LUTTE CONTRE LE TRAFIC DE DROGUE

Au Gal. De Richoufftz

Le 17/02/2026,

 

Mon Général,

 

Il y a de nombreuses années que je suis attentivement les interventions du « Gal. des banlieues » sur les plateaux de télévision, en particulier celles de ces dernières semaines, sur Cnews.

J'admire vos efforts pour aller au contact des jeunes à la dérive et œuvrer à les sortir de leur univers de blocs gangrenés par le chômage et les points de deal.

 

En revanche, je dois vous avouer que j'ai été profondément surpris et choqué lorsque je vous ai entendu préconiser l'engagement de l'Armée pour rétablir l'état de droit dans les quartiers dits « sensibles ».

 

En effectuant de nombreuses recherches pour tenter d'enregistrer les « replays » de vos interventions, j'ai noté que cette proposition était loin d'être la première occurrence.

 

Je me permettrai donc quelques remarques :

 

Il me semble que vous sous-estimez largement l'adversaire dans plusieurs domaines :

1- Connaissance du terrain.

En effet, les unités engagées pour « tenir le terrain » comme vous le préconisez devront faire face à des gangs de voyous qui évoluent, comme des « poissons dans l'eau », dans un dédale de caves, de passages entre logements et de « Checkpoints », avec le soutien d'une grande partie de la population du quartier qui vit dans la crainte, voire la peur depuis de longues années.

Les « années d'Indochine » et la « casbah d'Alger » ne sont pas loin.

 

2-Armement,

Il n'est pas du tout certain que l'armement organique d'une compagnie d'infanterie soit largement supérieur et adapté à celui détenu par les gangs du quartier qui font leurs emplettes depuis de longues années sur le marché noir des Balkans et/ou du Moyen-Orient. En outre, à ma connaissance, la protection contre les frigos, les boules de pétanque et autres objets domestiques, jetés du 3°étage, ne font pas partie de la dotation réglementaire !

 

3- Effectifs.

Compte tenu de la nécessité d'assurer la présence de nos forces armées sur l'ensemble des territoires ultra-marins français et étrangers, aurez-vous les effectifs d'infanterie spécialisés dans le combat urbain nécessaires et suffisants, comptant les relèves, pour tenir le terrain dans les quelques 750 zones de non-droit que compte la France métropolitaine ?

En outre, il est impératif de prendre en compte le fait que cette action de reprise en main devra obligatoirement s'effectuer globalement et simultanément sur l'ensemble du territoire national sous peine de courir après ces gangs très mobiles qui changeront de quartier dès les premiers indices d'intervention ? Le « téléphone kabyle » est aujourd'hui largement supplanté par les technologies modernes...encore que ?!

 

4-Contraintes administratives,

Vous n'êtes pas sans savoir que les unités devront être accompagnées d'Officiers de Police Judiciaire pour permettre d'effectuer le moindre contrôle d'identité ou d'arrêter un individu sous peine de nullité. Ajoutez à cela, les magistrats spécialisés qui devront sévir sur place et sans délais.

 

5- Risque de mutinerie.

Personne ne veut aborder le sujet, mais, malgré tout, il faut bien prendre en compte que le recrutement de nos armées est composé en grande partie de jeunes issus de ces mêmes banlieues dans lesquelles vous envisagez leurs interventions.

Dans ce cas, je crains que la discipline n'atteigne ses limites : « Tireront-ils sur leurs frères » ?

Sans être exagérément pessimiste, permettez-moi d'émettre quelques réserves. Le risque à courir est loin d'être négligeable.

 

Enfin, Responsabilité.

Lors de votre dernière intervention à « L'Heure des Pros », un journaliste vous a fait remarquer que le soldat s'entraine pour « neutraliser » l'adversaire et qu'il ne tirera ni dans les genoux ni dans les chevilles; Vous évoquez alors la prise de responsabilité du « politique ».

Qui croira en cette démarche ?

Pour qui suit la vie politique de ces dernières décennies et même avant, on constate à l'envi, que même parmi les « politiques » les plus courageux, et ils sont rares, pas un ne donnera jamais l'ordre d'ouvrir le feu....et risquer que le sang ne coule dans les caniveaux !

La population française, dans son ensemble, n'est plus prête à accepter une telle situation quand bien même il s'agirait de dealers qui leur « pourrissent la vie ».

Il en faut bien moins pour faire réagir violemment les «black blocks» des partis de gauche et d'extrême gauche.

 

Pour terminer, je suis totalement convaincu que l'intervention des armées dans les banlieues, en vue de permettre à l’État régalien de reprendre la main est le cadeau empoisonné par excellence qu'un responsable politique n'a as le droit d'offrir à la Nation.

 

La possibilité que cela dégénère en guerre civile est trop importante à mes yeux.

 

J'en veux pour preuve les exemples historiques qui foisonnent.

Entre-autres : Russie 1917, Algérie 1956, Irlande 1960, et, aujourd'hui, les ingrédients d'une guerre civile aux USA qui semblent s’agglomérer.

 

A titre d'exemple, je reviens sur « The troubles » Nord-Irlandais. C'était en 1960 … !

 

Le parallèle est évident.

 

En outre, dans ce ce conflit inter-religieux, les USA ne se sont pas privés de soutenir et d'armer un des deux camps et je note que les procédures judiciaires entamées contre des soldats britanniques ayant participé à ces opérations de maintien de l'ordre ne sont arrivées à terme que l'année dernière !

 

Dans notre cas, il y a fort à parier que l'Algérie ne restera pas insensible à la situation. Elle l'a d'ailleurs prouvé lors des émeutes de 2023.

 

Dans ces conditions, vous imaginez sans peine l'imbroglio et la complexité de la situation que le gouvernement devra gérer pour peu qu'il ait la volonté nécessaire.

 

Pour terminer, force est de constater que notre société est malade d'ensauvagement, de violence et d'incivilités en tous genres sur lesquels prospèrent le trafic de drogue.

Pour l'instant, les cibles gouvernementales sont essentiellement les points de distribution et leurs « animateurs ». Force est de constater que ce n'est que la queue de trajectoire.

 

Je pense qu'il existe une autre voie pour lutter contre ce trafic, tout en étant parfaitement conscient que c'est un chemin semé d’embûches et de ronces. Mais, vu la gravité de la situation, le coup mérite-il d'être tenté ?

 

Ce combat s'étalera vraisemblablement sur une ou deux générations mais il en va de la survie de la Nation.

En résumé, il s'agit de ramener la société française vers une vie centrée sur le réel et les dures réalités de la vie, en opposition au monde virtuel général dans lequel de trop nombreux citoyens vivent actuellement.

 

En complément, il faut prendre en compte que la règle de base de tout échange commercial est l'adéquation de l'offre à la demande principe vieux comme le Monde et les premiers trocs.

C'est une demande exprimée par des pans entiers de la société qui refusent d'affronter la Vie et ses difficultés, qui se réfugient dans le rêve artificiel au moyen de drogues diverses et variées dans une ambiance générale de dénis de la réalité, que ce soit au niveau individuel, familial, collectif....jusqu'au gouvernement qui, sur de nombreux sujets, vit, réagit tente de « gouverner » en plein déni de la REALITE.

 

Aujourd'hui, lutter contre les « points de distribution » et les dealers se résume à couper la partie aérienne de la plante sans traiter les racines ce qui assure quasiment une « repousse » rapide et souvent plus vigoureuse.

Des décennies de lutte sans succès contre ce trafic en France sont là pour le démontrer.

 

C'est donc très en amont qu'il faut traiter les racines de ce mal, prendre en compte de toute urgence la santé physique, psychique et morale de cette population qui refuse le réel, bien avant de s'attaquer au trafic en lui-même. Certains pays l'on compris et ont obtenu des résultats significatifs.

 

C'est un des combats « générationnel » et « existentiel » essentiels à la survie de la Nation..

 

Salutations.

 

 

REGNIER Jean-Michel

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