Les opérations

Assauts autour du bastion d’Avdeevka

par Erwan Castel - Le 22/05/2022.

Précédemment j’ai évoqué l’importance stratégique de la ville d’Avdeevka située à 10 km au Nord de Donetsk et qui, avec Marinka, est l’un des deux points d’appui sur lesquels repose toute la ligne de front ukrainienne devant Donetsk, et les opérations offensives en cours contre ses défenses.

Avdeevka est l’un des petits chaudrons en cours de formation le long de la ligne de front du Donbass visant à détruire les uns après les autres les groupements bataillonnaires tactiques du corps de bataille ukrainien dans le Donbass. Sa garnison est estimée à environ 4000 hommes appartenant principalement à la 56e Brigade mécanisée ukrainienne renforcée par des unités d’artillerie, des équipes antichars et snipers ainsi que des groupes de radicaux nationalistes et mercenaires étrangers.

Carte générale du front de Donetsk au 20 mai 2022

Encadré en blanc, le secteur d’Avdeevka à 10 km au Nord de Donetsk.

Depuis cette semaine, les bombardements russo-républicains sur ce secteur crucial du front de Donetsk se sont intensifiés, assommant jour et nuit les positions ukrainiennes extérieures et périphériques d’Avdeevka ainsi que les dépôts et états-majors situés dans la ville désertée par la majorité de sa population dont certains s’étaient installés dans des écoles abandonnées pour dissuader les tirs alliés et dans le cas où ils sont finalement repérés et visés offrir à la propagande kiévienne des images alimentant le fantasme d’une armée russe génocidaire.

Voilà une photo qu’on retrouvera sans nul doute dans les clabaudages de la propagande ukro-atlantiste qui bien sûr oublieront de préciser que cette école est fermée depuis plusieurs semaines et qu’elle était réquisitionnée pour abriter un état-major et un dépôt de l’armée ukrainienne.

Dans la conduite des chaudrons piégeant les forces ukrainiennes, le travail de l’artillerie appuyé aujourd’hui par les bombardements de l’aviation et des missiles, est essentiel pour forcer les unités à se replier dans les bastions, détruire leurs forces blindées et d’artillerie mais aussi leurs dépôts et convois logistiques. Formées à l’excellence de l’artillerie soviétique et aguerries par 8 années de guerre dans le Donbass, les unités d’artillerie républicaines (Brigade Kalmius et batteries des brigades mécanisées) montrent aujourd’hui une efficacité redoutable :

Chars ukrainiens de la 54e brigade sous le feu de l’artillerie de la 100e brigade républicaine
sur la
 périphérie à l’Ouest d’Avdeevka. En tentant de s’enfuir les blindés manquent
d’écraser de leur
 infanterie, et un des blindés est touché et détruit

Géolocalisation du bombardement. À l’horizon la ville de Donetsk.

Sur le front de Donetsk, une batterie d’obusiers automoteurs de 122mm 2s1 « Godzivka »
de la
 100e brigade tirent sur des positions d’Avdeevka

Comme dans les autres chaudrons réalisés ou en formation comme ceux de Marioupol (24 février- 21 avril) ou Severodonetsk et Krasni Liman (secteur Nord du Donbass), on observe un retrait rapide des forces ukrainiennes postés sur les avant-postes extérieurs dès les premiers assauts et bombardements importants subis, vers les défenses à l’abri des tissus urbains qui offrent une meilleure protection et le bouclier humain des civils étant restés dans les quartiers résidentiels.

Sous les bombardements et les premiers assauts des forces russes et républicaines nombre d’unités ukrainiennes
abandonnent les hameaux environnants
 pour les périphéries urbaines qui sont mieux fortifiées.

Les assauts russo-républicaines en cours autour d’Avdeevka s’intensifient sur 3 directions distinctes :

  • Au Nord, la percée se poursuit au Nord de Kamienka, poursuivant significativement l’encerclement d’Avdeevka par le Nord,
  • Au Sud, la libération de Peski qui est un des avant-postes d’Avdeevka situé dans le secteur de l’aéroport de Donetsk se poursuit,
  • À l’Est, les combats font rage pour le contrôle de la partie ukrainienne de la zone industrielle de Promka située entre Avdeeka et Yasinovataya

Au Nord : couper l’approvisionnement et encercler

Au Nord d’Avdeevka les forces ukrainiennes tentent de freiner le plus longtemps possible la manœuvre d’encerclement engagée par les forces républicaines depuis le front entre Yasinovataya et Gorlovka, qui ont déjà libéré Novosilevka Druga et les quartiers l’Est de Novobakhmutivka. Lorsque Kamienka sera conquis, la route menant à Kontantinovka sur laquelle s’appuie le front ukrainien sur ce flanc sera franchie et l’étau pourra se resserrer jusqu’aux faubourgs Nord-Est d’Avdeevka.

Véhicule de transport de troupes russe BTR 82A.

Face à cette menace, les forces ukrainiennes ont détruit le barrage de la retenue d’eau située au Nord d’Avdeevka pour inonder le secteur à l’Ouest devant l’avancée des forces russo-républicaines. (voir la vidéo ici).

Comme d’habitude, les forces ukrainiennes refusent le combat sur les terrains ouverts qu’ils laissent aux champs de mines pour mener des freinages d’infanterie à partir des hameaux des zones industrielles et quelques bois environnants Avdeevka notamment avec des groupes antichars et des snipers.

Ici la position d’un sniper ukrainien est détruite avec un missile antichar filoguidé sur les défenses extérieures d’Avdeevka

Au Sud, détruire les avants postes devant Donetsk

Sur le front de l’aéroport de Donetsk, dans la périphérie Nord de la cité, le groupe blindé ukrainien d’Avdeevka dispose de plusieurs postes avancés à partir desquels il peut maintenir une pression d’artillerie sur les positions républicaines et les quartiers résidentiels des districts de Kuybishevski et Kievsky. Les deux principaux postes avancés ukrainiens de ce secteur sont Opitnoe et Peski au Nord et à l’Ouest de l’aéroport

Char de combat russe T72 B3.

Les milices républicaines de Donetsk avec l’appui des forces spéciales de la 22e brigade russe ont commencé la libération de Peski sur lesquelles s’appuie le dispositif ukrainien devant l’aéroport. Il est probable que les forces ukrainiennes abandonnent bientôt cette localité complètement en ruine depuis 2014 et se replie sur une nouvelle ligne de front Est-Ouest le long d’une petite rivière ponctuée par une succession d’étangs entre Spartak-Opitnoe-Vodyane-Netaïlove-Karlovka…

Venant appuyer les progressions de l’infanterie, républicaine, un char de combat russe T72 B3
vient « traiter » une position ukrainienne fortifiée

À l’Ouest, conquérir la zone industrielle de Promka

Sans prétention, je connais bien ce secteur du front car mon unité de la brigade « Piatnashka » y est déployée depuis 2016 au milieu des ruines de Promka, une zone industrielle complètement détruite bordant la voie rapide entre Yasinotaya et Avdeevka.

Sniper russe se préparant au combat.

Prendre le contrôle de cette zone permettra aux forces russo-républicaines de resserrer l’encerclement d’Avdeevka jusqu’à ses faubourgs Est et de libérer enfin la circulation sur cette voie rapide reliant les fronts de Donetsk et Gorlovka.

Tandis que certaines compagnies ont été déployées sur le front de Marioupol, les autres unités de la brigade internationale « Piatnashka » ont continué leur mission sur le front de Promka, participant ainsi à l’offensive sur Avdeevka.

Volontaires internationaux de la brigade « Piatnashka » devenue le 2e bataillon
des forces spéciales du
 ministère de l’Intérieur de la Rép. Pop. de Donetsk

Du côté ukrainien

Au lendemain de la piteuse reddition de la garnison d’Azovstal qui, malgré son effectif important (2000 hommes valides) a préféré capituler plutôt que d’offrir au mythe nationaliste ukrainien un « baroud d’honneur », les forces ukrainiennes restant dans le Donbass montrent des signes d’effondrement de leur ligne de front percée dans plusieurs secteurs de (Severodonetsk, Popasnaya, Gorlovka, Olenovka) et de découragement moral d’autant plus que leur usure opérationnelle est plus rapide que l’arrivée des unités renforts et des armes occidentales tant promises depuis plusieurs semaines.

Sur le front d’Avdeevka la principale menace pesant sur les groupes bataillonnaires ukrainiens est que les routes E50 et H20 soient coupés par les avancées russo-républicaines, les privant ainsi d’hypothétiques approvisionnements et renforts mais aussi de chemin de repli vers une nouvelle ligne de défense plus à l’Ouest. Et au vu de leurs faibles garnisons et du terrain ouvert qui est difficile à défendre (contrairement aux collines boisées et la rivière Donets dans le secteur Nord du Donbass) leur résistance même la plus longue possible sera balayée rapidement, n’apportant rien à la stratégie ukrainienne à part la perte de leurs effectifs de combat.

Mais malgré cette évidence le commandement ukrainien qui obéit plus à des fantasmes politiques qu’à une stratégie militaire semble vouloir, comme à Marioupol, sacrifier ses soldats au bûcher des vanités d’un pouvoir kiévien soumis aux intérêts atlantistes étasuniens.

Plus vite ces idiots utiles de la ploutocratie mondialiste seront détruits ou se rendront moins les villes où ils se terrent seront détruites par les combats et bombardements libérateurs.

Et pour finir en riant, apprécions le niveau technologique de ces auxiliaires de la puissante et invincible Organisation du Traité de l’Atlantique Nord ! :

Sur le front d’Avdeevka des soldats ukrainiens cheminant gaillardement vers leurs positions

source : Alawata Rebellion

Flux et reflux militaires

Entre les propagandistes ukro-atlantistes qui hurlent à la victoire et les propagandistes pro-russes non moins crétins qui regardent ailleurs dès qu’un char russe brûle dans la steppe, j’essaye modestement de rendre compte de la réalité du terrain et sans me départir de mon engagement aux côtés des rebelles antimondialistes du Donbass et d’ailleurs.

Le 13 mai dernier, dans un point de situation militaire concernant le front de Kharkov, j’expliquais que les forces russes laissaient depuis deux jours caracoler leurs adversaires ukrainiens jusqu’à leur frontière pour pouvoir ensuite les piéger loin de leur refuge défensif de Kharkov.

Rappel des périodes tactiques autour de Kharkov :

• Du 24 février au 20 avril : 1ère offensive russe dans le secteur échouant à encercler Kharkov et contrôler les axes au Sud de la ville,

• Du 21 avril au 10 mai : Stabilisation du front à 10-15 km au Nord et à l’Est de Kharkov toujours bombardé par les forces russes,

• Du 11 mai au 18 mai : Progression vers le Nord des forces ukrainiennes, freinée et contrôlée par les forces russes jusqu’à leurs frontières

• 19 mai : contre attaque russe et destruction des unités d’assaut ukrainiennes dans une reconquête du terrain vers Kharkov.

Cette chevauchée ukrainienne au Nord de Kharkov réalisée sous des vivats ukro-atlantistes tellement hystériques qu’ils ont même fait dire par le secrétaire général de l’OTAN Stoltenberg que « l’Ukraine peut gagner la guerre », vient de prendre fin ce 19 mai, alors que les avant gardes kiéviennes étaient parvenues à 7 km seulement de Voltchansk, une localité contrôlant la route d’approvisionnement logistique vers le front de Kramatorsk et Severodonetsk où se porte en ce moment l’effort principal de l’état-major russe.

Cela aurait pourtant du alerter l’état-major ukrainien que de voir avec quelle facilité avançaient ses unités devant des forces russes… Mais voilà ce qui se passe lorsque les opérations militaires obéissent d’abord à des objectifs propagandistes au point d’en oublier les fondamentaux de la stratégie.

Les contre-attaques russes ont donc sonné le glas des analystes de salon qui péroraient de la déroute totale des forces russes en Ukraine, et déjà Ternova et Roubijnoe (à ne pas confondre avec le Roubijnoe près de Severodonetsk), deux localités sur des axes routiers importants ont été reprises par les forces russes dans des combats violents surprenant et détruisant devant elles les forces ukrainiennes.

L’état-major ukrainien qui ne peut envoyer des renforts vers le front sans affaiblir encore et dangereusement plus la défense de Kharkov n’a donc pas d’autre choix que de refluer le plus rapidement avant de perdre toutes ses unités imprudemment sorties de leur terrier urbain.

Et c’est ainsi de toutes les guerres de haute intensité : une histoire de flux et de reflux militaires jusqu’à ce que finalement une digue vitale militaire, politique ou économique vienne à céder…

Les illusions des propagandistes se révèlent parfois plus toxiques pour leur propre camp que pour celui de l’ennemi. Ainsi de la propagande russe qui a intoxiqué le renseignement militaire jusqu’à une sous évaluation des capacités de combat des forces ukrainiennes et aussi de la propagande ukrainienne qui aujourd’hui persuade son état-major qu’il peut vaincre l’armée russe grâce aux aides occidentales.

Fort heureusement, du côté de Moscou le pouvoir délaisse les fantasmes propagandistes et les idéologies fanatiques au profit d’un pragmatisme visant l’efficacité et l’adaptation permanente grâce à une direction des opérations militaires qui est confiée (contrairement à Kiev et à l’OTAN)… à des militaires de terrain et non à des politiciens de carnaval.

source : Alawata Rebellion

Sitrep Opération Z. La volonté de résistance des combattants ukrainiens se détériore rapidement

La débâcle commence

Source : The Saker francophone.

Par Moon of Alabama − Le 20 mai 2022

Le 14 mai, je faisais remarquer que les États-Unis avaient demandé à la Russie un cessez-le-feu en Ukraine :

Le compte-rendu américain de l’appel dit :

« Le 13 mai, le secrétaire à la Défense Lloyd J. Austin III a parlé avec le ministre russe de la Défense Sergey Shoygu pour la première fois depuis le 18 février. Le secrétaire Austin a demandé instamment un cessez-le-feu immédiat en Ukraine et a souligné l’importance de maintenir les lignes de communication. »

Austin est à l’origine de l’appel et les États-Unis cherchent à obtenir un cessez-le-feu en Ukraine !!!

Hier, les officiers supérieurs étasunien et russe se sont parlés au téléphone et là encore, les États-Unis avaient initié l’appel :

 

Le général Mark Milley, président des chefs d’état-major interarmées, et le général Valery Gerasimov, chef de l’état-major général russe, ont eu une conversation que le Pentagone a refusé de détailler au-delà de la reconnaissance de l’événement.

Les choses doivent aller mal en Ukraine pour que cela se produise. En effet, si l’on se fie à la « liste d’activité » publiée quotidiennement par le ministère russe de la Défense, toutes les positions de l’armée ukrainienne sont soumises à des tirs d’artillerie lourde et celle-ci perd environ 500 hommes par jour. En plus, des frappes russes efficaces sont menées sur des camps d’entraînement, des sites de stockage d’armes et des plates-formes de transport dans tout le pays.

En outre, la situation tactique sur la ligne de front orientale a changé après que les forces russes ont réussi à franchir la ligne de front fortement fortifiée.

Source : liveuamap.com – Agrandir

Il y a quelques jours, l’armée russe a avancé le long de la route H-32, a percé la ligne en direction de Propasna et a pris la ville. Depuis, elle a étendu son avancée en prenant plusieurs villages au nord, à l’ouest et au sud.

Cette percée donne la possibilité de remonter les fortifications ukrainiennes le long de la ligne de front par des attaques de flanc ou par l’arrière. En coupant les lignes de ravitaillement des troupes ukrainiennes au nord et au sud, des enveloppes peuvent être créées qui mèneront finalement à des chaudrons sans issue pour les troupes ukrainiennes.

Ceci est particulièrement dangereux pour les quelques milliers de soldats au nord du renflement qui défendent actuellement les villes de Sieverodonetsk et Lysychansk dans la partie nord-est de la bulle supérieure.

Le plan russe était de faire une autre percée du nord en poussant jusqu’à Siversk pour ensuite fermer l’enveloppe supérieure. Mais après plusieurs tentatives infructueuses de traverser la zone forestière et la rivière Seversky Donets, cette percée n’a toujours pas eu lieu.

La Russie est maintenant susceptible de pousser des troupes fraîches dans le renflement de Propasna pour étendre sa portée dans toutes les directions. Les rapports sur les actions en cours montrent que les combats et les bombardements intensifs sur la ligne de front se poursuivent et que les bombardements continuent également de cibler les carrefours logistiques.

Les autres fronts en Ukraine sont actuellement relativement calmes, avec peu de tirs directs. Pourtant, les attaques d’artillerie russes, toujours quotidiennes, touchent toutes les lignes de front ukrainiennes et font des victimes chaque jour.

Quelque 2 000 soldats de la milice Azov et de l’armée ukrainienne ont quitté les catacombes d’Azovstal à Mariupol. Un millier d’autres pourraient encore s’y trouver. L’armée russe filtre ces prisonniers. Les membres de la milice Azov et d’autres milices seront traduits en justice. Les soldats de l’armée ukrainienne deviendront des prisonniers de guerre.

La pénurie d’essence et de diesel en Ukraine a actuellement de graves répercussions. Même l’armée ukrainienne rationne désormais son carburant. Depuis environ six semaines, la Russie a systématiquement bombardé les raffineries et les sites de stockage de carburant en Ukraine. Elle a également détruit les ponts ferroviaires le long des lignes qui acheminaient le carburant depuis la Moldavie et la Roumanie.

Dans le même temps, le gouvernement ukrainien continuait à réglementer le prix du carburant. Les prix de vente au consommateur du diesel et de l’essence sont fixés. Du coup, le coût du carburant importé de Pologne par des camions privés dépassait le prix que les propriétaires de stations-service pouvaient le vendre. En conséquence, les stations-service se sont retrouvées à sec, leurs propriétaires s’abstenant d’acheter du nouveau carburant.

Il y a trois jours, le régime de Zelensky à Kiev a finalement mis fin au contrôle du prix du carburant :

Selon le [ministre de l’économie] Svyrydenko, le gouvernement s’attend à ce que le prix maximum du diesel ne dépasse pas 58 UAH (1,97 $) et celui de l’essence 52 UAH (1,76 $) par litre, une fois le contrôle levé.

« Dès que nous aurons le sentiment que les opérateurs du marché abusent de leur position, nous leur imposerons des sanctions », a-t-elle ajouté. « Nous surveillerons la situation au quotidien ».

Les prix prévus sont inférieurs à ceux demandés actuellement en Allemagne, et ce sans avoir à transporter le carburant par camion sur les 600 kilomètres qui séparent la Pologne de Kiev. La menace de sanctions signifie également que les grossistes locaux seront peu incités à vendre du carburant. Le salaire moyen en Ukraine étant d’environ 480 dollars par mois, les prix réels du carburant deviendront bientôt un autre choc économique.

Le gouvernement ukrainien poursuit également ses attaques contre les syndicats et le droit du travail :

En mars, le Parlement ukrainien a adopté une loi de guerre qui réduit considérablement la capacité des syndicats à représenter leurs membres, a introduit la « suspension de l’emploi » (ce qui signifie que les employés ne sont pas licenciés, mais que leur travail et leur salaire sont suspendus) et donne aux employeurs le droit de suspendre unilatéralement les conventions collectives.

Mais au-delà de cette mesure temporaire, un groupe de députés et de fonctionnaires ukrainiens vise désormais à « libéraliser » et à « désoviétiser » davantage le droit du travail du pays. Selon un projet de loi, les personnes qui travaillent dans des petites et moyennes entreprises – celles qui comptent jusqu’à 250 employés – seraient, de fait, exclues du droit du travail en vigueur dans le pays et couvertes par des contrats individuels négociés avec leur employeur. Plus de 70 % de la main-d’œuvre ukrainienne serait touchée par ce changement.

Dans un contexte où l’on craint que les responsables ukrainiens ne profitent de l’invasion russe pour faire passer une déréglementation radicale du droit du travail attendue depuis longtemps, un expert a averti que l’introduction du droit civil dans les relations de travail risquait d’ouvrir une « boîte de Pandore » pour les travailleurs.

Au total, la situation socio-économique de l’Ukraine est catastrophique. La situation militaire est encore pire. Marioupol est tombée et les troupes russes qui y sont encore pourront bientôt aller ailleurs. L’avancée à Propasna menace d’envelopper toute la ligne de front nord ainsi que le noyau de l’armée ukrainienne.

On ne parle plus de la « victoire » de l’armée ukrainienne, comme à Kiev ou à Karkov, où les troupes russes se sont retirées en bon ordre après avoir fini de tenir les forces ukrainiennes en place.

Le commandement ukrainien a envoyé plusieurs brigades territoriales sur les lignes de front. Ces unités étaient censées défendre leurs villes d’origine. Elles sont composées d’hommes d’âge moyen appelés sous les drapeaux. Ils ont peu d’expérience du combat et manquent d’armes lourdes. Plusieurs de ces unités ont publié des vidéos disant qu’elles abandonnaient. Elles déplorent que leurs commandants les aient quittées lorsque leur situation est devenue critique.

Le fait que l’armée ukrainienne utilise désormais ces unités comme chair à canon montre qu’il ne lui reste que peu de réserves.

Les armes qui arrivent de l’ouest ont du mal à atteindre les lignes de front et ont eu jusqu’à présent très peu d’effet. Elles ne sont que des gouttes d’eau sur une plaque chauffante.

Toutes ces raisons expliquent pourquoi Austin et Milley ont téléphoné à leurs homologues russes. Ce sont également les raisons pour lesquelles les rédacteurs du New York Times appellent l’administration Biden à cesser ses fanfaronnades et à adopter une position plus réaliste :

Les récentes déclarations belliqueuses de Washington ; l’affirmation du président Biden selon laquelle M. Poutine « ne peut pas rester au pouvoir », le commentaire du secrétaire à la défense Lloyd Austin selon lequel la Russie doit être « affaiblie » et la promesse de la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, disant que les États-Unis soutiendront l’Ukraine « jusqu’à ce que la victoire soit remportée », sont peut-être des proclamations de soutien enthousiastes, mais ne favorisent pas des négociations.

En fin de compte, ce sont les Ukrainiens qui doivent prendre les décisions difficiles : Ce sont eux qui se battent, meurent et perdent leurs maisons à cause de l’agression russe, et ce sont eux qui doivent décider à quoi pourrait ressembler la fin de la guerre. Si le conflit débouche sur de véritables négociations, ce seront les dirigeants ukrainiens qui devront prendre les douloureuses décisions territoriales qu’exigera tout compromis.

[Alors que la guerre se poursuit, M. Biden devrait également faire comprendre au président Volodymyr Zelensky et à son peuple qu’il y a une limite à ce que les États-Unis et l’OTAN sont prêts à faire pour affronter la Russie, et une limite aux armes, à l’argent et au soutien politique qu’ils peuvent rassembler. Il est impératif que les décisions du gouvernement ukrainien soient fondées sur une évaluation réaliste de ses moyens et de la quantité de destruction que l’Ukraine peut encore supporter.

Affronter cette réalité peut être douloureux, mais ce n’est pas de l’apaisement. C’est ce que les gouvernements ont le devoir de faire, et non de courir après une « victoire » illusoire. La Russie ressentira la douleur de l’isolement et des sanctions économiques débilitantes pendant des années encore, et M. Poutine entrera dans l’histoire comme étant un boucher. Le défi consiste maintenant à se cesser toute euphorie, à arrêter de se gausser et à se concentrer sur la définition et l’achèvement de la mission. Le soutien de l’Amérique à l’Ukraine est un test de sa place dans le monde au XXIe siècle, et M. Biden a l’occasion et l’obligation de contribuer à définir ce qu’elle sera.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

La bataille de Severodonetsk commence

par Erwan Castel - Le 20/05/2022.

Sur le front Nord du Donbass, les combats sont désormais arrivés aux périphéries de la ville de Severodonetsk qui forme avec Lissitchansk, la ville voisine sur l’autre rive de la Donets, la pierre d’angle Nord-Est de la ligne de front ukrainienne dont visiblement les forces russo-républicaines recherchent l’encerclement rapide.

Après Marioupol dont les derniers combattants ukrainiens se sont rendus après seulement 82 jours de siège, la stratégie russe s’oriente aujourd’hui vers la réalisation de petits chaudrons le long de la ligne de contact à la place d’un vaste chaudron encerclant l’ensemble du corps de bataille ukrainien dans une jonction des fronts Nord et Sud dans un corridor Izioum-Marioupol, qui d’une part aurait nécessité d’y déployer des renforts importants depuis la Russie et d’autre part  aurait pris énormément de temps à être bouclé sans compter les risques de contre-attaques venant des secteurs de Zaporodje et Dnippropetrovsk situés sur le Dniepr.

Les principaux « chaudrons » actuellement en cours de formation le long de la ligne de front du Donbass sont, du Sud au Nord :

  • Avdeevka / Vasilievka (front de Donetsk) : environ 4000 soldats ukrainiens
  • Svetlodarsk (front de Gorlovka) : environ 3000 soldats ukrainiens
  • Zolotoe / Gorskoe (front de Lougansk) : environ 3000 soldats ukrainiens
  • Severodonetsk / Lisichansk (front de Kramatorsk) : environ 15 000 soldats ukrainiens

D’autres chaudrons suivront, comme ceux de Marinka, de Slaviansk/Kramatorsk, de Artemovsk, de Krasnoarmeïsk ou Konstantinovka par exemple.

Il s’agit pour l’état-major russe d’un compromis lui permettant de poursuivre les objectifs de sa stratégie de manœuvre, sans qu’elle engloutisse des renforts puisés dans les réserves stratégiques en Russie et dans des délais courts afin d’éviter que les dispositifs ukrainiens ne se renforcent avec les nouvelles brigades en formation à l’arrière du front et l’arrivée massive des aides occidentales (dont les premiers matériels sont en train d’arriver sur la ligne de contact).

Présentation du front Nord du Donbass

Pour comprendre l’importance stratégique de la zone urbaine Severodonetsk/Lisichansk il est nécessaire de rappeler la configuration de ce front Nord du Donbass où 3 secteurs sont à distinguer : Kramatorsk, Severodonetsk et Popasnaya avec comme dénominateur commun la rivière Donets qui est juste en retrait de la ligne de contact jusqu’à devenir l’enjeu principal des offensives russes comme des défenses ukrainiennes.

Carte générale du front au Nord du Donbass au 18 mai 2022

Cerclés en blanc, les 3 principaux secteurs offensifs du front Nord du Donbass.

• Au Nord-Ouest, si les forces russes semblent avoir mis en pause leur progression vers Barvinkove (suite aux attaques ukrainiennes à l’Ouest de Izioum), en revanche de violents combats continuent au Nord du secteur de Slaviansk/Kramatorsk où l’encerclement serré autour de Krasni Liman (carrefour important au Nord de Slaviansk) est en cours d’achèvement.

• Au Nord-Est, devant les progressions russes au Nord et au Sud du secteur Severodonetsk/Lisichansk, les forces ukrainiennes ont abandonné sur son flanc Est leurs avants postes extérieurs pour se replier dans les faubourgs de Severodonetsk. Plusieurs ponts ont été détruits à l’Ouest de ce secteur pour tenter de freiner son encerclement par le Nord.

• Au Sud-Est, après la conquête de Popasnaya par les forces russo-républicaines, le ligne de front ukrainienne s’effondre, au Nord et au Sud de cette ville qui ouvre désormais à l’offensive alliée le chemin vers Artemovsk, un important carrefour routier et ferroviaire approvisionnant les secteurs de Severodonetsk/Lisichansk au Nord et Svetlodarsk/Gorlovka au Sud.

Situation particulière à Severodonetsk

Deux villes siamoises et une rivière

Les villes de Severodonetsk et Lisichansk sont les 2 dernières villes de la République populaire de Lougansk encore occupées par des forces ukrainiennes dont les deux garnisons réunies sont estimées à 15 000 hommes environ dont plusieurs bataillons de nationalistes radicaux. Elles sont séparées par la rivière Donets dont la majorité des ponts ont été détruits pour former une ligne de défense qui se confond aujourd’hui avec le front de Kharkov jusqu’à Popasnaya.

Peuplées chacune d’un peu plus de 100 000 habitants elles sont la concentration industrielle la plus importante de la République populaire de Lougansk avec notamment une production de charbon (Lisichansk) et une production chimique (Severodonetsk). À l’été 2014, ces 2 villes ont été le théâtre de violents combats à l’issue desquels elles sont tombées sous le contrôle de Kiev et notamment du bataillon spécial « Aïdar » qui va y ouvrir sa longue liste de crimes de guerres. Le siège administratif ukrainien de la région occupée de Lougansk s’installe à Severodonetsk.

La plus grande usine chimique d’Europe

Tout comme Marioupol qui abrite la plus grande aciérie d’Europe (« Azovstal »), on trouve à Severodonetsk un autre monstre industriel de l’époque soviétique avec l’usine de production chimique « Azot » située elle aussi au coeur de la ville. Aujourd’hui cette usine « Severodonetsk Azot Association » inaugurée en 1951 appartient depuis 2011 au groupe industriel OSTCHEM qui a modernisé ses installations et augmenté ses productions.

Les principales productions chimiques de cette usine sont :

  • Ammoniac liquide : 1 020 000 tonnes par an
  • Nitrate d’ammonium : 550 000 tonnes par an
  • Urée : 390 000 tonnes par an
  • Méthanol : 190 000 tonnes par an
  • Acide acétique : 150 000 tonnes par an
  • Ammoniac aqueux : 60 000 tonnes par an

Cette usine qui était le leader ukrainien de la production d’acide acétique, de méthanol et d’acétate de vinyle en Ukraine (12,1 milliards de hyvrnias de ventes entre 2012-2014 vers 129 pays) emploie plus de 6000 personnes et si la superficie de son site est plus petite que celle d’Azovstal à Marioupol, en revanche elle présente, par la nature toxique de ses produits une menace majeure dans un environnements de combats et bombardements.

Un encerclement long et prudent

Si la quasi-totalité du territoire de la République populaire de Lougansk occupé par Kiev a pu être libéré rapidement du fait de la configuration majoritairement agricole aux petits villages indéfendables, en revanche une forte résistance ukrainienne s’est fait sentir à l’approche de la rivière Donets, essentiellement due à :

  • Un relief de collines boisées favorisant les combats de freinage et les embuscades
  • Un tissu urbain et industriel dense permettant la réalisation de bastions défensifs
  • Une rivière aux berges soit escarpées soit inondées freinant la progression
  • Une concentration d’unités appartenant au dispositif central du corps de bataille ukrainien.

Mars 2022

Avant d’arriver dans le secteur de Severodonetsk, les forces républicaines ont dû d’abord consolider leurs progressions remontant de Lougansk par une jonction avec les forces russes descendant de Koupiansk. Ceci a stabiliser le front entre Izioum et Severodonetsk, et fixer les forces ukrainiennes à l’intérieur de leurs dispositifs urbains.

Avril 2022

Plutôt que de se lancer dans des assauts frontaux longs et surtout coûteux en hommes et matériels, les forces russo-républicaines ont dans un premier temps détruit les points d’appui au Nord (Roubijnoe) et au Sud (Popasnaya) de cette ligne de front de Severodonetsk/Lisichansk.

Mai 2022

Une fois Roubijnoe et Popasnaya libérées, les forces russo-républicaines ont pu, par les routes qu’elles contrôlaient resserrer leur étau autour de Severodonetsk, sur la rive gauche de la rivière, avec les captures de Vojvodivka au Nord et Voronove au Sud, arrivant ainsi jusqu’aux faubourgs de la ville.

En route vers Severodonetsk, une colonne de « BMP Terminator » russes, blindé destiné à la protection des chars
de combat, notamment
 lors des batailles urbaines. Conçu en 2017, ce véhicule unique en son genre, est équipé
entre
 autres de 2 canons de 30mm et 4 missiles antichars « Ataka » et surtout du blindage le plus performant

La bataille de Severodonetsk a commencé

Dans la manœuvre d’encerclement du secteur de Severodonetsk/Lisichansk, les positions d’artillerie ukrainiennes sont préalablement repérées et détruites pour éviter des tirs de barrage, comme ceux qui ont bloquer le franchissement de la Donets le 9 mai dernier (voir § suivant). Une fois encore les drones d’observation montrent quelle révolution ils ont opéré dans la conduite des opérations de l’artillerie, repérant précisément les cibles et corrigeant ensuite les tirs des batteries.

Dans une forêt aux abords de Severodonetsk, des unités d’artillerie ukrainiennes
sont repérées
 par des drones d’observation et correction de tir

Dans leurs progressions offensives sur la périphérie de Severodonetsk les unités d’assaut russo-républicaines ont engagé les premiers combats contre les forces ukrainiennes retranchées dans la ville.

Tout comme à Marioupol, Izioum ou Popasnaya, les unités régulières russes et républicaines (ici de Lougansk) reçoivent en renfort des unités spéciales tchétchènes spécialisées dans le combat en zone urbaine. Après presque 3 mois de collaboration, les forces libérant le Donbass ont de plus en plus l’apparence d’une fraternité d’armes internationale et de plus en plus aguerrie.

Des miliciens de la République Populaire de Lougansk des soldats russes et tchétchènes
de l’unité spéciale « Akhmat » partagent fraternité d’armes et position devant Severodonetsk

Le 19 mai le 208e régiment cosaque, avec l’appui de la 7e brigade, a conquis Shchedrishchevo en périphérie Nord de Severodonetsk et poursuit sa progression vers la banlieue de la ville.

En appui feu des assauts menés contre les avants postes ukrainiens de Severodonetsk
des LRM de
 122 mm « Grad » et hélicoptères d’attaque KA 52.

Que s’est-il passé à Belogorovka ?

Belogorovka est une petite localité sur les bords de la rivière Donets et située à 10 km à l’Ouest de Lisichansk. À cet endroit de la rivière, les forces russes ont tenté par trois fois de jeter un pont mobile (les ponts civils ayant été détruits par les ukrainiens) et d’y faire franchir des unités blindées pour engager un contournement par l’Ouest de Severodonetsk/Lisichansk.

Sauf que, par trois fois l’artillerie ukrainienne a détruit l’ouvrage flottant et pire, le 9 mai a bombardé par la même occasion du groupe bataillonnaire tactique entrain de franchir la Donets. Plusieurs dizaines de véhicules ont été détruits lors de la destruction du pont mobile et sur les deux rives de la rivière (certains dénombrent plus de 70 véhicules divers) De fait il s’agit effectivement pour la plupart de blindés russes mais aussi de blindés ukrainiens qui étaient venus batailler avec ceux qui avaient déjà franchi la rivière et qui leur ont infliger de lourdes pertes avant d’être détruits.

Il convient donc minimiser les pertes russes annoncées sans toutefois chercher à en négliger l’importance et observer que les revers tactiques ne sont pas des défaites stratégiques et font malheureusement partie de la réalité d’un conflit de haute intensité et « symétrique » même si, dans l’épisode meurtrier de Belogorovka, l’obstination des russes à franchir la rivière au même endroit (5 fois selon le commandement russe) interpelle (surtout que le même revers avait été déjà subi en avril près d’Izioum). « Errare humanum est perseverare diabolicum ».

Mais comme je l’ai rappelé dans un article précédent : la guerre est un art empirique…

La revanche du côté de Popasnaya !

Par contre au Sud de Severodonetsk les forces ukrainiennes n’ont pas pu s’accrocher à la coupure humide de la Donets, et les forces russes après la conquête de Popasnaya ont même réussi plusieurs percées sur la rive droite de la Donets en direction de la route reliant Lisichansk à Artemovsk menaçant les deux bastions ukrainiens d’une coupure de leurs voies logistiques et même d’un encerclement par le Sud.

En attendant dans ce secteur de Popasnaya, les autres encerclements de Zolotoe au Nord et Svetlodarsk au Sud ont déjà commencé !

Quelque part, quelque part, mais dans le détachement combiné des forces spéciales « Akhmat », qui opère maintenant dans la banlieue de Severodonetsk, j’étais la dernière chose à laquelle je m’attendais à rencontrer un véritable international. Parmi les Tchétchènes, il y a beaucoup de visages slaves ici. Et mongoloïde. Et toutes sortes de différents. Les gars devant la caméra sont priés d’envoyer leurs salutations à Rostov, Astrakhan, Voronezh, Samara … Ce sont des volontaires qui ont été formés sur la base de l’Université des forces spéciales de Gudermes. Regardez ces visages. Les vrais travailleurs acharnés de la guerre.

Les forces ukrainiennes sont aux abois

Malgré le coup de Belogorovka, Severodonetsk et Lisichansk sont aujourd’hui prises dans un étau opératif russe qui risque avant l’été de les isoler complétement, La première qui va encaisser le choc des unités d’assaut russo-républicaines (et par 3 côtés à la fois !) c’est Severodonetsk. Soit sa garnison tentera de s’y maintenir et d’engager une résistance la plus longue possible, soit elle se replie sur Lisichansk pour y renforcer une garnison plus importante et l’accès aux routes venant de Slaviansk et bénéficier de la portée des appuis d’artillerie du groupe de défense de Kramatorsk qui pourrait réaliser des tirs de barrage sur les forces russes.

Le ravitaillement des forces ukrainiennes de Severodonetsk et Lisichansk est de plus en plus réduit du fait des attaques rapides possibles de l’aviation de combat dont les aérodromes sont proches de cette région limitrophe mais aussi du fait de la percée réalisée de Popasnaya qui place la route de ravitaillement de Konstantinovka (Bakhmut pour les ukrainiens) à Lisichansk sous le feu de l’artillerie russe. Cet aspect logistique est confirmé par la vidéo d’une section du 3e bataillon de la 115e brigade ukrainienne basée à Severodonetsk et dont les soldats déclarent dans un message adressé à Zelensky et Zaluzhny (cdt des forces armées ukrainiennes) :

« Nous refusons d’effectuer des missions de combat parce que nous n’avons pas de renforts à l’arrière. Pas d’équipement lourd. Nous attendons des renforts depuis deux semaines, mais il n’y en a pas. Nous sommes envoyés à une mort certaine. La commande est manquante. Il n’y a pas de technologie et de respect des personnes. Nous ne refusons pas de défendre l’Ukraine, mais dans ces conditions nous refusons de mener des missions de combat ! »

Ce genre de déclaration à la limite de la désertion en dit long sur l’état de la logistique ukrainienne et du oral des soldats, surtout après la reddition de la garnison de Marioupol.

Le fantasme des armes occidentales
Bombardement d’un obusier étasunien de 155mm M777 sur le front Nord du Donbass.

Si les unités ukrainiennes engagent des résistances urbaines désespérées face aux offensives russo-républicaines ce n’est pas tant pour défendre leur honneur que pour gagner du temps, espérant que les aides militaro-techniques occidentales inondant le champ de bataille parviendront à inverser le cours de la guerre.

Chars de combat, Mig 29, missiles antiaériens et antichars, obusiers, radars, drones, véhicules blindés, munitions etc venant des USA, de Grande Bretagne, du Canada, d’Australie, d’Allemagne, de France et autres laquais de l’OTAN… toutes ses livraisons apportent surtout du rêve aux ukrainiens et des soutires aux capitaines de l’industrie de l’armement occidentale.

Les T 72 M1 et M1a polonais arrivant sur le front Nord du Donbass

Certes il faut ici ne pas sombrer comme certains dans le ridicule propagandiste qui annonce que les Javelin ne fonctionne pas, que les chars et obusiers sont détruits avant d’arriver sur la ligne de front (même si beaucoup sont effectivement détruits en route) et autres fadaises manichéistes qui relèvent d’autres fantasmes aussi puérils que débiles.

  • Oui, les aides occidentales vont causer des pertes aux forces russes et républicaines,
  • Non, elles n’éviteront pas la défaite de Kiev rallongeant juste la durée de ses pertes.

Personnellement ce sont les armes antichars ou antiaériennes occidentales à missiles autoguidés (Javelin et NLAW – Stinger et Starstryker)) qui représentent la menace la plus sérieuse pour les forces russes et elles l’on déjà prouvé depuis le 24 février, mais sans toutefois permettre des contre-offensives ukrainiennes (je rappelle que les forces russes ont décidé de quitter le secteur de Kiev et non pas devant une contre-offensive ukrainienne).

Il y a aussi les obusiers automoteurs ou tractés de 155mm qui peuvent également causer quelques soucis aux offensives russo-républicaines d’une part avec leur portée rallongée qui peut les placer au-delà des portées des tirs de contre batteries et d’autre part avec leur précision et munitions guidées qui peuvent cibler des centres de commandement et logistiques.

Cependant, et contrairement aux missiles portatifs évoqués plus haut, ces pièces d’artillerie sont plus facilement repérables et donc vulnérables aux attaques des missiles, drones et chasseurs bombardiers russes. Et l’espérance de vie des cadeaux de Biden une fois arrivées sur le front du Donbass n’excède pas une semaine :

Une batterie de M777 étasuniens, est repérée et visée dans un premier temps par un drone russe « Podgornoe »
avant d’être traitée ensuite
 par des lance-roquettes multiples longue portée dans le bois où elle avait tenter de se cacher

En conclusion

Tandis que les forces ukrainiennes continuent de jouer la carte de l’attrition en s’enfermant dans des bastions défensifs dont Kiev espère que chacune de leur capture soit une victoire à la Pyrrhus pour Moscou, les forces russes et républicaines continuent leur stratégie de manœuvre mais en donnant une priorité à l’économie des forces pour justement ne pas tomber dans le piège des coûteuses victoires urbaines menées trop rapidement.

source : Alawata Rebellion

Le front ukrainien craque autour de Donetsk

La situation militaire dans le Donbass commence à se préciser et, à part le secteur de Kharkov évoqué précédemment nous observons :

• des forces russo-républicaines continuent une stratégie de bombardements et de manœuvres pour créer des corridors de contournements des zones urbaines où se sont retranchées les forces ukrainiennes.

• des forces ukrainiennes quant à elles continuent une stratégie d’attrition à partir des villes transformées en bastions reliés en eux par différentes lignes de défense cherchant à retarder au maximum leurs encerclements.

Le Donbass est devenu la priorité pour les deux états-majors s’affrontant, car autant pour Kiev que Moscou, il est à à fois le terreau de ce conflit russo-ukrainien semé il y a 8 ans par l’agression ukrainienne contre les populations de Donetsk et Lougansk et théâtre d’opérations où se trouve le corps de bataille le plus important des forces ukrainiennes et aujourd’hui également celui des forces russo-républicaines. L’issue de ce conflit dépend en grande partie de l’issue de cette bataille pour le Donbass qui désormais se concentre sur les secteurs de Kramatorsk et Donetsk.

Ce rapport militaire est consacré à la situation militaire sur le front de Donetsk où le front ukrainien, après celui de Kramatorsk 100 km au Nord, est aussi en train de craquer. Le dispositif ukrainien enserrant au Nord et à l’Ouest le secteur de Donetsk jusqu’à ses périphéries urbaines s’appuie sur Marinka au Sud-Ouest et Avdeevka au Nord, deux localités « bunkérisées » depuis 8 ans et contrôlant les voies de ravitaillement venant de Dnipropetrovsk à l’Ouest ou Kramatorsk au Nord.

Char du bataillon républicain Somali détruisant des bunkers ukrainiens sur le front entre Avdeevka et Yasinovataya

Cette ligne de front de Donetsk qui, initialement, avait été relativement préservée pour permettre son encerclement large par le Nord et le Sud du Donbass est en train de devenir une seconde priorité pour les forces russo-républicaines défendant la capitale de la République Populaire de Donetsk, et pour plusieurs raisons :

  • Les bombardements meurtriers ukrainiens sur les quartiers résidentiels de Donetsk, Makeevka et Yasinovataya s’intensifient, tuant et blessant chaque jour des civils,
  • Nombre d’unités de choc qui étaient fixées dans le Sud autour de Marioupol sont désormais disponibles pour mener des attaques terrestres sur Marinka et Avdeevka,
  • Dans la stratégie de manœuvre d’encerclement menée par l’état-major russe dans le Donbass, il est nécessaire de « fixer » ses forces ukrainiennes dans leurs positions,

Voilà pourquoi, en parallèle des bombardements russo-républicains réalisés jour et nuit par les obusiers, les lance roquettes multiples, les chasseurs bombardiers et les missiles, et destinés à affaiblir au maximum les défenses ukrainiennes de Marinka et Avdeevka (destruction de bunkers, dépôts, blindés et pièces d’artillerie), des opérations terrestres audacieuses ont été engagées contre les défenses extérieures de ces 2 villes pour repousser leur artillerie bombardant les populations civiles et resserrer leur encerclement.

De son côté, l’état-major ukrainien montrant bien qu’il n’a pas l’intention de se replier vient d’envoyer en renfort sur le front de Donetsk environ 15 000 hommes pour compenser les pertes subies et tenter de renforcer ses lignes de défense et leurs points d’appui urbains.

À noter que la majorité de ses 15 000 hommes sont des unités des forces territoriales qui sont officiellement destinées à remplacer les forces régulières sur les block-posts, les lignes et les bases arrières pour permettre à ces dernières de renforcer la ligne de contact. Mais dans plusieurs secteurs on constate que ces territoriaux, moins bien entraînés que les réguliers sont déjà engagés dans des combats avec les forces russes et républicaines.

Carte générale du secteur de Donetsk

Sur cette carte j’ai cerclé en blanc Marinka et Avdeevka, les 2 points d’appui principaux des forces ukrainiennes devant Donetsk et que tentent d’encercler par le Nord et le Sud les forces russo-républicaines bombardant en même temps leurs défenses extérieures.
Vers une guerre d’usure 

Du côté de l’état-major russe, l’idée d’un grand chaudron enveloppant la totalité du corps de bataille ukrainien (secteurs de Donetsk, Krasnoarmeïsk, Severodonetsk, Kramatorsk) dans une jonction Sud-Nord (Marioupol/Izioum) à l’Est du Dniepr semble avoir laissé la place à une stratégie séquentielle de plusieurs chaudrons plus petits à partir de percées mieux sécurisables car plus petites.

Cette stratégie prudente de l’état-major russe pour le Donbass est certainement commandée par :

• La volonté russe de ne pas déployer en Ukraine un corps de bataille trop important, ce qui affaiblirait les défenses des autres frontières occidentales russes menacées par une internationalisation en cours du conflit par l’OTAN (aides militaires, déploiement de forces occidentales en Pologne, Roumanie et baltes, volonté d’intégrer la Finlande frontalière dans l’alliance…) et précipiterait une mobilisation en Russie (qui selon moi est inévitable).

• La résistance des forces ukrainiennes qui réussissent, malgré leurs pertes grandissantes, à mener une guerre d’attrition depuis leurs bastions urbains, grâce à un combativité non négligeable et surtout des aides occidentales démesurées qui, rien que pour les 2 premières semaines de mai ont fourni à Kiev environ 200 chars de combat, 400 véhicules de combat d’infanterie et plus de 150 pièces d’artillerie lourde.

Priorité 1 : Le front de Severodonetsk

Aujourd’hui le front prioritaire de l’état-major russe est tojours le Nord du Donbass, entre Izioum et Lisichantsk (face aux secteurs de Kramatorsk et Severodonetsk), avec un extension dans le secteur de Popasnaya (Ouest Lougansk).

1. Dans cette région les forces russes se concentrent aujourd’hui sur l’encerclement des villes siamoises de Severodonetsk et Lisichansk dans des combats très violents pour le contrôle de la rivière Donetsk en train de devenir une nouvelle ligne de front et sur les berges de laquelle tour à tour les russes comme les ukrainiens essuient des revers importants.

2. De leur côté les forces ukrainiennes misent sur leur capacités de résistance urbaine ainsi que sur celles des moyens d’artillerie livrés par l’OTAN et de l’assistance du renseignement militaire étasunien. Ainsi par exemple, les unités russes qui encercleraient Severodonetsk/Lisichansk par l’Ouest se retrouveraient sous les feux des 155mm occidentaux renforçant les artilleries de Slaviansk et Kramatorsk, renseignées par les satellites étasuniens.

Priorité 2 : Le front de Donetsk

Dans le secteur de Donetsk, la situation sur la carte reste globalement inchangée.

Les villes de Marinka et Avdeevka forment aujourd’hui les points d’appui défensifs de la ligne de front ukrainienne du secteur de Donetsk, organisés depuis 8 années autour de réseaux importants de champs de mines, tranchées, bunkers (et encore renforcés depuis 3 mois), et qui rendraient trop coûteuses des attaques frontales.

Les forces russo-républicaines ont donc engagé une érosion des défenses extérieures de ces deux points d’appui ukrainiens à partir desquels Kiev maintient une pression quotidienne de bombardements meurtriers contre les populations de Donetsk, Makievka et Yasinovataya.

Dans ce secteur, les combats sont particulièrement difficiles car ils se déroulent soit en zone urbaine soit dans des réseaux de tranchées et bunkers, et les progressions se font mètre par mètre et très lentement pour éviter des pertes importantes.

Dans les tranchées, attaque à la grenade d’une position ukrainienne par un groupe d’assaut russe 

Marinka

Au Sud-Ouest de Donetsk les forces russo-républicaines ont engagé à la fois des bombardements augmentés sur les défense solidement implantées sur la façade Est de Marinka et une offensive au Sud de ce bastion ukrainien pour le contourner et à terme l’encercler.

• En avril, la 100e brigade républicaine avait réussi à prendre pied dans des faubourgs pavillonnaires à l’Est de cette ville désertée par plus de la moitié de ses 10 000 habitants, mais au prix de lourdes pertes et plusieurs rues avaient été à nouveau perdu dans des contre-attaques ennemies,

• Depuis 2 semaines la priorité a été donnée à l’encerclement par le Sud de Marinka, et à cette fin des combats importants se déroulent à l’initiative des russo-républicains, pour le contrôle de Velika Novosilka et Vougledar qui sont les verrous de la ligne de front au Sud de ce bastion ukrainien.

Pour le moment les forces ukrainiennes restent solidement accrochées à leurs lignes de défense mais dans une usure que ne réussissent pas à compenser les quelques renforts et aides logistiques réussissant à rallier le front en évitant les bombardements.

Avdeevka

Avdeevka est une ville plus importante que Marinka, tant par sa population (près de 40 000 personnes, dont 50% ont quitté la ville), son étendue (29 km2), ses structures industrielles (la plus grande cokerie d’Europe), qui rendent plus difficile une assaut frontal sur ce bastion ukrainien au Nord de Donetsk.

• Comme pour Marinka, les forces russo-ukrainiennes un contournement du secteur cette fois par le Nord et qui aujourd’hui se concentre devant Kamienka, un point d’appui important du front au Nord d’Avdeevka. Le village de Novoselivka 2 situé dans ce secteur a été conquis, poursuivant ainsi la manœuvre d’encerclement d’Avdeevka.

Afin d’entraver la progression des forces russo-républicaines contournant Avdeevka via Kamienka, les Ukrainiens ont fait sauter le barrage de la retenue d’eau située au Nord de la ville pour inonder le terrain limitrophe

• Des bombardements importants sur les défenses ukrainiennes sont également en augmentation notamment le long de la 4 voies entre Avdeevka et Yasinovataya,

Ici, le travail des chasseurs bombardiers russes Sukhoï 25 sur des positions
fortifiées 
ukrainiennes autour de la ville d’Avdeevka 

Mais c’est sur les défenses extérieures Sud du bastion d’Avdeevka que se déroulent depuis cette semaine les combats les plus violents et notamment sur le village de Peski, à côté des ruines de l’aéroport international de Donetsk.

Peski

Ce village, aujourd’hui complétement déserté par ses 2000 habitants (il n’en restait que 18 en 2021) était un des havres pavillonnaires les plus prisés par les bourgeois de Donetsk, bordé de bois et d’étangs et à seulement 10 km du centre ville. En 2014, lors des combats pour le contrôle de l’aéroport de Donetsk (situé 2 km à l’Est), le bataillon spécial ukrainien « Dnipro », s’empare du village et s’y maintient malgré l’ordre de repli de l’état-major ukrainien.

Aujourd’hui, le village de Peski n’est plus qu’un champ de ruines au milieu desquelles
sont des 
unités d’infanterie et d’artillerie ukrainiennes

Depuis que l’aéroport est à nouveau sous le contrôle des milices républicaines (janvier 2015), Peski est l’avant poste Sud (avec Opitnoe plus à l’Est) à partir duquel les forces ukrainiennes réalisent des bombardements quotidiens sur des défenses Nord de Donetsk (Volvo Center, Oktyabrsky, aéroport, Spartak…) ainsi que les quartiers résidentiels des districts de Kiubychevski et Kievsky.

Un des nombreux bombardements ukrainiens sur les quartiers résidentiels de Donetsk et réalisées à partir des positions ukrainiennes de Peski (ici sur le marché de Tekstilshchik)

Suite à l’augmentation de leurs bombardements meurtriers sur les zones résidentielles de Donetsk, le bataillon « Rus » de la milice populaire de la RPD et la 22e brigade des forces spéciales de l’armée russe forces ont lancé des assauts sur les positions ukrainiennes de Peski.

La première phase de ses assauts consiste à pilonner les positions ukrainiennes repérées dans le secteur, à partir des lignes de défense républicaines mais surtout avec les forces d’artillerie et d’aviation russes les appuyant :

Soldat républicain tirant au lance roquette RPG7 sur un bunker ukrainien de Peski

Bombardement d’un état-major de compagnie par l’artillerie russo-républicaine,
appuyée par 
un drone d’observation et de correction de tir

Sur ces deux secteurs ukrainiens du front de Donetsk quelques avant postes ont été conquis par les forces russo-ukrainiennes, resserrant l’encerclement autour des bastions de Marinka et Avdeevka, et repoussant également plus loin les batteries d’artillerie qui bombardent les cités républicaines (d’ailleurs depuis quelques jours, les « ukrops » utilisent surtout leur artillerie longue portée située dans le secteur de Krasnoarmeïsk, 40 km en arrière du front).

En conclusion

Ces opérations offensives menées contre les positions ukrainiennes de Marinka et Avdeevka se veulent d’abord prudentes pour éviter au maximum des pertes comme celles vécues depuis février lors des premières conquêtes urbaines (Volnovakha, Marioupol, Izioum, Popasnaya…). L’objectif est donc d’user les forces ukrainiennes par des destructions ciblées et des contournements larges des bastions organisés. À cette fin les forces spéciales sont à la pointe des assauts comme dans les missions d’observation et de définition des objectifs de l’artillerie et de l’aviation de bombardement.

Groupe de forces spéciales russes sécurisant une maison dans une zone ukrainienne conquise

Ici on peut observer le travail crucial des drones d’observation qui sont généralisés sur le front et permettent à la fois de repérer et géolocaliser les cibles et de corriger sur elles les tirs de l’artillerie

La pression offensive russo-républicaine sur les forces ukrainiennes autour de Donetsk est exercée jour et nuit, à la fois sur leurs positions défensives mais aussi sur les voies d’approvisionnement par lesquelles Kiev fait venir depuis quelques semaines des renforts et une logistique occidentale, notamment de l’armement antichar et de l’artillerie.

Bombardement de nuit sur des positions ukrainiennes à l’Est d’Avdeevka,
avec l’appui 
d’observateurs des forces spéciales russes

Comme sur l’ensemble du front russo-ukrainien, nous voyons évoluer les intentions de l’état-major russe vers une guerre d’usure des forces ukrainiennes sans toutefois abandonner sa stratégie de manœuvre (en opposition à une guerre de position). De leur côté les forces ukrainiennes montrent de plus en plus des signes de faiblesses à la fois de leurs lignes de défense qui cèdent peu à peu et aussi de leur moral, car si les aides occidentales leur permettent de mieux résister aux assauts russo-républicains, en revanche elles ne suffisent pas à inverser le rapport des forces leur permettant d’engager des contre offensives dans la durée et la profondeur.

Il reste que ce conflit risque de durer bien plus longtemps que prévu et surtout dans le contexte international de plus en plus belligène avec les tensions OTAN-Russie qui s’enveniment autour de l’hyperborée européenne.

source : Alawata Rebellion

Sitrep Opération Z : A Azovstal, c’est l’OTAN qui se rend - Le 18/05/2022.


avec des remerciements à Pepe Escobar pour ce titre prémonitoire.


Par The Saker Staff – Le 18 mai 2022 – Source thesaker.is

Les Azovites nazis – des rats dans un trou aux poissons dans un tonneau – Voilà à quoi ressemble la dénazification !

Le New York Times tergiverse comme suit : L’Ukraine a mis fin à sa « mission de combat » à Marioupol et a déclaré que les combattants étaient évacués, signalant ainsi que la bataille dans la fameuse aciérie était terminée.

Zelensky ajoute à cela quelques rêves ukrainiens/cocaïniens : « La mission d’évacuation d’Azovstal se poursuit. Elle est dirigée par nos officiers militaires et de renseignement. » (OK, M. PianoDick, ils sont conduits tout droit vers la prison pour criminels de guerre ! – Remerciez vos officiers militaires et de renseignement de faire le travail pour le monde !)

 

Dmitry Polyansky le dit différemment : « Je ne savais pas que l’anglais avait autant de façons d’exprimer un seul message : les #Azovnazis se sont rendus sans condition. »

La nuit tombée n’a pas arrêté le processus de reddition. Les Ukrainiens se rendent encore en foule sans s’arrêter. Des forces suffisantes pour y faire face sont sur le terrain et le ministère des affaires intérieures de la RPD botte en touche et fait des prisonniers.

Des roquettes éclairantes sont constamment lancées dans le ciel, ce qui facilite au moins d’une certaine manière la sortie en rampant des habitants des souterrains 🙂

Ces héros invincibles sont émaciés, en haillons, affamés et font pitié à voir.

QG de la défense de Donetsk – 962 Azovites se sont rendus et le processus se poursuit. Dans le même temps, 11 militaires de la 25e brigade aéroportée et 17 de la 54e brigade mécanisée des forces armées ukrainiennes ont volontairement déposé les armes et sont passés du côté de la RPD. Nous espérons que c’est le début d’une reddition massive.

C’est la dénazification et des films seront tournés et des livres seront écrits. Après cette perte majeure de prestige, attendez-vous à une action sous faux-drapeau.

Le point de départ aujourd’hui est le rapport du Ministère de la Défense russe et quelque peu reformaté pour faciliter l’utilisation.

En l’espace d’une journée, des missiles aériens de haute précision des forces aérospatiales russes ont frappé :

  • 2 postes de commandement, dont le quartier général de la défense territoriale près de Soledar, dans la République populaire de Donetsk,
  • ainsi que 31 zones de concentration d’hommes et d’équipements militaires ukrainiens, y compris des emplacements d’unités mercenaires étrangères de pays européens à Nikolaev et Krasnogorovka.
  • En outre, 2 avions ukrainiens Su-24 ont été détruits sur un aérodrome militaire près de Dniepropetrovsk, 1 division de systèmes de missiles antiaériens S-300 ukrainiens près de Nikolaev, ainsi que 4 dépôts de missiles et d’armes d’artillerie et de munitions des forces armées ukrainiennes près d’Ougledar, Pokrovskoe, Soledar et Bakhmut, en République populaire de Donetsk.

L’aviation opérationnelle-tactique et l’aviation de l’armée ont touché :

  • 3 postes de commandement,
  • 41 zones de concentration d’hommes et d’équipements militaires des FAUs, ainsi que
  • 1 dépôt de munitions près d’Ougledar, en République populaire de Donetsk.
  • Ces attaques ont permis d’éliminer plus de 270 nationalistes et jusqu’à 54 véhicules blindés et motorisés.

Les troupes de missiles et l’artillerie ont frappé :

  • 76 postes de commandement,
  • 421 zones de concentration d’hommes et de matériel militaire, ainsi que
  • 147 unités d’artillerie et de mortier en position de tir, dont
  • 1 batterie ukrainienne d’obusiers M777 de 155 mm de fabrication américaine près de Pogornoe.
  • 1 point de passage de pontons équipés par les forces armées ukrainiennes pour traverser la rivière Severskyi Donets a été détruit près de Protopopovka, région de Kharkov.

Les moyens de défense aérienne russes ont abattu :

  • 1 avion ukrainien Su-25 au-dessus de Tripolie, république populaire de Donetsk.
  • 1 MiG-29 des forces aériennes ukrainiennes a été abattu près de Kamennaya Yaruga, région de Kharkov.
  • 15 drones ukrainiens ont été abattus près de Semenovka, Velikie Prokhody, Balakleya, Malye Prokhody, Velikaya Kamyshevakha dans la région de Kharkov, Rudnichnyi, Grabskoe, Staromikhailovka, Volnoe dans la république populaire de Donetsk, Belyaevka, Chernobaevka dans la région de Kherson.
  • 8 roquettes ukrainiennes à lanceur multiple Smerch ont également été interceptées près de Kamenka et Malaya Kamyshevakha, dans la région de Kharkov.

Pas trop minable pour une journée de travail. Et ils vont le refaire, et le recommencer, et le rincer, et le refaire encore.

Les secrets d’Azovstal et des environs commencent à être révélés. Il y en aura beaucoup !

Comment la mission de l’OSCE a coopéré avec les terroristes d’Azov

 

L’équipe de tournage de IA « Arbelet » a été la première à se rendre sur le territoire où se trouvait la mission de l’OSCE à Marioupol. Parmi d’autres trouvailles précieuses, ils ont découvert deux positions de mortier équipées, tout près du bâtiment administratif de la mission. Les mortiers eux-mêmes et leurs munitions sont d’origine italienne, comme en témoignent les marquages. Autre fait notable : la dernière livraison de la batterie italienne est datée du 11 mars 2022.

 

Les Italiens ordinaires savent-ils que leurs autorités aident carrément les terroristes des bataillons nationaux ? Comment l’OSCE va-t-elle commenter le fait qu’ils étaient en collusion évidente avec les terroristes, permettant à « Azov » de tirer depuis leur territoire ? Comment, après ces faits, l’OSCE sera-t-elle en mesure de restaurer sa réputation ?

Aparté

Comprenez-vous maintenant pourquoi la Russie quitte les organisations internationales ? C’est simple, ces organisations sont corrompues au point qu’elles ne peuvent être réformées mais doivent être brisées. M. Lavrov rencontre aujourd’hui le secrétaire général de l’OCS, Ming, pour parler de nouvelles structures en cours de mise en place.

Mise à jour de Brian Berletic

Il regarde les caquettages de sources occidentales et il les hisse sur leur propre petard. Ecoutez-le, en particulier l’explication de Brian sur la façon dont le commandement et les soldats russes maintiennent certaines zones « fixes ».

Voici un autre exemple d’une telle « fixation« . L’armée russe a attaqué les installations de défense ukrainiennes dans la région d’Odessa avec des armes de précision depuis la mer Noire. Cette information est confirmée par le commandement opérationnel ukrainien « Sud ».

Encadré

Aujourd’hui à Odessa – En ce jour du  » printemps russe « .

Le 18 mai 2014 – « Odessa est une ville russe », « Donbass – nous sommes avec vous » – de tels slogans ont retenti à la Maison des syndicats à Odessa.

Des centaines de manifestants avec des drapeaux russes et des bannières de la Victoire sont sortis non seulement pour honorer la mémoire des personnes tuées dans la tragédie du 2 mai, mais aussi pour montrer aux nazis ukrainiens que les Odessans sont un peuple russe qui n’a pas peur des punisseurs de Kiev.

L’Opération spéciale russe commence-t-elle à toucher les cœurs et les esprits ? Rappelez-vous les histoires selon lesquelles la Russie a sous-estimé la volonté du peuple ukrainien de soutenir la dénazification.

En télescopant la photo actuelle sur une carte, nous constatons que les chaudrons ne viennent plus par un mais par trois :

Readovka sur les fronts

Front de Kharkov. Les combats dans la zone de Kazachya Lopan et le village de Liptsy sont de nature positionnelle. L’ennemi dans la zone de Ternovka a atteint la frontière. MASS MEDIA : Les forces armées ukrainiennes ont atteint la frontière russo-ukrainienne dans la région de Kharkov. L’Ukraine a mené une contre-attaque dans le nord-est de la Fédération de Russie, et sonde également les positions des Forces armées russes dans la région de Volchansk. Les forces armées russes ne mènent pas d’opérations offensives actives en direction de Kharkov.

Sur la partie Izyum du front, les combats se poursuivent dans la région de Kamyshevakha, Kurulka et Dolgenky. L’ennemi continue d’essayer de mettre à mal le flanc du groupe russe au nord-ouest d’Izyum, en forçant le Seversky Donets. Dans la direction slave, les troupes ont pris Drobyshevo et Krasny Liman en demi-cercle. Le front s’est également approché de Svyatogorsk.

Dans la partie du front Luhansk-Donetsk, les combats se poursuivent dans la zone de Kamyshevakha, au nord de Popasna. Il y a également des batailles pour Toshkovka. Il y a des tentatives de pénétrer sur le flanc et l’arrière de la zone fortifiée à Gorsky et Zolotoy. Les combats se poursuivent à la périphérie de Severodonetsk, ainsi qu’à l’ouest de Lisichansk dans la région de Privolye et Belogorovka. Selon des rapports non confirmés, les troupes russes ont occupé la ville de New York.

Sur la partie du front de Zaporozhye, aucun changement particulier n’est intervenu. Une tentative d’attaque des forces armées ukrainiennes dans la zone de Malinovka s’est soldée par un échec et de lourdes pertes. Les batailles sont ici de nature positionnelle tout le long du chemin de Gulyai-Pole à Velikaya Novoselovka. L’ennemi déplace une partie des réserves de la direction de Zaporizhia vers le Donbass, où la situation du groupe de Severodonetsk se détériore rapidement. De violents combats se poursuivent dans la région de Novomikhailovka et d’Ugledar.

Sur le front sud, le développement de l’offensive n’a pas encore eu lieu. Les forces armées ukrainiennes attendent le débarquement des troupes russes dans la région d’Odessa et travaillent à miner toute la côte. Dans les directions de Nikopol et de Kryvyi Rih, le commandement ukrainien accumule des forces pour découvrir les faiblesses des positions russes.

Tout chaud, c’est déjà traditionnel – les FAUs ont bombardé le district de Petrovsky. Les forces armées ukrainiennes ont bombardé le district de Petrovsky à Donetsk. L’obus a touché le terrain de l’école de Donetsk, un obus a touché le territoire de l’école. La partie ukrainienne a également bombardé la périphérie de Kherson, ce qui a entraîné la mort d’un civil.

SmoothieX12 a raison lorsqu’il dit que la seule tactique que les Ukrainiens connaissent est celle que leur ont enseignée leurs conseillers de l’OTAN, à savoir bombarder le territoire civil et se cacher derrière les civils.

Le front de bataille est encore dans un état relativement chaotique, mais la Russie est en train de le former et de le façonner.

Jetons un coup d’œil aux niveaux de guerre de Martyanov que nous pouvons catégoriser à partir de cette représentation pratique :

La Finlande et la Suède présentent officiellement leur demande d’adhésion à l’OTAN – pour l’instant, il s’agit de harcèlement, mais il se pourrait bien que l’on passe à des opérations majeures. Nous ne pouvons pas dire où la Russie s’arrêtera.

Selon le ministre des affaires étrangères russe, Mr Lavrov : « L’Ukraine… Personne ne veut de l’Ukraine. Elle est un pays sacrifiable dans cette guerre hybride contre la Fédération de Russie. Plus personne n’a de doutes ». Le langage des sources russes a changé et elles disent maintenant clairement que l’Ukraine est un outil et que la lutte est menée contre la Russie par l’Occident.

Armes

Les obusiers automoteurs russes « Msta-S » et « Acacia-M » sont utilisés à bon escient et détruisent les véhicules blindés et les positions fortifiées des forces armées ukrainiennes. La distance de tir peut atteindre 30 km et ils utilisent des projectiles à fragmentation hautement explosifs qui peuvent détruire les fortifications en béton enterrées de l’ennemi.

Armes entrantes. À la frontière entre la Pologne et l’Ukraine, sept véhicules blindés Mamba Mk2 EE de fabrication sud-africaine transférés à l’Ukraine par l’Estonie à titre d’assistance militaire ont été vus. Ces véhicules ont été produits spécifiquement pour l’armée estonienne.

Nous devons en conclure que si nous pouvons voir ces véhicules blindés sur Telegram à la frontière polonaise, les forces russes peuvent également les voir. Et idem pour toutes les autres armes qui arrivent.

Il y a de plus petits rapports sur l’apparition de nouvelles armes d’artillerie russes sur le champ de bataille, mais c’est encore limité.

Échec majeur, autre que la guerre.

Washington n’a pas réussi à obtenir que le sommet avec les pays de l’ASEAN condamne l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Les pays de l’ASEAN sont le Vietnam, l’Indonésie, le Cambodge, le Laos, la Malaisie, le Myanmar, Singapour, la Thaïlande et les Philippines.

Un autre échec du gel des fonds : La Suisse a débloqué 6,33 milliards de dollars de fonds gelés appartenant à la Russie.

Nous terminons avec les biolabs

Le premier représentant permanent adjoint de la Russie auprès de l’ONU, Dmitry Polyanskiy, présente les principales conclusions de la dernière réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur les laboratoires biologiques américains en Ukraine :

  1. Les Etats-Unis refusent d’expliquer leur engagement dans des activités militaires biologiques en Ukraine. Ils continuent de rejeter plusieurs centaines de pages de preuves. « Ce ne sont que des mensonges et de la propagande russe, et nous sommes les gentils car il ne peut en être autrement ». Pas un mot sur le point de discussion.
  2. Les délégations occidentales font l’éloge de la Convention sur les armes biologiques (CIAB) et nous invitent à utiliser ses mécanismes. Elles omettent cependant de mentionner que ce sont les Etats-Unis qui bloquent l’élaboration du mécanisme de vérification de la CIAB. Quelle hypocrisie !
  3. Les Etats-Unis refusent d’expliquer pourquoi ils ne veulent pas d’un mécanisme international efficace de vérification des armes biologiques. Pourquoi agir ainsi, à moins que vous ne cherchiez à dissimuler quelque chose ? Pourquoi Washington se positionne-t-il au-dessus du droit international ? L’exceptionnalisme américain à son extrême.

Principale conclusion : nous avons définitivement touché leur point faible. Il est clair pour tout observateur impartial qu’ils obscurcissent le problème et tentent de détourner l’attention de ce sujet inconfortable en essayant de nous décourager en répétant des mantras sur « l’agression russe », etc.

Restez donc à l’écoute, d’autres preuves des programmes biologiques militaires américains vont suivre !

Gros titre du Global Times d’aujourd’hui en Chine : Le « néonazisme » empoisonne l’Ukraine et l’Europe avec la complicité des États-Unis et de l’Occident.

C’est tout pour aujourd’hui. Profitez du fil de discussion et faites attention à la propagande ukrainienne. Elle est partout.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Les rois de l’infox - Le 17/05/2022.

Par Moon of Alabama − Le 17 mai 2022

Les médias  » occidentaux  » ne sont rien d’autre que des mégaphones du régime de Zelenski :

Liveuamap @Liveuamap – 21:30 UTC – 16 mai 2022

Zelenski confirme l’évacuation des troupes d’Azovstal : « L’Ukraine a besoin de héros ukrainiens en vie. Cela a toujours été notre principe »

https://liveuamap.com/en/2022/16-may… via @myroslavapetsa

—————-

 

The New York Times @nytimes – 22:59 UTC – 16 mai 2022

Breaking News : L’Ukraine a mis fin à sa « mission de combat » à Marioupol et a déclaré que les combattants étaient évacués, signalant que la bataille dans l’aciérie était terminée.

lien

—————

CNN International @cnni – 23:39 UTC – 16 mai 2022

Les forces ukrainiennes déclarent avoir mis fin à leur « mission de combat » dans la ville assiégée de Marioupol, alors que des centaines de personnes sont évacuées de l’aciérie Azovstal. https://cnn.it/3FQALcV

—————

Reuters @Reuters – 3:35 AM – 17 mai 2022

L’armée ukrainienne a déclaré qu’elle s’efforçait d’évacuer toutes les troupes restantes de leur dernier bastion dans le port assiégé de Marioupol, cédant le contrôle de la ville à la Russie après des mois de bombardements. https://reut.rs/3wlYbUG

Du titre mensonger jusqu’à la fin, l’article du Washington Post sur ce sujet est un chef-d’œuvre de propagande :

L’Ukraine met fin à la bataille sanglante pour Marioupol et évacue les combattants d’Azovstal.

 

Les combattants ukrainiens ont mis fin à la défense qu’ils menaient depuis plusieurs semaines dans une usine sidérurgique assiégée de la ville portuaire stratégique de Marioupol. Lundi, des centaines de combattants, dont des dizaines de blessés graves, ont été évacués du complexe.

Il faut aller au-delà des 323 premiers mots de mensonges pour découvrir, au 7eme paragraphe, ce qui s’est réellement passé.

Moscou n’a pas encore réagi publiquement aux événements de Marioupol, qui ont été décrits par les médias d’État russes comme un ordre du commandement militaire ukrainien à ses troupes de se « rendre ».

 

La vice-ministre ukrainienne de la défense, Anna Malyar, a déclaré que 53 soldats gravement blessés ont été transportés dans un hôpital de Novoazovsk, une ville voisine contrôlée par les séparatistes soutenus par la Russie. Deux cent onze autres ont été transportés dans un autre village contrôlé par les Russes, Olenivka, a-t-elle précisé. Moscou et Kiev négocient actuellement un échange de prisonniers pour obtenir leur libération.

Mme Malyar a indiqué que les autorités s’efforçaient toujours de secourir les soldats restants, sans que l’on sache combien d’entre eux se trouvent encore à l’intérieur. Les autorités ukrainiennes ont déclaré la semaine dernière qu’il y avait près de 1 000 combattants retenus dans l’usine.

Ces enf**rés ont finalement abandonné et se sont rendus sans condition aux forces russes, leur seule alternative étant de mourir dans les heures ou les jours à venir.

Je suis sûr que les autorités russes appliqueront un filtre fin pour déterminer qui, parmi ces prisonniers de guerre, est susceptible de faire l’objet de poursuites pour crimes de guerre, d’une dé-nazification et d’un long séjour dans un camp de construction de routes en Sibérie du Nord.

Des rumeurs font également état de la présence de personnel de l’OTAN dans les catacombes d’Azovstal. Ils feront probablement connaissance avec les caves du célèbre bâtiment de la Lubyanka à Moscou avant d’être échangés dans le cadre de tel ou tel accord avec leur pays d’origine.

Le reste sera finalement échangé contre les soldats russes qui sont malheureusement détenus par l’armée ukrainienne.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

Sitrep Opération Z : Beaucoup de rumeurs et pas assez de faits - Le 16/05/2022.

Par The Saker Staff – Le 16 mai 2022 – Source thesaker.is

Alors que les batailles font rage, les rapports factuels sont rares. C’est le brouillard de la guerre et il est préférable de ne pas rapporter les menus détails qui sont encore en train d’être décidés sur le champ de bataille. Voici une courte traduction automatique de Readovka, mais ce qu’ils rapportent comme zones ou villes prises par les forces russes doit être pris avec prudence à ce stade.

Sur les fronts. Dans le nord de la région de Kharkov, les forces armées ukrainiennes n’abandonnent pas les tentatives de percée vers la frontière. L’ennemi n’a pas d’autres résultats réels sur cette partie du front.

 

Sur la partie du front d’Izyum, dans presque toutes les directions, nos troupes font des progrès. Dans la direction de Barvenkovsky, des combats sont actuellement en cours près de la localité de Gusarovka. Et nous supposons qu’ils sont sur le point de s’étendre à Barvenkovo même.

 

Dolgenkoe est à nous, les combats se sont déplacés vers le sud. On rapporte que dans les environs de Krasny Liman, les FAUs affluent, nos troupes ont occupé Drobyshevo et Aleksandrovka, et il y a des batailles près de l’estuaire lui-même. De Yampol, la ligne s’est déplacée vers le village de Dibrovo.

 

Près de Belogorovka, les combats pour la tête de pont se poursuivent avec férocité. Des combats ont lieu à la périphérie de Severodonetsk, les FAUs ont fait sauter un pont ferroviaire en direction de Rubizhne. Au nord de Popasnaya, progression réussie, extension de la zone de sécurité autour de la ville. Au nord, ils ont progressé au-delà de Kamyshevakha. Près de Donetsk, il y a des combats sur toute la ligne, il y a une avancée à deux endroits, il y a un assaut sur les faubourgs de New York et l’autoroute Avdiivka-Konstantinovka.

 

Sur la partie du front de Zaporozhye, il n’y a pas de changement.

 

Il en est de même sur le front sud. De nouveaux détails de la bataille pour l’île de Zmeiny sont apparus, et l’ensemble du puzzle a été résolu, bien que nous ayons encore quelques questions.

 

Un fait et de nombreuses rumeurs

Fait : Neuf soldats ukrainiens qui ont quitté le territoire de l’usine Azovstal bloquée à Marioupol représentaient les intérêts d’un grand groupe et ont demandé des négociations, a déclaré Alexander Khodakovsky, fondateur du bataillon Vostok (DPR).

« Maintenant, une étape active de négociations est en cours. C’était juste un premier groupe qui partait. Il s’est avéré que le groupe est parti, représentant les intérêts d’un groupe plus important qui continue d’être à Azovstal », a déclaré Khodakovsky sur l’antenne de l’émission 60 Minutes sur la chaîne de télévision Rossiya 1.

Rumeur : Il y a des rumeurs sur les réseaux radio que les Ukies se rendront en masse si Azovstal se rend. J’insiste sur le fait qu’il s’agit d’une rumeur. C’est ce qui ressort de nombreuses sources : A 17h30, la reddition massive des FAUs commencera à partir d’Azovstal, les ondes radio bourdonnent de nouvelles sur tout le front… 16.05.2022.

Voici une source : https://twitter.com/ruslantopa40/status/1526136010186317825

Les Ukrainiens réclament les commandants qui les ont abandonnés sur le terrain. Ceci est largement rapporté et au moins à Lugansk confirmé par le ministère de la défense russe comme suit :

  • Les médecins militaires du MD central, ainsi que leurs collègues civils de la République populaire de Lugansk, continuent de fournir l’assistance médicale nécessaire aux civils.
  • Une assistance est également fournie aux militaires captifs des FAUs laissés par leurs commandants sur le champ de bataille, après la retraite.
  • Les militaires russes utilisent l’ambulance blindée Linza pour évacuer les blessés de la zone de combat.
  • Nous verrons quels faits nous recevrons au cours des prochaines 24 heures.

Bonne discussion et faites attention à la propagande ukrainienne. Elle est partout. (PAr contre, les rumeurs de redditions massives pourraient être de la propagande russe semée sur le terrain).

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Si l’Ukraine gagne pourquoi les États-Unis demandent-ils un cessez-le-feu ?


Par Moon of Alabama – Le 14 mai 2022

Hier, le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, a appelé le ministre de la Défense de la Fédération de Russie, Sergei Shoigu.

Pourquoi ?

Le rapport des Etats Unis concernant l’appel dit :

Le 13 mai, le Secrétaire à la Défense Lloyd J. Austin III s’est entretenu avec le Ministre russe de la Défense Sergey Shoygu pour la première fois depuis le 18 février. Le secrétaire Austin a demandé instamment un cessez-le-feu immédiat en Ukraine et a souligné l’importance de maintenir les lignes de communication.

Austin est à l’origine de l’appel et les États-Unis cherchent à obtenir un cessez-le-feu en Ukraine !!!

 

Ne nous dit-on pas que l’Ukraine est en train de gagner la guerre ? Qu’elle va bientôt repousser les forces russes au-delà de la frontière ? L’opération « d’affaiblissement de la Russie », qu’Austin avait publiquement annoncée il y a deux semaines, ne semble pas aller si bien que ça.

Je vous l’avais dit !

Gonzalo Lira pense que cet appel laisse présager un effondrement prochain des forces ukrainiennes. Espérons que c’est effectivement le cas car cela semble être la seule chance que la guerre se termine bientôt.

L’Ukraine perd jusqu’à 15 000 hommes par mois dans la guerre. Le total des pertes ukrainiennes, morts et blessés, s’élève probablement déjà à 50 000. Les armes que les États-Unis et d’autres pays fournissent ne sont pas suffisantes pour soutenir la guerre. L’Ukraine n’a plus que 3 jours de réserves de diesel et d’essence. Le gros de ses forces est immobile et se fait encercler par les forces russes. Leur situation est désespérée.

Le Pentagone sait bien sûr tout cela et c’est pourquoi Austin a pris l’initiative d’appeler et de demander un cessez-le-feu.

La partie russe n’acceptera pas de cessez-le-feu. À moins que l' »Occident » ne propose d’annuler les 6 400 mesures de sanction qu’il a prises à l’encontre de la Russie.

Il y a eu récemment un certain nombre d’autres points qui ont fait pencher la balance en faveur de la Russie :

  • Les perspectives économiques de la Russie sont bonnes. Elle prévoie une récolte de blé record. Ses mesures internes visant à compenser les résultats des sanctions fonctionnent. Les contre-sanctions que la Russie a maintenant initiées contre ses ennemis commencent à être efficaces.
  • La Hongrie a bloqué les sanctions européennes contre le pétrole russe.
  • La Turquie ralentit, voire va bloquer, l’entrée dans l’OTAN de la Suède et de la Finlande, car ces pays soutiennent les Kurdes.
  • Les livraisons d’armes américaines à l’Ukraine cesseront le 19 mai, à moins que le Congrès n’autorise de nouvelles livraisons.
  • Le sénateur Rand Paul a bloqué le projet de loi nécessaire en demandant, ce qui est tout à fait raisonnable, qu’un inspecteur général examine la destination des 40 milliards de dollars destinés à l’Ukraine. Les Démocrates n’apprécieront certainement pas cette initiative.
  • Le prix de l’essence aux États-Unis a atteint un niveau record.
  • Les prix du gaz naturel européen ont également bondi après que l’Ukraine a bloqué le flot russe dans l’un des pipelines et que l’approvisionnement par le pipeline Yamal, via la Pologne, a été arrêté en raison des contre-sanctions russes.
  • Le Monde a vérifié et publié une vidéo montrant un « bataillon de volontaires » ukrainien, dirigé par un criminel notoire, torturant des prisonniers de guerre russes.
  • La Russie a publié de nouveaux documents sur la « recherche » biologique de l’armée américaine en Ukraine. D’autres pays se posent également des questions sur ces activités.

Le ministère britannique de la Défense affirme que la Russie a perdu une quantité importante de matériel et d’hommes lors de la tentative de traversée du fleuve Seversky Donets. Toutefois, les photos aériennes publiées par le ministère ukrainien de la Défense montrent qu’environ la moitié des véhicules détruits sont des BMP-1 dotés d’une petite tourelle originale pour un seul homme et d’un canon de 73 mm. On dit que la Russie ne possède plus ce modèle. Tous ses BMP-1 en service actif auraient été modernisés et sont désormais équipés de tourelles différentes, de mitrailleuses de 30 mm et de canons plus longs. Ce passage a dû donner lieu à une importante bataille, les deux camps ayant probablement subi de lourdes pertes. De plus, les combats se déroulent maintenant sur le côté ouest de la rivière. Les forces russes ont donc pu traverser la rivière en nombre significatif.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

Sitrep Opération Z : Deux très mauvais jours pour l’Ukraine & Le Grand Refus

Par The Saker Staff – Le 14 mai 2022 – Source thesaker.is