LIBAN

Le Liban crise après crise :

Un pays marqué en profondeur

Le Liban passe d’une crise à l’autre sans presque aucune interruption. La « série noire » a commencé à l’automne 2019, avec des mobilisations populaires contre la dégradation du niveau de vie et l’incurie de la classe politique. Ensuite, il y a eu l’explosion du port de Beyrouth en août 2020. Enfin, après des législatives qui ont vu l’opposition effectuer une percée modeste (13 sièges sur 128) en mai 2022, la guerre a repris entre le Hezbollah et Israël d’octobre 2023 à novembre 2024.

La chute du régime de Bachar al-Assad, le 8 décembre 2024, et l’isolement de l’Iran ont conduit le Liban vers un horizon inédit, avec l’élection d’un nouveau président, Joseph Aoun, après plus de deux ans de vacance du pouvoir, et la nomination d’un Premier ministre, Nawaf Salam, début janvier 2025. Ce changement de configuration peut-il mener à une stabilisation ?

Un champ politique en pleine redéfinition

Le redéploiement du jeu politique ne peut se faire sans remettre en question la relation des chiites (environ 40 % des 5,7 millions de Libanais en 2024) avec le pouvoir, mais aussi celle qu’entretient la base sociale du Hezbollah avec un mouvement privé de sa figure charismatique, Hassan Nasrallah (1960-2024), tué dans un bombardement israélien de la banlieue sud de Beyrouth le 27 septembre 2024.

Les chiites libanais sont des « revenants » : leur statut a longtemps été celui d’un groupe marginalisé, une sorte d’adjuvant à un Pacte national (1943) forgé par les deux autres principales communautés, chrétienne (30 %) et sunnite (25%). Limitées à une représentation parlementaire incarnée par des familles de grands propriétaires terriens, les zones chiites étaient laissées à la marge de la croissance du jeune Liban. Il a fallu l’intervention de Fouad Chéhab (1902-1973), président de 1958 à 1964, pour que l’électrification et l’eau courante atteignent certains villages du Sud. La conscience communautaire des chiites prit corps avec Moussa al-Sadr (1928-1978), un clerc iranien venu s’installer à Beyrouth à la fin des années 1950. Puis, dès le milieu de la décennie 1960, la présence armée palestinienne a favorisé la diffusion d’un message révolutionnaire parmi les chiites, alors que l’hégémonie maronite se crispait sur les leviers du pouvoir.

Durant la guerre civile (1975-1990), les chiites et les chrétiens se trouvèrent souvent dans des camps opposés : les premiers revendiquaient un changement politique, tandis que les seconds apparaissaient comme les garants d’un modèle ancien. Rivaux durant la guerre, le duo Amal-Hezbollah est devenu complémentaire dès l’après-guerre (1990) sous l’impulsion de leurs parrains respectifs, la Syrie et l’Iran : au premier, le rôle de gestionnaire de l’État libanais avec la présidence du Parlement, et au second, la mission de poursuivre la lutte armée contre l’occupation israélienne au Sud-Liban (1978-2000).

Les chrétiens, bien que tenant la présidence de la République, connurent, pour leur part, une éclipse politique durant cet après-guerre sous tutelle syrienne (1990-2005), alors que la communauté sunnite retrouva un pouvoir que le conflit lui avait ôté avec la présidence du Conseil des ministres. C’est dans ce cadre que le Hezbollah a pu évoluer, entre un parti classique avec des parlementaires élus et une milice combattant les supplétifs et l’armée israélienne au Sud, jusqu’à son retrait unilatéral en 2000. Or ce dernier déclencha une sourde revendication populaire pour un départ des troupes syriennes et le désarmement du Hezbollah. Si le premier intervint en 2005 à la suite de pressions internationales après l’assassinat de Rafic Hariri, le second n’eut pas lieu, bien que la poussée antisyrienne sur le pouvoir fût réelle entre 2005 et 2009. Cette période de bras de fer entre visions politiques antagoniques, marquées par de nombreux assassinats, s’est conclue par l’accord de Doha (mai 2008) qui, outre le fait d’avoir mis fin aux affrontements urbains, a garanti au duopole chiite une minorité de blocage au sein du gouvernement, lui permettant ainsi d’empêcher ce dernier de prendre des décisions contraires à ses intérêts.

Cet accord permit également de nouvelles élections (2009) et un fonctionnement gouvernemental où le Hezbollah prit un ascendant certain. De fait, le « Parti de Dieu » réussit à légitimer l’action armée de son mouvement en diffusant son crédo « peuple-­armée-résistance » répété lors de chaque déclaration ministérielle. Si la guerre en Syrie (dès 2011) a fini par éroder cette formule, elle ne l’a pas épuisée : le parti chiite de Hassan Nasrallah est resté un pilier incontournable de la naissance et du fonctionnement de tout gouvernement, voire de toute élection présidentielle, comme on l’a vu depuis 2022 avec le blocage parlementaire auquel le duo Amal-Hezbollah s’est livré pour favoriser son candidat à la présidence. La guerre de 2023-2024 en a décidé autrement. La fin de cette hégémonie chiite sur le champ politique est en train de rebattre les cartes, pour la plus grande satisfaction à la fois des forces traditionnelles opposées au tandem chiite et des forces sociales qui ont battu le pavé en 2019 lors des manifestations ayant ébranlé tout le pays.

Un énorme chantier économique et social

Le Liban est un État failli qui a connu un effondrement économique multiforme : une dette publique qui dépasse 100 milliards de dollars (280 % du PIB en 2022), une Banque centrale incapable d’aider les agences privées face à leur déficit de liquidité, un pays en cessation de paiement depuis mars 2020 et des dégâts aux infrastructures civiles, et donc aussi aux moyens de production dus à l’explosion du port (août 2020), puis à la guerre de 2023-2024. Avec pour conséquences une chute de la monnaie nationale, une érosion de la production, un chômage en hausse (estimé à 30 %), une inflation à trois chiffres (le record a été atteint en avril 2023 avec 268,78 %), entraînant une explosion de la pauvreté (80 % de la population) et des pénuries de carburants, de médicaments, d’électricité et d’eau. Les Libanais connaissent des angoisses quotidiennes qui ne se limitent pas à celles des bombardements israéliens. Mais de quoi cette faillite est-elle le nom ?

Les racines de cette crise majeure trouvent leur origine dans le système économique rentier mis en place dans l’après-guerre civile par Rafic Hariri, un homme d’affaires libano-saoudien devenu Premier ministre (1992-1998 et 2000-2004). Il s’agissait d’un capitalisme ultralibéral basé sur des taux d’intérêt élevés et une parité fixe avec le dollar (dès 1994) afin d’attirer des capitaux, essentiellement ceux de la diaspora. Fondé sur un endettement et des importations de biens, ce système nécessitait un afflux constant de fonds ou des recettes fiscales pour éviter la dépression. Or, bien que la croissance ait atteint en moyenne 5 % par an jusqu’en 2011, la politique budgétaire expansionniste (endettement) était excessive et a creusé une dette publique immense, qu’aucune recette soutenue n’est venue combler. Par ailleurs, l’afflux de capitaux a entraîné une perte de compétitivité. Cette croissance s’est ensuite effondrée à 1 % en moyenne depuis le début de la guerre en Syrie en 2011. En outre, les taux d’intérêt élevés, cœur de ce système rentier, ont peu créé d’emplois et n’ont pas favorisé l’investissement dans l’économie réelle. Les exportations se sont affaiblies au fur et à mesure que le taux de change est devenu surévalué.

Sauvetage politique ?

Au lieu d’ajuster le modèle économique « haririen » arrivé au bout de sa logique en 2011, les élites ont poursuivi la spirale de l’endettement pour s’assurer une rente qui leur permettait d’alimenter leurs réseaux clientélistes avec le contrôle de ministères. Or cela s’est fait aux dépens des épargnants libanais : les banques privées, détenues par des familles liées aux dirigeants, ont continué d’investir dans la dette publique, rendue attractive par son taux d’intérêt, alors que les leaders confessionnels au pouvoir attiraient des clients (et des entreprises) par des contrats juteux financés avec l’argent public. Ce système financier s’apparentait à une pyramide de Ponzi, où le rendement élevé des investissements était assuré par de nouveaux apports et non par une activité économique productive générant de réels bénéfices. La croissance exponentielle de la dette publique annonçait un ajustement inévitable, qui s’est traduit par un effondrement financier lorsque les principaux investisseurs ont décidé de retirer leurs mises, provoquant ainsi un retrait massif de capitaux (28 milliards de dollars). Face à la ruée des épargnants sur les banques, celles-ci ont imposé de façon illégale des plafonds de retrait et des taux de conversion en livres libanaises pour les dépôts en dollars inférieurs à ceux du marché. Le lobby des banquiers libanais, avec le concours de certains acteurs politiques, s’est ainsi ligué contre toute action visant à le rendre responsable de cette crise et, surtout, des pertes subies par les épargnants.

Se pose désormais la question d’une sortie, que semble offrir le renouveau politique. Si les plans de relance et de réformes n’ont pas manqué dans l’histoire libanaise récente, aucun n’est parvenu à convaincre les prêteurs internationaux, notamment en raison de blocages persistants liés au fonctionnement même du système : un mélange de népotisme, de clientélisme et de corruption institutionnalisée, que les élites politiques préservent comme une garantie de ressources infraétatiques. Lors d’une visite à Beyrouth en mai 2024, l’envoyé du Fonds monétaire international (FMI), tirant un bilan négatif de l’absence de réformes en échange d’un prêt de 3 milliards dollars accordé en 2022, a expliqué les causes du blocage de la relance : « L’absence d’une stratégie crédible et financièrement viable pour le système bancaire continue d’entraver la croissance et la reprise des dépôts, tout en donnant lieu à une économie de plus en plus basée sur l’argent liquide et informel, avec des risques accrus d’activités illicites. » Les banques ne prêtent pas d’argent pour investir et ne permettent pas aux épargnants d’accéder à leurs avoirs : pour les contraindre, la balle est dans le camp du Parlement et du gouvernement de Nawaf Salam.

Une géopolitique en mutation

L’équilibre des pouvoirs sur lequel s’est forgé l’ordre libanais de l’après-guerre civile a connu une mutation géopolitique en deux temps : le premier a été la fin de l’imperium syrien en 2005, et le second, l’affaiblissement de l’« axe de la résistance » en 2024, dont le Hezbollah a constitué la pièce maîtresse et l’Iran l’acteur phare, une fois le régime syrien éclipsé par son conflit interne. La chute de Bachar al-Assad, le 8 décembre 2024, parachève l’étiolement militaire du dispositif de fronts multiples érigé autour d’Israël, notamment en entravant l’approvisionnement militaire du Hezbollah par voie terrestre. La polarisation politique de ces deux dernières décennies a révélé la tendance des acteurs libanais à vouloir utiliser leurs appuis extérieurs, qu’ils soient français, américain, saoudien ou iranien, au risque d’être pris à leur propre jeu : devenir les hommes liges de ces États et de leurs régimes. Il y a fort à parier que, de ce point de vue, rien ne change en profondeur, même si le rapport de force en surface a basculé en faveur du camp « pro-occidental » à la suite de la déroute militaire du Hezbollah.

Or la dernière guerre israélienne au Liban, dont la brutalité a choqué en premier lieu les Libanais eux-mêmes, ne pourra rester sans conséquences morales, politiques, civiles et économiques : entre octobre 2023 et novembre 2024, on compte environ 4 000 morts et 13 800 blessés, soit une létalité deux fois supérieure à la guerre de juillet 2006, sans oublier les 1,3 million de déplacés. Et les destructions sont à la mesure de ce conflit : des dizaines de villages frontaliers délibérément rasés, des centres urbains à Nabatieh, à Tyr et dans la banlieue sud de Beyrouth réduits en ruines. Selon la Banque mondiale, en novembre 2024, les dégâts se chiffraient à 3,4 milliards de dollars.

Si les conséquences sociales restent difficiles à mesurer, on peut toutefois dégager deux axes de tensions à venir. Sur le plan intérieur, la destruction de pans entiers des structures économiques et sociales de la communauté chiite, la plus touchée par le conflit, a laissé des milliers de familles sans logement, sans travail et sans repères. Le risque serait de mépriser cet important segment de la population libanaise sous prétexte de son soutien au Hezbollah, faisant ainsi le jeu d’un confessionnalisme politique renouvelé, dont l’exemple américain en Irak en 2003 a montré les fruits délétères. Outre l’accroissement de ce fossé entre communautés, l’enjeu externe susceptible de s’articuler à cette problématique interne est celui de l’attitude israélo-américaine. Comment les élites au pouvoir réagiront-elles face à la continuation des opérations militaires israéliennes ponctuelles, voire d’une nouvelle occupation au détriment de la souveraineté libanaise ? Comment ce laisser-faire occidental à l’égard d’Israël ne pourrait-il pas endommager la relation avec les partenaires occidentaux et les communautés libanaises entre elles ? Autant de points d’interrogation qui, au-delà des péripéties du jeu politique libanais, vont marquer en profondeur le Liban. 

1-Chronologie du Liban de guerre en guerre
2-Le Liban, au cœur du Moyen-Orient
3-Israël dans la guerre civile libanaise (1982)
4-Le Liban à la fin de la guerre civile (1990)
5-Les grandes communautés du Liban
6-Le Liban dans la guerre d’Israël contre le Hezbollah
7-Beyrouth sous les bombes israéliennes (2024)
Pour aller plus loin…
Article paru dans la revue Carto n°88, « La Syrie post-Bachar », Mars-Avril 2025.

Tollé de condamnations contre l’accord-cadre et les autorités libanaises

Source - Le 30/06/2026.  

 

par Al-Manar

L’accord-cadre conclu vendredi à Washington entre les autorités libanaises et israéliennes sous la médiation américaine a soulevé un tollé auprès d’une grande partie des composantes politiques, syndicales et communautaires représentants le peuple libanais. Celles-ci ont aussi bien critiqué l’accord que les autorités libanaises qui l’ont conclu.

Dans un long communiqué publié samedi, le secrétaire général du Hezbollah cheikh Naïm Qassem l’a qualifié de trahison a la souveraineté du Liban, assurant qu’il est «nul et non avenu».

Le président du Parlement Nabih Berri s’est contenté d’un commentaire concis le qualifiant de «sédition» : «Mon peuple libanais, tout le Liban, ceci est une sédition ! En temps de sédition, soyez comme un jeune chameau (qui n’a) ni un dos à monter ni un sein à traire».

En faveur de l’ennemi

Mais son mouvement Amal a quant à lui estimé que cet accord est déséquilibré et consacre dans la plupart de ses clauses des faits en faveur de l’ennemi au détriment de l’intérêt national, qu’il comporte des risques politiques et de souveraineté et qu’il ne peut être accepté car il ne constitue pas la base d’un accord équitable qui préserve les droits du Liban et protège sa souveraineté et ses institutions.

L’ancien dirigeant du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, a écrit sur la plateforme X : «Ce qui est étrange dans cet accord tripartite, unilatéral dans sa forme et son contenu, c’est l’absence totale d’un accord de trêve».

Le député Ousama Saad a écrit sur la plateforme X : «Les prétextes à la discorde sont présents… Les pièges israéliens sont tendus… comme si le Liban avait besoin de cet accord maudit… la sécurité du front intérieur est une tâche fondamentale en ces temps difficiles…»

Entériner l’impunité d’Israël

La députée indépendante Halima Qaaqour a interpellé le président et le Premier ministre sur les réseaux sociaux : Comment pouvez-vous accepter cette clause qui stipule de «s’abstenir de toute mesure hostile ou antagoniste dans les instances politiques ou juridiques internationales» ? Cela signifie-t-il qu’il ne faut pas engager de poursuites judiciaires contre «l’ennemi» pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité ? Êtes-vous ainsi entériné l’impunité, privant de justice des milliers de victimes de crimes de guerre et de violations du droit international humanitaire, et privant le Liban d’une indemnisation financière substantielle pour ces crimes ?

Autorités perfides

Le député Melhem Al-Hujairi, chef du mouvement «Action de la Victoire», a indiqué ne pas avoir été pas surpris «par la signature, par les autorités perfides et traîtresses du Liban, d’un accord-cadre humiliant avec l’ennemi israélien, étant donné l’approche perfide et soumise adoptée par ces mêmes autorités, mises en place par la force du terrorisme américano-sioniste, qui promettent quotidiennement une obéissance aveugle au monstre américain et au boucher sioniste qui massacre notre peuple».

Tout en accusant ses autorités libanaises d’avoir perdu le moindre sens de patriotisme, de moralité et d’humanité, il a assuré que «le sort de cet accord est voué aux oubliettes de l’histoire».

Une bouée de sauvetage pour Netanyahou

Le député Jihad al-Samad a affirmé : «L’accord-cadre, dans son fond, légitime l’occupation israélienne du Liban et fait fi du sang des martyrs. Il ouvre la voie à des troubles internes dont nous ignorons le début et la fin. Quant à sa forme, cet accord constitue une bouée de sauvetage pour le gouvernement du criminel de guerre Benjamin Netanyahou, car il lui fournit un prétexte pour ne pas se retirer des territoires libanais occupés, au moment même où la pression américaine et internationale s’intensifiait sur le gouvernement ennemi et son chef».

Il a déclaré : «Il apparaît que le pouvoir exécutif libanais, en pleine conscience et avec une détermination sans faille, a décidé de capituler, dans le but de saboter l’accord américano-iranien sur le Liban, qui stipule le retrait de l’armée ennemie israélienne du Liban et l’oblige à appliquer la résolution de cessez-le-feu, en utilisant la souveraineté libanaise comme prétexte, une souveraineté dont le titre est de légitimer l’occupation israélienne du Liban et la capitulation».

Un pouvoir fantoche

Najah Wakim, l’ancien député et fondateur du parti Mouvement populaire a quant à lui reproché aux termes de l’accord de «ne pas garantir le retrait de l’ennemi» et de «soumettre entièrement le Liban à l’axe américano-sioniste» estimant que son fondement est «l’élimination de la résistance à l’occupation, et non la libération du Liban de l’occupation». «Nous condamnons le pouvoir fantoche qui a signé l’accord et appelons tous les citoyens à entreprendre des actions conscientes et courageuses pour le faire tomber», a-t-il affirmé.

Il a ignoré l’accord d’armistice

Le Courant patriotique libre a réaffirmé son engagement à «parvenir à un accord de paix global et durable, mais cela est conditionné par la justice et la préservation des droits nationaux».

Dans une déclaration le CPL constate que «l’accord n’a pas stipulé explicitement et clairement le retrait israélien des territoires libanais occupés, ni précisé de calendrier pour ce retrait».

Il a fustigé l’utilisation du terme «redéploiement» ce qui crée «de nombreuses ambiguïtés», et «accroît l’incertitude quant à l’accord et ses implications»

Il a critiqué l’utilisation d’une terminologie qui pourrait créer «une faille qu’Israël peut exploiter pour manœuvrer et perpétuer son occupation du territoire libanais».

Le communiqué du CPL constate que «l’accord a ignoré l’accord d’armistice, pilier fondamental sur lequel toute solution durable doit reposer».

Crime injustifiable

Le Parti nationaliste social syrien a quant à lui rejeté cet accord qui est selon lui «une copie de l’accord malheureux du 17 mai», conclu en 1983. Le taxant de «crime injustifiable sous aucun prétexte, car il s’agit d’un coup d’État contre les principes nationaux du Liban, d’un déni de son identité et de son rôle, et d’une capitulation face à la volonté de l’occupant et aux objectifs de l’agression», le PNSS a sommé les autorités libanaises de s’en retirer afin de préserver l’unité et de réprimer la sédition.

Il légitime l’occupation

Le chef du Parti démocratique libanais, Talal Arslane, a souligné qu’il est «déséquilibré dans sa forme et son contenu, et qu’il légitime l’occupation et viole la souveraineté» mettant en garde qu’il s’agir d’une «étape concrète dans le projet de luttes intestines».

Imposer l’hégémonie de l’ennemi

Cheikh Maher Hammoud, président de l’Union mondiale des oulémas de la résistance, a affirmé que «l’accord-cadre repose sur une distorsion des faits et un renversement de vérités évidentes, puisqu’il conditionne le retrait de l’ennemi des territoires occupés au désarmement de la résistance qui a protégé le Liban et dissuadé son agression».

Il a estimé que cet accord «s’inscrit dans un projet américano-israélien plus vaste visant à redessiner le paysage régional au service des intérêts de l’entité occupante, ouvrant la voie à la normalisation et à l’imposition de son hégémonie, et semant les germes de la discorde au Liban».

Il a exhorté «le peuple libanais, fier et uni face à ce danger imminent, à se méfier de tout ce qui incite à la discorde et compromet l’unité nationale». Il a réaffirmé que «le combat est unique et le destin est unique, et que la Palestine et Jérusalem demeurent la cause centrale de la nation»

Péché séditieux

L’Association des oulémas de Beyrouth a quant à elle mis en garde contre les dangers du prétendu accord avec l’ennemi à Washington, le qualifiant de «péché séditieux flagrant, commis au détriment des intérêts du Liban et offrant même des cadeaux à l’ennemi». L’association a reproché aux autorités libanaises d’avoir «abandonné leur devoir de défendre la terre et le peuple, compromis sa souveraineté, bafoué la loi et la constitution, insulté le sang des martyrs et dénigré les sacrifices amers du peuple de la résistance».

De l’encre sur du papier

Un autre parti islamique, le Front d’action islamique a accusé les autorités libanaises «d’avoir agi sans droit ni légitimité constitutionnelle et légale» et assuré que l’accord avec «l’ennemi sioniste criminel, occupant et agressif, n’est rien de plus que de l’encre sur du papier, et n’a aucun effet rétroactif car il est mort-né sur sa propre terre, la terre de la haute trahison à Washington»

L’armée au service d’Israël

L’accord cadre a été critiqué par le secrétaire général de la Rencontre nationale globale, qui l’a qualifié de «recette idéale pour faire exploser la situation au Liban».

«Le plus dangereux dans cet accord est l’utilisation de notre armée nationale pour atteindre cet objectif, après qu’elle a été transformée, conformément à l’accord, en un instrument au service d’Israël, qui la contrôlera pour satisfaire ses ambitions sécuritaires et militaires, dont la plus importante est le désarmement de la résistance, ce qui placera l’armée dans une confrontation brutale avec elle et son environnement. Nous sommes convaincus que notre armée nationale ne s’engagera en aucun cas sur cette voie, mais restera au contraire la fidèle gardienne de l’unité nationale et de la paix civile», selon son communiqué.

Des questions légitimes

Le parti de la jeunesse arabo-libanaise a lui aussi rejeté cet accord : «Toute formule qui impose au Liban des obligations sans garanties claires de respect de sa souveraineté, ou qui autorise Israël à poursuivre son agression ou à imposer sa loi par la force, soulève des questions nationales légitimes qui exigent un débat et un sens des responsabilités».

Accord de soumission

Le Parti du Courant Arabe au Liban a condamné avec la plus grande fermeté cet accord-cadre estimant qu’il «constitue un accord de soumission qui porte atteinte à la souveraineté nationale et accorde à l’ennemi des gains politiques et sécuritaires gratuits, au moment même où il continue d’occuper des terres libanaises et de violer quotidiennement l’espace aérien et la souveraineté du Liban».

Accord invalide

Le chef de l’association Réforme et Unité, cheikh Maher Abdel-Razzaq, a annoncé son «rejet catégorique de l’accord le considérant comme «un accord nationalement et moralement invalide, car il intervient alors que cet ennemi occupe toujours une partie du territoire libanais et poursuit ses attaques et ses violations de la souveraineté du Liban, ce qui en fait un accord qui légitime l’occupation et accorde à l’ennemi des gains politiques qu’il ne mérite pas».

Les textes ne font pas la réalité

Le chef du Parti de l’Accord national, Bilal Taqieddine, a écrit sur son compte de la plateforme X : «Les autorités libanaises sont confrontées à un accord inquiétant et inapplicable. Cet accord engendrera crise et division et plongera le pays dans la guerre civile. Il faut se souvenir de l’Accord du 17 mai 1983, qui n’a pas duré car le tissu social libanais n’a pas permis sa mise en œuvre durable. Nul ne doit se bercer d’illusions : les textes ne font pas la réalité !»

source : Al-Manar

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