition à 95 % des superprofits aux États-Unis en 1942 – il était hors de question que la rente pétrolière, fruit de conflits armés et de révolutions, puisse être
appropriée par quelque puissance privée que ce soit.
C’est ainsi
que les richesses pharaoniques générées par l’explosion du cours de l’or noir, ce prix tant convoité, échappèrent aux majors et à leurs propriétaires.
Fort
mécontents, ces derniers se promirent qu’on ne les y reprendrait plus.
***
À partir des années
1980, les compagnies pétrolières, ces grandes multinationales du 20e siècle,
mirent tout leur pouvoir derrière un projet de réécriture des règles du jeu économique international, qui devait assurer leur prospérité.
Dans cette nouvelle organisation du commerce mondial – qui déboucha sur la mondialisation que nous avons connue des années 1980 jusqu’aux années 2020 – deux
innovations devaient permettre que ne se répète l’épisode des années 1970.
La concurrence
internationale, d’abord, devait garantir qu’aucun État ne vienne trop lourdement taxer les profits. Bien sûr les gisements de pétrole, contrairement aux usines, ne peuvent pas
être délocalisés, mais le chantage porterait sur l’investissement : trop d’impôt ici, au Royaume-Uni ou en Norvège, et les compagnies iraient forer là-bas, en Russie ou au Canada.
C’est sous cette menace que les pays producteurs baissèrent, les uns après les autres, leurs taux d’imposition sur les sociétés extractives.
L’essor des paradis
fiscaux, ensuite : si un État tentait de prélever sa dîme, les compagnies pétrolières délocaliseraient non pas leur production mais leurs bénéfices comptables sous des cieux
plus cléments, à coup de transferts intra-groupes et autres techniques d’ingénierie financière.
Les recherches menées
par les économistes Alice Chiocchetti et Ninon Moreau-Kastler ont permis de quantifier ce phénomène.
Pour un euro de bénéfice réalisé par l’industrie extractive, 12 centimes environ atterrissent dans les paradis fiscaux, taxés à des taux dérisoires.
Et en période de
crise, ce ne sont pas 12 % mais 20 % des superprofits qui sont enregistrés dans les centres financiers offshore, aux Bermudes, au Luxembourg ou à Singapour.
***
C’est ainsi que les taux effectifs d’imposition dans l’industrie pétrolière, même s’ils restent supérieurs à ceux en vigueur dans d’autres secteurs de
l’économie (car il est difficile de cacher que l’on extrait du pétrole, ce qui laisse du pouvoir aux pays producteurs), se sont effondrés au cours du demi-siècle passé.
On dispose des séries historiques les plus longues pour les multinationales américaines, qui permettent de bien comprendre l’ampleur de cette
transformation.
À la veille du premier choc pétrolier, les entreprises pétrolières états-uniennes s’acquittaient de 65 % en impôts sur leurs bénéfices réalisés à l’étranger.
Taux qui monta à 90 % au mitan des années 1970 (sans compter le coût des nationalisations).
Avant de baisser progressivement à partir des années 1980, pour atteindre 37 % en 2023, la dernière année disponible.
Lecture et sources : ce graphique montre l’évolution du taux effectif d’imposition des sociétés pétrolières américaines sur leurs profits étrangers
(c’est-à-dire le ratio des taxes payées à l’étranger sur les bénéfices enregistrés à l’étranger). Source : calculs de l’auteur à partir des enquêtes pluriannuelles du Bureau of Economic
Analysis sur les activités des multinationales américaines, voir Wright
et Zucman (2018) pour une présentation de ces données.
Concrètement, là où
90% de la rente pétrolière se voyait socialisée dans les années 1970, les deux tiers de cette dernière atterrissent dans la poche des actionnaires aujourd’hui.
C’est pourquoi, avec l’envolée des cours du pétrole, les actions des sociétés pétrolières ont explosé depuis le début des bombardements israélo-américains en
Iran, et avant cela l’enlèvement de Nicolas Maduro au Venezuela.
L’indice des 120 plus grandes compagnies pétrolières et gazières mondiales, qui pour moitié sont américaines, a bondi de 30 % depuis le début de l’année 2026,
soit une augmentation de capitalisation boursière de plus de 1 000 milliards de dollars en trois mois. Cette hausse dépasse d’ores et déjà de très loin celle observée au moment de l’invasion
de l’Ukraine en 2022.
Paradoxe accablant : alors qu’il n’a jamais été aussi urgent d’arrêter l’extraction d’énergie fossile au profit de sources décarbonées, les profits que les
acteurs économiques privés peuvent tirer de cette activité n’ont jamais été aussi fabuleux.
« Quand les prix du
pétrole augmentent, nous nous faisons beaucoup d’argent » a déclaré benoîtement Donald Trump en mars. Par « nous » il faut bien sûr comprendre les sociétés
pétrolières (qui comptent parmi les principaux financeurs de sa campagne) et les ménages les plus aisés (détenteurs d’actions).
Les prix de l’essence augmentent certes, mais – différence fondamentale avec les années 1970 – nombreux sont ceux qui, dans l’Amérique chère à Trump, y trouvent
in fine leur compte.
On peut difficilement comprendre la durée de la guerre en Iran si l’on ignore cette sinistre arithmétique.
***
Que faire ?
En 2022, l’Union européenne avait adopté une taxe, pudiquement appelée « contribution de solidarité », au taux de 33 % sur les
bénéfices exceptionnels des entreprises pétrolières et gazières. Au début du mois d’avril 2026, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, le Portugal et l’Autriche ont appelé la Commission européenne
à réintroduire un instrument de même nature.
Il est néanmoins essentiel de ne pas répéter les erreurs du passé. En France, la contribution de solidarité n’a quasiment rien rapporté. Alors qu’on pouvait
en attendre 3
milliards d’euros, les recettes collectées ne se sont finalement élevées qu’à 69 millions d’euros, soit 40 fois moins.
La France avait certes opté pour une mise en œuvre particulièrement minimaliste de la règle européenne, en excluant de façon arbitraire la plupart des activités
pétrolières du champ de la contribution.
Mais il y a une autre
raison à ce fiasco, mise en lumière par les travaux d’Alice Chiocchetti et Ninon Moreau-Kastler : la propension des sociétés pétrolières à délocaliser leurs superprofits dans les paradis
fiscaux.
Sur 1 euro de superprofit, comme on l’a vu, 20 centimes y atterrissent. Les 80 centimes restant demeurent dans les pays producteurs – et rien n’est enregistré
dans les pays de raffinage ou de consommation comme la France.
Il ne s’agit pas là
d’une fatalité mais d’un choix politique. La solution la plus efficace consisterait à imposer les superprofits mondiaux des entreprises extractives, difficiles à manipuler, et non ceux
qu’elles prétendent « réaliser » en
France, qu’elles parviennent sans mal à réduire à peau de chagrin.
L’enjeu financier est de premier ordre. Qu’on en juge : en 2022, TotalEnergies a réalisé 10 milliards d’euros environ de superprofits au niveau mondial.
Imaginons donc que le scénario se répète en 2026. Une imposition à 90 % de ces superprofits – soit peu ou prou la norme internationale jusqu’aux années 1980 – permettrait de collecter 9
milliards d’euros de recettes fiscales, soit l’équivalent de 130 euros par Français, 650 euros pour une famille de 5.
Ces recettes pourraient être redistribuées de façon forfaitaire à l’ensemble des Français : c’est la politique suivie de longue date par l’Alaska, qui
reverse les profits socialisés de l’exploitation pétrolière à chaque habitant, à hauteur de 1704 dollars par foyer fiscal en 2024.
D’autres solutions sont envisageables, comme imposer les augmentations de capitalisation boursière en lieu et place des superprofits, comme nous
l’avions proposé avec
mes collègues de l’Observatoire européen de la fiscalité (devenu depuis Observatoire international de la fiscalité) en 2022.
Quoiqu’il en soit, une chose est claire : il serait inacceptable que les entreprises — comme TotalEnergies — qui s’enrichissent au détriment de notre planète,
accentuant notre dépendance au pétrole et nos vulnérabilités géopolitiques, parviennent, comme en 2022, à se soustraire à la solidarité nationale.
Comme leurs
prédécesseurs du 20e siècle,
les profiteurs de guerre doivent payer.
Gabriel
Zucman
Epstein, Rothschild, Dieudonné, USA/Iran, Israël et Venezuela. Avec Thierry Meyssan
Une émission co-animée par Claude Janvier et Eric Montana.
Invité : Thierry Meyssan, journaliste, écrivain, conférencier et président-fondateur du Réseau Voltaire.
Thème : Epstein, Rothschild, Dieudonné, USA/Iran, Israël et Venezuela.
par Eric Montana
La publication massive des «Epstein Files» — des millions de pages de courriels, documents et photographies accumulés par les enquêtes menées sur Jeffrey
Epstein — a déclenché un nouvel éclat de controverse politique et sociale à l’échelle internationale. Ces documents, rendus publics par le ministère américain de la Justice fin janvier
2026, exposent un réseau étendu de contacts et de relations entre le financier condamné pour trafic sexuel et des figures de l’élite politique, économique et culturelle.
Parmi les révélations qui font grand bruit figurent les liens professionnels et personnels entre Epstein et Ariane de Rothschild, dirigeante de la banque
Edmond de Rothschild. Les documents montrent des centaines d’échanges et plusieurs rencontres entre elle et Epstein entre 2013 et 2019, même si aucune allégation de participation aux
crimes n’est établie.
En France, plusieurs personnalités politiques et culturelles sont mentionnées dans les fichiers, sans qu’il y ait pour l’heure d’accusation pénale.
L’ex-ministre Jack Lang, ainsi que sa fille Caroline Lang, ont été mis en lumière pour leurs correspondances et interactions avec Epstein ; la pression médiatique et politique a conduit
cette dernière à la démission de fonctions publiques.
Les documents montrent aussi des échanges avec d’anciens ministres et conseillers, soulevant des questions sur la profondeur et l’intensité des liens entre
le milieu financier, politique et l’entourage d’Epstein. Cependant, la présence d’un nom dans les fichiers ne signifie pas de fait une implication criminelle ; certains dossiers
concernent des rencontres sociales ou professionnelles sans implication directe.
La publication a aussi suscité la circulation de rumeurs — y compris des allégations visant le président français, rapidement démenties par les autorités,
pointant vers des campagnes d’influence étrangères. «C’est les Russes !»
Sur le plan médiatique et sociétal, la réapparition du nom de Dieudonné dans certains échanges a relancé les débats sur les droits civiques, la liberté
d’expression, les réseaux d’influence et la responsabilité de certaines élites auto-proclamées, alors que l’humoriste lui-même s’est dit surpris et indigné des implications
possibles.
En parallèle, ces révélations ont alimenté des discours plus larges sur la transparence, la responsabilité et l’influence des réseaux privés dans la
politique et la finance mondiales. L’affaire a donné lieu à des appels à des enquêtes parlementaires dans plusieurs pays, amplitudes médiatiques et obstacles politiques pour certains
protagonistes.
Dans ce climat de révélations et de pression publique, plusieurs figures citées ont nié toute connaissance des crimes d’Epstein, soulignant que leurs
interactions étaient strictement professionnelles ou sociales. Mais pour de nombreux observateurs, cette déclassification représente un moment clé de mise en lumière d’un univers
nauséabond et des liens opaques et pervers entre pouvoir, argent et réseaux internationaux.
Ce que les Epstein Files dévoilent, c’est un monde d’une laideur infinie, composé de psychopathes, de détraqués sexuels, de pédo-criminels qui prétendent
diriger cette planète, au détriment de l’ensemble de l’humanité.
Y aura-t-il une réaction ou sommes-nous soumis au point de tolérer l’intolérable ? Les temps qui viennent, nous le diront.
«La Grande
Prise» est le mécanisme juridique et financier conçu pour rendre inévitable le transfert d’actifs. Le plan implique de mettre fin aux droits de propriété privée sur les titres –
actions, obligations et autres instruments financiers – pour permettre aux méga-banques alliées aux gouvernements de tout prendre lors de la prochaine crise.
Pendant des siècles, les actions et les obligations ont été traitées comme des biens personnels, protégeant ainsi le public des défaillances du système
financier. Mais le code de la loi UCC a été modifié dans chaque État afin qu’en cas de faillite du banquier, du courtier ou du dépositaire, vos actifs puissent être confisqués.
Bien que l’article 8 de l’UCC donne l’impression que la propriété reste intacte, l’avocat Don Grande explique qu’il contient «deux
exceptions qui donnent la priorité aux banques en cas d’insolvabilité d’un courtier ou d’un dépositaire». Dans les moments calmes, la langue rassure. En cas de crise, ces exceptions
contrôlent les résultats. En cas de défaillance systémique et de cascade d’insolvabilités, ces règles apparemment obscures régissant la priorité légale sont déclenchées – et le sauvetage
des méga-banques soutenues par le gouvernement passe avant votre retraite.
Lorsque le Forum économique mondial (FEM) mondialiste a prédit en 2015 que «vous ne
posséderez rien et serez heureux» d’ici 2030, les gens du monde entier ont reculé d’horreur à cette pensée, mais presque personne n’a compris le mécanisme par lequel cela
pourrait se produire. Aujourd’hui, grâce aux courageux lanceurs d’alerte et aux avocats, le projet de saisir pratiquement tout est évident. La vraie question à ce stade est la suivante :
peut-on l’arrêter avant qu’il ne soit trop tard ?
Si la Grande Réinitialisation du FEM est la campagne de marketing en faveur d’une »transformation» mondiale,
ce que le banquier d’investissement à la retraite David Webb appelle «La Grande
Prise» est la machinerie juridique et financière conçue pour rendre la transformation inévitable. Le plan implique de mettre fin aux droits de propriété privée sur les titres –
actions, obligations et autres instruments financiers – pour permettre aux méga-banques alliées aux gouvernements de tout prendre lors de la prochaine crise.
En substance, vous ne possédez plus vos titres ; l’acte est déjà fait. Les actions et obligations de vos comptes de retraite et de placement peuvent
sembler vous appartenir. Mais grâce à des changements peu remarqués dans la législation de l’État au cours des dernières décennies, ce n’est pas le cas. Et lorsqu’un cataclysme économique
et financier majeur surviendra, l’establishment de l’État profond et les gouvernements et méga-banques qu’il contrôle prendront tout en main.
Grande réalité de
réinitialisation
Si ce projet n’est pas stoppé, la prédiction du Forum économique mondial selon laquelle »vous ne posséderez
rien» pourrait devenir une réalité dans un avenir pas trop lointain. Imaginez : la propriété et le contrôle de chaque entreprise cotée en bourse sont entre les mains d’une
petite élite mégalomane. Et ce plan ne concerne pas seulement les États-Unis, mais le monde entier.
Webb, qui a été le premier à dénoncer le stratagème visant à voler tous les titres ces dernières années avec un livre et un documentaire devenus viraux,
explique l’opération dans des termes que toute personne non financière peut comprendre. Pendant des siècles, les actions et les obligations ont été traitées comme des biens personnels,
protégeant ainsi le public des défaillances du système financier.
«Pendant des
centaines d’années… les titres étaient votre propriété», a-t-il expliqué à cet écrivain lors d’une interview en 2025. «Si le banquier ou le
dépositaire faisait faillite… c’était entièrement leur problème.» Historiquement, l’investisseur pouvait simplement dire à ceux qui détenaient les titres : »voici où vous
envoyez mes affaires». Mais cette protection »pare-balles» a
désormais disparu, a-t-il prévenu.
«Droit de
sécurité»
En fait, même l’enregistrement direct de la propriété a été supprimé. Les titres sont désormais détenus sous forme de pool. Et ce que possèdent les
investisseurs, ce n’est pas la propriété, mais une abstraction juridique. «Vous n’avez plus de
droit de propriété – vous avez ce qu’on appelle un droit à la sécurité», a prévenu Webb.
Pour le moment, cela ne semble peut-être pas très important. Après tout, vous pouvez toujours appeler votre courtier, passer un ordre de vente et recevoir
votre argent. Mais lorsque la prochaine crise éclatera – et de nombreux experts et économistes pensent qu’elle pourrait être imminente – l’importance de ce changement deviendra
claire.
Ce concept a été intégré pour la première fois dans le droit américain grâce à des amendements adoptés dans tous les États à partir de 1994. En bref, grâce
à des changements apparemment mineurs au droit commercial et aux contrats adoptés discrètement à l’échelle nationale, les Américains ont été privés de leurs droits de propriété sur leurs
titres.
La conséquence pratique est brutale : »Si
l’intermédiaire échoue, vous n’avez pas le droit de reprendre votre propriété», a expliqué Webb.
Comment ça marche
L’avocat Don Grande – fondateur de TruNorth Public Policy et l’un des principaux dirigeants travaillant avec les législateurs des États pour inverser le
changement – présente le mécanisme en termes juridiques plus précis. Le fondement du plan, dit-il, est la loi de l’État, en particulier l’article 8 du Uniform Commercial Code (UCC), qui
régit les titres d’investissement.
Bien que l’article 8 de l’UCC donne l’impression que la propriété reste intacte, Grande explique qu’il contient «deux exceptions qui
donnent la priorité aux banques en cas d’insolvabilité d’un courtier ou d’un dépositaire». Dans les moments calmes, la langue rassure. En cas de crise, ces exceptions contrôlent
les résultats. Ces stratagèmes ont également déjà été testés devant les tribunaux.
Grande décrit clairement la chaîne : Un individu achète des actions par l’intermédiaire d’un courtier et croit les posséder. Mais au lieu d’une véritable
propriété, «ils obtiennent un
droit à la sécurité», dit-il, utilisant le terme juridique désormais intégré dans le droit de l’État. Ce «droit à la
sécurité» donne le droit de contrôler la sécurité, jusqu’à ce que ce ne soit plus le cas.
Le courtier achemine la garde vers le haut à travers les couches jusqu’à ce que l’actif se situe au sommet du système avec une société obscure appelée
«Depository
Trust Company» (DTC) et son agent désigné.
Trop gros pour échouer
Si un courtier, un dépositaire ou une structure de compensation fait faillite, la priorité change : «La première
exception donne… aux banques qui prêtent aux courtiers ou aux dépositaires, la priorité sur l’investisseur», a prévenu Grande. «La seconde… donne
[aux prêteurs] aux sociétés de compensation… la priorité sur l’investisseur en cas d’insolvabilité.»
En d’autres termes, le public soutient les créanciers garantis lorsque cela compte le plus.
Cela ne semble pas être un problème tant que l’économie est confrontée à des gains et des pertes de marché courants. Mais en cas de défaillance systémique
et de cascade d’insolvabilités, ces règles apparemment obscures régissant la priorité légale sont déclenchées – et le sauvetage des méga-banques soutenues par le gouvernement passe avant
votre retraite.
Webb résume la réalité sans ambages : l’investisseur est »toujours vulnérable
à l’insolvabilité de l’intermédiaire et n’a pas le droit de reprendre ses biens».
Grande la qualifie de «essentiellement
une loi trop importante pour échouer», conçue pour s’effondrer. L’intention était explicite : le rédacteur de la disposition l’appelait »Planification
d’Armageddon pour le secteur financier».
Une tournure intéressante dans cette histoire de subversion de l’État profond remonte à un personnage clé qui a jeté les bases de tout cela. La DTC, qui a
sélectionné son agent «Cede &
Co.» pour servir de «propriétaire» enregistré
de presque tous les titres américains (oui, vraiment), a été littéralement créé et dirigé par l’ancien agent de la CIA William Dentzer. Dentzer a également été l’architecte de l’agence
d’«aide
étrangère» en disgrâce, USAID, longtemps considérée comme une façade de la CIA.
L’avantage des grands
Les bénéficiaires sont prévisibles : les financiers du Deep State et les institutions qu’ils possèdent et contrôlent. Comme Grande l’a expliqué à cet auteur
lors d’un épisode de Conversations That Matter pour The New American, «les banques qui
possèdent la Depository Trust Company, qui est JPMorgan Chase et toutes les trop grandes pour faire faillite… sont celles qui vont pouvoir… aspirer tous les titres des
particuliers» lorsque la prochaine crise éclatera. Le public se retrouve avec des réclamations sur les restes – s’il reste quelque chose.
Pour éviter le jargon juridique et financier complexe, la représentante du Dakota du Sud, Julie Auch (à droite), la première législatrice à déposer un
projet de loi pour remédier à ce gâchis dans n’importe quel État, a proposé une analogie lors d’un entretien avec cet écrivain sur Conversations That Matter. Imaginez que vous amenez
votre voiture chez un mécanicien ; le mécanicien utilise secrètement votre voiture comme garantie ; le mécanicien fait faillite ; les créanciers saisissent ce que vous pensiez
être votre voiture.
Webb convient que l’analogie est pertinente. Mais la réalité est encore pire car elle est mondiale et cachée. Il s’agit d’une opération de mise en gage à
laquelle vous n’avez jamais accepté de participer : «Votre
propriété est mise en gage… Vous n’avez pas donné la permission… Quelqu’un d’autre prend votre propriété et la met en gage.»
Pouvoir politique
Webb insiste sur le fait que la Grande Prise n’est pas seulement financière, mais politique. «Il ne s’agit pas
seulement de votre IRA… Il s’agit d’une question d’assujettissement… d’une stratégie géopolitique… essentiellement d’une guerre hybride», a-t-il déclaré. L’objectif n’est pas que le
cartel ait besoin de vos économies ; c’est que vous ne pouvez pas conserver des ressources indépendantes.
Grande l’a également dit clairement : «Ils n’ont pas
besoin de mon 401k ou de mon IRA…. Ils ne peuvent tout simplement pas me le laisser», a-t-il déclaré. «Ils veulent
s’approprier des biens… pour que nous soyons essentiellement des esclaves.» Dépouiller la classe moyenne de son épargne et de ses garanties, et la »solution» devient
irrésistible. Webb nomme également le point final : «Monnaie numérique de
la banque centrale et contrôle total».
Imaginez une panique financière, semblable à certains égards à l’hystérie autour du Covid fabriquée par les bureaucrates, les gouvernements et les
organisations internationales. Alors que tout le monde est terrifié par son argent, les dirigeants politiques et les têtes parlantes des médias pourraient venir à la télévision
pour »rassurer» le
public pendant un jour férié.
«Tout est sous
contrôle», diraient-ils. «Pour éviter une
crise économique plus grave, les banques seront en vacances pendant un certain temps. Mais pour l’instant, vous pouvez télécharger une application qui contiendra de la monnaie numérique
de la banque centrale afin de pouvoir continuer à acheter les produits essentiels dont vous avez besoin. Faites confiance au gouvernement, tout ira bien.» Pendant ce temps, le
temps que la poussière retombe, tous les titres seront saisis pour soutenir le système.
Réparer le système
Vous pourriez penser que résoudre ce problème serait simple. Mais la réaction des législateurs face à la tentative de restaurer les droits fondamentaux de
propriété révèle les enjeux. Grande décrit être confronté à ce qu’il appelle »les tours jumelles
du Mordor» : «le lobby bancaire et la Commission des lois uniformes». Les deux groupes ont publiquement rejeté leurs préoccupations tout en exerçant des pressions en privé. Les
salles de comité se remplissent de lobbyistes ; de vagues avertissements de »conséquences
négatives» apparaissent ; les détails s’évaporent lorsqu’ils sont contestés.
Dans une interview avec le représentant Auch du New American, elle a décrit comment son projet de loi – conçu pour protéger les droits de propriété des
investisseurs contre la Grande Prise – avait été délibérément envoyé à un comité pour y mourir. Après avoir informé ses collègues sur les mécanismes du projet et obtenu un large soutien,
elle a déclaré que des forces puissantes avaient travaillé en coulisses pour mettre un terme à cet effort.
Le schéma correspondait à ce que Webb et Grande partageaient avec cet auteur : lorsque les mérites ne pouvaient être vaincus, la procédure et la pression
étaient utilisées pour tuer tranquillement la réforme. Plusieurs législateurs de plusieurs États ont décrit des scénarios similaires dans leurs propres États alors qu’ils cherchaient à
restaurer la propriété des titres.
Cette réponse devrait dire aux Américains tout ce qu’ils doivent savoir. Les systèmes, statuts et structures légitimes et constitutionnels n’exigent pas le
silence, les menaces ou l’enterrement procédural pour survivre. Les projets conçus pour piller et soumettre le public le sont. Les incitations sont désormais en place et faciles à voir.
Pour les élites bancaires mondiales, détruire le système et tout saisir est désormais dans leur propre intérêt, d’autant plus que l’instabilité du système monétaire fiduciaire de la
Réserve fédérale augmente.
L’histoire se répète
Techniquement, ce ne serait pas la première fois que le gouvernement et les grandes banques s’entendent pour une spoliation massive. En pleine Grande
Dépression, provoquée par la Réserve fédérale, le président Franklin Delano Roosevelt promulgua en 1933 son tristement célèbre décret exécutif n° 6102. Ce décret anticonstitutionnel
prétendait obliger les Américains à céder leur ou, soi-disant pour stabiliser le système bancaire. En échange, ils reçoivent des billets de banque. Et ces billets furent aussitôt dévalués
de 40%.
Le prochain vol pourrait bien faire apparaître les pillages de Roosevelt insignifiants en comparaison. Le Grand Compromis, semble-t-il, est désormais
l’objectif financier final du Grand Reset, formalisé juridiquement : une faille inhérente aux règles de garde et de règlement des avoirs – activée en cas de crise – pour déposséder le
public et le rendre totalement dépendant, tout en anéantissant la classe moyenne. Ces stratagèmes ont déjà été testés devant les tribunaux d’État et fédéraux lors des crises financières
des dernières décennies. Et maintenant, le système est prêt à un pillage à grande échelle dès que la crise économique appropriée surviendra.
Il s’agit ni plus ni moins d’un néo-féodalisme adapté à l’ère numérique : non pas l’abolition de la propriété par décret, mais sa transformation en
un «droit» conditionnel,
révocable dès que l’oligarchie décide que le système »a
besoin» de ce que vous pensez vous appartenir. Le résultat final sera, comme l’a prédit le Forum économique mondial, que «vous ne possédez
plus rien» – du moins si ces pièges économiques diaboliques ne sont pas mis au jour et neutralisés. Quant à savoir comment ils pourraient vous rendre «heureux», c’est
une toute autre question.
C’est en train de devenir une sorte de marronnier : avec une forme de régularité, en moyenne tous les deux ans, la puissance publique se pose la question des comportements qui
risquent d’entacher la réputation de ses lycées militaires. Cette fois, c’est la Cour des comptes qui s’y colle, avec un rapport publié le 2 février 2026.
Les sages de la rue Cambon commencent par se poser la traditionnelle question du rapport coût/efficacité, en se demandant s’il est bien raisonnable d’entretenir à grands frais des
lycées sur lesquels le contrôle de l’État ne peut pas s’exercer d’une manière aussi serrée que celui-ci le voudrait. Ce goût de la République pour les rênes courtes ne lui vaudrait
rien à la tête d’une entreprise… ou d’une armée. Il faudra que quelqu’un se penche un jour sur ce problème qui est d’un ordre quasiment psychiatrique.
En revanche, la Cour des comptes n’a pas tort de souligner que seuls 2 % des enfants de militaires profitent de ce dispositif : peut-être faudrait-il construire davantage de
lycées militaires, à moins que cela n’accroisse la partition entre ceux qui aiment la France et ceux qui la vomissent. D’ailleurs, on s’alarme, dans ce rapport, du faible taux de
mixité sociale : peut-être que le fait de porter un uniforme et d’être encadré par de militaires attire peu les jeunes issus des « quartiers populaires » qui seraient
éligibles à une bourse. On ne sait pas. On passe sur la question du « taux d’évaporation » en classe prépa, qui est comparable, voire inférieur, à ce qui se pratique à
Hoche, Ginette ou Henri-IV (de 1 à 10 %, honnêtement, ce n’est pas grand-chose).
Mais il y a pire, accrochez-vous : dans ces lycées, qui comptent environ 4.500 élèves en tout, réparti dans six lycées, il y aurait une grave persistance de
comportements « graves », « sexistes
» et « racistes ». Bigre ! Il va falloir nous en dire un petit peu plus, parce que c’est puni par la
loi. « Comportements inappropriés » liés au dévoiement des « traditions », vocable fourre-tout qui « [pourrait] ne pas poser de problème
» mais souffre de « comportements déviants ». On n’en saura pas plus, et pour cause : la Cour des
comptes n’est pas en mesure d’« objectiver, dans leur gravité comme dans leur ampleur », les faits dont elle aurait
eu connaissance. Traduisons-les : en quantité de faits commis comme en gravité, on ne sait pas grand-chose… et vous vous doutez que s’ils avaient du concret, ils se seraient fait une
joie de sortir ce qu’ils auraient trouvé de plus scabreux.
Au lieu de ça, on lit entre les lignes un projet rampant : « Certains élèves du secondaire, eux-mêmes enfants
de militaires, semblent rechercher une scolarité teintée de culture militaire. » Ah, nous y voilà.
Des lycées qui fonctionnent... il faut y remédier !
Remettons les pièces de ce nauséabond puzzle dans l’ordre. Les lycées militaires fonctionnent très bien, coûtent un peu d’argent mais permettent aux enfants de militaires, dont on
conviendra qu’ils donnent un petit peu de leur temps pour la collectivité, de faire de bonnes études. Les boursiers ne se bousculent pas. Les prépas sont sélectives et, d’ailleurs, le
rapport précise qu’elles fournissent entre 35 et 70 % des élèves des grandes écoles militaires. Les traditions militaires, sans doute un peu exagérées par des adolescents excessifs
(pléonasme), ne posent pas de problème en soi… mais il y a ces « élèves du secondaire, eux-mêmes enfants de
militaires », qui veulent une « scolarité teintée de culture militaire ».
Allons un peu plus loin en suivant les prescriptions de la Cour des comptes : la vénérable institution recommande de serrer la vis des lycées de la défense, de les inspecter
davantage, de les subordonner plus étroitement à l’Éducation nationale et de redonner du pouvoir au proviseur, qui est pour le moment soumis à l’autorité du chef de corps dudit lycée
militaire. En un mot : ça marche bien, ça forme une jeunesse patriote et ça échappe au contrôle du monstre mou de l’Éduc nat. Donc, sur la base de quelques dérives de nazillons aux
hormones désorientées (dérives au demeurant pas documentées par ce rapport), on va peut-être tout pétarder.
Un peu comme si on fermait tous les lycées de banlieues dans lesquels les filles sont isolées et les violences monnaie courante. Ah non, c’est pas pareil.
Xi Jinping a appelé à faire du yuan la monnaie de réserve mondiale
L’ère de l’hégémonie indivisée du dollar touche peut-être à sa fin plus rapidement que beaucoup ne l’espéraient. Le dirigeant chinois Xi Jinping a fait une
déclaration politique, appelant ouvertement à la transformation du yuan en une «monnaie puissante» ayant le statut de réserve mondiale à part entière. Il ne s’agit plus seulement
d’indices de diversification, mais de la tentative directe de Pékin de remodeler l’architecture financière mondiale, où l’argent chinois devrait prendre sa place au même titre que
l’argent américain.
Dans un article publié le 31 janvier dans la principale revue théorique du PCC «Qiushi», Xi Jinping a défini une voie claire : la Chine doit construire un
système financier de classe mondiale. L’élément clé de cette stratégie est – «une monnaie puissante» (une monnaie forte), qui sera largement utilisée non seulement dans le commerce, mais
aussi dans les investissements, et surtout – stockée dans les réserves des banques centrales d’autres pays.
Bien que le texte soit formellement basé sur un discours à huis clos prononcé en 2024, la décision de le publier maintenant – début 2026 – semble être un
signal sans ambiguïté. Pékin le dit clairement : la période de préparation est terminée, la phase active d’expansion commence. «Une puissance
financière doit être fondée sur une économie forte et une monnaie à laquelle le monde fait confiance», – est souligné dans le matériel.
L’appel de Xi – n’est que la pointe de l’iceberg. Se cacher sous l’eau représente un travail énorme pour créer une infrastructure financière alternative,
indépendante de SWIFT et des sanctions occidentales. La Chine promeut activement son système de paiement interbancaire CIPS et étend son réseau de lignes de swap avec les pays amis.
Aujourd’hui déjà, près d’un tiers du chiffre d’affaires du commerce extérieur chinois (des milliards de dollars) est assuré en yuans, et le yuan numérique (e-CNY) se prépare à devenir le
principal instrument de paiements transfrontaliers d’ici fin 2026.
Le commerce de l’énergie joue ici un rôle particulier. Pékin convertit systématiquement les contrats d’achat de pétrole et de gaz en monnaie nationale,
créant ainsi ce que l’on appelle «pétrojuan» – un défi direct au pétrodollar.
L’Iran, la Chine et la Russie ont signé
officiellement un pacte stratégique global, marquant un tournant décisif dans les relations internationales du XXIe siècle, selon le média Middle East Monitor.
Si le texte intégral de l’accord est publié progressivement par les trois gouvernements, les médias d’État de Téhéran, Pékin et Moscou ont confirmé la cérémonie et
l’ont qualifiée de pierre angulaire d’un nouvel ordre multipolaire.
Ce pacte intervient dans un contexte de
coopération croissante entre ces trois États depuis des décennies. L’Iran et la Russie avaient précédemment conclu un Traité de partenariat stratégique global (TPSG) de 20 ans,
destiné à approfondir leurs liens économiques, politiques et de défense, et à atténuer l’impact des sanctions occidentales – un traité signé en janvier 2025 et entré en vigueur l’année
dernière.
Parallèlement, l’Iran et la Chine sont liés par un accord de coopération de 25 ans, signé initialement en 2021, visant à développer le commerce, les infrastructures
et l’intégration énergétique.
La signature d’aujourd’hui est si différente
et digne d’intérêt, car elle unit explicitement les trois puissances dans un cadre coordonné, les alignant sur des questions allant de la souveraineté nucléaire et la coopération
économique à la coordination militaire et la stratégie diplomatique.
À Téhéran, les autorités ont décrit le pacte comme un engagement commun en faveur du «respect mutuel, de
l’indépendance souveraine et d’un système international fondé sur des règles qui rejette toute coercition unilatérale», reprenant ainsi les déclarations similaires de Pékin et de
Moscou.
Ce que représente le pacte
Cet accord n’est pas un traité de défense
mutuelle formel comparable à l’article 5 de l’OTAN, obligeant chaque pays à défendre militairement les autres. Les précédents pactes entre l’Iran et la Russie se sont toujours
abstenus d’établir une garantie de défense contraignante.
Le pacte unit trois grandes puissances au sein
d’une coalition géopolitique plus large, définie par une opposition commune à la domination militaire et à la coercition économique occidentales.
L’accord repose essentiellement sur une position unifiée contre le rétablissement des sanctions imposées à l’Iran en raison de son programme nucléaire, conformément
au Plan d’action global commun (JCPOA) de 2015.
Téhéran, Pékin et Moscou ont publié des déclarations communes rejetant les tentatives européennes de rétablir automatiquement les sanctions et ont déclaré que
l’examen de l’accord nucléaire par le Conseil de sécurité de l’ONU était clos.
Ce pacte trilatéral relève donc autant d’un
levier diplomatique et d’un discours stratégique que de mécanismes concrets de défense ou économiques.
Conséquences régionales et mondiales
immédiates
La signature de ce pacte coïncide avec une montée des tensions entre les États-Unis et l’Iran. Le président Donald Trump a réitéré ses
menaces d’action militaire contre l’Iran en l’absence d’un accord négocié sur ses activités nucléaires, allant jusqu’à déployer un groupe aéronaval américain au Moyen-Orient.
Dans ce contexte, ce pacte stratégique devient un rempart pour
Téhéran et ses partenaires contre les pressions militaires unilatérales des États-Unis. En présentant un front uni, les trois gouvernements visent à contraindre Washington à négocier en
position de contrainte plutôt que de domination.
Pour le Moyen-Orient, l’équilibre des pouvoirs est en train de se redessiner. L’Iran, longtemps isolé par les politiques occidentales, bénéficie aujourd’hui de la
protection de deux membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU : la Chine et la Russie.
Ce bénéfice renforcera la position régionale
de Téhéran dans des zones comme l’Irak, la Syrie et le Golfe persique, et compliquera les stratégies de dissuasion conventionnelles mises en œuvre par les États-Unis et leurs alliés du
Golfe.
Pour l’Europe, cet accord compromet les
ambitions de Bruxelles de conserver une influence indépendante dans la diplomatie au Moyen-Orient. Les puissances européennes ont tenté à plusieurs reprises de réactiver certains
éléments du JCPOA et de menacer Téhéran de mesures punitives, mais la coordination entre l’Iran, la Chine et la Russie a déjoué ces efforts, révélant les limites diplomatiques de l’Europe dans un
monde moins attaché au consensus occidental.
Répercussions économiques
Sur le plan économique, cet accord représente une intégration plus poussée entre trois des plus importantes économies non occidentales du monde. La Russie et la
Chine ont déjà travaillé sur des accords de protection des investissements et des accords commerciaux bilatéraux visant à contourner les systèmes financiers occidentaux, tels que SWIFT, qui ont
été utilisés comme vecteurs de sanctions.
Un pacte trilatéral pourrait accélérer la création de mécanismes financiers et de routes commerciales alternatifs, réduisant ainsi l’influence économique
occidentale.
L’Iran, riche en ressources énergétiques, pourrait bénéficier d’un accès élargi aux marchés et aux investissements. De plus, la Chine poursuit son Initiative des
Nouvelles Routes de la Soie et la Russie recherche des alternatives aux marchés européens, en raison des sanctions contre Moscou. Cette union laisse présager une intensification des échanges
commerciaux et une moindre vulnérabilité au système financier centré sur le dollar américain.
Dynamiques militaires et
stratégiques
Cette alliance est certes informelle, mais elle renforce la coopération militaire entre les trois pays. La Chine et la Russie mènent régulièrement des exercices
navals conjoints dans l’océan Indien et le golfe Persique – exercices auxquels l’Iran participe également, témoignant ainsi d’une interopérabilité et d’intérêts communs en matière de
sécurité.
Sur le plan stratégique, ce pacte devrait conduire à une planification de la défense et à un partage de renseignements plus coordonnés, même s’il ne s’agit pas d’un
traité contraignant imposant une intervention militaire.
Pour les États-Unis et leurs partenaires de l’OTAN, les enjeux s’accroissent dans de nombreuses régions : toute escalade avec l’Iran risque désormais d’entraîner
des réponses stratégiques plus larges impliquant Pékin et Moscou, augmentant ainsi le risque de conflit et réduisant l’efficacité des menaces unilatérales.
Impact mondial à long terme
À long terme, ce pacte accélère la restructuration
multipolaire des relations internationales, selon certains observateurs. Depuis de nombreuses années, les États-Unis et leurs alliés dominent l’architecture de la gouvernance mondiale,
allant des régimes commerciaux aux pactes de sécurité.
Un alignement structuré de l’Iran, de la Chine et de la Russie représente un axe alternatif qui remet en question l’hégémonie occidentale non pas par une
compétition idéologique, mais par des équilibres de puissance pragmatiques.
Désormais, les observateurs se demandent si ce
pacte évoluera vers un accord de défense plus approfondi ou s’il restera un cadre diplomatique et stratégique. Désormais, le centre de gravité du pouvoir mondial se déplace, non pas
vers une simple dichotomie «Est contre Ouest», mais vers un ordre mondial multipolaire plus complexe où l’influence diplomatique, la résilience économique et la démonstration de force militaire
convergent de manière inédite et imprévisible.
Comme beaucoup de Palestiniens avant
elle, Renee Good est morte parce que des forces autoritaires ont décidé qu’elle ne méritait pas de vivre, et parce que l’ensemble du système juridique et politique est conçu pour garantir
que leurs agents n’aient jamais vraiment à répondre de leurs crimes.
Le 7 janvier, à Minneapolis, des agents de l’ICE (United States Immigration and Customs Enforcement) ont
tiré trois fois sur Renée Good à travers la vitre de sa voiture parce qu’ils ont eu l’impression qu’elle tentait de leur échapper. Ils ont ensuite empêché les ambulanciers de la
secourir pendant quinze minutes, alors qu’elle se vidait de son sang sur le siège conducteur, avec son compagnon à ses côtés.
Quelques heures plus tard, la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, qualifiait Good, la femme qui venait d’être abattue en plein jour par un
agent fédéral, de «terroriste
nationale», affirmant que
l’agent avait agi en légitime défense contre une femme qui aurait tenté de l’écraser avec son véhicule.
Si cela vous semble familier, c’est normal, car c’est exactement la même technique qu’emploie Israël chaque fois qu’il tue un Palestinien. Prenons l’exemple
du 6 décembre, il y a quelques semaines à peine, lorsque des soldats israéliens à Hébron, dans le sud de la Cisjordanie occupée, ont ordonné à Ahmad Rajabi,
âgé de 17 ans, d’arrêter sa voiture. Il l’a fait, mais ils l’ont quand même abattu. Ils ont empêché les services d’urgence de s’approcher d’Ahmad et ont également tiré sur eux. Il existe
d’innombrables autres cas similaires à celui de Rajabi.
L’ICE et l’armée israélienne utilisent les mêmes méthodes, car ils sont issus du même système de violence d’État et de suprématie blanche – la même machine
de contrôle racialisé qui a été perfectionnée en Palestine et délibérément importée dans les villes américaines parce qu’elle est bonne pour les affaires.
Comme l’a écrit Noura Erakat : «la violence
impériale déchaînée contre les Palestiniens est revenue en boomerang frapper les citoyens étasuniens».
Qualifier les victimes de «terroristes», c’est rendre les morts responsables de leur propre mort. Israël a passé des décennies à prétendre que chaque
Palestinien tué à un poste de contrôle «tentait d’écraser des soldats», que chaque journaliste abattu alors qu’il portait un gilet de presse «opérait avec des combattants palestiniens»,
que chaque enfant tué représentait d’une manière ou d’une autre une menace immédiate nécessitant l’usage de la force létale.
Comment, sinon, justifier la transformation de Gaza en cimetière ?
C’est à cela que ressemble l’occupation partout où elle existe, dans tous les contextes où des agents armés opèrent en toute impunité sur des populations
privées de protection juridique ou de pouvoir politique significatifs. Et, en plus des forces paramilitaires qui envahissent les rues, les systèmes numériques de l’occupation israélienne
arrivent également aux États-Unis.
Palantir gère les systèmes de gestion des dossiers de l’ICE qui suivent et
surveillent les immigrants afin de permettre des expulsions rapides, et cette même entreprise fournit des plateformes de
ciblage basées sur l’IA pour les frappes aériennes militaires israéliennes qui décident quels Palestiniens tuer en utilisant des données qui incluent les communications privées
entre les Palestiniens américains et leurs proches à Gaza.
Des entreprises israéliennes comme Elbit et Paragon fournissent des radars, des
systèmes de surveillance et des logiciels
espions directement à l’ICE et à la Sécurité intérieure.
L’Anti-Defamation
Leagueparraine des
programmes d’échange entre forces de l’ordre dans le cadre desquels des policiers américains se rendent en Israël pour apprendre les «meilleures pratiques» en matière de gestion des
points de contrôle, de répression des foules et de transformation de populations entières en menaces pour la sécurité.
Tous ceux qui vénèrent l’idole de la guerre bénéficient de la même impunité. L’immunité qualifiée aux États-Unis fonctionne exactement comme l’impunité dont
jouissent les soldats israéliens lorsqu’ils tuent des Palestiniens, et crée un cercle vicieux juridique qui les protège structurellement de toute obligation de rendre des comptes.
Grâce à cette méthode, aucun nouveau meurtre ne peut constituer un précédent et il n’existe aucun précédent auquel se référer.1
Les soldats israéliens assassinent sans arrêt des Palestiniens. Ces meurtres sont suivis d’enquêtes fictives, qui sont ouvertes puis discrètement clôturées
des mois ou des années plus tard, et les poursuites judiciaires ne se concrétisent presque jamais. Vous vous souvenez de Shireen
Abu-Akleh ?
Mais Renée n’est pas la première à avoir été assassinée par l’ICE. Au moins trente
personnes détenues par l’ICE sont mortes rien qu’en 2025, ce qui en fait l’année la plus meurtrière pour les détenus de l’ICE depuis 2004.
Nous connaissons Renée parce que son meurtre a fait la Une, mais l’ICE a passé l’année 2025 à faire disparaître des corps de couleur foncée dont la plupart
d’entre nous ne connaitrons jamais les noms.
Il convient également de mentionner que ces méthodes ne sont pas l’apanage de l’administration Trump, comme le proclament de nombreux démocrates. Créée à la
suite des attentats du 11 septembre, elle a été adoptée par
Obama et c’est lui-même et son parti qui ont mis l’ICE sur la voie qui en a fait la force militaire qu’elle est aujourd’hui. Le rôle de l’ICE est de terroriser les communautés
d’immigrants, à coups d’arrestations, d’expulsions et d’assassinats, afin de faire comprendre à tous ceux qui, selon des critères de plus en plus restrictifs, ne méritent pas d’être
protégés, que la survie est un privilège.
L’ICE dispose d’un budget de 170
milliards de dollars sur quatre ans, ce qui en fait la treizième
armée la plus importante au monde.
Renée Good et Ahmad Rajabi sont morts parce que des forces paramilitaires toute puissantes ont décidé qu’ils ne méritaient pas de vivre, et parce que toute
la structure juridique et politique existe précisément pour garantir que ces agents ne soient jamais vraiment punis pour leurs meurtres.
L’«arc moral» de l’univers2 ne
penche vers la justice que lorsque nous le forçons à le faire. Nous devons donc résister.
Résister signifie refuser d’accepter tout cela comme normal ou inévitable, parce que c’est comme ça. Cela signifie manifester pour exiger que l’agent qui a
tué Renée Good soit poursuivi en vertu de la loi de l’État du Minnesota. Cela signifie s’organiser pour supprimer le financement et, à terme, imposer la dissolution totale de l’ICE, car
il est impossible de rendre humaine une agence dotée d’un budget de 170 milliards de dollars pour terroriser les communautés.
Et cela signifie comprendre que la libération de la Palestine est, en fait, liée à notre sort, à nous tous. Et, comme les Palestiniens l’ont enseigné au
monde, nous devons prendre notre liberté en main.
De Minneapolis à la Palestine, l’occupation doit être démantelée complètement et entièrement, sinon elle continuera à tuer et à étendre ses pouvoirs jusqu’à
ce que plus aucun d’entre nous ne soit à l’abri.
Établir un précédent, c’est «créer un cas juridique ou un événement pouvant servir d’exemple ou de règle pour des situations similaires à l’avenir». Le droit anglo-saxon s’appuie sur la
jurisprudence. C’est pourquoi il est capital d’établir des précédents.
Une référence à la citation de Theodore Parker souvent utilisée par Martin Luther King : «L’arc de l’univers moral est long, mais il penche vers la justice».
La loi de la piraterie
par Manlio Dinucci
Comme si rien n’avait été fait, le conseil européen sur l’Ukraine, du 18 décembre, a remis en cause ce que des
Européens avaient
cédé, le 15 décembre, aux négociateurs états-uniens à Berlin : il a réaffirmé que l’OTAN déploierait des troupes au sol en Ukraine et qu’ils jugerait la Russie. L’UE (sauf la Slovaquie et la Hongrie) ne cesse de se contredire, tout en affirmant son projet de guerre contre la Russie et en réarmant l’Allemagne. Dans le même temps, le commandement
des forces US mène un combat contre les narcotrafiquants en mer des Caraïbes et contre l’Iran dans l’océan Indien, tout en veillant à ce que ses opérations menacent directement le Venezuela
et l’Iran d’intervention militaire.
Le Conseil européen du 18 décembre 2025.
Énième re-élaboration du « plan de paix » pour l’Ukraine, présentée par le Conseil Européen réuni à Bruxelles avec des représentants de
l’Administration Trump. En synthèse voici la Déclaration finale :
« Les leaders ont apprécié la forte contingence entre les États-Unis, l’Ukraine et l’Europe. Les leaders états-uniens comme européens se sont engagés à
collaborer pour fournir :
- un soutien constant pour les forces armées ukrainiennes, qui doivent rester à un niveau de paix de 800 000 hommes pour défendre leur
territoire ;
- une « force multinationale pour l’Ukraine » fournie par la coalition européenne des volontaires et soutenue par les États-Unis, y compris à
travers des opérations à l’intérieur de l’Ukraine ;
- un engagement juridiquement contraignant à adopter des mesures pour la sécurité en cas de future attaque armée, incluant l’usage de la force
armée ;
- la nécessité que la Russie versent des réparations à l’Ukraine pour les dommages causés : à cette fin les biens souverains russes dans l’Union
Européenne ont été immobilisés. (Jusqu’à présent le plan d’employer ces biens pour financer l’Ukraine n’est pas passé. Mais l’UE donnera à Kiev
90 autres milliards d’euros dans les deux années à venir en les prenant dans son budget, c’est-à-dire dans nos poches de citoyens européens, (Ndr)
- le fort soutien à l’adhésion de l’Ukraine à l’Union Européenne.
Les dirigeants ont réaffirmé que les frontières internationales ne doivent pas être modifiées par la force et que les décisions sur le territoire reviennent au
peuple ukrainien, et ont convenu que certaines questions devront être résolues dans les phases finales des négociations. Ils ont ensuite précisé que tout accord devra protéger la sécurité et
l’unité à long terme de l’aire euro-atlantique et le rôle de l’OTAN pour fournir une force de dissuasion. »
Moscou a avant tout précisé qu’il n’acceptera en aucun cas le déploiement de troupes occidentales en Ukraine, moins encore dans le cadre de l’OTAN.
La raison en est claire : La raison fondamentale pour laquelle Moscou est intervenu militairement en Ukraine est que l’OTAN sous commandement USA s’est
étendue toujours plus à l’Est au bord du territoire russe, et, avec le coup d’état de 2014, a utilisé l’Ukraine pour attaquer la Russie en commençant à frapper la population russe du Donbass
et de la Crimée.
Ce que demande la Russie aujourd’hui est non seulement d’avoir de nouveau ces deux territoires (la Crimée est déjà rentrée dans la Fédération Russe par un
référendum), mais de ne pas avoir à ses frontières des forces militaires occidentales, dotées aussi d’armes nucléaires, faisant partie directement ou indirectement de
l’OTAN.
La dernière élaboration du « plan de paix » rend impossible la fin de la guerre. Mais c’est justement ce que veulent les puissantes coupoles des
forces de guerre : Celles des USA qui veulent une Europe lacérée et donc encore plus soumise à la domination étasunienne sur le terrain occidental ; les européennes, en commençant
par le complexe militaro-industriel.
L’Union européenne concède à l’Allemagne le feu vert sur la dépense pour la Défense. L’Allemagne échappera aux sanctions de l’UE pour avoir violé les règles du
budget grâce à une exemption sur la dépense pour la Défense, a déclaré la Commission européenne. Exemple emblématique, certes non unique, celui de l’industrie de guerre allemande Rheinmetall,
qui produit pour la guerre en Ukraine des projectiles d’artillerie de gros calibre en quantité supérieure à celle produite par l’entier secteur de la défense étatunien. Les actions de
Rheinmetall ont augmenté d’environ 15 fois depuis 2022, atteignant une valeur de marché d’environ 80 milliards de dollars, plus ou moins égales avec les plus grandes industries de guerre
états-uniennes Lockheed Martin et General Dynamics. En même temps, pour la première fois dans son histoire, l’industrie allemande Volkswagen a arrêté la production d’automobiles dans un
établissement allemand, celui de Dresde inauguré en 2001, à cause de la chute de la demande et des taxes élevées imposées par les États-Unis. Sont prévues en conséquence de fortes réductions
de salaires et des licenciements.
Dans une telle situation de démantèlement du
droit international dans ce scénario et d’autres scénarios de guerre, revient au premier plan la « loi de la piraterie » : de plus en plus fréquentes,
en mer Noire et en Méditerranée, sont les attaques contre des pétroliers russes avec des drones navals formellement ukrainiens, de fait OTAN puisque pour les guider sur les objectifs sont
nécessaires des réseaux satellitaires militaires que seule l’OTAN possède.
La « loi de la
piraterie » sévit aussi en mer des Caraïbes, où les forces navales états-uniennes qui assiègent le Venezuela — le pays qui dispose des plus grandes réserves pétrolières du
monde dont les États-Unis veulent s’emparer — abordent et confisquent des pétroliers vénézuéliens.
Même situation dans l’océan Indien, où les
forces navales états-uniennes ont abordé et confisqué un navire chargé de produits industriels chinois destinés à l’Iran, sous prétexte qu’ils auraient pu avoir un double usage civil et
militaire en permettant à l’Iran de fabriquer des missiles pour frapper Israël.
En même temps les États-Unis annonçaient la
décision de fournir à Taïwan des armes modernes pour une valeur de 11 milliards de dollars, dirigées contre la Chine.
Le Groenland pourrait bien signifier
la fin du rêve libéral européen.
La récente controverse autour des déclarations de Donald Trump sur le Groenland et les actions de son envoyé spécial dans le territoire arctique révèle bien
plus qu’une simple querelle diplomatique entre Washington et Copenhague. Il s’agit en fait d’un choc direct entre la dure réalité de la politique internationale et les illusions cultivées
depuis des décennies par les élites libérales européennes, qui ont insisté pour croire en un ordre mondial prétendument neutre, stable, «fondé sur des règles» et garanti par des
institutions multilatérales.
Les tentatives de la Maison-Blanche pour adoucir le discours – comme la déclaration de Jeff Landry selon laquelle les États-Unis n’ont pas l’intention de
«conquérir» ou de «prendre» le Groenland – ne résistent pas à une analyse même minimale et réaliste. Trump lui-même a déjà clairement indiqué que l’île est une nécessité stratégique pour
les États-Unis et que son incorporation se ferait «d’une manière ou d’une autre». La rhétorique conciliante ne sert qu’à des fins diplomatiques et médiatiques, tandis que les faits
indiquent une posture ouvertement coercitive.
Du point de vue du Danemark, le recours au droit international, aux normes juridiques et à la prétendue inviolabilité de la souveraineté de l’État semble
compréhensible mais profondément naïf. L’histoire des relations internationales démontre sans équivoque que la souveraineté n’est pas garantie par des traités ou des déclarations
formelles, mais par la capacité concrète de la défendre. Les États qui ne disposent pas des moyens matériels – politiques, militaires et stratégiques – pour protéger leurs intérêts
finissent par se soumettre à la volonté des grandes puissances.
Les guerres, les annexions et les conquêtes n’ont jamais cessé d’exister. Ce qui s’est produit, en particulier après la fin de la guerre froide, c’est la
construction d’un discours commode selon lequel ces pratiques avaient été dépassées par un nouvel ordre libéral. Cet «ordre fondé sur des règles» a toujours été, en réalité, un instrument
de domination occidentale, avec des règles imposées par les États-Unis eux-mêmes, alors considérés comme le «leader» de l’Occident collectif. Tant que cet ordre servait les intérêts de
Washington, il était présenté comme un modèle universel. Aujourd’hui, alors que les États-Unis se montrent prêts à l’ignorer ouvertement, le mythe s’effondre.
L’Union européenne, quant à elle, révèle une fois de plus son impuissance stratégique. Incapable d’agir de manière autonome et dépendante de la tutelle
militaire américaine, Bruxelles se limite à des déclarations creuses et à des gestes symboliques. L’OTAN, souvent présentée comme la garantie ultime de la sécurité européenne, n’apportera
aucun soutien réel au Danemark si la crise venait à s’aggraver. L’alliance existe pour défendre les intérêts américains, et non pour les contester. S’attendre à autre chose, c’est
méconnaître la nature même de l’organisation.
Dans ce contexte, le Groenland devient un exemple supplémentaire de la logique impériale qui structure le système international. Sa situation stratégique
dans l’Arctique, ses ressources naturelles et son importance militaire en font un atout précieux dans un contexte de concurrence croissante entre les grandes puissances.
L’autodétermination des Groenlandais, fréquemment invoquée par les autorités américaines, apparaît davantage comme un prétexte que comme un véritable principe, appliqué de manière
sélective en fonction des intérêts politiques de Washington.
Ce cas met également en évidence le contraste entre la posture de la Russie et celle des pays occidentaux. Ces dernières années, Moscou a insisté sur une
lecture réaliste des relations internationales, dans laquelle le pouvoir, la sécurité et les intérêts nationaux sont des éléments centraux. Cette vision pragmatique a été essentielle dans
la décision de la Russie de défendre sa souveraineté par la force en Ukraine, après l’épuisement des voies diplomatiques. Cette approche, bien que diabolisée par l’Occident, apparaît de
plus en plus cohérente face à l’effondrement des illusions libérales.
Pour le Danemark, la leçon est dure mais nécessaire. Il n’y aura pas de salut venant des tribunaux internationaux, des résolutions de l’ONU ou des promesses
des alliés. Le système international reste un espace de conflit, où la force – dans ses multiples dimensions – reste décisive. Ignorer cela, c’est choisir la vulnérabilité. La crise du
Groenland n’est pas une anomalie, mais le symptôme de la fin d’une ère d’aveuglement de l’Europe face à la réalité du pouvoir mondial.
Photo de Hồng Quang Official: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/35245959/
Alors que nombre de familles françaises se retrouvent pour Noël, certaines sentent encore un peu plus le poids de l’absence : ce sont les familles des
militaires en mission. Des parents, des épouses, des enfants de militaires qui ont le cœur à la fête et un peu serré. Ce sont en majorité des femmes qui attendent et servent de base
arrière (82,7 % des militaires sont des hommes, selon le ministère de la Défense),
des femmes qui, comme leur mari, leur fils ou leur père, connaissent la valeur du devoir et du sacrifice et méritent, elles aussi, de la reconnaissance.
Les oubliées de la grande muette
Au début du mois de décembre, et à deux reprises, Melania Trump a rendu hommage aux familles de militaires : le 8 décembre, elle les
remerciait « au nom de la nation », reconnaissant que « [leur] force face à l’adversité est
exemplaire ». Et le 1er décembre, déjà, elle leur avait
adressé quelques mots : « Nous parlons régulièrement du courage de nos militaires, et nous avons raison de le
faire », a-t-elle dit. « Mais nous devons également mettre en lumière le courage de ceux qui marchent à leurs
côtés, les conjoints qui portent le poids de la vie familiale en plus de leurs propres rêves. » L’Amérique est sans nul doute plus patriote que la France et les Américains
plus conscients des sacrifices consentis à la fois par les militaires mais aussi par leurs familles pour leur pays — mais les familles françaises n’en sont pas moins
méritantes.
Selon le ministère de la Défense, « près de 30.000 militaires français sont actuellement engagés dans diverses missions à travers le monde ». C’est autant
de familles amputées d’un des leurs, le jour de Noël. Alors que certains agissent pour compenser, auprès des forces armées, l’éloignement de leur foyer, les familles qui attendent
sont souvent les petites oubliées de la grande muette. Le Figaro racontait, l’année
dernière, que chaque année, l’association Solidarité Défense envoyait un cadeau aux soldats en opérations extérieures ou intérieures, mais leur famille, elles, n’ont ni la gloire, ni
les médailles, et peu voire pas de reconnaissance.
Fierté et sacrifice
Pourtant, on ne les entend ni se plaindre ni récriminer. Albane P. est mariée à un officier qui est en mission Sentinelle pour Noël. Pour elle et ses
deux garçons, « c’est un sacrifice douloureux que fait une famille en se quittant à cette période,
mais [ils savent] également que c’est nécessaire et que cela fait partie de la mission du militaire.
» Le soir de Noël, quand elle et ses enfants iront à la messe de minuit sans lui, son mari sera en patrouille pour permettre à d’autres familles de se retrouver et de fêter
Noël en sécurité. Le mari de Pauline S., lui, est à l’étranger, en opération extérieure, et il rentrera dans quelques mois, juste à temps pour la naissance de leur troisième enfant.
Elle explique à BV que « cette
absence existe, elle s’impose, et elle fait partie de notre réalité. À travers l’Histoire, de nombreuses familles ont connu des Noëls sans mari ni père, et je m’inscris humblement
dans cette longue cohorte de femmes qui ont tenu ce qu'on appelle entre nous "la base arrière" pendant que leur mari servait ailleurs. » Alors, elle explique
à « [s]es enfants, [que] même absent
physiquement, leur père reste présent dans [leurs] paroles, dans [leurs] gestes, dans [leurs] prières ». « Je leur rappelle qu’il pense à nous et que son absence n’est pas un choix personnel, ajoute-t-elle, il sert son pays. J’essaie aussi de nourrir chez eux une fierté juste, de leur montrer que leur papa est un homme engagé,
courageux, au service des autres. À Noël, nous confions cette absence et les sacrifices qui en découlent au Petit Jésus de la crèche pour donner du sens à ce que nous vivons.
» Il n’empêche que, même si elle fête Noël chez ses parents, « il y a un vide, une absence qui se fait
particulièrement sentir à cette période de l’année et que nous apprenons à porter ».
Caroline A. est la mère d’un jeune militaire, engagé à 19 ans. C’est elle qui l’avait accompagné au CIRFA, explique-t-elle à BV, parce que l’essentiel pour elle est que son fils soit heureux. Pourtant, cela fait deux ans qu’il a rejoint son régiment,
et c’est le deuxième Noël qu’elle passera sans lui. Chez eux, « les fêtes de famille sont très importantes, surtout
Noël », mais, l’année dernière comme cette année, quand Caroline ira à la messe de minuit, c’est avec « un
vide ». Elle s’inquiète pour lui, explique vivre avec son téléphone en permanence à proximité et être plus attentive qu’avant aux informations. L’année dernière, le sapin était
resté, clignotant dans le salon jusqu’au retour de son garçon, un « festin de Noël prêt dans le congélateur
» pour que celui-ci puisse en profiter même si la festivité est un peu anachronique. Cette maman s’adapte et consent à tous ces sacrifices parce qu’elle est fière de son
fils qu’elle sait heureux, même s’il lui a dit que, si besoin, il ira jusqu’au sacrifice ultime.
Pour que les Français puissent se retrouver, fêter ensemble Noël, d’autres sacrifient ces moments privilégiés, souvent sans
reconnaissance et sans gratitude. Cette année, BV souhaite un Joyeux Noël et remercient sincèrement ces
oubliés de la grande muette.
Un véhicule alimenté au nucléaire n’est pas une arme nucléaire
Un tweet
sur Truth Social du président américain
Donald Trump au sujet des armes nucléaires a conduit à une certaine confusion et, comme je le suppose, à des interprétations erronées.
Les États-Unis
possèdent plus d’armes nucléaires que tout autre pays. Cela a été fait, y compris la mise à jour complète et la rénovation des armes existantes, au cours de mon premier mandat. À cause de
son énorme pouvoir destructeur, j’ai DÉTESTÉ le faire, mais je n’avais pas le choix ! La Russie est deuxième et la Chine est, loin derrière, troisième, mais nous aura rattrapé dans 5 ans.
En raison des programmes d’essais d’autres pays, j’ai demandé au ministère de la Guerre de commencer à tester nos armes nucléaires sur un pied d’égalité. Ce processus commencera
immédiatement. Merci de votre attention à ce sujet ! PRÉSIDENT DONALD J. TRUMP
Le Washington Post interprète cela comme un test d’ogives
nucléaires :
Le président a déclaré qu’il souhaitait que les tests se déroulent “sur un pied d’égalité” avec la
Russie et la Chine. Le Kremlin a condamné cette décision et rien n’indiquait quand des tests pourraient avoir lieu.
Le président Donald Trump a déclaré jeudi matin qu’il avait ordonné au Pentagone de commencer à tester des armes nucléaires “sur un pied d’égalité” avec la
Russie et la Chine, une tentative apparente de montrer la puissance militaire des États-Unis avant une réunion commerciale à enjeux élevés avec son homologue chinois, Xi Jinping.
L’annonce de Trump sur Truth Social signale un
renversement de décennies de politique nucléaire des États-Unis qui pourrait avoir de lourdes conséquences sur les relations avec les adversaires américains, bien que son message
contienne très peu de détails sur ce que les tests impliqueraient. Le dernier essai d’arme nucléaire aux États-Unis a eu lieu en 1992, avant que le président George H. W. Bush n’instaure
un moratoire sur de tels exercices à la fin de la guerre froide.
Trump a écrit que le processus commencerait immédiatement et était en réponse aux programmes de tests d’autres pays.
Le président a parlé de la reprise des essais d’armes nucléaires alors que son hélicoptère, Marine One, était dans les airs en route pour rencontrer Xi à la
base aérienne de Gimhae.
Le tweet de Trump est erroné en ce qu’il affirme que les États-Unis ont plus d’armes nucléaires que tout autre pays. Toutes les sources publiques disent que la Russie avec environ 4300 ogives nucléaires en a un peu plus que les États-Unis avec environ 3600. La Chine possède environ 5 à 600
ogives nucléaires et augmentera son arsenal d’armes nucléaires à environ 1 000 ogives d’ici 2035.
Cependant, la phrase suivante de Trumps ne concerne pas des essais d’ogives nucléaires. Il s’agit de tester des systèmes porteurs capables de déployer des
ogives nucléaires.
Trump dit : « À cause des programmes de test d’autres pays« .
Aucun pays n’a récemment fait exploser une bombe nucléaire ou une ogive à des fins d’essais ou à d’autres fins. Le dernier essai nucléaire connu a été effectué
par la Corée du Nord en 2017.
Il est important de faire la distinction entre tester un porteur conçu pour délivrer une tête nucléaire et tester, c’est-à-dire faire exploser, une tête
nucléaire. Un porteur nucléaire peut être un bombardier, un missile terrestre (intercontinental) ou un missile ou une torpille sous-marine.
La Russie a récemment annoncé le test réussi du missile de croisière Burevestnik. Il s’agit d’un porteur potentiel d’ogives nucléaires entraîné par un
moteur à propulsion nucléaire :
Le président russe a parlé du nouveau missile de croisière à propulsion nucléaire Burevestnik à portée illimitée. L’arme a été testée avec succès la semaine
dernière, lorsque le projectile aurait parcouru plus de 14 000 km.
Poutine a révélé des détails sur le turboréacteur à propulsion nucléaire du missile, déclarant que son unité motrice “est comparable en puissance au réacteur
d’un sous-marin à propulsion nucléaire, mais elle est 1 000 fois plus petite.”
“L’essentiel est que, alors qu’un réacteur
nucléaire conventionnel démarre en quelques heures, jours, voire semaines, ce réacteur nucléaire démarre en quelques minutes ou secondes. C’est un exploit géant”, a déclaré le
président.
Burevestnik est, comme le Tomahawk américain, un missile de croisière à turboréacteur conçu pour voler à basse altitude à une vitesse inférieure à Mach 1. Alors
que le Tomahawk utilise un propulseur liquide comme source de chaleur pour entraîner son moteur, le Burevestnik utilise un réacteur nucléaire miniaturisé d’un type inconnu. Cela lui confère
une endurance inégalée. Les deux missiles peuvent transporter des têtes de guerre conventionnelles ou nucléaires. Le réacteur nucléaire qui entraîne le Burevestnik n’est pas un engin
explosif. Bien qu’il soit susceptible de créer une contamination radioactive lorsqu’il s’écrase, il n’explosera pas.
La Russie a également testé sa torpille Poséidon annoncée depuis longtemps :
La Russie a testé avec succès mardi un drone sous-marin Poséidon à propulsion nucléaire, a révélé Poutine. Le développement de l’énorme drone à capacité
nucléaire en forme de torpille a été annoncé pour la première fois en 2018, mais était depuis entouré de mystère.
« Pour la première fois, nous avons réussi
non seulement à le lancer à partir d’un sous-marin porteur à l’aide d’un moteur d’appoint, mais également à démarrer son unité nucléaire, ce qui a propulsé le drone pendant un certain
temps« , a déclaré Poutine.
L’appareil est inégalé par aucune autre arme “n’importe où dans le monde en termes de
vitesse et de profondeur”, a souligné le président, ajoutant qu’il est peu probable qu’une arme analogue soit bientôt mise en service par une autre nation. La puissance du Poséidon
surpasse largement les caractéristiques du prochain missile balistique intercontinental Sarmat (ICBM) russe, a déclaré Poutine, faisant apparemment référence au rendement de sa charge
utile nucléaire.
La torpille Poséidon utilise probablement un réacteur nucléaire qui est en principe similaire à celui du missile de croisière Burevestnik. Son avantage le plus
important est encore une fois sa grande endurance. Poséidon est conçu pour transporter une grosse ogive nucléaire. Si elle explosait près d’un port, cela provoquerait probablement un
tsunami.
Trump a également déclaré « J’ai demandé au ministère de la Guerre de commencer à tester nos
armes nucléaires sur un pied d’égalité… »
Toutes les ogives nucléaires des États-Unis sont sous le contrôle du ministère de l’Énergie. C’est le seul organisme qui peut faire des explosions
expérimentales d’ogives nucléaires. Les vecteurs nucléaires utilisés pour déployer les têtes de guerre sont sous le contrôle du département de la Défense (ou « département de la Guerre » comme l’appelle
Trump).
Trump a déclaré “À cause
des programmes d’essais d’autres pays” et “commencez à tester … sur un pied d’égalité” à la fois en
référence aux essais de vecteurs nucléaires d’autres pays.
Trump avait donc probablement l’intention d’ordonner au DoD de tester ses vecteurs nucléaires, tout comme la Russie l’a récemment fait. Il n’a pas ordonné au DoE de tester des ogives nucléaires.
Les essais de vecteurs nucléaires, comme les missiles intercontinentaux, sont une routine qui se fait chaque année depuis qu’ils existent.
Il n’y a pas de quoi paniquer.
Le langage de Trump est, comme d’habitude, imprécis. Peut-être a-t-il vraiment ordonné de tester une tête de guerre nucléaire ? La Russie n’est pas sûre à ce sujet :
La Russie réagira “en conséquence” si les États-Unis
violent un moratoire sur les essais d’armes nucléaires, a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
…
Répondant aux affirmations de Trump selon lesquelles d’autres pays procéderaient à des essais nucléaires, Peskov a déclaré: “nous ne sommes jusqu’à présent pas au
courant de cela.”
“S’il s’agit du Burevestnik, alors ce
n’est pas un essai nucléaire”, a-t-il insisté. « Toutes les nations développent leurs
systèmes de défense, mais ce n’est pas un essai nucléaire. »
…
Washington a testé un missile balistique intercontinental Minuteman III non armé et à capacité nucléaire en février et a lancé quatre missiles Trident II
depuis un sous-marin en septembre.
La Russie a testé une arme nucléaire pour la dernière fois pendant la période soviétique en 1990. Les États-Unis ont interrompu leurs essais en 1992 en
vertu d’un moratoire mandaté par le Congrès.
Pour tester une tête nucléaire, Trump devrait demander au Congrès de lever le moratoire sur les essais. Il devrait également ordonner au ministère de l’Énergie
de préparer un site d’essai. On estime que ce processus à lui seul prendrait trois ans.
Il n’y a donc absolument aucune raison de publier des gros titres paniqués.
Moon of
Alabama
Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.
La propagande anti-Russe et la préparation de la guerre contre la Russie
par Thierry Meyssan
Pendant que la propagande des États profonds convainc les opinions publiques que la Russie est mauvaise, on prépare sous nos yeux les armées à la guerre. Le chef d’état-major de l’armée
de Terre française, le général Pierre Schill vient d’annoncer à l’Assemblée nationale qu’il prépare la prochaine guerre contre la Russie. Tandis que le vice-Premier ministre polonais a
annoncé qu’il allait intercepter l’avion présidentiel de Vladimir Poutine. Seul contre tous ses alliés, Donald Trump tente de préserver la paix mondiale.
La straussienne Victoria Nuland et son ami, le vice-Premier ministre polonais Radosław Sikorski.
L’affrontement entre le président Donald Trump et la coalition des États profonds britannique, états-unien, israélien et ukrainien est susceptible de
s’étendre à l’extrême-orient. Au Japon Sanae Takaichi vient de former un gouvernement PLD (parti libéral-démocrate) grâce à son alliance avec le Parti de l’innovation, qui partage son
point de vue belliciste.
Extrême-Orient
Bien que le Premier ministre Takaichi soit la première femme à accéder à cette fonction, elle n’en est pas moins une thuriféraire de « l’impérialisme
japonais » de l’ère Shōwa. À peine intronisée, elle a annoncé sa volonté de réécrire la Stratégie de défense nationale (NDS),
le Programme de renforcement de la défense (DBP) et la Stratégie de sécurité
nationale (NSS). Ces textes, sont en principe mis à jour tous les dix ans, mais seront réformés avec sept ans d’avance.
Sanae Takaichi prétend qu’elle veut simplement honorer le souhait du président Trump que chaque allié des États-Unis consacre 5 % de son PIB à la
Défense ; chacun a compris qu’elle veut restaurer l’armée de l’Empereur, modifier la Constitution pour mettre fin à la neutralité japonaise et attaquer la péninsule coréenne et la
Chine populaire.
Pour que les choses soient bien claires, son prédécesseur et Premier ministre sortant, Shigeru Ishiba, a envoyé une offrande au sanctuaire de Yasukuni en
mémoire des criminels japonais contre l’Humanité. Ishiba est le plus grand collectionneur privé de souvenirs de la Seconde Guerre mondiale. Sa maison est un temple à la gloire des
criminels de guerre.
Madame Takaichi n’est certes pas allée, cette année, à la différence des précédentes, au sanctuaire de Yasukuni. Elle s’est abstenue d’un symbole trop
provoquant et Shigeru Ishiba n’y est allé que très rarement. Mais elle a nommé ministres et secrétaires d’État sept hommes parmi les parlementaires corrompus par la secte Moon.
Suite à l’assassinat du Premier ministre Shinzo Abe, le 8 juillet 2022, par une victime de la secte Moon, la police a découvert qu’elle ne l’avait pas
seulement corrompu lui, mais aussi des parlementaires de son propre parti, le Parti Libéral-Démocrate. Au cours des quatre années précédentes, elle leur avait versé un demi-milliard de
dollars. Oui, un demi-milliard de dollars. Le plus important scandale de corruption parlementaire de l’Histoire ; un scandale qui n’est toujours pas résolu et qui n’a provoqué que
trois mises en examen.
Au même moment, la veuve du révérend Moon a été arrêtée, à 82 ans, en Corée du Sud pour avoir corrompu la femme du président Yoon Suk Yeol. Certes, il ne
s’agit pas là des mêmes sommes, mais le président Yoon a subitement tenté un coup d’État, le 3 décembre dernier. Ce conservateur entendait rétablir la dictature du général Chun Doo-hwan
(1980-1988). Or, ce funeste régime était membre de la Ligue anticommuniste mondiale, fondée par le général chinois Tchang Kaï-chek, le révérend sud-coréen Moon, le Japonais Ryoichi
Sasakawa (fondateur du parti Libéral-Démocrate)… et l’Ukrainien Iaroslav Stetsko (ancien bras droit de Stepan Bandera et Premier ministre nazi ukrainien).
Si la branche coréenne de l’État profond semble désormais hors de course, la branche japonaise a désormais le vent en poupe.
Moyen-Orient
Au moyen-orient, l’État profond israélien a été reconstitué grâce à l’États-unien Elliott Abrams. En 2003, il est parvenu à composer une
coalition pour porter à nouveau au pouvoir le Likoudnik Benyamin Netanyahou. Mais cette coalition comprenait des suprémacistes juifs, comme Itamar
Ben-Gvir et Bezalel Smotrich. Surtout le nouveau Netanyahou était fort différent du politicien opportuniste de ses débuts. Il est soudainement devenu le
continuateur de son père, Benzion Netanyahou, secrétaire particulier du fasciste Vladimir Jabotinski. Il a profondément transformé le système constitutionnel israélien en amendant ses
lois fondamentales. Petit à petit, le régime démocratique se mue en un régime génocidaire sous les yeux de tous.
Elliott Abrams a débuté sa carrière politique dans les années 1970. Il était alors assistant parlementaire du sénateur démocrate Henry
« Scoop » Jackson, avec les élèves du philosophe fasciste Léo Strauss, dont Richard Perle. Perle et Abrams ont ainsi conseillé le sénateur de voter l’amendement Jackson-Vanik
qui permit aux juifs soviétiques de quitter leur pays et de s’installer en Israël. C’est à cette époque qu’ils se lièrent à l’Ukrainien Natan Sharansky qui fut décoré par le président
Ronald Reagan, puis devint ministre israélien du général Ariel Sharon et est aujourd’hui le responsable de la propagande israélienne dans le monde occidental. Elliott Abrams continua sa carrière en organisant avec le sioniste révisionniste Yitzhak Shamir (alors au Mossad) le génocide des Mayas au
Guatemala. Un crime en appelant un autre, il fut l’organisateur de l’alliance secrète entre l’administration Reagan, Yitzhak Shamir (devenu Premier ministre) et le
président de l’assemblée d’Iran, Hachemi Rafsandjani : L’affaire Iran-Contras. Il s’agissait de faire vendre des armes israéliennes, par la République islamique, aux
Contras du Nicaragua, pour vaincre les Sandinistes, sans avoir à en informer le Congrès. Il est aujourd’hui le président de Fondation Tikvah qui gère les écoles sionistes révisionnistes aux États-Unis. À ce titre, il « était »
l’employeur de Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l’Europe des quatre derniers gouvernements français.
Europe
Au Royaume-Uni, le gouvernement Keir Starmer est insaisissable. Bien qu’il soit travailliste, Starmer a été secrètement membre de la Commission trilatérale,
ce qui semblerait indiqué qu’il est un agent du grand capital états-unien. Bien qu’il ait été un proche de Jeremy Corbyn, il fut un de ceux qui organisèrent sa chute. Sans parler de son
acharnement dans la défense d’Israël sous prétexte de lutte contre l’antisémitsme. Au-delà de toutes les hypothèses avancées à son sujet, il apparaît comme un défenseur de l’impérialisme
britannique.
Depuis qu’il est Premier ministre, l’armée de Sa Majesté s’est considérablement impliquée dans le génocide de Gaza. L’état-major britannique a reçu de
nombreuses fois, en secret, les principaux généraux israéliens, leur donnant même l’assurance qu’ils ne risquaient pas d’être arrêtés par des magistrats sourcilleux de crimes contre
l’Humanité. Il a fourni, jour après jour, une surveillance fidèle de Gaza grâce à ses avions de reconnaissance basés à Chypre.
Simultanément, le gouvernement Starmer hérite des sanctions prises par le gouvernement Sunak à l’encontre les Frères musulmans (dont le Hamas est la branche
palestinienne), et particulièrement de Mahmoud al-Zahar, le chef de la Confrérie à Gaza. Il lève les sanctions contre lui, qui avaient été prises avec les États-Unis, puis les reprend le
9 avril 2025.
Enfin, il a formé des officiers israéliens pendant le massacre. Simultanément, il a pris le contrôle du Groupe de Ramstein lorsque le
secrétariat à la défense états-unien a cherché à s’en débarrasser. C’est désormais le Groupe de contact sur la défense de l’Ukraine où il a réussi à marginaliser la présence française et
à mettre sous sa coupe la présence allemande.
On savait que le prédécesseur de Starmer, le conservateur Boris Johnson, avait convaincu le président Volodymyr Zelensky de ne pas négocier de paix avec la
Russie, bien que ce soit son programme électoral initial. Mais on doit réviser l’interprétation de cet engagement en constatant que le travailliste Keir Starmer a poursuivi sa politique,
exigeant de ses interlocuteurs ukrainiens toujours plus d’engagement contre la Russie.
Il faut se souvenir que Boris Johnson est un admirateur de Winston Churchill auquel il a consacré une biographie. Or Churchill considérait l’URSS non pas
comme un allié contre le III° Reich, mais comme un ennemi en attente. Il avait prévu, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, d’utiliser les régiments SS vaincus et de les retourner
contre les Soviétiques (Operation Unthinkable). Il avait demandé à son état-major de prévoir un anéantissement nucléaire des grande villes
soviétiques et n’en fut empêché que par les États-Unis. Par la suite, il récupéra presque tous les dirigeants possibles de l’Axe pour lutter contre Moscou. C’est ce que l’on appelle la
« Guerre froide ». Ainsi Stepan Bandera et Iaroslav Stetsko travaillèrent pour les Alliés à Munich, au sein de la radio de la CIA, ce qu’il fit aux côtés de Saïd Ramadan, le
leader de la Confrérie des Frères musulmans.
Keir Starmer est l’héritier de cette stratégie. Il ne s’agit pas pour lui de lutter contre les Slaves parce qu’ils sont d’une race inférieure (comme le
pensaient les nazis), mais parce qu’ils menacent la suprématie britannique sur le continent européen (comme l’enseignait le géopolitologue Halford John Mackinder).
Il a actionné un agent britannique : Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères polonais, Radosław Sikorski. Celui-ci a annoncé que
la Pologne intercepterait l’avion présidentiel de Vladimir Poutine s’il tentait de se rendre au sommet de Budapest pour rencontrer Donald Trump et conclure la paix en Ukraine. Du coup,
Serguei Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, a téléphoné à son homologue états-unien, Marco Rubio, pour remettre à plus tard ce sommet de la paix.
Radosław Sikorski a quitté la Pologne en 1981 pour l’Angleterre. Il est devenu sujet de la Couronne et journaliste au Spectator, à l’Observer et au Daily Telegraph. Puis, il a
migré aux États-Unis où il est devenu chef de rubrique au mensuel républicain National Review ; un magazine républicain historique et
donc anti-Trump. Par la suite, il a fondé le Club de la presse polonais et a épousé la journaliste états-unienne Anne Applebaum, administratrice du Groupe de Bilderberg.
Son épouse, républicaine comme lui, fait défection lorsque Donald Trump s’empare du Parti républicain. Elle devient conseillère de la démocrate Hillary Clinton. Du coup, Radosław Sikorski
devient vice-ministre polonais de la Défense et principal relai médiatique de l’OTAN. Face au questionnement sur sa double allégeance, il abandonne la nationalité britannique, mais
apparemment pas sa soumission à la Couronne.
Les Russes sont déçus par la politique de Trump à leur égard. Ils ont depuis longtemps renoncé à l’espoir de s’associer aux États-Unis pour bâtir un ordre
mondial juste, et ils abandonnent désormais l’espoir d’être traités équitablement. La dernière personne en Russie (voire dans le monde) à espérer encore entretenir de bonnes relations
avec Trump est le président Poutine.
On peut le comprendre. Une coopération géopolitique et géoéconomique entre les États-Unis et la Russie est absolument nécessaire, tant pour résoudre la
crise ukrainienne (en tenant compte des intérêts russes) que pour interagir dans l’Arctique, les Caraïbes, l’Afrique et tous les autres points chauds du globe. Il s’agirait d’une
véritable coopération internationale, et non d’une hégémonie américaine, ce qui fait encore saliver nombre de politiciens américains. Les États-Unis doivent s’éloigner du gouffre de la
guerre nucléaire tant qu’il est encore possible de l’éviter. La semaine dernière, les Russes ont mené des exercices nucléaires d’une ampleur inédite. Ces exercices ont mobilisé l’ensemble
de la triade nucléaire russe : forces terrestres, navales et aériennes, selon un communiqué diffusé par l’agence de presse russe RIA sur
Telegram. Au cours de ces exercices, un missile balistique intercontinental Yars a été lancé depuis le cosmodrome de Plesetsk et des bombardiers stratégiques Tu-95MS ont effectué des
frappes de missiles de croisière aéroportés, a indiqué le Kremlin. Un sous-marin de croisière stratégique a tiré un missile balistique depuis la mer de Barents. Puis il y a eu le
lancement du Bourevestnik, un missile de croisière flambant neuf doté d’un réacteur nucléaire embarqué, capable d’atteindre n’importe quelle destination en volant aussi longtemps que
nécessaire. Le Pentagone a fait part de ses inquiétudes face à ces nouveaux développements et a demandé aux Russes de lui expliquer le processus de fabrication de leurs nouveaux engins,
le Bourevestnik et le Poséidon. Heureusement que le président Poutine préfère la paix à la guerre.
Cependant, le président Poutine n’est pas libre de ses choix. Au sein de la politique russe, la demande d’une riposte nucléaire aux provocations
occidentales est forte, non seulement à la frontière ouest de l’Ukraine, mais jusqu’à l’extrême ouest du pays. Pour l’instant, Poutine a le dernier mot, mais la situation risque de
changer si les États-Unis persistent dans leur dérive vers la guerre et les sanctions. Et une invasion américaine du Venezuela devrait vraisemblablement se heurter à un mur
impressionnant. Les soldats russes du PDC Wagner seraient déjà sur place.
Ces sentiments ont récemment été exprimés par Sergueï Karaganov (éminent politologue et représentant honoraire du Conseil de politique
étrangère et de défense) sur la chaîne TVC, et cités par un correspondant de PolitNavigator :
«Avec les Européens,
nous avons affaire à des imbéciles, excusez-moi, ce sont des mots déplaisants. Enfin, des imbéciles devenus des brutes. Ce sont vraiment des imbéciles, cette génération actuelle d’élites
européennes dégénérées, qui ont cessé de craindre Dieu… et qui finissent par oublier la peur de la mort».
C’est un instinct animal qu’il faut restaurer ; il ne leur reste plus rien, car ils sont dépourvus de tout rôle intellectuel, de tout sentiment
d’appartenance à une patrie, de toute notion de genre ou d’amour. Bien sûr, j’exagère ; il y a aussi des gens formidables là-bas. Mais c’est ainsi, ceux qui sont au pouvoir sont des
rebuts de l’humanité.
Il n’y a pas encore de chef pour encadrer tout ça, pas d’«Hitler» au sens figuré. Mais, en principe, ils y vont tête baissée. Et ils mènent leurs peuples à
l’extermination. Nous devons stopper ce mouvement – pour nous sauver nous-mêmes, et leurs peuples au passage, d’ailleurs. Peut-être qu’un jour quelque chose sortira de ces gens-là, même
si la dégradation va très vite.
Ils sont désormais la cible d’une confrontation massive avec la Russie. Et sous-estimons ce risque, car une propagande intense transforme des masses
d’Européens en chair à canon potentielle.
Nous devons donc les sauver, et par la même occasion sauver le monde. C’est notre mission historique, et nous devons être à la hauteur. De plus, nous
n’avons pas d’autre choix. Soit nous nous autodétruisons, et par conséquent le monde s’effondre, soit nous triomphons et nous sauvons l’humanité.
Le présentateur de l’émission, Dmitry Kulikov, a fait remarquer que, historiquement, «c’est quand nous
comprenons que nous n’avons pas d’autre choix que nous sommes performants». Ce sentiment imprègne les cercles politiques russes. On y reprend de plus en plus souvent les propos de
Poutine en 2018 : «Nous irons au
paradis, et ils ne feront que crever».
C’est fort regrettable, car Poutine et Trump ont en commun de véritables ennemis : les dirigeants de la Grande-Bretagne, de la France, de l’Allemagne, de
l’Union européenne et l’intelligentsia ultralibérale apatride. Comment un homme adulte, un président américain, peut-il se laisser berner par la flatterie la plus vulgaire que lui servent
des gens comme Keith Starmer, Macron, Friedrich Merz et consorts ? Ne comprend-il pas qu’ils le méprisent ? Que veulent-ils ? Fritz (le chancelier allemand Friedrich Merz) et Ursula
gardent-ils un bon souvenir de la soupe russe gratuite servie aux Allemands par les soldats russes en 1945, et rêvent-ils peut-être d’y goûter à nouveau ? Starmer espère-t-il détourner
l’attention de ses électeurs pour qu’ils oublient son soutien au génocide de Gaza et aux hooligans israéliens ? Macron calcule-t-il (c’est probable) qu’il vaut mieux envoyer des Français
mourir en Ukraine pour empêcher le retour des Gilets jaunes ? Le Suédois Ulf Kristersson pense-t-il qu’il est préférable de perpétuer la vénérable tradition d’accueillir les forces
d’occupation russes au moins une fois par siècle ? Lesquels de ces plans peuvent s’inscrire dans la vision de Trump ?
On peut se demander : pourquoi le président Trump lèverait-il le petit doigt pour aider Vladimir Zelensky, l’homme qui a soutenu la candidate du Parti
démocrate lors de l’élection présidentielle américaine et qui avait joué un rôle certain dans le lancement de la procédure de destitution contre Donald Trump ?
Au cas où Trump l’aurait oublié, l’envoyé russe Dmitriev a rappelé au public américain (lors de son entretien avec la journaliste Lara Logan) que Zelensky
avait fait campagne pour Kamala Harris, candidate du parti démocrate à l’élection de 2024 et principale rivale de Trump. «N’oublions pas
cela», a-t-il ajouté. Dmitriev a ensuite souligné que Zelensky avait été l’un des facteurs ayant influencé le déclenchement de la première procédure de destitution contre le
président américain.
L’enquête qui avait précédé la procédure de destitution du président américain Donald Trump avait débuté le 24 septembre 2019 à l’initiative de la
présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi. Cette procédure avait été déclenchée par une déclaration d’un informateur anonyme (probablement Zelensky lui-même) affirmant
qu’en juillet 2019, Trump avait fait pression sur Vladimir Zelensky à des fins politiques personnelles. Selon ce rapport anonyme, Trump aurait exigé que Kiev enquête sur les activités de
Hunter Biden, fils de l’ancien vice-président Joe Biden, en échange d’une aide financière et militaire à l’Ukraine.
Suite à ces allégations, la Maison-Blanche a été contrainte de publier un mémorandum contenant la transcription de la conversation téléphonique entre Trump
et Zelensky. Ce document montrait que Trump avait effectivement demandé au président ukrainien d’«examiner» l’affaire concernant la famille Biden. Parallèlement, une semaine avant cette
conversation, Trump avait ordonné la suspension de l’aide militaire à l’Ukraine. Des représentants du parti démocrate interprétaient cette décision comme une tentative de pression sur
Kiev afin d’obtenir une enquête favorable à Trump. Le président lui-même a été contraint de nier publiquement ces allégations.
Le 31 octobre 2019, la Chambre des représentants américaine adoptait une résolution visant à lancer formellement une procédure de destitution. Le 18
décembre, les débats finaux ont eu lieu, au cours desquels deux articles de mise en accusation contre Donald Trump ont été soumis au vote : abus de pouvoir et obstruction à une enquête du
Congrès. Les deux articles ont été adoptés, entraînant la destitution du président et faisant de lui le troisième chef d’État de l’histoire des États-Unis à faire l’objet d’une telle
décision de la Chambre des représentants.
Or le 15 janvier 2020, un vote a eu lieu pour transmettre l’acte d’accusation au Sénat, qui a reçu les motifs de la mise en accusation le lendemain. Après
examen du dossier, le 5 février 2020, le Sénat a acquitté Donald Trump des deux chefs d’accusation. Et maintenant, Trump veut aider celui qui l’avait mis dans ce pétrin ?
De plus, la politique de Trump visant à armer l’Europe et à fournir une aide militaire à l’Ukraine est contraire aux intérêts américains. Imposer aux
membres européens de l’OTAN une augmentation de leurs dépenses de défense de 2%, puis de 5%, transformera l’UE en un monstre militaire comparable au Troisième Reich. Une UE militairement
forte s’affranchirait immédiatement de sa dépendance économique vis-à-vis des États-Unis, tant en matière de pétrole et de gaz que de technologie. Elle commencerait alors à imposer son
propre agenda aux autres pays, y compris aux États-Unis. La politique de militarisation de l’Europe menée par Trump est suicidaire pour l’avenir des États-Unis ; elle nourrit le crocodile
que les pays de la coalition antihitlérienne semblaient avoir vaincu à jamais en 1945.
On pourrait comprendre les décisions de Trump si la création d’un petit État ukrainien gringalet était une stratégie gagnante pour l’Occident. Mais ce n’est
pas le cas. C’est comme alimenter une machine à sous dans l’un des casinos appartenant à Sheldon Adelson, le bienfaiteur de Trump. On y met de l’argent, et elle nous crache une musique
entraînante, des bruits de fond, des personnages colorés qui s’animent sur l’écran ; puis plus rien. «Misez encore, vous gagnerez sûrement à la prochaine manche», vous assure le croupier.
Un homme sage ne perdrait pas deux fois son argent par les fenêtres, mais un joueur si, jusqu’à son dernier sou. Le bourbier ukrainien de l’OTAN est comme un casino
de Kiev : on vous promet le jackpot, il suffit d’investir cent milliards de plus ! Des milliards ont été engloutis dans ce gouffre financier sans aucun résultat, si ce n’est de
nouveaux palais à Miami pour Zelensky et ses amis.
La rénovation de l’aile est de la Maison-Blanche par Trump n’est pas un projet anodin : la soi-disant «salle de bal Trump» n’est qu’une couverture pour la
construction d’un abri antiatomique secret et d’un bunker présidentiel. Mais combien de temps pourrait-il y rester sous une pluie d’Oreshnik et autres missiles russes redoutables ? Ils
atteindront le bunker le plus profond et le réduiront en cendres.
Non, le seul salut pour l’Amérique réside dans une alliance sincère avec la Russie et dans la transformation de l’Ukraine, de simple base militaire pour
l’Europe, en un pont de coopération entre l’Ouest et l’Est. Dieu merci, c’est encore possible.
L’élargissement de l’OTAN n’a jamais profité à l’Europe. Cela a toujours servi à maintenir les troupes américaines en activité durant la Guerre froide.
L’OTAN a été délibérément élargie pour maintenir la pression sur la Russie. Cela a toujours exposé l’Europe à des risques, sans jamais apporter le moindre avantage au citoyen européen
moyen. Aujourd’hui, alors que les États-Unis s’apprêtent à réduire drastiquement leurs effectifs en Europe, les nations européennes sont prêtes à gérer l’OTAN seules. L’Europe
souhaite-t-elle vraiment revivre la Guerre froide et devenir un terrain d’essai pour les nouveaux missiles de croisière russes ? Est-elle vraiment prête à affronter un ennemi aussi
implacable à ses frontières ? L’Europe souhaite-t-elle vraiment s’aliéner un pays européen qui contrôle la majeure partie de ses ressources naturelles, notamment en gaz naturel, en
pétrole, en charbon, en palladium, en aluminium et sen minerai de fer ? En quoi cette hostilité pourrait-elle profiter à la famille européenne moyenne ?
Et le président Trump restera dans les mémoires pour le génocide de Gaza, que sa paix promise pour durer 3000 ans n’a pas empêché (elle n’aura duré que deux
jours !), pour sa soumission aux clowns européens et à Bibi Netanyahou ; et maintenant pour avoir mené les États-Unis vers l’apocalypse finale.
Le ministère français de la Défense n’a pas cherché à le dissimuler: lors des affrontements récents entre l’Inde et le Pakistan, un Rafale que Paris avait vendu à l’armée indienne a été abattu.
Les experts considèrent plutôt qu’il y a un manque de formation et d’expérience des pilotes de l’armée de l’air indienne. Il n’empêche: à Paris on a tout de suite perçu les implications de cette
mauvaise nouvelle. La concurrence pense qu’elle pourra semer le doute sur la réputation du Rafale. En ce qui concerne les ventes d’armes, nous sommes entrés dans un monde où la Russie a de
nouveau la meilleure armée du monde, forte d’une expérience de trois ans de guerre de haute intensité en Ukraine; où le conflit du Cachemire met soudain en valeur la performance des armes et des
équipements militaires chinois; où l’industrie de la défense américaine, sur la défensive, mettra tout en œuvre pour couler la concurrence française. Face à ce nouveau monde, la France cumule
deux inconvénients: ses milieux dirigeants se comportent, depuis trente ans, en rentiers de la mondialisation et non en conquérants; et, pataugeant dans la bouillie idéologique des conceptions
post-nationales, nous avons oublié qu’un Etat assoupi, comme est le nôtre, se fera aisément dévorer par les grands carnivores de la planète s’il ne se réveille pas à temps.
Bienvenue dans le monde réel. Dans le cadre de la guerre entre l’Inde et le Pakistan – pour l’instant restée limitée, sans que l’on sache si la médiation américaine
réussira à maintenir la paix au-delà de quelque temps – l’armée pakistanaise s’est vantée d’avoir abattu des appareils de l’armée de l’air indienne. La chasse indienne est équipée d’appareils
russes et de Rafale.
Selon les sources, on parle d’une chute de l’action Dassault entre 3 et 9%. L’entreprise n’a pas voulu communiquer sur le sujet. La fébrilité des actionnaires s’est
apaisée lorsque seul un avion abattu a été confirmé, alors que le gouvernement pakistanais s’était vanté
d’en avoir abattu trois.
La presse indienne parle du « scandale de corruption Rafale », qui fait la une depuis une motion de censure contre le gouvernement déposée au Parlement en juillet 2018. Rahul Gandhi, chef
du parti d’opposition, a soulevé la question.
Le gouvernement de Modi a remporté le vote de confiance avec une large majorité, mais la tempête médiatique ne s’est pas calmée. Des accusations d’« utilisation abusive des médias » ont
été portées et des mises en demeure ont été adressées à des politiciens de l’opposition et à un quotidien national pour qu’ils cessent de relayer des informations « non vérifiées et
spéculatives ».
Au cœur du scandale se trouve Anil Ambani, un homme d’affaires milliardaire indien dont la famille était la plus riche d’Asie selon le classement Forbes en 2017.
Gandhi affirme que l’Inde paie trop cher les avions Rafale et que le gouvernement Modi « ment » au sujet d’un accord de non-divulgation entre les gouvernements français et indien. Il
affirme en outre que l’accord de 2015 a été modifié par Modi au profit de « son ami » Ambani. « Le plus drôle, c’est que le contrat a été attribué à Ambani-ji, qui n’a jamais fabriqué
d’avion de sa vie et n’a jamais signé de contrat dans le domaine de la défense », a déclaré Gandhi.
Selon News24, le scandale remonte à 2007, lorsque le ministère indien de la Défense a lancé son plus grand appel d’offres jamais organisé pour 126 avions de combat polyvalents destinés à
remplacer sa flotte composée principalement d’avions de combat de fabrication russe. Cinq ans plus tard, en 2012, le gouvernement dirigé par le Congrès a annoncé que l’appel d’offres
avait été remporté par Dassault, le constructeur du Rafale, et que l’accord prévoyait l’achat de 18 Rafale prêts à voler auprès de la société française. Les 108 appareils restants
devaient être assemblés sur le sol indien en partenariat avec la société publique indienne HAL (Hindustan Aeronautics Limited). À l’époque, le choix de HAL avait été salué comme un moyen
de permettre à l’entreprise publique indienne spécialisée dans l’aérospatiale et la défense d’acquérir des capacités de fabrication avancées pour produire et entretenir des avions de
combat de pointe. Cependant, entre 2012 et 2015, l’accord a été bloqué en raison de problèmes de prix et de capacité. À l’origine, le contrat Rafale s’élevait à 12 milliards de dollars,
mais selon News24, il aurait été largement réévalué à 20 milliards de dollars, principalement en raison des implications liées à la construction de certains avions en Inde.
Avant l’arrivée de M. Modi en France le 9 avril 2015, les médias indiens et français, cités par News24, ont rapporté que les négociations sur l’accord s’étaient accélérées. Cette visite
était censée être une tentative du Premier ministre indien pour encourager les entreprises françaises à participer à son programme nationaliste « Make in India » en investissant et en
formant des partenariats industriels dans les domaines de l’énergie nucléaire civile, de la défense et de l’agroalimentaire.
Cependant, l’accord ne portait que sur 36 avions de combat Rafale, qui devaient tous être fabriqués en France et livrés prêts à voler. L’accord intergouvernemental stipulait toutefois que
Dassault devrait « compenser » 50 % du contrat en Inde. Cela signifiait que le fournisseur, Dassault, devrait consacrer une partie du contrat, estimée à 8,7 milliards de dollars, au
système de défense indien.
Du côté indien, HAL aurait été le partenaire idéal, mais Dassault avait choisi de s’associer au groupe Reliance d’Ambani, une entreprise qui n’avait et n’a toujours aucune expérience dans
le domaine de l’aéronautique. De plus, le groupe Reliance d’Ambani a conclu un accord pour produire un film avec la compagne de Hollande, l’actrice Julie Gayet, deux jours avant la
conclusion de l’accord sur les avions de combat Rafale.
Le choix d’une société d’Ambani comme partenaire de Dassault a suscité des interrogations dans les milieux d’opposition. « Pourquoi Dassault aurait-il choisi un tel partenaire ? Selon
quels critères ? Et si ce n’était pas le choix de Dassault, qui l’a choisi ? », a déclaré Gandhi dans une interview accordée au Monde cette semaine. Le ministère indien de la Défense
maintient que Dassault est libre de travailler avec toute entreprise locale de son choix, sous réserve de l’accord du gouvernement indien. News24 a rapporté que Dassault avait refusé de
s’exprimer dans Le Monde, mais un analyste du secteur a été cité : « Même si c’est Dassault qui fournit le nom, il est difficile d’imaginer que le gouvernement indien ne donne pas son
avis, compte tenu de la dimension politique et économique d’un tel contrat. »
Il est également intéressant de noter que 13 jours avant l’annonce par M. Modi du nouvel accord sur les Rafale, le groupe Reliance a créé une nouvelle société de défense, Reliance
Defence.
Ambani faisait également partie d’un groupe d’hommes d’affaires indiens qui ont accompagné le Premier ministre Modi en France.
Modi est accusé de capitalisme de copinage depuis son arrivée au pouvoir en 2014. Ces accusations n’ont fait que s’intensifier à l’approche des élections de 2019. Les dons privés de
riches particuliers et d’entreprises financent depuis longtemps les partis politiques indiens, mais le BJP a porté cette pratique à un niveau sans précédent, selon les chiffres publiés
par l’Association for Democratic Reform, basée à New Delhi. Le BJP de Modi a reçu plus de huit fois le montant des dons reçus par le deuxième parti, l’INC, entre 2016 et 2017.
Le groupe Reliance d’Ambani a nié toutes les accusations relatives à l’accord Rafale et a même adressé des mises en demeure à plusieurs politiciens du Congrès indien et aux médias
hindous, leur demandant de « cesser et de s’abstenir » de présenter des déclarations « non vérifiées, spéculatives et incorrectes » « sur un sujet aussi sensible lié à la sécurité
nationale ».
Même deux anciens ministres du BJP ainsi qu’un éminent analyste politique ont critiqué le Premier ministre Modi. Leurs commentaires ont été publiés sur le site d’information indien The
Wire. Ils qualifient l’accord Rafale de « cas de faute criminelle ».
Peut-on imaginer que ces polémiques, jamais complètement éteintes, couplées à la perte de l’avion français dans un affrontement avec le pays voisin, mette en
question l’acquisition prévue de 26 avions Rafale supplémentaires?
Et puis il y a l’impact internationale de l’utilisation par le Pakistan d’avions chinois qui auraient donc
été plus performants que les avions français:
Les médias pakistanais ont déclaré que la tentative d’incursion aérienne avait eu lieu au-dessus du Cachemire dans la nuit du 29 au 30 avril et que des avions de combat de l’armée de
l’air indienne (IAF) avaient été brouillés par des avions de combat J-10C de la PAF. Une confrontation aérienne entre les deux camps a effectivement été signalée à ce moment-là.
Geo TV a déclaré que les Rafale indiens étaient armés de munitions capables de frapper des cibles à plus de 200 kilomètres, très probablement des missiles de croisière Storm Shadow, au
moment de la confrontation, tandis que les J-10C étaient équipés de missiles air-air PL-15 d’une portée maximale de 300 kilomètres.
L’IAF exploite 36 Rafale. Ces avions de combat, livrés par la France entre 2020 et 2022, sont équipés de la suite de guerre électronique SPECTRA, qui serait capable de protéger l’avion de
combat contre les menaces aériennes et terrestres.
Le J-10C peut être équipé d’un pod de guerre électronique aux capacités inconnues, baptisé KG600. On ne sait toutefois pas si c’est ce système qui a été utilisé lors du couronnement
au-dessus du Cachemire. La PAF a reçu 20 avions de combat de ce type de la Chine depuis 2022.
Le réveil va être dur pour les milieux dirigeants français
Très concrètement, il va falloir défendre le Rafale internationalement parlant. Cela se passe dans un monde où, non seulement, les Américains vont porter tous les
coups possibles à l’industrie de la défense française, mais les autres grandes puissances ne vont nous faire aucun cadeau du fait de l’alignement de notre diplomatie sur les Etats-Unis
globalistes et de notre collaboration aux deux conflits d’Ukraine et de Gaza. C’est le monde, impitoyable pour les actuels dirigeants français, que nous avons décrit avec Ulrike Reisner dans
notre ouvrage:
Pour observer les « élites » de notre pays depuis trois décennies à l’étranger, je peux dire que le réveil va être douloureux. La mondialisation est
devenue une rente pour les dirigeants français, ceux de l’économie comme de la politique. Ils n’ont pas la mentalité de conquérants que peuvent avoir les Américains, les Italiens ou les
Chinois.
En l’occurrence il va falloir sortir du confort douillet qui conduisait à penser qu’après un démarrage difficile le Rafale trouvait de plus en plus son
marché. Tout cela est remis en cause. Il va falloir à nouveau se battre, et dans des conditions bien plus difficiles qu’il y a vingt ans. Mais on voit bien quel est le dilemme – inavoué – pour
les grandes entreprises de l’industrie de la défense française: Emmanuel Macron est-il aujourd’hui un atout ou un handicap pour défendre l’industrie de défense française ?
« Mon petit cœur, lui, restera français » : Ce tifo patriotique qui fait chaud au cœur
Le peuple de France, qui bien souvent aime le foot, descend du peuple des tranchées.
Certains connaissent probablement, encore, La
Strasbourgeoise, ce chant magnifique et déchirant, marqué par la guerre de 1870. On y entend la plainte d’une petite fille d’Alsace qui a perdu son père à la guerre et sa
mère dans un bombardement. Pleine de fierté, abandonnée dans la rue, elle refuse l’aumône d’un Allemand, à qui elle dit « bien fièrement » : « Mon petit
cœur, lui, restera français. » C’est ce message qu’ont déployé, dimanche 4 mai, en marge du coup d’envoi du match Lyon-Lens, les supporters de l’OL, dans les tribunes
du Groupama Stadium.
Les tifos sont de petites banderoles brandies par chaque supporter et qui, toutes ensemble, forment un motif ou un slogan, parfois d’un goût douteux.
C’est une grande tradition footballistique. Ce 4 mai, on pouvait donc voir quatre silhouettes de soldats français, trois d’autrefois et une d’un militaire de notre temps, sur fond de
drapeau tricolore. Et ce slogan, en bas de la composition : « Mon petit cœur, lui, restera
français. » Parce que les supporters ont pensé à tout, ce drapeau tricolore arborait les noms de batailles glorieuses des deux conflits mondiaux, à la manière des
étendards et drapeaux des régiments, navires ou escadrilles de l’armée française : La Marne, Verdun, Dunkerque, Sedan, Bir Hakeim…
On n’est plus très loin du 8 mai, qui marque la capitulation de l’Allemagne nazie et l’entrée de la France (aux forceps) dans le camp des vainqueurs de
la Seconde Guerre mondiale. Quatre jours plus tôt, c’est cette France glorieuse, jamais vaincue, couturée de cicatrices, qu’ont voulu honorer les « Bad Gones », un collectif de
supporters lyonnais à qui l’on doit ce tableau à la fois rassurant et émouvant.
Émouvant, d’abord, il l’est sans conteste. La Strasbourgeoise ferait
pleurer les pierres. Les Alsaciens et les Mosellans ne le chantent jamais sans avoir la voix qui se brise légèrement à la fin des derniers couplets. Et ce témoignage d’affection et
d’estime envers les armées qui ont toujours défendu la France est émouvant, lui aussi, dans un moment particulièrement délicat pour la cohésion de notre peuple qui, ne sachant plus
qui il est, à du mal à savoir où il va.
Ce tableau était également rassurant, précisément pour cette raison, car il nous fait passer un message essentiel. Les beaux esprits, les érudits de
gauche comme de droite, passent leur temps à dire du mal du peuple de France. À gauche et dans les banlieues, on se moque grassement des « French dreamers », ces Français des
banlieues pavillonnaires, avec leur maison de plain-pied, leur voiture sans grâce et leurs espoirs médiocres. À droite, on critique une France profonde déracinée, abrutie devant les
écrans, pas foutue de se reproduire et incapable de lire des livres qui l’élèveraient. Gauchistes et droitards communient dans un même mépris de la figure du supporter, beauf
extrémiste ivre de bière pour les uns, plébéien vulgaire qui ignore la grandeur du rugby selon les autres. Tous oublient une chose : le peuple de France, qui bien souvent aime le
foot, descend du peuple des tranchées. Les supporters lyonnais, eux, n’ont rien oublié de cette filiation souterraine, et c’est tout à leur honneur. Voilà qui donne du baume au cœur
en cas de dimanche pluvieux ou de lundi maussade !
Le président réélu Donald Trump a évoqué une possible annexion du canal de Panama, du
Canada et du Groenland. Un projet farfelu qui figurait déjà sur une carte, imaginée en 1941 par un adepte du mouvement technocratique. Or, c’est la branche française de ce mouvement qui inventa
le transhumanisme cher à Elon Musk, dont le grand-père fut responsable de la branche canadienne du mouvement technocratique.
La carte du monde post-Seconde Guerre mondiale, dessinée par Maurice Gomberg en 1941. Les États-Unis s’étendent du Canada au canal de Panama
et incluent le Groenland.
Les déclarations du président états-unien réélu, Donald Trump, avant son investiture, annonçant qu’il se proposait d’acheter le Groenland (ce qu’il avait déjà
comparé en 2019 à une « grosse transaction immobilière ») et d’annexer aussi bien le Canada que le canal de Panama nous ont stupéfaits. Aucun dirigeant occidental n’avait tenu de tels
propos depuis la Seconde Guerre mondiale. La classe dirigeante états-unienne y a plutôt vu une « nouvelle frontière », c’est-à-dire de nouveaux territoires où leur pays pourrait
continuer sa progression.
Le gouvernement danois, dont dépend le Groenland, a indiqué que celui-ci n’est pas à vendre, que c’est un « territoire Le gouvernement danois, dont dépend
le Groenland, a indiqué que celui-ci n’est pas à vendre, que c’est un « territoire autonome » dont seuls les Groenlandais sont propriétaires. Le chancelier allemand, Olaf Scholz, a
appelé que « le principe de l’inviolabilité des frontières s’applique à tous les pays... qu’il s’agisse d’un très petit, ou d’un pays très puissant. » Le ministre français des Affaires
étrangères, Jean-Noël Barrot, a commenté : « Il ne fait évidemment aucun doute que l’Union européenne ne laisserait pas d’autres nations du monde s’attaquer à ses frontières
souveraines. » Selon le ministre britannique des Affaires étrangères, David Lamy, Donald Trump « soulève des inquiétudes à propos de la Russie et la Chine dans l’Arctique, qui
concernent la sécurité économique nationale » des États-Unis, Ce sont « des questions légitimes. » Enfin, pour la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, ces déclarations sont
« davantage un message destiné » à « d’autres grandes puissances plutôt que des revendications hostiles envers ces pays. Il s’agit de deux territoires où ces dernières années nous
avons assisté à un activisme croissant de la Chine. »
Le Premier ministre du Canada, Justin Trudeau, qui s’est fait élire en tant que fils de Pierre Trudeau et donc comme défenseur de l’indépendance nationale,
s’est avéré n’être qu’un suiviste de Washington. Il n’avait donc rien à répondre à ce qui paraît être une évidence : en adhérant aux États-Unis, son pays n’aurait rien à perdre qu’il n’a
déjà perdu et tout le reste à gagner. Il a donc démissionné.
Concernant le canal de Panama, Donald Trump avait insinué qu’il était exploité par l’armée chinoise. Le président du Panama, José Raúl Mulino, lui a répondu :
« Le canal n’est contrôlé, directement ou indirectement, ni par la Chine, ni par la Communauté européenne, ni par les États-Unis ni par toute autre puissance. En tant que Panaméen, je
rejette fermement toute expression qui déforme cette réalité ».
Nous allons exposer ici que ces idées d’annexion ne sont pas nouvelles, mais datent de la crise de 1929, et qu’elles correspondent à un corpus idéologique cohérent
défendu, jusqu’à la semaine dernière, par le seul multi-milliardaire Elon Musk que nous connaissions plutôt comme un admirateur de l’ingénieur serbe Nicolas Tesla et comme un adepte du
transhumanisme.
Lors de la « Grande dépression », c’est-à-dire de la crise de Wall Street et de la tempête économique qui suivit, la totalité des élites états-uniennes et
européennes considéra que le capitalisme, sous sa forme d’alors, était définitivement mort. Joseph Staline proposa le modèle soviétique comme seule réponse à la crise, tandis que Benito Mussolini
(ancien représentant de Lénine en Italie) proposa au contraire, le fascisme. Mais aux États-Unis, une troisième solution fut proposée : La technocratie.
Critiquant la lecture traditionnelle de l’offre et de la demande, l’économiste Thorstein Veblen s’intéressa aux motivations des acheteurs. Il montra que l’homme qui
peut s’offrir du loisir le fait en réalité pour conforter sa supériorité sociale, et doit par conséquent le montrer. Les loisirs ne sont donc pas une forme de paresse, mais « expriment la
consommation improductive du temps ». Par conséquent, dans de nombreuses situations, contrairement à ce que l’on croit, « Plus le prix d’un bien augmente, plus sa consommation augmente
également » (paradoxe de Veblen). Ce ne sont donc pas les prix, mais les comportements de groupe et les motivations individuelles qui dictent l’économie.
La pensée iconoclaste de Thorstein Veblen donna naissance, entre autres, au mouvement technocratique d’Howard Scott. Celui-ci imagina que le pouvoir ne soit donné
ni aux capitalistes, ni aux prolétaires, mais aux techniciens.
Ce mouvement s’est exporté en France autour de polytechniciens, notamment le romancier ésotérique Raymond Abellio (qui fonda la secte dont François Mitterrand fut
membre jusqu’à sa mort) et de Jean Coutrot, l’inventeur du transhumanisme. De fil en aiguille, ce mouvement aurait engendré dans les milieux occultistes du régime de Philippe Pétain une société
secrète, la Synarchie.
Le transhumanisme de Coutrot préfigure le transhumanisme d’Elon Musk. Il s’agissait pour Coutrot d’utiliser la technique pour dépasser l’humanisme. Pour Elon Musk,
il s’agit plutôt d’utiliser la technique pour changer l’homme.
Vu cette filiation, on comprend que toute référence à la technocratie en France est discréditée dès le départ. Pourtant ce mouvement repose sur une contestation
dominante du fonctionnement des démocraties. Il professe ne pas faire de politique et trouver des solutions techniques à tous les problèmes. Que nous le voulions ou non, il est présent aux
États-Unis dans la croyance selon laquelle c’est le progrès technique qui résoudra tout.
Toujours est-il que le mouvement technocratique, s’appuyant sur les connaissances statistiques de l’entre-deux-guerres était persuadé que le continent
nord-américain constituait une unité en termes de ressources minérales et d’industries.
Joshua Haldeman
Le responsable de la branche canadienne du mouvement, le chiropracteur Joshua Haldeman, fut arrêté durant la Seconde Guerre mondiale parce qu’il défendait la
neutralité vis-à-vis de l’Allemagne nazie. Il était effectivement pro-hitlérien et anti-sémite [1]. Après la guerre, il s’installa en Afrique du Sud,
séduit par son régime d’apartheid. Son petit-fils n’est autre qu’Elon Musk.
Notons que la position du multi-milliardaire au sein de l’administration Trump est de plus en plus contestée de l’intérieur. Ainsi Steve Bannon a-til pu déclarer
au Corriere della sera : « Elon Musk n’aura pas pleinement accès à la Maison Blanche, il sera comme n’importe quelle autre personne. C’est
vraiment un gars maléfique, un très mauvais gars. J’ai fait un truc personnel de virer ce type. Avant, parce qu’il a mis de l’argent, j’étais prêt à le tolérer, je ne suis plus prêt à le
tolérer. » [2].
Certains membres du mouvement technocratique donnèrent une grande importance à la carte du monde d’après la Seconde Guerre mondiale établie, en 1941, par un
auteur anonyme signant sous le pseudonyme de Maurice Gomberg. Or, il envisageait une division du monde par civilisations. Les États-Unis auraient été élargis à toute l’Amérique du Nord, du Canada
au canal de Panama, et à de nombreuses îles du Pacifique et de l’Atlantique, dont les Antilles, le Groenland et l’Irlande. Comme la Synarchie française, cette carte a été largement évoquée dans
les milieux conspirationnistes.
Cependant, selon l’historien Thomas Morarti, cité par la presse irlandaise [3], cette carte aurait eu un écho chez le président Franklin D. Roosevelt lors de
son « discours des quatre libertés » (la liberté d’expression, celle de religion, celle de vivre à l’abri du besoin, et celle de vivre à l’abri de la peur), le 6 janvier 1941. Dans la
même ligne, en 1946, le président Harry Truman proposa que les troupes états-uniennes n’évacuent pas le Groenland, qu’elles avaient libéré des nazis, mais l’achète pour 100 millions de
dollars.
En 1951, le Danemark a autorisé l’établissement de deux vastes bases militaires des États-Unis et de l’OTAN au Groenland, à Sondreström et à Thulé (Pituffik).
Des éléments du système anti-balistique des États-Unis y ont depuis été installés. Le traité autorisant ces bases a été cosigné par le Groenland, en 2004, c’est-à-dire après qu’il ait acquis son
statut d’autonomie.
En 1968, un bombardier stratégique US, qui participait à une opération de routine dans le contexte de la Guerre froide, s’écrasa accidentellement près de Thulé,
contaminant la région avec un nuage d’uranium enrichi. On apprit, en 1995, que le gouvernement danois avait tacitement autorisé les États-Unis, en violation de la loi danoise, à stocker des armes
nucléaires sur son sol.
L’achat du Groenland pourrait donc facilement intervenir sans argent. Il suffirait que le Pentagone assure la protection du Danemark, le libérant ainsi d’une charge
financière.
Donald Trump Jr. et son équipe « en vacances » au Groenland.
Donnant une réalité à ce qui paraissait n’être que des propos en l’air, Donald Trump Jr., le fils du président réélu, s’est rendu en vacances au Groenland. Bien
entendu à bord d’un avion familial et entouré d’un groupe de conseillers. Il n’a pas rencontré, officiellement du moins, de responsable politique. Au cours de ce voyage, l’ONG Patriot Polling a
réalisé un sondage. La majorité des répondants (57,3 %) ont approuvé l’idée d’adhérer aux États-Unis, tandis que 37,4 % se sont prononcés contre. Sur les personnes interrogées,
5,3 % sont restées indécis. À la suite de la publication de ces résultats, Múte B. Egede, a donné une conférence de presse à Copenhague déclarant que, même s’il n’avait pas parlé avec les
Trump, il était ouvert à des « discussions sur ce qui nous unit. Nous sommes prêts à discuter. La coopération est une question de dialogue. La coopération signifie que vous travaillerez à la
recherche de solutions. »
Lorsque le mouvement technocratique envisageait d’annexer le Groenland, il rappelait qu’il est situé sur le plateau continental nord-américain et se fondait sur
l’importance de ses ressources naturelles. Il détient en effet de précieux minéraux de terres rares [4], ainsi que de l’uranium, des milliards
de barils de pétrole et de vastes réserves de gaz naturel, autrefois inaccessibles, mais qui le sont de moins en moins. Les terres rares sont aujourd’hui une quasi-exclusivité de la Chine.
Elle sont pourtant devenues indispensables pour la haute technologie et notamment pour les voitures Tesla. Ces réserves naturelles ne sont pas exploitées du fait de l’opposition
traditionnelle des populations autochtones, les Inuits (88 % de la population).
Aujourd’hui, le Groenland est surtout un enjeu stratégique. Il permettrait aux États-Unis de contrôler la route maritime du Nord, désormais navigable. Celle-ci
étant actuellement contrôlée par la Russie et la Chine, le changement de propriétaire de l’île transformerait l’équation géopolitique. C’est pourquoi Dmitry Peskov, le porte-parole du
Kremlin, a commenté : « L’Arctique est une zone de nos intérêts nationaux, de nos intérêts stratégiques. Nous souhaitons préserver le climat de paix et de stabilité dans la zone
arctique. Nous observons de très près l’évolution assez spectaculaire de la situation, mais jusqu’à présent, Dieu merci, uniquement au niveau des déclarations. »
Les références au mouvement technocratique n’ont peut être rien à voir avec Musk et Trump, il conviendra pourtant de les conserver à l’esprit lors de la suite
des évènements.
Les forces de défense israéliennes (FDI) ont construit une
station balnéaire sur la côte du nord de Gaza où leurs soldats peuvent faire une pause dans leur génocide pour se détendre, se faire masser, boire du café glacé et manger des
glaces et de la barbe à papa au bord de la mer.
Pendant ce temps, le dernier hôpital du nord de Gaza a été
incendié par l’armée israélienne après des jours de violente guerre de siège contre l’établissement médical.
Les FDI disent
maintenant qu’elles pourraient rester dans le sud du Liban au-delà de la limite de 60 jours qu’elles ont acceptée dans leur accord de cessez-le-feu avec le Hezbollah, ce qui
signifie que nous pourrions bientôt assister à une nouvelle occupation militaire israélienne illégale prolongée.
Un récent rapport
de Drop Site
News cite plus d’une douzaine d’employés de la BBC qui
affirment que tous les reportages de l’État britannique sur Israël et la Palestine sont en fin de compte contrôlés par un seul rédacteur en chef, Raffi Berg, qui a précédemment travaillé
pour la CIA. Les journalistes de la BBC ont
déclaré à Drop Site
News que Berg manipule constamment les titres et les reportages de manière à favoriser les intérêts du gouvernement israélien en matière d’information.
Un média anti-Assad, Verify
Syria, a
découvert qu’une vidéo virale censée montrer des femmes et des enfants libérés de la prison de Sednaya après l’éviction d’Assad ne montrait en fait rien de tel. En réalité,
l’endroit où les femmes et les enfants terrifiés ont été filmés était un centre de bienfaisance familial appelé Association Dafa, et ils étaient terrifiés parce que le centre était
attaqué par des «révolutionnaires» armés.
Cette affaire survient alors que les affiliés d’Al-Qaïda soutenus par les
États-Unis, qui sont désormais au pouvoir en Syrie, annoncent qu’ils
n’organiseront probablement pas d’élections avant quatre ans.
L’empire américain s’active frénétiquement au Moyen-Orient pour manipuler ce qui s’y passe, tandis qu’aux États-Unis, le nombre de sans-abri a fait un
nouveau bond en avant. Le nombre de sans-abri aux États-Unis a augmenté de 18% depuis
l’année dernière. L’année dernière a également été marquée par une augmentation considérable du nombre de sans-abri, de 12% par rapport à l’année précédente. Officiellement, il y a
aujourd’hui environ 770 000 sans-abri américains, mais le chiffre réel est probablement beaucoup plus
élevé.
Cette injustice massive est tout à fait intentionnelle. En tant que plaque tournante d’un empire mondial, les États-Unis ont besoin de maintenir leurs
citoyens dans la pauvreté, la division, la distraction et l’impuissance afin de les empêcher de s’immiscer dans les rouages de la machine impériale. Plus les Américains auront de temps
libre et d’espace mental, plus ils se rendront compte de la dépravation de leur gouvernement et de la façon dont il les baise. Les dirigeants de l’empire occidental ont naturellement tout
intérêt à ce que les Américains restent pauvres, malades, ignorants et soumis à la propagande. C’est pourquoi ils restent comme ils sont.
L’empire centralisé aux États-Unis prospère grâce au mensonge, à la manipulation, à l’insensibilité et à la stupidité. Le monde entier est rendu pire par
son existence. Il dégrade l’âme collective de notre espèce. C’est mauvais pour les Américains, et c’est mauvais pour tous les autres. L’humanité se portera beaucoup mieux lorsque cette
structure de pouvoir meurtrière s’effondrera enfin.
L’armée américaine considère le
Moyen-Orient, désigné comme la zone de Commandement Central, comme le centre de son empire destructeur. La destruction de la Syrie ouvre la porte à une prochaine victime, probablement un
pays membre de la Ligue arabe, une organisation qui considère les États-Unis comme un allié.
Qui est le prochain ?
Le 17 décembre 2024, Grzegorz Braun, député polonais au Parlement européen, a demandé à qui cet organe
législatif attribuerait le prochain meurtre et la prochaine destruction, révélant ainsi comment l’Europe a participé à ces crimes contre la Syrie. Le discours de Braun a souligné
l’hypocrisie de l’Europe, en particulier la manière dont la région justifie la délégitimation, le pillage et le meurtre de ses opposants désignés sous prétexte de les «aider». Le député a
noté que les pays ciblés pour destruction par l’Occident, tels que la Syrie, l’Iran, la Russie, la Corée du Nord ou la Moldavie, n’ont fait de mal à personne. Au contraire, ils sont
désignés pour destruction parce que l’Occident s’engage dans une course folle vers un néocolonialisme maniaque. La question de savoir qui sera le prochain à être détruit est
particulièrement pertinente dans le contexte du Moyen-Orient, une région stratégique où l’Occident a détruit le plus de pays ces dernières années. Aujourd’hui, les ambitions néo-ottomanes
de la Turquie et l’impérialisme américain, exprimé par l’intermédiaire d’Israël, montrent qu’un ou plusieurs pays de la région seront désignés pour destruction. Malheureusement, les
dirigeants de la Ligue arabe ont légitimé cette éventualité en participant à la partition à courte vue de la Syrie, notamment en rejoignant une réunion
organisée pour dicter l’avenir de la Syrie par le secrétaire d’État américain Antony Blinken et le Turc Hakan Fidan.
Un précédent dangereux : Imposer des
gouvernements depuis l’étranger
Le 14 décembre 2024, Blinken et
Fidan ont convoqué huit représentants des pays de la Ligue arabe dans la ville jordanienne d’Aqaba pour entériner un processus colonial visant à décider de l’avenir de la Syrie
depuis l’extérieur. Les participants ont énoncé des conditions de règlement en Syrie qu’ils avaient déjà violées. Par exemple, ils ont appelé à un transfert pacifique du pouvoir après
avoir financé des terroristes, y compris des affiliés d’al-Qaïda, pour renverser violemment le gouvernement de Bachar al-Assad. Ils ont également plaidé pour un gouvernement inclusif et
non sectaire, une description qui correspond davantage à celui d’Assad qu’à celui de Hayat Tahrir al-Cham (HTS). Blinken et Fidan, ressemblant à Sykes et Picot (diplomates britannique et
français qui ont secrètement partagé le Moyen-Orient entre leurs empires en 1916), auraient convoqué tous les groupes politiques et sociaux en Syrie s’ils avaient réellement voulu
permettre aux Syriens de s’autogouverner. Cependant, la démocratie n’était manifestement pas la motivation de la réunion du 14 décembre à Aqaba, car les parties concernées n’ont fait
aucun effort pour réunir les Syriens. Au lieu de cela, les États-Unis ont
envoyé un représentant à Damas le 20 décembre pour influencer le HTS à former un gouvernement conforme aux intérêts de Washington.
Le sommet Blinken-Fidan doit être considéré comme l’équivalent moderne des accords Sykes-Picot. La triste réalité est que les dirigeants actuels de la Ligue
arabe ont adopté l’ingérence destructrice des États-Unis dans la région, une ingérence qui sera utilisée contre eux. Acteurs de l’impérialisme occidental, Blinken et Fidan font
ouvertement en décembre 2024 ce que Sykes et Picot ont fait secrètement en 1916, en invitant les dirigeants arabes à l’entériner. Pour éviter de légitimer un processus illégal qui sera
utilisé contre leurs pays, ces dirigeants arabes auraient dû insister pour que seuls les Syriens décident de leur avenir. Cependant, en acceptant de décider à la place des Syriens, ils
ont indirectement approuvé que Washington, Bruxelles et Ankara utilisent un processus similaire pour décider du sort de tout autre pays arabe. Par conséquent, les Arabes devraient
commencer à réfléchir à celui d’entre eux qui sera visité par le rouleau compresseur de Washington et de Bruxelles, car ceux qui ne tirent pas les leçons de l’histoire risquent de la
répéter.
À une époque où le Tchad, appauvri,
a exigé le départ de l’armée française et donc du colonialisme occidental, les dirigeants arabes ont choisi de renforcer davantage la fragmentation de la Syrie et de la région.
Lors d’une réunion de la
Ligue arabe tenue en Syrie en 2008, feu le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi avait mis en garde les dirigeants arabes contre le fait que Washington cherchait à les renverser et à les
tuer. Kadhafi avait donné l’exemple de Saddam Hussein, que les États-Unis avaient exécuté dans un processus extrajudiciaire. Il avait expliqué avec éloquence que Washington se retourne
contre ses propres alliés, comme Cheney et Rumsfeld l’avaient fait avec Saddam Hussein. Alors qu’il s’exprimait, les dirigeants tunisiens, égyptiens et syriens riaient des inquiétudes de
Kadhafi. Ils croyaient peut-être être supérieurs à Saddam Hussein ou que les États-Unis étaient un acteur objectif et bien intentionné. Avec le recul, les États-Unis
tramaient déjà le renversement de certains gouvernements arabes pour découper leurs territoires et s’approprier leurs ressources. Tout comme les dirigeants de la Ligue arabe
d’alors ont ignoré les avertissements de Kadhafi, les dirigeants actuels se mettent même au service de l’impérialisme des États-Unis, de l’Union européenne et de la Turquie. Certains
pensent que Washington, Bruxelles, Ankara ou Tel-Aviv les considèrent mieux que Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi ou Bachar al-Assad, ce qui est une vision simpliste. D’autres pensent
peut-être que le fait d’avoir investi des sommes colossales en Occident ou de posséder des musées extravagants remplis de voitures occidentales les rend immunisés contre la destruction
par Washington. Mais ces mêmes facteurs éveillent la convoitise de l’Occident, qui cherche à s’approprier ces actifs, comme cela a été
fait avec les richesses de la Libye après l’assassinat de Kadhafi.
Le centre de l’empire américain ou le
Grand Israël
L’armée américaine considère le Moyen-Orient comme le centre de son empire et désigne la région comme Commandement Central. Washington nourrit des plans
pour posséder et/ou contrôler des territoires dans cette région par l’intermédiaire d’un pays proxy. Un tel pays futur n’apparaîtra qu’après la destruction des pays existants avec des
populations arabes. En donnant leur aval à la partition de la Syrie pour sa destruction, les dirigeants de la Ligue arabe devraient noter que leurs pays risquent d’être détruits de leur
vivant, car ils occupent des territoires convoités par les Anglo-Saxons, qui tenteront de les saisir comme on peut l’inférer
des paroles et actions du défunt raciste et colonialiste britannique, Cecil Rhodes. Rhodes avait proposé l’installation permanente d’Anglo-Saxons au Moyen-Orient, ce qui peut
expliquer la guerre
continue menée par les États-Unis contre l’Irak depuis 1991, en plus de la guerre par procuration menée en permanence dans la région via Israël. Ces pays sont également
attractifs en raison de leurs immenses richesses en gaz et en pétrole, que Washington et Bruxelles souhaitent ajouter à leurs revenus nationaux bruts (GNI) déclinants pour renforcer leur
capacité à mener d’autres guerres coloniales.
Par ailleurs, l’expansionnisme de
la Turquie pourrait également déclencher une autre guerre au Moyen-Orient. Enfin, la Jordanie, l’Arabie Saoudite et l’Irak possèdent des territoires qu’Israël a marqués comme
cibles d’expansion en utilisant ses mercenaires au sein du Pentagone américain. Tous ces facteurs convergent pour indiquer que bientôt, le rouleau compresseur des États-Unis et de
l’Europe sera dirigé contre l’un de ces pays qui ont choisi d’entériner l’impérialisme occidental à Aqaba. L’Occident ne manquera pas de justifications opportunes pour de telles guerres.
Par exemple, les monarchies du Golfe dirigent des dictatures sectaires et absolues qui ne se rapprochent jamais de la Syrie d’Assad ou de l’Irak de Saddam selon aucun critère de laïcité
ou de démocratie. De plus, certains soutiennent des terroristes aux
côtés des États-Unis, et Washington trouvera facilement dans cela une justification solide pour les détruire. Il pourrait ne pas falloir longtemps avant que l’on découvre quel sera le
prochain pays arabe ciblé après la Syrie.
Après
l’impressionnante victoire de Donald Trump pour l’élection du 47ème président des Etats-Unis il semble difficile de faire une analyse impartiale entre la consternation des médias du Système –
particulièrement en Europe – qui restent tétanisés par la défaite écrasante du camp Démocrate et la jubilation de la plupart des médias dissidents qui semblent voir dans le succès du candidat
républicain la fin espérée du Nouvel Ordre Mondial et des machinations des fous de Davos.
Une semaine après le coup de tonnerre électoral, essayons d’y voir un peu plus clair et d’anticiper quelles pourront être les conséquences de la victoire de
Trump, dans son pays d’abord, et sur la continent eurasiatique ensuite.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, une précision s’impose pour mieux saisir la nature des forces qui s’affrontent et déterminer quelles opportunités la
victoire de Donald Trump peut offrir aux peuples du monde et singulièrement à la France dans ce premier quart de XXIème siècle.
Pour appréhender la contradiction fondamentale qui oppose le clan Trump aux néo-cons de Washington, il faut garder présent à l’esprit le fait que les deux camps
prônent une vision du monde hégémonique et que leurs projets respectifs consistent à dominer le monde, les premiers – que je qualifie d’archéo-mondialistes – et qui voudraient recouvrer la
puissance de l’Amérique des années 60, notamment en la réindustrialisant massivement et les seconds – que j’appelle les néo-mondialistes – qui voudraient achever le programme de Davos avec
l’Agenda 2030, c’est-à-dire une domination totale de l’humanité par la finance hors-sol et la mise en place de sociétés régressives et déconstruites en déclin démographique planifié et
accéléré. Ce sont deux clans avec des stratégies politiques, économiques et monétaires divergentes qui s’affrontent et il devient clair désormais qu’une partie notable des milliardaires US
qui jusqu’à présent semblait suivre le camp des néo-mondialistes, joue désormais la carte des archéo-mondialistes, Elon Musk étant le plus emblématique d’entre eux.
A cette première opposition de surface sur les divergences stratégiques opposant les deux camps, s’ajoute un deuxième élément, de nature irrationnelle et
spirituelle mais qui joue un rôle crucial, à savoir la dénonciation par Donald Trump de l’aspect maléfique de ses adversaires ce qu’il a illustré par son fameux slogan « drainer le marais ». Il serait erroné à mon avis
de mésestimer ce second aspect de l’affrontement entre mondialistes archéo et néo car il est le lieu majeur où va se jouer le destin de l’humanité ces prochaines années.
Aux Etats-Unis tout d’abord où la victoire sans appel de Trump, contrairement à 2016 face à Hillary Clinton, lui offre toute latitude pour réformer la société
américaine de fond en comble et en extirper les agents de l’Etat profond qui jouent depuis longtemps la carte des néo-mondialistes et de la dictature de la caste financière. La mise à l’écart
de la prochaine administration Trump de personnalités ultra-sionistes comme Mike Pompeo et Nikki Halley semble aller dans ce sens, même si d’autres personnalités favorables à Israël figurent
également dans l’équipe présidentielle pressentie. Mais surtout, la nomination attendue de Robert Kennedy junior au département de la santé est une véritable bombe – ce que n’a pas manqué de
relever Jacques Attali – car elle va permettre la remise en cause d’un des programmes-clé de Davos, à savoir la domestication de l’humanité par la vaccination forcée. Les conséquences
politiques et judiciaires de ce choix sont potentiellement explosives car la condamnation, désormais attendue, des principaux organisateurs de l’agenda covidiste aura des répercussions
immenses et notamment en Europe auprès des gouvernements et de la Commission européenne qui ont promu l’injection forcée. Voilà une des raisons majeures, mais il y en a d’autres, qui ont
tétanisé les élites européennes après la victoire de Trump.
Un autre aspect capital de ce que la victoire de Trump peut remettre en question est la domination sans partage des puissances financières qui se sont arrogé le
contrôle du monde par la maîtrise de l’émission de la monnaie. Il faut bien comprendre que depuis les années 70 du siècle dernier où l’on a vu le capitalisme financier prendre la main sur le
capitalisme industriel, on a assisté à une progression phénoménale de la circulation du dollar dans l’économie mondiale bien au-delà de la valeur réelle des marchandises échangées ; ceci
expliquant la dépréciation continue du dollar qui non seulement n’est plus indexé sur l’or depuis la remise en cause des accords de Bretton Woods par Nixon en 1973, mais dont la masse
équivaut à beaucoup plus que la valeur réelle des biens en circulation. Les dollars qui circulent sur la terre entière ne représentent plus aujourd’hui l’économie réelle mais simplement la
valeur de la dette des pays qui se sont assujettis aux diktats de la FED, du FMI et de la Banque mondiale.
Clairement, Trump et les forces archéo-mondialistes veulent réinstaurer aux USA un système capitaliste tel qu’il a existé jusqu’aux années 60 du siècle dernier
avec une réduction des échanges et un retour inévitable au protectionnisme économique. Cela implique une baisse extrême de l’émission de monnaie – donc à une suppression ou à tout le moins à
la prise de contrôle de la FED (association de banques privées) par l’administration Trump – et donc à une déclaration de guerre contre la finance internationale. Ceci expliquant en partie
les tensions extrêmes que l’on voit se développer aux Etats-Unis depuis quelques années avec par exemple les tentatives d’assassinat dont a été victime le candidat républicain ces derniers
mois… et il y en aura sans doute d’autres tant les enjeux sont majeurs.
Quelles conséquences pour la guerre d’Ukraine et les enjeux géopolitiques eurasiens ?
L’opération militaire spéciale lancée par le Kremlin en Ukraine en février 2022 n’était en fait qu’une tentative de faire reculer l’OTAN jusqu’aux frontières de
1991. Objectivement, à ce stade du conflit, force est de reconnaître que non seulement l’OTAN n’a pas reculé d’un pouce mais elle s’est même dangereusement rapprochée des frontières russes
par l’adjonction de la Finlande et de la Suède à l’alliance Atlantique. Néanmoins, il faut garder présent à l’esprit que le conflit en cours n’oppose pas seulement la Russie à l’Ukraine mais
à l’Occident tout entier lequel a investi des centaines de milliards de dollars pour doper le régime de Kiev sans lesquels le pouvoir de M. Zelensky et l’armée ukrainienne se seraient
effondrés depuis longtemps.
Par ailleurs, si cette guerre a montré un certain nombre de carences de l’armée russe – en partie corrigées depuis 2022 – elle a montré aussi que la Russie
disposait d’avantages tactiques et stratégiques – notamment en matière de missiles hypersoniques et de guerre électronique – que l’OTAN ne maîtrise pas et c’est bien pourquoi les USA se
gardent bien d’affronter ouvertement la Russie dans un conflit qu’ils n’ont aucune chance de gagner, laissant leurs chiens fous, Britanniques, Français, Polonais et autres Baltes, aboyer
contre Moscou.
Alors quid du retour aux affaires de Donald Trump le 20 janvier prochain ?
Sera-t-il capable de mettre un terme à la guerre en 24h comme il l’a affirmé ? Les premiers ballons-sonde que sa future équipe a commencé d’envoyer
n’augurent rien de bon dans la mesure où il est proposé de geler le conflit sur les lignes de démarcation existantes avec une promesse de ne pas intégrer l’OTAN avant 20 ans. Aucune des
demandes russes n’est prise en considération : ni la démilitarisation de l’Ukraine, ni sa dénazification, ni le recul de l’OTAN aux frontières de 1991. De ce fait, l’Occident en revient
à de nouveaux accords du type Minsk 1 ou 2 dont François Hollande ou Angela Merkel nous ont bien rappelé qu’il ne s’agissait que de mesures dilatoires destinées à gagner du temps pour
reconstituer l’armée ukrainienne défaite en 2015 dans le Donbass par les milices populaires de Donetsk et de Lougansk.
Il est clair que la Russie ne pourra se satisfaire de ces promesses creuses destinées à prolonger le conflit indéfiniment ou à instaurer un système de partition
à la coréenne qui permettrait à l’OTAN de s’implanter officiellement ou officieusement sur le flanc sud de la Fédération de Russie. D’autant moins, que la situation sur le terrain commence à
se clarifier et que depuis l’offensive du mois d’août vers Koursk du régime de Kiev, on assiste à un effritement accéléré du front du Donbass en faveur de Moscou qui témoigne de
l’effondrement du moral de l’armée ukrainienne et de l’échec de la campagne de mobilisation forcée de la société ukrainienne.
Poutine et Trump ont-ils des intérêts communs ou à tout le moins convergents ?
Sur un autre plan, il me semble intéressant de souligner la convergence de vues entre Donald Trump et Vladimir Poutine quant à l’identité de l’ennemi qu’ils ont
respectivement désigné. Seuls des observateurs superficiels ou des « experts » de plateaux pourraient penser que
la dénonciation du satanisme des élites occidentales par le dirigeant du Kremlin est un simple slogan à usage interne.
De même, la volonté réaffirmée de Trump de nettoyer les écuries d’Augias dans son pays vise très précisément les mêmes forces que son alter ego russe dénonce également. Pour la première fois dans l’histoire moderne on
observe cette conjonction idéologique – et spirituelle- entre ces deux grandes puissances géopolitiques que sont les Etats-Unis et la Fédération de Russie. C’est cette situation,
particulièrement dangereuse pour lui, que le Système a parfaitement identifiée et c’est la raison probable pour laquelle il fera tout ce qui est en son pouvoir pour provoquer le chaos
mondial : exacerbation du conflit au Proche-Orient, provocations en Europe et aux USA pour déclencher des émeutes raciales et bien évidemment poursuivre le processus de soutien total à l’Ukraine dans sa guerre contre la Russie.
Cela posé, le respect mutuel entre les dirigeants de la Maison Blanche et du Kremlin n’empêchera pas les réalités géopolitiques de conserver leurs droits. Les
Etats-Unis sont, tout comme leur matrice anglaise, une thalassocratie et leurs intérêts vitaux sont fondamentalement opposés à ceux de la tellurocratie eurasienne. Même si Trump remportait
son pari d’éradiquer l’Etat profond dans son pays, d’une part cela ne signifierait pas sa disparition totale, loin s’en faut, et d’autre part cela ne remettrait pas en question le fait que
les élites anglo-saxonnes, des deux côtés de l’Atlantique, sont formatées depuis des décennies pour faire la guerre à l’Eurasie, quel que soit le régime qui y prédomine. C’est la raison pour
laquelle je pense que pour espérer voir advenir un monde multipolaire harmonieux, l’idéologie anglo-saxonne, fondamentalement raciste et suprémaciste, devra être auparavant extirpée et
détruite.
Ceux qui sur les rives du Potomac ou de la Tamise, se prennent pour les héritiers de Rome se sont trompés. Ils ne sont que les descendants d’Hannibal – et
serviteurs de Ba’al – et comme lui ils seront vaincus.
Emmanuel
Leroy
Comment les néoconservateurs minent le terrain ukrainien pour Donald Trump
Depuis hier 17 novembre, on parle beaucoup d’une autorisation que Joseph Biden aurait donnée à l’OTAN de frapper la Russie avec des missiles à longue portée. Je recommande d’être prudent dans le
décryptage. On assiste bien, depuis quelques jours, à des manœuvres des néo-conservateurs pour miner le terrain pour Donald Trump en politique étrangère. Pourtant, fondamentalement, le rapport de
force militaire entre les Etats-Unis et la Russie, tel que l’a révélé la Guerre d’Ukraine, n’a pas changé et il est défavorable à Washington. Il est donc peu probable que le Pentagone ait changé
d’avis sur les risques de frappes OTANiennes de missiles à longue portée (l’Ukraine est par elle-même incapable de procéder à de telles frappes) en Russie. En revanche, il est clair que les
néocons, enragés d’avoir perdu contre Trump, font tout pour miner son arrivée à la Maison Blanche et les possibilités d’une négociation avec la Russie.
Je recommande de garder son sang-froid à propos des annonces sur les frappes à longue portée contre la Russie. Les néo-conservateurs savent qu’avec la réélection de
Trump, ils ont perdu. Ils essaient d’y aller à l’intox.
Une série d’informations manipulatrices depuis l’élection de Trump
Nous avons assisté, depuis le soir de l’élection de Trump à une série d’informations manipulatrices.
1. Annonce de la réussite d’un essai de missile hypersonique le soir de l’élection. Personnellement je suis très sceptique.
2. Intoxs sur entretiens qui n’ont pas eu lieu entre Trump et Poutine; entre Musk et un diplomate iranien. C’est pour refaire le coup de 2016 où on avait écarté
Michael Flynn, qui aurait dû travailler à la Maison Blanche, sous prétexte de conversation avec un diplomate russe avant l’entrée en fonction de Trump.
3. Biden aurait donc donné l’autorisation à l’OTAN de procéder pour les Ukrainiens à des frappes de longue portée sur le territoire russe.
La donne n’a pas changé par rapport à l’automne
Poutine a déjà expliqué que cela signifierait une guerre entre la Russie et l’OTAN. Une guerre que l’OTAN est incapable de gagner.
L’Alliance Atlantique, même si elle en était au stade d’un essai réussi de missile hypersonique, a 20 ans de retard sur la Russie et 10 ans sur la Chine en la
matière. D’autre part, le grand souci du Pentagone est l’obsolescence de l’arme nucléaire américaine alors que l’armement nucléaire russe est
à jour.
Jamais le commandement militaire américain ne laissera “Biden” – ou ceux qui parlent pour lui – aller à l’escalade nucléaire avec la Russie. Jusqu’au 20 janvier il
va y avoir de nombreuses intoxs. Gardons la tête froide.
Les Etats-Unis sont devenus incapables de faire la guerre à la Russie
Les USA sont devenus incapables de mener une guerre d’envergure. Le Pentagone le sait. Les combattants yéménites d’Ansarallah ont gravement endommagé le
porte-avions Eisenhower par des tirs de missile et il a dû quitter la zone de la Mer Rouge; ils ont mis hors service un tanker américain dans la même zone.
C’est d’ailleurs le problème n°1 auquel Donald Trump sera confronté. Pendant le mandat de Joe Biden, la Russie, la Chine et l’Iran ont montré un savoir-faire
militaire qui met Washington et ses alliés sous une énorme pression.
Il est urgent que la France reprenne son indépendance
Dans tous les cas, observons et constatons :
1. Que la France ne possède pas l’arme hypersonique alors que ces nouveaux vecteurs sont issus d’une théorie physique développée par un Français,
Jean-Pierre Petit.
2. Que notre dissuasion nucléaire est malheureusement elle aussi atteinte d’obsolescence.
3. Que notre premier problème stratégique s’appelle l’OTAN, où nous nous enfermons avec des alliés peu fiables : USA en pleine lutte interne et
aujourd’hui militairement dépassés. Grande-Bretagne devenue chétive en matière d’armée mais dont les dirigeants rêvent de mettre le feu à la planète par MI6 interposé. L’Allemagne incapable de
construire avec nous une défense européenne puisqu’elle est le pays au monde qui accueille le plus de bases militaires américaines (26).
Il est urgent de reprendre la maîtrise de notre destin stratégique ! Et pour le reste ne nous laissons pas manipuler par les gens du passé, les
néoconservateurs et leurs relais médiatiques.
En coulisse, la guerre de 5ème génération fait rage
Alors que les tensions géopolitiques croissent encore et que la campagne électorale américaine arrive à son apex dans quelques heures tout au plus, les
coulisses d’internet bruissent des petits échos de grandes manœuvres que le grand public semble ignorer (à ses dépens ?)…
Il y a ainsi eu l’étonnante explosion du satellite Intelsat 33E, placé en orbite géostationnaire, et qui a spontanément (?) explosé le 19 octobre dernier.
Oh, certes, il était fabriqué par Boeing et, de nos jours, il est rapide d’en conclure que l’explosion ou la perte totale d’un produit sortant de ce fabricant ne devrait pas
surprendre.
Mais tout de même, la disparition soudaine de ce satellite de communication qui desservait des clients en Europe, en Afrique et dans certaines régions de
l’Asie et du Pacifique laisse perplexe : l’orbite géostationnaire, c’est haut, tout de même et c’est dans une zone avec finalement peu de choses. La rencontre inopinée avec un météoroïde
n’est pas impossible, bien sûr ; cependant, il en faut de l’énergie pour éparpiller le satellite en douzaines de débris (une vingtaine suivis par l’US Space Force, une cinquantaine par
ExoAnalytic Solutions).
RosCosmos, l’agence spatiale russe a aussi confirmé, dans
un Telegram posté le 22 octobre, qu’il y avait plus de 80 débris qui s’éloignaient rapidement de la trajectoire initiale du satellite. Au passage, elle note que «l’analyse des
trajectoires des fragments formés montre que la destruction du satellite s’est faite en une seule étape et à haute énergie».
L’enquête ne fait que commencer, mais certains ne se sont pas gênés pour imaginer des scénarios de guerre des étoiles. Grands fous, va.
Pendant ce temps, beaucoup plus bas, sur le plancher des vaches, d’autres faits étranges se déroulent dans les centres de données, notamment ceux de
la WaybackMachine,
cette initiative de l’Archive Internet qui consiste à parcourir tout le web et archiver (ou tenter d’archiver) le maximum de pages web accessibles publiquement : en effet, le mois
d’octobre aura vu plusieurs attaques opérées sur ce site afin d’en récupérer des informations sensibles, et d’en altérer non seulement le fonctionnement mais aussi le contenu.
C’est ainsi que l’archive, qui permet à n’importe quel utilisateur de remonter dans le temps pour voir les sites et les informations capturées à de
nombreuses dates dans le passé, a
subi trois attaques qui ont obligé ses gestionnaires à interrompre son fonctionnement pendant plusieurs heures, le temps pour eux de nettoyer les traces des hackers et de
remonter le site en accès à tous en lecture seulement.
Confrontée à ces attaques sans précédents dans la vie de cette archive (qui existe depuis le début du siècle), l’association non lucrative qui opère les
serveurs et la ferme de données s’est fendue de plusieurs messages pour
informer ses utilisateurs des efforts menés pour retrouver un service fonctionnel, avant d’annoncer, le 21 octobre dernier, avoir retrouvé un
service à peu près normal.
Ces attaques sont intéressantes dans la mesure où la Wayback Machine permet – entre autres – de revenir sur les éléments, informations et faits publiquement
affichés par différents sites à une date donnée, ce qui a régulièrement permis à certains journalistes, enquêteurs, internautes voire membre du système judiciaire de faire l’état des
lieux de changements survenus au cours du temps pour modifier – voire camoufler – certaines informations.
Les attaques qui ont eu lieu ont, très officiellement du moins, largement impacté la qualité de service et apparemment permis de faire fuiter des millions
d’informations personnelles (dont des mots de passe d’utilisateurs, par exemple) et poussent à présent Internet Archive à redoubler d’efforts pour sécuriser l’ensemble de ses
opérations.
Cependant, il apparaît qu’au milieu de ces désagréments, certaines informations très ciblées ont ainsi disparues de l’archive. C’est en tout cas ce que
rapporte Matt
Orfalea dans un tweet :
Surprise : les posts long de twitter (qui apparaissent dans le sous-domaine blog.twitter.com)
ont totalement disparu de l’archive comme en témoigne l’absence de captures par WaybackMachine entre 2019 et 2024.
Coïncidence : c’est aussi dans cette période que sont apparus les TwitterFiles, ces explications détaillées (qui sont relatées dans quelques billets apparus
sur ce blog comme ici, ici ou là).
Peut-on, comme certains
sur X, arriver à la conclusion que ces piratages et ces fuites de données cachent des opérations plus subtiles d’effaçage de données compromettantes pour des acteurs majeurs du
cyberespace ? La proximité des dates de ces attaques et de l’élection américaine laisse songeur, mais pas indifférent : un spécialiste des opérations psychologiques comme Mike Benz
(évoqué ici-même)
s’en est d’ailleurs ouvert dans
un tweet remarqué par Elon Musk, le propriétaire de X.comqui
mentionne au passage qu’en cas de besoin, il dispose de sauvegardes de son côté…
Enfin, difficile d’oublier que pendant plusieurs heures, l’indexation de la Wayback Machine n’a donc pas pu fonctionner. Si des informations auraient dû
être capturées à ce moment, elles ne l’ont pas été. Peut-être certains pousseront un soupir de soulagement ?
Ces différents événements n’ont peut-être aucun rapport entre eux. Cependant, ils arrivent à point nommé, tout comme les tentatives régulièrement éventées
d’influence massive (dans l’opinion publique, dans les campagnes électorales – tant aux États-Unis qu’ailleurs comme en Moldavie récemment, dans les réseaux sociaux, etc.) et dont, par
exemple, Musk et X.com sont
actuellement victimes : dernièrement,
des documents fuités du Center for Countering Digital Hate révèlent que l’objectif principal de l’ONG est de «tuer le Twitter de Musk» en ciblant la publicité et en tirant parti des
réglementations de l’Union Européenne, comme
le détaille le journaliste Matt Taibi qui s’était déjà fait connaître pour une partie des TwitterFiles qui
révélaient les collusions entre Twitter (et d’autres réseaux sociaux) et les agences de renseignements américaines, et la corruption complète du pouvoir américain et de l’administration
Biden qui se servaient de cette collusion pour limiter la liberté d’expression, poursuivre leurs opposants politiques et répandre des intox.
Tout ceci forme une trame cohérente de ce qu’on peut appeler une «guerre cognitive» ou «guerre
de cinquième génération», c’est-à-dire des actions militaires non cinétiques, telles que l’ingénierie sociale, la désinformation, les cyberattaques, ainsi que l’usage de technologies
émergentes telles que l’intelligence artificielle et les systèmes entièrement autonomes. C’est essentiellement une guerre «de perception» dans laquelle le but consiste à façonner les
opinions et les façons de penser des populations pour obtenir ce qu’on souhaite d’elles par d’autres moyens qu’un conflit armé (qui peut intervenir en phase finale).
Par exemple, cela peut revenir à infiltrer les universités et les médias pour façonner le discours idéologique et politique dominant afin (exemple pris au
hasard, bien sûr) de démoraliser toute ou partie de la population, ou de lui faire choisir systématiquement des politiques qui l’affaiblissent, ce qui entraînera une bien plus faible
résistance en cas d’invasion physique. Pratique, non ?
Pas de doute, alors que certains se battent commercialement pour obtenir votre temps
de cerveau disponible, d’autres ont entrepris d’en remodeler les pensées, les motivations, les émotions, et il apparaît que l’étape suivante du conflit cognitif qui prend place ces
dernières années va se dérouler dans les prochaines heures, au moment où Trump affrontera une nouvelle fois le verdict des urnes, de leur bourrage et des douzaines de manœuvres que ne
manqueront pas de lancer ses ennemis.
Née dans le sillage de la seconde guerre mondiale, l’ONU a «fauté» dès ses premiers pas, endossant ou parrainant une spoliation de nature coloniale qui,
plus de soixante-quinze ans plus tard, paraît quasiment irréparable. Le péché originel ? C’est d’avoir fait payer aux propriétaires légitimes de la terre (Asshab al Ared),
à savoir les populations présentes en Palestine depuis des temps immémoriaux, un crime dans lequel ils n’étaient pour rien, l’Holocauste «découvert» dans les camps nazis lors de leur
libération étant le fait des Européens (les Allemands, mais aussi beaucoup d’autres «collaborateurs») . Nous ne savions pas, affirment alors sans vergogne ceux qui savaient mais
préféraient le taire… D’où leur zèle dans la recherche d’une réparation peu coûteuse pour de mauvaises consciences peu scrupuleuses : quoi de plus simple pour la tranquillité des
innombrables lâches que d’expédier les survivants dans une terre refuge où avait été imposée depuis la chute des Ottomans une tutelle européenne, mais une terre au nom évocateur pour les
sionistes : c’est donc, estiment-ils, le moment ou jamais de concrétiser la réalisation de projets tels que la Déclaration Balfour, le Foyer national juif etc., autant de «promesses» qui
ne coûtent rien aux Européens, puisque les Arabes doivent en payer le prix.
C’est ainsi qu’apparaît à l’ordre du jour le plan de partage de la Palestine, encore sous mandat des Britanniques (d’ailleurs amputée depuis 1922 de la
Transjordanie, ainsi soustraite à l’application de la Déclaration Balfour). Élaboré par le Comité spécial des Nations unies institué par l’Assemblée générale (AGNU) et approuvé par
celle-ci, le Plan est voté le 29 novembre 1947 : la résolution 181 «recommande» la partition de la Palestine en trois entités distinctes : un État juif sur 56% du territoire et un État
arabe sur 42%, Jérusalem (les 2% restants) devant être doté d’un statut spécial. Le résultat en sera la première «nakba»
(catastrophe) qui se traduit par l’expulsion brutale et sans rémission de centaines de milliers de Palestiniens chassés de leurs maisons, de leurs villes ou villages et de leurs terres.
Cet exode est déjà horrible en soi, mais il passera presque inaperçu grâce à une couverture médiatique biaisée (Exodus) et à
l’ignorance de l’opinion, passant en Occident comme une lettre à la poste : c’est cette «nakba» qui se
reproduit au grand jour depuis l’automne 2023, inspirant au Révérend Dr Munther Isaac, de l’Église luthérienne évangélique de Bethléem, cette vérité qui mérite d’être méditée :
«Si vous
n’êtes pas horrifiés par ce qui se passe, si vous n’êtes pas ébranlé jusqu’au fond de vous-même, c’est que votre humanité est en défaut».
En 1948, on peut déjà dire à l’issue de la première vague d’épuration ethnique que sous l’État d’Israël, il y aura toujours et partout la terre de
Palestine. Et en germe tous les conflits, drames, rancœurs et haines qui vont dès lors faire flamber en permanence la Terre Sainte et le Grand Moyen-Orient. Ce projet typiquement colonial
permettra de concrétiser «l’État-tampon» imaginé par Lord Campbell- Bannerman, Premier ministre britannique, au tournant des années1900, afin de semer la zizanie dans toute la région du
fait de sa seule existence et de décourager les aspirations ou les ambitions des Arabes ou des musulmans à l’unité. Les autochtones n’ont pas été consultés, bien qu’ils représentent alors
70% de la population. Ils sont évidemment hostiles au partage, qui attribue plus de la moitié de leur terre aux immigrants juifs, en vertu d’un droit de succession inédit se référant à
des ancêtres supposés y avoir vécu il y a 2000 ans.
Le plan onusien sera accepté (du bout des lèvres) par les dirigeants de la communauté juive, mais pour des leaders comme Ben Gourion, il ne s’agit que d’un
hors-d’œuvre, prélude au festin que constituera l’absorption de la totalité de la Palestine.
La fin du mandat britannique est fixée au 1er août 1948, le partage devant être effectif au 1er octobre de la même année. Mais le Royaume de Sa Majesté,
affaibli par son effort de guerre, se délestera de ses responsabilités avant l’heure, le 15 mai 1948. Pour imposer d’emblée son calendrier, l’État d’Israël est proclamé illico le
14 mai, la veille du déguerpissement des mandataires, dans un contexte de confusion et d’attentats… Les voisins arabes déclenchent les hostilités qui dureront jusqu’en janvier 1949, se
terminant par des armistices séparés. Il n’y aura pas d’État arabe et pas de statut pour Jérusalem, ce qui permettra aux sionistes de ronger en douce ce qui reste de Palestine.
Si la légitimité du partage est nulle, sa légalité elle-même est hautement incertaine. Présenté comme une recommandation, le dit Plan est rejeté fermement
par la majorité des dirigeants arabes, y compris le Haut Comité soutenu par la Ligue arabe, laquelle se dit prête à prendre toutes les mesures pour empêcher l’application de la résolution
181 qui bafoue le droit à l’autodétermination. Il est déclaré nul par les Nations unies et abandonné purement et simplement. Comme l’explique le colonel Jacques Baud, qui a décortiqué
l’épisode et ses fondements juridiques, la résolution, émanant de l’Assemblée générale et non pas du Conseil de sécurité, n’a pas de valeur contraignante. Elle «recommande» simplement,
c’est-à-dire que l’ONU renonce d’emblée à imposer son autorité. Dans ces conditions, on réalisera que la création d’Israël ne résulte même pas d’une décision onusienne, mais qu’elle
illustre – déjà – l’impuissance de la nouvelle Organisation. Dès sa naissance, l’État sioniste apparaît comme un «électron libre», dégagé des contraintes de ce bas monde.
L’enfant
chéri qui tyrannise l’Occident collectif
Jouissant de l’indulgence de l’Occident colonialiste et de la faveur de l’URSS qui voit dans les Kibboutz l’embryon d’une enclave «socialiste», Israël se
comportera sans plus attendre comme un État hors-champ ou comme un sujet capricieux. Il profitera du vide juridique pour prendre des libertés avec le Droit international, au point de
l’ignorer totalement. Il découvrira immédiatement son impunité, et le profit qu’il peut en tirer. Par dizaines et peut-être par centaines, les résolutions onusiennes, les recommandations,
du Conseil de sécurité ou de l’Assemblée générale, seront ignorées ou violées par l’État hébreu. De 1947 à 2024, on serait bien en peine d’en citer une seule qui ait été respectée. On
trouvera ci-après quelques exemples de textes archivés sans suite :
La résolution 194 du 11/12/1948 qui place Jérusalem sous mandat international et garantit le principe des droits existants (sic) est ignorée. La résolution
242 du Conseil de sécurité du 22/11/67 qui traite de l’évacuation des territoires occupés l’est également, comme les résolutions 476 du 30/06/80, la 478 du 20/08/80 ainsi que la 672 du
12/12/90, qui condamnent l’attitude belliqueuse de l’État sioniste et ses lois illégales.
Au total ce sont 226 résolutions du Conseil de sécurité qui auraient été violées pour la période 1948/2016. Elles s’ajoutent aux 140 résolutions de
l’Assemblée générale ignorées ou violées depuis 2015… Etc.. Ce qui en dit long sur le respect accordé par certains États au Droit international. Démarche exceptionnelle et se référant à
l’article 99 chapitre XV de la Charte, le secrétaire général Gutteres a été amené à appeler le Conseil à agir d’urgence pour éviter une catastrophe humanitaire à Gaza, menace pour la paix
et la sécurité dans le monde… C’est l’objet de la résolution 2712 du 15 novembre 2023.
Pourquoi cette désinvolture provocatrice ? La réponse est simple : L’État d’Israël est assuré du soutien tous azimuts de l’Occident, de l’Amérique et du
bloc anglo-saxon en premier lieu. L’imprégnation sioniste, la solidarité des «peuples élus», «60 millions de chrétiens évangélistes unis pour Israël», le néoconservatisme comme ciment,
l’AIPAC comme «police des mœurs», autant d’incitatifs à une solidarité sans faille, à une affinité qui ne se discute plus depuis des lustres, alimentant l’arrogance des deux partenaires :
le cœur de l’Amérique bat pour Israël et Israël est le cœur battant de l’Amérique…
En 1948, Truman était le premier chef d’État étranger à reconnaître Israël, prenant ainsi la relève de la Grande-Bretagne, pourtant à l’origine de la
création de l’État tampon qui sème le trouble et la destruction dans tout le grand Moyen-Orient. C’est ainsi que 55% des vétos étatsuniens au Conseil de Sécurité sont liés au souci de
protéger Israël.
La dissolution surprise de l’URSS, proclamée la veille de Noël 1991, vient bousculer l’échiquier onusien. Le cadeau du Père Noël à l’Amérique est somptueux
: Les pleins pouvoirs sur la planète. Il n’y a plus qu’une seule superpuissance et celle-ci entend faire la loi sans concession. Tout un chacun est prié de se mettre au garde-à-vous
devant la puissance indispensable, plus grand Empire que la terre ait porté. Israël est promu de
facto fondé de pouvoir pour le Grand Moyen-Orient. Théâtre d’un véritable séisme, l’ONU doit survivre et s’accommoder du moment unipolaire, de l’hégémonisme américain sans
partage et en assumer toutes les conséquences… On verra donc l’Occident appliquer peu à peu les principes de sa stratégie «libératrice» expérimentée dès la fin de la Seconde Guerre
mondiale : on bombarde d’abord et on rase gratis, on libère ensuite, et sur les bases de ce chaos destructeur, on impose sa loi dans toute la mesure du possible, de préférence
par proxies interposés.
Fleuriront alors les révolutions de couleur et les printemps arabes, et Israël y joue un rôle déterminant. Le Programme pour un Nouveau Siècle américain (PNAC), le plus achevé des
calendriers hégémoniques, porte la trace des considérations ci-dessus.
On verra donc s’institutionnaliser de façon extravagante la relation maladivement fusionnelle entre l’Amérique et Israël, entre les dirigeants de Washington
et ceux de Tel-Aviv, relevant de la psychanalyse plus que de l’analyse, bien qu’elle renverse les rôles : Le décideur n’est pas celui que l’on attendrait… Résultat logique, l’État
sioniste glissera rapidement vers un comportement d’État voyou, caractérisé par les trois critères adoptés par l’Israélien Avi Shlaim : Il ne respecte pas le droit international, il
possède des armes de destruction massive, il pratique le terrorisme par l’utilisation de la violence contre des populations civiles à des fins politiques.
Secrétaire général des Nations unies durant une bonne partie de la guerre froide (d’avril 1953 à septembre 1961), Dag Hammar Skjold, homme de grande sagesse
et d’une lucidité exemplaire avait eu cette formule qui reste d’actualité : «L’ONU n’a pas été
créée pour nous amener au paradis, mais pour nous sauver de l’enfer». De là où il repose post
mortem, comment aura-t-il accueilli l’état actuel des choses, c’est-à-dire un avis de décès : L’ONU s’est éteinte, emportant avec elle les reliques du droit international. Elle
ne nous a pas amenés au paradis, mais on ne saurait dire qu’elle nous a sauvés de l’enfer, puisqu’elle se sera avérée incapable de ramener à la raison l’État qui lui doit
l’existence…
Le coup
de foudre du 7 octobre 2023
Le 7 octobre 2023, éclate comme un coup de tonnerre dans le ciel bleu ce que le mainstream occidental
qualifiera contre vents et marées de guerre Israël-Hamas, présentée comme l’agression d’un groupe terroriste palestinien sorti de nulle part contre de paisibles jeunes gens, selon la
technique du «saucissonnage» chère aux godillots de la bienpensance.
Nous ne reproduirons pas ici le bilan atroce et accablant de la réaction et de la répression de l’État israélien contre les Gazaouis, surtout les civils
palestiniens, enfermés à vie dans une enclave devenue le plus grand camp de concentration du monde, au sens plein du terme. Déjà spoliateur, usurpateur et ségrégationniste, pratiquant un
apartheid comme l’Afrique du Sud de jadis, l’État sioniste a franchi une nouvelle étape dans son mépris des lois, du droit international et du droit humanitaire : Il réalise en direct,
prenant plaisir à le médiatiser, un génocide, une épuration ethnique, assortis de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et il est condamné sans appel par la Cour Internationale de
Justice (CIJ) tandis que la Cour pénale internationale (CPI) a lancé deux mandats d’arrêt contre le Premier ministre Netanyahou et le ministre Yoad Gallant.
On ne peut qu’être épouvanté de la démence des dirigeants sionistes, qui ont brisé tous les tabous et jeté aux oubliettes les lois internationales. Il est
urgentissime de mettre fin à leur impunité par le blocus, l’isolement, le boycott systématique. Leur arrogance est devenue sans bornes, comme en témoigne la posture de Netanyahou qui
s’opposait le 16 octobre passé à la participation de l’Algérie à la conférence de Paris sur le Liban (sic) et qui
insulte les Nations unies dans leur sanctuaire, brandissant une carte du Proche-Orient où la Palestine est remplacée par un Grand Israël sans frontières, et son ambassadeur déchirant la
Charte.
C’est le premier génocide en direct, revendiqué comme tel par un État qui s’affiche ouvertement comme un État hors-la-loi, s’enfonçant dans la monstruosité
et la sauvagerie. Poursuivant sans repos le carnage à Gaza et en Palestine, tandis que le Sud-Liban et Beyrouth sont systématiquement bombardés sous prétexte d’éliminer les responsables
du Hezbollah et de détruire son infrastructure économique et sociale, Israël n’épargne plus rien ni personne. Les villes classées au Patrimoine mondial de l’UNESCO n’échappent pas à sa
rage destructrice. Au moins un million de personnes sont à la recherche d’un abri, tandis que la route Beyrouth-Damas est systématiquement pilonnée pour empêcher la circulation des
réfugiés ou leur retour dans une Syrie d’ailleurs régulièrement et sévèrement ciblée.
L’Occident collectif défend Israël dans tous ses crimes et méfaits, approuve son protégé lorsque celui-ci s’attaque ouvertement aux institutions de l’ONU et
à ses émanations diverses: L’Assemblée générale, l’UNRWA, la commission des Droits de l’Homme, les rapporteurs et mandataires divers, la FINUL, se permettant de déclarer persona non
grata le secrétaire général Antonio Guterres. Ledit Occident soutient sans réserve l’État sioniste lorsque ce dernier pratique avec ostentation le terrorisme dans toute la
région, multipliant les incursions et assauts contre les installations civiles et les assassinats arbitraires, dans le cadre d’un terrorisme ciblé ou aveugle.
Nombreuses sont les voix qui s’élèvent pour réclamer que soit expulsé des Nations unies l’État terroriste qui leur a déclaré la guerre ainsi qu’au
secrétaire général lui-même, déclaré persona non
grata en Israël. Ce serait la moindre des choses. L’ONU avait pris une telle mesure contre l’Afrique du Sud de l’apartheid. En ne le faisant pas contre une entité criminelle à
ce point et dangereusement provocatrice, elle se déshonore par son silence et avoue son impuissance, sous la pression, il faut bien le dire des Anglo-saxons et de l’Occident collectif, de
plus en plus collectif dans l’ignominie et l’hypocrisie, recroquevillé sur des «valeurs» et des «normes» de son invention, imposées en lieu et place du droit onusien.
Quant à l’affaire des bippers, c’est loin d’être avant tout un exploit technique. Selon le haut-commissaire de l’ONU aux Droits de l’Homme Volker Türc,
«le ciblage
simultané de milliers de personnes, civils ou membres de groupes armés, sans savoir qui était en possession des engins ciblés, où et dans quel environnement ils se trouvaient, constitue
une violation (une de plus) du droit international, une violation des droits de l’homme…» Avis aux spécialistes occidentaux qui se pâment d’admiration devant une telle opération de
Tsahal…
Qui dira l’horreur des enfants tués d’une balle dans la tête, des femmes systématiquement ciblées, des prisonniers systématiquement violés, des civils
déshumanisés, au prétexte qu’ils sont «des animaux». On ne hurlera jamais assez pour leur rappeler aux indifférents que des familles entières par milliers, voire dizaines de milliers,
sont exterminées et meurent sous les décombres suite aux bombardements aveugles de «l’armée la plus morale du monde». Aucun pays ne proteste, ne demande des comptes, ce qui encourage les
dirigeants de Tel-Aviv à poursuivre leurs projets de destruction et de domination de toute la région… Francesca Albanese, rapporteuse sur la situation des DDH dans les territoires occupés
: un million de Palestiniens ont fait l’expérience des prisons israéliennes depuis 1967. Gaza, plus grand camp de concentration à ciel ouvert de la planète. Aux termes du droit
international, les Palestiniens ont le droit de résister à l’occupant par tous les moyens, qu’ils soient ou non légaux : en pareil cas, la notion de terrorisme n’existe pas, malgré
l’acharnement occidental à qualifier le Hamas de groupe terroriste.
Les dirigeants occidentaux et leurs auxiliaires médiatiques ou autres qui font l’apologie du génocide en cours sous nos yeux et soutiennent l’État qui se
vante du dit génocide, ne devraient pas se faire trop d’illusions. Tôt ou tard, des comptes leur seront demandés et ils devront répondre de leur attitude délibérément criminelle, en
attendant le tribunal de l’Histoire, et avant de finir dans ses poubelles.
Les membres de l’ONU se taisent, et tout se passe comme si déjà l’ONU elle-même était décédée, de sa belle ou de sa vilaine mort ou d’une mort honteuse… Qui
lui redonnera vie, dès lors que les pays qui revendiquent la succession de l’Occident failli misent sur une ONU revigorée et adaptée au nouvel ordre qui se dessine. Temps de colère que le
nôtre. Les optimistes se raccrochent à la mutation en cours de l’ordre mondial. Le vent se lève en tempête et il faut que le monde tente de vivre. L’ordre existant est diabolique, que le
nouvel ordre vienne… de toute urgence.
Des rapports font état d’un événement de magnitude 4,6 survenu hier dans le désert iranien de Kavir, qui pourrait être un essai nucléaire souterrain.
L’événement, qui n’a pas produit d’ondes sismiques typiques ni de répliques, suscite des soupçons.
Les responsables iraniens ont évoqué un «nouveau niveau de dissuasion», qui pourrait être lié à des capacités nucléaires. Si cela
se confirme, cela pourrait avoir de graves conséquences à l’échelle mondiale.
L’arrestation jeudi de la militante de solidarité avec la Palestine Sarah Wilkinson, suite aux accusations du journaliste Richard Medhurst la semaine
dernière – toutes deux basées sur une affirmation improbable selon laquelle ils auraient violé l’article 12 de la loi sur le terrorisme – sont la preuve définitive que les purges
autoritaires de Keir Starmer contre la gauche travailliste sont déployées contre les critiques à l’échelle nationale.
Désormais installé en toute sécurité au 10 [Downing Street, la résidence officielle du Premier ministre], Starmer peut écraser les droits fondamentaux des
citoyens britanniques avec autant de plaisir qu’il a auparavant matraqué les restes de démocratie au sein du Parti travailliste – et pour à peu près la même raison.
Le Premier ministre britannique est déterminé à terroriser et réduire au silence les critiques qui soulignent sa complicité, et désormais celle de son
gouvernement, avec Israël et son génocide à Gaza.
Starmer préférerait élargir considérablement la portée des lois déjà draconiennes de «lutte contre le terrorisme» plutôt que d’agir contre la volonté des
États-Unis, soit en arrêtant les ventes d’armes à un gouvernement israélien fasciste dirigé par Benjamin Netanyahou, soit en rejoignant l’affaire de l’Afrique du Sud contre Israël devant
la Cour internationale de Justice.
Les juges ont déjà statué que le massacre de dizaines de milliers de Palestiniens au cours des 11 derniers mois constituait un «génocide plausible». La
prochaine étape pour l’Afrique du Sud et les nombreux États qui la soutiennent est de convaincre la Cour internationale de Justice que le génocide est prouvé au-delà de tout doute.
L’Afrique du Sud
présente son dossier de génocide contre Israël devant la Cour internationale
de Justice de La Haye le 12 janvier.
Les goules habituelles du lobby israélien, comme David Collier, ont été saliver suite
à l’arrestation de Wilkinson. Elle risque jusqu’à 14 ans de prison pour avoir prétendument «soutenu» une organisation interdite, à savoir le Hamas.
Selon certaines informations, on lui aurait dit qu’elle était arrêtée pour «le contenu qu’elle a
publié en ligne». La police a saisi tous ses appareils électroniques. Selon sa fille, elle a été libérée sous caution à condition de «ne
jamais» utilise
ces appareils.
Soyons clairs : la police utilise la loi antiterroriste de cette manière uniquement parce qu’elle a reçu des instructions politiques pour le faire.
L’arrestation de Wilkinson n’est possible que parce que la police et Starmer, soi-disant avocat des droits de l’homme, réécrivent le sens de l’expression «soutien au terrorisme».
Il s’agit d’une répression politique dans sa forme la plus claire.
Traditionnellement, criminaliser le «soutien» à un groupe terroriste revenait à donner aux autorités le pouvoir de punir quiconque offrait une aide
matérielle, comme l’envoi d’argent ou d’armes, la dissimulation de combattants armés, la fourniture d’informations utiles à une attaque, etc.
Même les lois pénales classiques contre la liberté d’expression exigent généralement la preuve que quelqu’un a incité de manière crédible à la violence
directe ou mis la vie d’autrui en danger, comme c’est le cas des accusations portées contre les personnes impliquées dans les récentes émeutes d’extrême droite, qui comprenaient des
tentatives de pogroms contre des musulmans et des immigrés.
C’est tout à fait différent de criminaliser comme «soutien au terrorisme» toute affirmation positive concernant un acte commis par une organisation
interdite – d’autant plus si l’on se souvient que le Hamas n’a pas seulement une branche militaire, mais aussi une section politique et une branche sociale.
Il est évident qu’il faut faire des distinctions prudentes. Le fait de féliciter les dirigeants du Hamas, et même ses chefs militaires, pour avoir accepté
de participer à des négociations de paix équivaudrait-il à un «soutien» à une organisation terroriste ? Cela devrait-il conduire à une arrestation et à une peine de prison ?
Ce n’a jamais été un crime de «soutenir» le Sinn Fein – l’aile politique de l’IRA – dans le sens d’avoir des choses élogieuses à dire sur son leader de
longue date, Gerry Adams, ou de soutenir ses positions politiques.
Adams donnant une
lecture publique en 2001.
Il n’était même pas illégal de «soutenir» de véritables «terroristes» de l’IRA. Au début des années 1980, de nombreuses personnes critiquaient les autorités
de l’Ulster et le gouvernement britannique de Margaret Thatcher pour leur traitement barbare des prisonniers de l’IRA. Par exemple, «soutenir» la grève de la faim de Bobby Sands, membre
de l’IRA, qui a conduit à sa mort dans la prison du Labyrinthe, n’était pas un délit passible d’arrestation.
Nouvelles
juivesexpose
les motifs apparents. Pour le raid mené par une douzaine de policiers au domicile de Wilkinson et la décision de l’arrêter et de l’enquêter sur des accusations de terrorisme. Ces
raisons, si elles sont fondées, devraient nous faire froid dans le dos. C’était sans aucun doute l’intention de Starmer.
N°1
– Selon Nouvelles
juives, Wilkinson a violé l’article 12 en décrivant l’attaque aérienne du Hamas contre Israël le 7 octobre comme une «infiltration
incroyable». Ce qui était clairement le cas. À tous égards, c’était une infiltration. Et mon dictionnaire donne comme l’une des principales définitions d’«incroyable» : «difficile à
croire» ou «extraordinaire» dans le sens de «très loin de l’ordinaire».
Voir le Hamas utiliser des deltaplanes pour franchir l’une des structures militaires les plus sophistiquées jamais construites pour emprisonner des millions
de personnes est la définition même de «l’incroyable». Il était en effet difficile de croire que le Hamas ait techniquement réussi à faire ce qu’il a fait ce jour-là.
Même si la police ignorait cette signification établie du mot et supposait plutôt que «grand» ou «merveilleux» était voulu – pour décrire le Hamas
s’échappant de la cage dans laquelle la population de Gaza avait été emprisonnée pendant des décennies et privée des éléments essentiels de la vie pendant 17 ans – cela ne constituerait
guère un crime, et encore moins un «soutien» au terrorisme.
Comme le stipule le droit international, les peuples occupés, comme les Palestiniens, ont le droit de résister à une armée qui occupe leur territoire, y
compris par la violence. Interrogez Starmer sur ce droit en relation avec le peuple ukrainien.
De plus, comme même Wilkinson a écrit son tweet le 7 octobre, soit le jour même de l’attaque du Hamas. Elle ne pouvait pas se douter, au moment où elle
écrivait, que des civils étaient tués en grand nombre.
L’ampleur des atrocités commises par le Hamas contre les civils le 7 octobre est bien plus controversée que les médias occidentaux ne veulent bien
l’admettre. Il est rapidement devenu évident que le Hamas n’a pas, comme on le prétend, tué des bébés, et encore moins décapité des bébés.
Pas de preuve.
Jusqu’à présent, aucune preuve n’a été produite pour montrer qu’il y a eu des viols ce jour-là, sans parler de l’utilisation systématique du viol, comme le prétendent Israël et ses
partisans. Certains civils israéliens, nous le savons maintenant, ont été tués par les propres forces de sécurité israéliennes lorsque le soi-disant protocole
Hannibal a été invoqué.
D’autres civils israéliens ont peut-être été pris pour cible par certains groupes armés et individus non alliés au Hamas qui ont afflué hors de Gaza par des
brèches créées dans la clôture électronique entourant l’enclave.
Mais même si nous supposons à la fois que Wilkinson savait que des civils avaient été tués ce jour-là, et en grand nombre, et que son utilisation du mot
«incroyable» était destinée à signaler son approbation des meurtres, cela ne devrait toujours pas constituer un crime de noter l’extraordinaire exploit militaire consistant à sortir de
Gaza.
Personne ne devrait être emprisonné parce qu’il est impressionné par la violence. Si nous voulions faire de cela une sorte de principe, nous devrions
procéder à l’arrestation d’un grand nombre de juifs et de non-juifs sionistes en Grande-Bretagne qui ont exprimé leur enthousiasme pour les mois de massacres perpétrés par Israël à
Gaza.
N°2
– Nouvelles
juives cite également : Wilkinson a fait l’éloge d’Ismail Haniyeh, le chef du bureau politique du Hamas, peu après son assassinat par Israël à Téhéran. Elle l’a
qualifié de «héros».
Pour replacer les choses dans leur contexte, il faut savoir qu’avant son assassinat, Haniyeh était largement considéré comme un modéré, même au sein de
l’aile politique du Hamas. Vivant en exil de Gaza, il semble n’avoir eu aucune idée de l’attaque du 7 octobre. Il a également été l’un des principaux acteurs des efforts visant à mettre
fin au massacre de Gaza et à obtenir un cessez-le-feu par le biais de négociations avec Israël.
Haniyeh, au centre,
rencontre le guide suprême de l’Iran Ali Khamenei, à droite, le 31 juillet 2024,
quelques heures avant sa mort.
L’assassinat de Haniyeh était l’objectif de Netanyahou pour renforcer la ligne dure des ailes militaire et politique du Hamas. En sabotant les espoirs d’un
cessez-le-feu, le gouvernement israélien a pu poursuivre son génocide.
Il n’est pas plus déraisonnable de considérer Haniyeh comme un «héros» pour avoir mené une lutte politique visant à libérer le peuple de Gaza de ce que la
Cour internationale de Justice a condamné comme une occupation illégale et un système d’apartheid israélien brutal, plutôt que de considérer Adams du Sinn Fein comme un héros pour sa
lutte politique visant à libérer la communauté catholique d’Irlande du Nord du régime oppressif de la Grande-Bretagne et des loyalistes de l’Ulster.
Vous pouvez être en désaccord avec les positions politiques de Haniyeh ou d’Adams. Vous pouvez dénoncer quiconque soutient leurs positions. Mais vous ne
devriez certainement pas être en mesure d’enfermer ces partisans – pas si nous voulons continuer à croire que nous vivons dans une société libre.
Adams a été pendant de nombreuses années membre élu du Parlement britannique, même s’il a refusé de siéger à Westminster en signe de protestation. Personne
n’a jamais sérieusement suggéré que ceux qui l’ont soutenu – soit en le qualifiant de héros, soit en votant pour lui aux élections – devraient être arrêtés et emprisonnés. Quiconque
l’aurait fait aurait été à juste titre qualifié de monstrueusement autoritaire et profondément antidémocratique.
N°3 –
Enfin, Nouvelles
juivessuggère :
Wilkinson aurait publié en ligne des messages historiques, il y a huit ans, qui constituaient un déni de l’Holocauste. Wilkinson conteste apparemment ces propos et a affirmé que ces
allégations relevaient d’une campagne de diffamation.
Même si l’on suppose le pire – que Wilkinson ait effectivement mis en doute l’Holocauste, plutôt que d’être accusé de l’avoir fait – cela ne devrait pas
être l’affaire de la police du «terrorisme». Avoir des opinions irrationnelles, infondées ou immorales n’équivaut pas à «soutenir» le terrorisme. Loin de là.
N’oublions pas non plus que, si les lois britanniques antiterroristes doivent être appliquées de manière aussi extensive, la première personne qui devrait
être arrêtée pour «soutien» au terrorisme est Starmer lui-même.
Il y a quelques mois, il a insisté à plusieurs reprises sur le fait qu’Israël avait le droit de priver de nourriture, d’eau et d’électricité 2.3 millions de
personnes à Gaza, une politique qu’Israël a effectivement menée et qui a entraîné une famine artificielle qui fait mourir de faim les Palestiniens. Le procureur de la Cour pénale
internationale demande l’arrestation de Netanyahou pour cette politique de famine, car il s’agit d’un crime contre l’humanité.
Starmer, l’avocat des droits de l’homme, savait que la famine à Gaza était un acte de terrorisme – ou une punition collective, comme on l’appelle en droit
international. Et pourtant, il a soutenu sans réserve cet acte de terrorisme. Et ses paroles ont eu beaucoup plus de pouvoir pour influencer les événements que celles de Wilkinson
n’auraient jamais pu en avoir.
En tant que chef de l’opposition, il était en mesure d’exercer une pression tangible sur Israël pour qu’il mette un terme à sa politique de famine en
soulignant qu’elle équivalait à du terrorisme d’État. En tant que Premier ministre, il est en mesure de faire avancer l’arrestation des dirigeants israéliens pour leurs actes terroristes
en vertu du principe de compétence universelle. Il peut également mettre un terme à l’approvisionnement en armes du génocide.
Si nous disposions d’un système de droit international fonctionnel, Starmer risquerait sans aucun doute de se retrouver au banc des accusés de La Haye,
accusé de complicité de crimes de guerre.
Nous sommes désormais confrontés à la réalité terrifiante et orwellienne selon laquelle un Premier ministre complice de génocide peut réutiliser les lois
britanniques «antiterroristes» pour emprisonner quiconque s’oppose au génocide israélien et à la complicité de Starmer, en l’accusant de «soutien» au terrorisme.
Starmer veut être juge, jury et bourreau. Nous ne devons pas le laisser s’en tirer.
Starmer, l’avocat des droits de l’homme, savait que la famine à Gaza était un acte de terrorisme – ou une punition collective, comme on l’appelle en droit
international. Et pourtant, il a soutenu sans réserve cet acte de terrorisme. Et ses paroles ont eu beaucoup plus de pouvoir pour influencer les événements que celles de Wilkinson
n’auraient jamais pu en avoir.
En tant que chef de l’opposition, il était en mesure d’exercer une pression tangible sur Israël pour qu’il mette un terme à sa politique de famine en
soulignant qu’elle équivalait à du terrorisme d’État. En tant que Premier ministre, il est en mesure de faire avancer l’arrestation des dirigeants israéliens pour leurs actes terroristes
en vertu du principe de compétence universelle. Il peut également mettre un terme à l’approvisionnement en armes du génocide.
Si nous acceptons la
vérité fondamentale selon laquelle l’Ukraine n’est rien d’autre qu’un champ de bataille par procuration entre la Russie et l’Occident, alors on pourrait dire que la Troisième Guerre mondiale
a déjà commencé. Jusqu’à présent, les pouvoirs en place se sont contentés de limiter la situation à l’Ukraine, mais un événement récent suggère que les choses sont sur le point de changer. Il
se passe quelque chose de très étrange sur le front nucléaire entre l’OTAN et la Russie et je pense qu’il est peut-être temps d’envisager la possibilité d’une menace sous fausse
bannière.
Au cours des deux dernières semaines, l’Ukraine s’est attribué le mérite d’au moins deux frappes distinctes sur des cibles particulières – des stations radar
russes “au-dessus de
l’horizon” utilisant des drones ayant un rayon d’action impressionnant d’au moins 2000 km. Jusqu’à présent, les attaques à longue portée sur le territoire russe ont été extrêmement
rares. Alors, pourquoi ces stations radar spécifiques ?
Les stations Voronezh-DM étaient situées à l’extérieur de la ville d’Orsk et de la région de Krasnodar (Armavir), loin des lignes de front en Ukraine. Ces
frappes ont été saluées comme l’attaque la plus poussée de l’Ukraine au cœur de la Russie, mais les grands médias ont ignoré les implications plus larges de la situation.
Il est probable que les drones utilisés soient d’origine américaine ou européenne. L’OTAN a (jusqu’à ces derniers jours) appliqué des restrictions strictes sur
la manière dont ses armes peuvent être utilisées par l’Ukraine. Des drones et des missiles de croisière à longue portée frappant des cibles au fin fond de la Russie risquent de provoquer
d’importants retours de bâton, y compris la menace d’une riposte nucléaire.
Cela dit, ce ne sont pas tant les armes utilisées qui me préoccupent que les cibles spécifiques que l’Ukraine est censée avoir choisies.
Les systèmes radar russes de détection au-dessus de l’horizon ont une portée d’au moins 10 000 km (la portée réelle est confidentielle) et recherchent
spécifiquement les missiles balistiques de haute altitude. Ils ne sont pas conçus pour détecter les missiles de croisière à moyenne portée volant à basse altitude (ATACMS) et les drones. En
d’autres termes, les deux stations détruites par les armes ukrainiennes sont censées servir de système d’alerte précoce en cas d’attaque nucléaire.
Les Ukrainiens ont prétendument défié les restrictions de l’OTAN, non pas une, mais deux fois, pour cibler des systèmes radar qui n’ont rien à voir avec eux. En
fait, les réseaux sont installés à des positions fixes et aucun d’entre eux ne visait l’Ukraine, mais le nord et le sud-ouest de la Russie. Le radar Armavir a été construit en 2009 pour
combler un vide créé par la perte de radars en Ukraine, et devait également remplacer un radar Daryal plus ancien à Gabala. Il est intéressant de noter que les “angles d’ouverture de recherche” d’Armavir et d’Orsk
surveillent le ciel principalement au-dessus du Moyen-Orient, y compris Israël, et d’une grande partie de l’Europe, y compris la Suisse.
Au lieu d’attaquer des ressources stratégiques vitales comme les raffineries de pétrole ou les dépôts de munitions, les défenses nucléaires de la Russie sont
systématiquement entravées. Pourquoi ?
Il est important de comprendre qu’une frappe de ce type au cœur de la Russie nécessite une planification et une logistique complexes. Elle ne peut être réalisée
sans renseignements secrets sur le terrain et sans l’aide de la surveillance par satellite. L’Ukraine dépend entièrement des satellites et des renseignements de l’OTAN ; une telle frappe ne
serait jamais possible sans l’implication de l’OTAN. En outre, les drones utilisés devraient avoir la capacité d’échapper aux systèmes de détection précoce et de rester cachés sur des
milliers de kilomètres. Ce type de technologie provient principalement de l’Occident.
En d’autres termes, il est impossible que ces attaques aient été menées par l’Ukraine sans l’aide et l’approbation du commandement américain ou européen. Je
mets en doute l’idée qu’un pilote ukrainien ait pu piloter les drones à distance. Nous parlons ici de certaines des stations radar les mieux défendues de toute la Russie.
En quoi tout cela est-il important ? Examinons les terribles réalités…
Tout d’abord, le ciblage des défenses nucléaires russes pourrait faire croire au Kremlin qu’il se prépare une frappe nucléaire. Sinon, pourquoi leur radar
balistique serait-il pris pour cible ? Cela signifie qu’ils seront en état d’alerte maximale en vue d’un éventuel échange nucléaire. Ce n’est pas une bonne chose.
Deuxièmement, les stations Voronezh-DM sont utilisées pour identifier les fausses alertes positives d’attaque nucléaire. En d’autres termes, si une arme imitant
un missile balistique à haute altitude est utilisée contre la Russie, leur capacité à détecter qu’il ne s’agit PAS d’un missile nucléaire a été réduite. Ils pourraient lancer leurs propres
ogives en réponse à une attaque non nucléaire (une fausse attaque ou un faux drapeau).
Troisièmement, Armavir et d’autres stations pourraient être utilisées pour enregistrer l’activité des missiles balistiques bien au-delà de l’espace aérien russe
(dans des endroits comme le Moyen-Orient). Il est possible que ces frappes aient pour but d’aveugler la Russie et de l’empêcher de détecter des événements liés aux missiles qui n’ont rien à
voir avec la guerre en Ukraine.
Quatrièmement, il est possible que l’OTAN et l’Ukraine pensent que le démantèlement du radar envoie un message selon lequel si la Russie menace de lancer une
attaque nucléaire, ils pourraient être frappés en premier. Tout ce que cela signifie, c’est que la Russie ne donnera pas d’avertissement, elle lancera simplement ses missiles.
Cinquièmement, l’attaque sur Armavir remplit à elle seule les conditions énoncées publiquement par le gouvernement russe en 2020 pour des actions susceptibles
de déclencher une frappe nucléaire de représailles. Le réseau d’alerte précoce de la Russie fait partie du dispositif de dissuasion nucléaire plus large du pays.
“Les conditions
spécifiant la possibilité d’utilisation d’armes nucléaires par la Fédération de Russie” comprennent toute “attaque par un adversaire contre des sites gouvernementaux ou
militaires critiques de la Fédération de Russie, dont la perturbation compromettrait les actions de réponse des forces nucléaires”, selon les principes fondamentaux de la politique
d’État de la Fédération de Russie en matière de dissuasion nucléaire, publiés par le Kremlin en 2020.
Jusqu’à présent, rien n’indique comment la Russie va riposter, mais considérons les circonstances actuelles sur le front. Les défenses ukrainiennes sont minces
et ne disposent pas de la main-d’œuvre nécessaire pour maintenir les points d’appui les plus rudimentaires. Comme je l’ai indiqué le mois dernier, la ligne de front de l’Ukraine est sur le
point de s’effondrer, probablement cet été, avec l’ouverture par la Russie d’une nouvelle offensive dans le nord, près de Kharkiv.
Les pays de l’OTAN affirment désormais qu’ils soutiennent l’utilisation par l’Ukraine d’armes à longue portée à l’intérieur de la Russie. Cela signifie que les
principales zones métropolitaines de l’Ukraine seront sur la table pour les propres frappes à longue portée de la Russie, une mesure qu’elle a évitée de mettre en œuvre pour l’instant.
Surveillez également l’utilisation potentielle de bombes thermobariques (bombes à effet de vide) par la Russie ; il s’agit d’armes massivement destructrices qui ont été absentes du champ de
bataille jusqu’à présent (à l’exception de rapports non vérifiés).
L’Occident envoie à la Russie le message qu’il ne laissera pas l’Ukraine perdre, qu’il ne cherchera pas de solutions diplomatiques et que si la Russie commence
à gagner du terrain de manière significative, tout sera permis. Cela inclut-il les armes nucléaires ? Difficile à dire.
Je soupçonne l’establishment de vouloir créer un scénario dans lequel la Russie serait amenée à réagir de manière excessive à un événement, ou dans lequel
l’opinion publique serait amenée à croire que la Russie représente une menace nucléaire légitime pour l’Occident. Il est également possible que la Russie soit empêchée de surveiller un futur
incident balistique au Moyen-Orient.
Ces attaques radar interviennent quelques semaines seulement avant la “conférence de paix” sur l’Ukraine qui doit se tenir en
Suisse le 15 juin. Bien que les principaux dirigeants des États-Unis, de la Chine et de l’Europe n’y participent pas (et que la Russie n’y soit pas invitée), le sommet reste une cible juteuse
pour un faux drapeau et donc une unification des intérêts occidentaux autour d’une guerre plus large avec la Russie. Je ne dis pas que la conférence elle-même sera attaquée, nécessairement,
mais une attaque majeure pendant la conférence pourrait être utilisée pour vendre l’idée d’une intervention totale de l’OTAN.
Si l’objectif est d’étendre la guerre, toute hostilité perçue comme visant la conférence pourrait également servir d’excuse pour rallier le soutien populaire.
Le fait que tant de dirigeants mondiaux, y compris M. Biden, refusent de se rendre à la conférence rend la chose encore plus douteuse.
Je doute fort que l’establishment veuille déclencher une guerre nucléaire mondiale. Ils ont tout à perdre et très peu à gagner. Ils viennent de passer la
majeure partie du siècle dernier à construire l’un des réseaux de contrôle économique et politique les plus complexes de l’histoire de l’humanité. Je ne pense pas qu’ils seraient heureux de
voir tout cela s’évaporer en un clin d’œil. Cela dit, un événement nucléaire limité pourrait bien servir leurs intérêts.
À l’heure où j’écris ces lignes, plusieurs gouvernements, dont le gouvernement français, demandent le déploiement de troupes européennes en Ukraine. Certains
dirigeants politiques veulent qu’elles y aillent en tant que “conseillers” et formateurs. C’est exactement ce
que les États-Unis ont fait juste avant de déployer d’importantes forces militaires au Viêt Nam. Vous vous souvenez du faux drapeau de l’incident du golfe du Tonkin ?
Il se passe quelque chose de très étrange ici. Je n’ai aucun doute sur le fait que la Troisième Guerre mondiale est l’issue prévue de la confrontation entre
l’OTAN et la Russie en Ukraine. La question est de savoir comment ils prévoient d’organiser cette issue tout en convainquant le public américain et européen de participer à l’effort de
guerre. Ils ont besoin d’une sérieuse attaque sous fausse bannière.
Brandon
Smith
Traduit par Hervé pour le Saker Francophone
L’art de la guerre d’attrition : Les leçons de la guerre Russie-Ukraine
Si l’Occident envisage
sérieusement la possibilité d’un conflit entre grandes puissances, il doit examiner attentivement sa capacité à mener une guerre prolongée et à poursuivre une stratégie axée sur
l’attrition plutôt que sur la manœuvre.
Les guerres d’usure requièrent leur propre «art de la guerre» et sont menées selon une approche «centrée sur la force», contrairement aux guerres de
manœuvre qui sont «centrées sur le terrain». Elles s’appuient sur une capacité industrielle massive permettant de remplacer les pertes, sur une profondeur géographique permettant
d’absorber une série de défaites et sur des conditions technologiques empêchant des mouvements terrestres rapides. Dans les guerres d’attrition, les opérations militaires sont
déterminées par la capacité d’un État à remplacer les pertes et à créer de nouvelles formations, et non par des manœuvres tactiques et opérationnelles. Le camp qui accepte la nature
attritionnelle de la guerre et qui se concentre sur la destruction des forces ennemies plutôt que sur la conquête du terrain a le plus de chances de l’emporter.
L’Occident n’est pas préparé à ce type de guerre. Pour la plupart des experts occidentaux, la stratégie d’attrition est contre-intuitive.
Historiquement, l’Occident a toujours préféré les affrontements courts entre armées professionnelles, où le vainqueur remporte tout. Les jeux de guerre récents, tels que
la guerre
du SCRS sur Taïwan, ont couvert un mois de combat. La possibilité que la guerre se poursuive n’a jamais été évoquée. C’est le reflet d’une attitude occidentale commune. Les
guerres d’usure sont considérées comme des exceptions, quelque chose à éviter à tout prix et généralement le produit de l’incompétence des dirigeants. Malheureusement, les guerres
entre puissances voisines sont susceptibles d’être des guerres d’usure, grâce à un large éventail de ressources disponibles pour remplacer les pertes initiales. La nature
attritionnelle du combat, y compris l’érosion du professionnalisme due aux pertes, nivelle le champ de bataille, quelle que soit l’armée qui a commencé avec des forces mieux
entraînées. Au fur et à mesure que le conflit s’éternise, la guerre est gagnée par les économies et non par les armées. Les États qui s’en rendent compte et qui mènent une telle
guerre par le biais d’une stratégie d’attrition visant à épuiser les ressources de l’ennemi tout en préservant les leurs ont plus de chances de l’emporter. Le moyen le plus rapide de
perdre une guerre d’usure est de se concentrer sur la manœuvre, en dépensant des ressources précieuses pour des objectifs territoriaux à court terme. Reconnaître que les guerres
d’usure ont leur propre art est essentiel pour les gagner sans subir de pertes désastreuses.
La dimension
économique
Les guerres d’usure sont remportées par les économies qui permettent une mobilisation massive des armées grâce à leurs secteurs industriels. Les armées
se développent rapidement au cours d’un tel conflit, nécessitant des quantités massives de véhicules blindés, de drones, de produits électroniques et d’autres équipements de combat.
L’armement haut de gamme étant très complexe à fabriquer et consommant de vastes ressources, il est impératif de disposer d’un mélange haut-bas de forces et d’armes pour remporter la
victoire.
Les armes haut de gamme ont des performances exceptionnelles mais sont difficiles à fabriquer, surtout lorsqu’il s’agit d’armer une armée rapidement
mobilisée et soumise à un taux d’attrition élevé. Par exemple, pendant la Seconde Guerre mondiale, les
Panzers allemands étaient de superbes chars d’assaut, mais en utilisant à peu près les mêmes ressources de production, les Soviétiques ont produit huit T-34 pour chaque
Panzer allemand. La différence de performance ne justifiait pas la disparité numérique de la production. Les armes haut de gamme nécessitent également des troupes haut de gamme.
L’entraînement de ces dernières prend beaucoup de temps, un temps qui n’est pas disponible dans une guerre où les taux d’attrition sont élevés.
Il est plus facile et plus rapide de produire un grand nombre d’armes et de munitions bon marché, surtout si leurs sous-composants sont interchangeables
avec des produits civils, ce qui permet de produire en masse sans avoir à étendre les chaînes de production. Les nouvelles recrues absorbent également plus rapidement des armes plus
simples, ce qui permet de créer rapidement de nouvelles formations ou de reconstituer des formations existantes.
Il est difficile pour les économies occidentales haut de gamme d’atteindre la masse. Pour atteindre l’hyper-efficacité, elles se débarrassent de leurs
capacités excédentaires et peinent à se développer rapidement, d’autant plus que les industries de niveau inférieur ont été transférées à l’étranger pour des raisons économiques. En
temps de guerre, les chaînes d’approvisionnement mondiales sont perturbées et les sous-composants ne peuvent plus être sécurisés. À ce problème s’ajoute le manque de main-d’œuvre
qualifiée ayant de l’expérience dans un secteur particulier. Ces compétences s’acquièrent au fil des décennies et, une fois qu’une industrie est fermée, il faut des décennies pour la
reconstruire. Le
rapport interagences du gouvernement américain de 2018 sur la capacité industrielle des États-Unis a mis en évidence ces problèmes. En définitive, l’Occident doit se pencher
sérieusement sur la question de la capacité excédentaire en temps de paix de son complexe militaro-industriel, sous peine de perdre la prochaine guerre.
Génération de
forces
La production industrielle existe pour être canalisée vers le remplacement des pertes et la création de nouvelles formations. Cela nécessite une
doctrine appropriée et des structures de commandement et de contrôle. Il existe deux modèles principaux : l’OTAN (la plupart des armées occidentales) et l’ancien modèle soviétique, la
plupart des États se situant entre les deux.
Les armées de l’OTAN sont très professionnelles et s’appuient sur un corps de sous-officiers solide, doté d’une formation et d’une expérience militaires
approfondies en temps de paix. Elles s’appuient sur ce professionnalisme pour leur doctrine militaire (principes
fondamentaux, tactiques et techniques) afin de mettre l’accent sur l’initiative individuelle, en déléguant une grande marge de manœuvre aux officiers subalternes et aux
sous-officiers. Les formations de l’OTAN jouissent d’une agilité et d’une souplesse extraordinaires qui leur permettent d’exploiter les possibilités offertes par un champ de bataille
dynamique.
Dans une guerre d’attrition, cette méthode présente un inconvénient. Les officiers et les sous-officiers nécessaires à l’exécution de cette doctrine ont
besoin d’une formation approfondie et, surtout, d’expérience. Il
faut des années pour former un sous-officier de l’armée américaine. Un chef d’escouade a généralement au moins trois ans de service et un sergent de section en a au
moins sept. Dans une guerre d’attrition caractérisée par de lourdes pertes, on n’a tout simplement pas le temps de remplacer les sous-officiers perdus ou de les former pour de
nouvelles unités. L’idée que des civils puissent suivre des cours de formation de trois mois, recevoir des chevrons de sergent et ensuite être censés se comporter de la même manière
qu’un vétéran de sept ans est une recette qui mène au désastre. Seul le temps peut générer des chefs capables d’exécuter la doctrine de l’OTAN, et le temps est une chose que les
exigences massives de la guerre d’attrition ne donnent pas.
L’Union soviétique a construit son armée en vue d’un conflit à grande échelle avec l’OTAN. Elle devait être en mesure de se développer rapidement en
faisant appel à des réserves massives. Tous les hommes de l’Union soviétique ont suivi une formation de base de deux ans à la sortie de l’école secondaire. Le renouvellement constant
du personnel enrôlé a empêché la création d’un corps de sous-officiers de type occidental, mais a généré une réserve massive de réservistes semi-entraînés disponibles en temps de
guerre. L’absence de sous-officiers fiables a créé un modèle de commandement centré sur les officiers, moins souple que celui de l’OTAN, mais plus adaptable à l’expansion à grande
échelle requise par la guerre d’attrition.
Toutefois, à mesure qu’une guerre progresse au-delà d’un an, les unités de première ligne acquièrent de l’expérience et un corps de sous-officiers
amélioré est susceptible d’émerger, ce qui confère au modèle soviétique une plus grande flexibilité. En 1943, l’Armée
rouge avait mis en place un solide corps de sous-officiers, qui a ensuite disparu après la Seconde Guerre mondiale, avec la démobilisation des formations de combat. L’une des
principales différences entre les modèles est que la doctrine de l’OTAN ne peut fonctionner sans des sous-officiers très performants. La doctrine soviétique était renforcée par des
sous-officiers expérimentés, mais n’en avait pas besoin.
Au lieu d’une bataille décisive obtenue par une manœuvre rapide, la guerre d’attrition se concentre sur la destruction des forces ennemies et de leur
capacité à régénérer leur puissance de combat, tout en préservant la sienne.
Le modèle le plus efficace est un mélange des deux, dans lequel un État maintient une armée professionnelle de taille moyenne, ainsi qu’une masse de
conscrits disponibles pour la mobilisation. Cela conduit directement à un mélange haut/bas. Les forces professionnelles d’avant-guerre forment la partie supérieure de cette armée,
devenant des brigades de pompiers – se déplaçant de secteur en secteur dans la bataille pour stabiliser la situation et mener des attaques décisives. Les formations de bas de gamme
tiennent la ligne et acquièrent lentement de l’expérience, augmentant leur qualité jusqu’à ce qu’elles acquièrent la capacité de mener des opérations offensives. La victoire est
obtenue en créant les formations de bas de gamme de la plus haute qualité possible.
L’entraînement et l’expérience du combat permettent de transformer les nouvelles unités en soldats aptes au combat plutôt qu’en bandes de civils. Une
nouvelle formation doit s’entraîner pendant au moins
six mois, et seulement si elle est composée de réservistes ayant déjà reçu une formation individuelle. Les conscrits ont besoin de plus de temps. Ces unités devraient également
compter des soldats et des sous-officiers professionnels issus de l’armée d’avant-guerre, afin de renforcer leur professionnalisme. Une fois la formation initiale achevée, elles ne
doivent être engagées dans la bataille que dans des secteurs secondaires. Aucune formation ne doit être autorisée à descendre en dessous de 70% de ses effectifs. Le retrait précoce
des formations permet à l’expérience de proliférer parmi les nouveaux remplaçants, car les vétérans transmettent leurs compétences. Dans le cas contraire, une expérience précieuse est
perdue, ce qui oblige à recommencer le processus. Une autre implication est que les ressources devraient donner la priorité aux remplacements plutôt qu’aux nouvelles formations,
préservant ainsi l’avantage au combat à la fois dans l’armée d’avant-guerre (élevé) et dans les formations nouvellement levées (faible). Il est conseillé de dissoudre plusieurs
formations d’avant-guerre (haut de gamme) pour répartir les soldats professionnels entre les formations bas de gamme nouvellement créées, afin d’améliorer la qualité initiale.
La dimension
militaire
Les opérations militaires dans un conflit d’attrition sont très différentes de celles d’une guerre de manœuvre. Au lieu d’une bataille décisive obtenue
par une manœuvre rapide, la guerre d’attrition se concentre sur la destruction des forces ennemies et de leur capacité à régénérer la puissance de combat, tout en préservant la
sienne. Dans ce contexte, une stratégie réussie accepte que la guerre dure au moins deux ans et soit divisée en deux phases distinctes. La première phase va de l’ouverture des
hostilités au moment où une puissance de combat suffisante a été mobilisée pour permettre une action décisive. Les changements de position sur le terrain seront limités, l’accent
étant mis sur un échange favorable des pertes et sur la constitution d’une puissance de combat à l’arrière. La forme de combat dominante est l’incendie plutôt que la manœuvre,
complétée par des fortifications et un camouflage importants. L’armée du temps de paix commence la guerre et mène des actions d’attente, ce qui laisse le temps de mobiliser les
ressources et d’entraîner la nouvelle armée.
La deuxième phase peut commencer lorsque l’une des parties a rempli les conditions suivantes.
Les forces nouvellement mobilisées ont achevé leur entraînement et acquis suffisamment d’expérience pour devenir des formations efficaces au combat,
capables d’intégrer rapidement tous leurs moyens de manière cohérente.
La réserve stratégique de l’ennemi est épuisée, ce qui l’empêche de renforcer le secteur menacé.
La supériorité en matière de feux et de reconnaissance est atteinte, ce qui permet à l’attaquant de concentrer efficacement ses feux sur un secteur
clé tout en empêchant l’ennemi d’en faire autant.
Le secteur industriel de l’ennemi est dégradé au point de ne plus pouvoir remplacer les pertes subies sur le champ de bataille. Dans le cas d’une
coalition de pays, les ressources industrielles de ces derniers doivent également être épuisées ou au moins prises en compte.
Ce n’est qu’après avoir satisfait à ces critères que les opérations offensives doivent commencer. Elles doivent être lancées sur un large front, en
cherchant à submerger l’ennemi en de multiples points par des attaques superficielles. L’objectif est de rester à l’intérieur d’une bulle stratifiée de systèmes de protection amis,
tout en étirant les réserves ennemies épuisées jusqu’à ce que le front s’effondre. Ce n’est qu’à ce moment-là que l’offensive doit s’étendre vers des objectifs situés plus
profondément dans l’arrière de l’ennemi. La concentration des forces sur un effort principal doit être évitée, car elle donne une indication sur la localisation de l’offensive et
permet à l’ennemi de concentrer ses réserves contre ce point clé. L’offensive
Brusilov de 1916, qui a entraîné l’effondrement de l’armée austro-hongroise, est un bon exemple d’offensive d’attrition réussie aux niveaux tactique et opérationnel. En attaquant
sur un large front, l’armée russe a empêché les Austro-Hongrois de concentrer leurs réserves, ce qui a entraîné un effondrement tout au long du front. Au niveau stratégique, en
revanche, l’offensive Broussilov est un exemple d’échec. Les forces russes n’ont pas réussi à imposer leurs conditions à l’ensemble de la coalition ennemie, se concentrant uniquement
sur l’Empire austro-hongrois et négligeant les capacités allemandes. Les Russes ont dépensé des ressources cruciales qu’ils ne pouvaient pas remplacer, sans vaincre le membre le plus
puissant de la coalition. Pour insister à nouveau sur ce point essentiel, une offensive ne peut réussir que si des critères clés sont remplis. Tenter de lancer une offensive plus tôt
se traduira par des pertes sans aucun gain stratégique, jouant ainsi directement en faveur de l’ennemi.
La guerre moderne
Le champ de bataille moderne est un système intégré de systèmes qui comprend divers types de guerre électronique (GE), trois types fondamentaux de
défenses aériennes, quatre types différents d’artillerie, d’innombrables types d’aéronefs, des drones d’attaque et de reconnaissance, des ingénieurs de construction et des sapeurs,
des formations traditionnelles d’infanterie et de blindés et, surtout, de la logistique. L’artillerie est devenue plus dangereuse grâce à des portées accrues et à un ciblage avancé,
ce qui étend la profondeur du champ de bataille.
En pratique, cela signifie qu’il est plus facile de masser des feux que des forces. La manœuvre en profondeur, qui nécessite la massification de la
puissance de combat, n’est plus possible car toute force massée sera détruite par des feux indirects avant de pouvoir obtenir un succès en profondeur. Au lieu de cela, une offensive
terrestre nécessite une bulle de protection étroite pour parer aux systèmes de frappe ennemis. Cette bulle est générée par la superposition de contre-feux amis, de défense aérienne et
de moyens de guerre électronique. Le déplacement de nombreux systèmes interdépendants est extrêmement compliqué et a peu de chances de réussir. Les attaques peu profondes le long de
la ligne avancée des troupes ont le plus de chances de réussir à un coût acceptable ; les tentatives de pénétration en profondeur seront exposées à des tirs groupés dès qu’elles
sortiront de la protection de la bulle défensive.
L’intégration de ces ressources qui se chevauchent nécessite une planification centralisée et des officiers d’état-major exceptionnellement bien formés,
capables d’intégrer de multiples capacités à la volée. Il faut des années pour former de tels officiers, et même l’expérience du combat ne permet pas d’acquérir de telles compétences
en peu de temps. Les listes de contrôle et les procédures obligatoires peuvent pallier ces lacunes, mais uniquement sur un front statique moins compliqué. Les opérations offensives
dynamiques exigent des temps de réaction rapides, dont les officiers semi-entraînés sont incapables.
Un exemple de cette complexité est l’attaque d’un peloton de 30 soldats. Cela nécessiterait des systèmes de guerre électronique pour brouiller les
drones ennemis, un autre système de guerre électronique pour brouiller les communications ennemies et empêcher l’ajustement des tirs ennemis, et un troisième système de guerre
électronique pour brouiller les systèmes de navigation spatiale et empêcher l’utilisation de munitions guidées avec précision. En outre, les feux nécessitent des radars de
contre-batterie pour vaincre l’artillerie ennemie. La planification est d’autant plus compliquée que les systèmes de guerre électronique de l’ennemi localiseront et détruiront tout
radar ou émetteur de guerre électronique ami qui émet trop longtemps. Les ingénieurs devront dégager des chemins à travers les champs de mines, tandis que les drones amis fourniront
un ISR sensible au temps et un appui-feu si nécessaire. (Cette tâche nécessite un entraînement poussé des unités de soutien afin d’éviter de larguer des munitions sur les troupes
d’attaque amies). Enfin, l’artillerie doit fournir un soutien à la fois sur l’objectif et sur l’arrière de l’ennemi, en ciblant les réserves et en supprimant l’artillerie. Tous ces
systèmes doivent fonctionner comme une équipe intégrée, ne serait-ce que pour soutenir 30 hommes dans plusieurs véhicules qui attaquent un autre groupe de 30 hommes ou moins. Un
manque de coordination entre ces moyens se traduira par des attaques ratées et des pertes effroyables sans jamais voir l’ennemi. L’augmentation de la taille des formations menant des
opérations s’accompagne d’une augmentation du nombre et de la complexité des moyens à intégrer.
Implications pour les opérations
de combat
Les tirs en profondeur – à plus de 100-150 km (la portée moyenne des roquettes tactiques) derrière la ligne de front – visent la capacité de l’ennemi à
générer une puissance de combat. Il s’agit notamment des installations de production, des dépôts de munitions, des dépôts de réparation et des infrastructures d’énergie et de
transport. Les cibles qui nécessitent des capacités de production importantes et qui sont difficiles à remplacer/réparer revêtent une importance particulière, car leur destruction
infligera des dommages à long terme. Comme pour tous les aspects de la guerre d’usure, il faudra beaucoup de temps pour que de telles frappes aient un effet, les délais pouvant aller
jusqu’à plusieurs années. Les faibles volumes de production mondiale de munitions guidées de précision à longue portée, les actions de déception et de dissimulation efficaces, les
stocks importants de missiles antiaériens et les capacités de réparation des États forts et déterminés sont autant d’éléments qui contribuent à prolonger les conflits. Pour être
efficace, la superposition des défenses aériennes doit comprendre des systèmes haut de gamme à toutes les altitudes, associés à des systèmes moins coûteux pour contrer les
plates-formes d’attaque massives et bas de gamme de l’ennemi. Combinée à une fabrication à grande échelle et à une guerre électronique efficace, c’est la seule façon de vaincre les
tirs en profondeur de l’ennemi.
La victoire dans une guerre d’usure est assurée par une planification minutieuse, le développement d’une base industrielle et d’une infrastructure de
mobilisation en temps de paix, et une gestion encore plus attentive des ressources en temps de guerre.
Une guerre d’usure réussie se concentre sur la préservation de sa propre puissance de combat. Cela se traduit généralement par un front relativement
statique, interrompu par des attaques locales limitées visant à améliorer les positions, et par l’utilisation de l’artillerie pour la plupart des combats. La fortification et la
dissimulation de toutes les forces, y compris la logistique, sont essentielles pour minimiser les pertes. Le temps nécessaire à la construction des fortifications empêche tout
mouvement de terrain significatif. Une force d’attaque qui ne peut pas se retrancher rapidement subira des pertes importantes dues aux tirs de l’artillerie ennemie.
Les opérations défensives permettent de gagner du temps pour développer des formations de combat de bas niveau, ce qui permet aux troupes nouvellement
mobilisées d’acquérir une expérience du combat sans subir de lourdes pertes lors d’attaques à grande échelle. La constitution de formations de combat expérimentées de niveau inférieur
génère la capacité de mener de futures opérations offensives.
Les premiers stades de la guerre d’usure vont de l’ouverture des hostilités au moment où les ressources mobilisées sont disponibles en grand nombre et
sont prêtes pour les opérations de combat. En cas d’attaque surprise, une offensive rapide d’un camp peut être possible jusqu’à ce que le défenseur puisse former un front solide.
Ensuite, le combat se consolide. Cette période dure au moins un an et demi à deux ans. Pendant cette période, les grandes opérations offensives doivent être évitées. Même si les
grandes attaques sont couronnées de succès, elles entraîneront des pertes considérables, souvent pour des gains territoriaux insignifiants. Une armée ne doit jamais accepter une
bataille dans des conditions défavorables. Dans une guerre d’attrition, tout terrain ne comportant pas de centre industriel vital n’est pas pertinent. Il est toujours préférable de
battre en retraite et de préserver ses forces, quelles que soient les conséquences politiques. Combattre sur un terrain désavantageux brûle les unités, perdant des soldats
expérimentés qui sont la clé de la victoire. L’obsession allemande pour Stalingrad en 1942 est un excellent exemple de combat sur un terrain défavorable pour des raisons politiques.
L’Allemagne a brûlé des unités vitales qu’elle ne pouvait pas se permettre de perdre, simplement pour s’emparer d’une ville portant le nom de Staline. Il est également judicieux de
pousser l’ennemi à combattre sur un terrain défavorable par le biais d’opérations d’information, en exploitant des objectifs ennemis politiquement sensibles. L’objectif est de forcer
l’ennemi à dépenser des réserves matérielles et stratégiques vitales pour des opérations sans intérêt stratégique. L’un des principaux écueils à éviter est de se laisser entraîner
dans le même piège que celui qui a été tendu à l’ennemi. C’est ce qu’ont fait les Allemands lors de la Première Guerre mondiale à Verdun,
où ils prévoyaient d’utiliser l’effet de surprise pour s’emparer d’un terrain clé et politiquement sensible, provoquant ainsi de coûteuses contre-attaques françaises. Malheureusement
pour les Allemands, ils sont tombés dans leur propre piège. Ils n’ont pas réussi à s’emparer d’un terrain clé et défendable dès le début, et la bataille s’est transformée en une série
d’assauts coûteux de l’infanterie des deux côtés, avec des tirs d’artillerie dévastant l’infanterie attaquante.
Lorsque la deuxième phase commence, l’offensive doit être lancée sur un large front, en cherchant à submerger l’ennemi en de multiples points au moyen
d’attaques superficielles. L’objectif est de rester à l’intérieur de la bulle stratifiée des systèmes de protection amis, tout en étirant les réserves ennemies épuisées jusqu’à ce que
le front s’effondre. Il y a un effet de cascade dans lequel une crise dans un secteur oblige les défenseurs à déplacer les réserves d’un deuxième secteur, ce qui génère une crise dans
ce secteur à son tour. Lorsque les forces commencent à reculer et à quitter les fortifications préparées, le moral des troupes s’effondre et la question suivante se pose : «Si nous ne
pouvons pas tenir la méga-forteresse, comment pourrons-nous tenir ces nouvelles tranchées ?» La retraite se transforme alors en déroute. Ce n’est qu’à ce moment-là que l’offensive
doit s’étendre vers des objectifs situés plus loin dans les arrières de l’ennemi. L’offensive
des Alliés en 1918 en est un exemple. Les Alliés ont attaqué sur un large front, alors que les Allemands ne disposaient pas des ressources suffisantes pour défendre
l’ensemble de la ligne. Une fois que l’armée allemande a commencé à battre en retraite, il s’est avéré impossible de l’arrêter.
La stratégie d’attrition, centrée sur la défense, est contre-intuitive pour la plupart des officiers militaires occidentaux. La pensée militaire
occidentale considère l’offensive comme le seul moyen d’atteindre l’objectif stratégique décisif consistant à forcer l’ennemi à s’asseoir à la table des négociations dans des
conditions défavorables. La patience stratégique nécessaire pour mettre en place les conditions d’une offensive va à l’encontre de leur expérience de combat acquise lors d’opérations
anti-insurrectionnelles à l’étranger.
Conclusion
La conduite des guerres d’usure est très différente de celle des guerres de manœuvre. Elles durent plus longtemps et finissent par mettre à l’épreuve la
capacité industrielle d’un pays. La victoire est assurée par une planification minutieuse, le développement d’une base industrielle et d’une infrastructure de mobilisation en temps de
paix, et une gestion encore plus minutieuse des ressources en temps de guerre.
La victoire est possible si l’on analyse soigneusement ses propres objectifs politiques et ceux de l’ennemi. La clé consiste à reconnaître les forces et
les faiblesses des modèles économiques concurrents et à identifier les stratégies économiques les plus susceptibles de générer un maximum de ressources. Ces ressources peuvent alors
être utilisées pour construire une armée massive en utilisant le mélange de forces et d’armes élevé/faible. La conduite militaire de la guerre est déterminée par les objectifs
stratégiques politiques globaux, les réalités militaires et les limites économiques. Les opérations de combat sont peu profondes et se concentrent sur la destruction des ressources de
l’ennemi, et non sur la conquête du terrain. La propagande est utilisée pour soutenir les opérations militaires, et non l’inverse. Avec de la patience et une planification minutieuse,
une guerre peut être gagnée.
Malheureusement, de nombreux Occidentaux ont une attitude très cavalière, pensant que les conflits futurs seront courts et décisifs. Ce n’est pas vrai
pour les raisons exposées ci-dessus. Même les puissances mondiales moyennes disposent à la fois de la géographie, de la population et des ressources industrielles nécessaires pour
mener une guerre d’usure. L’idée qu’une grande puissance reculerait en cas de défaite militaire initiale est, au mieux, un vœu pieux. Tout conflit entre grandes puissances serait
considéré par les élites adverses comme existentiel et poursuivi avec toutes les ressources dont dispose l’État. La guerre qui en résultera deviendra une guerre d’usure et favorisera
l’État dont l’économie, la doctrine et la structure militaire sont mieux adaptées à cette forme de conflit.
Si l’Occident envisage sérieusement un éventuel conflit entre grandes puissances, il doit examiner attentivement sa capacité industrielle, sa doctrine
de mobilisation et ses moyens de mener une guerre de longue durée, plutôt que de mener des wargames couvrant un seul mois de conflit et d’espérer que la guerre s’arrêtera ensuite.
Comme la guerre d’Irak nous l’a appris, l’espoir n’est pas une méthode.